Trois semaines …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) — le jeu 28 Mai 2009 à 22:21

Pre­mier jour : ben oui, la poste !
Ma première pensée consciente de la journée m’est venue devant la façade de la très fameuse Haupt­bahn­hof ber­li­noise. Vous savez, celle avec la sta­tue de che­val en fer­raille. Pen­dant que je tra­ver­sais la rue (et ça prend du temps, tout est à la même gigan­tesque échelle…), je me suis demandé quelle heure il pou­vait être. Quand on doit prendre un train, c’est tout sauf une ques­tion idiote, en fait.

Donc, natu­rel­le­ment, vu que j’étais devant la façade de la gare prin­ci­pale de la capi­tale du plus grand pays d’Europe, j’ai levé les yeux pour lire l’heure à l’horloge. Et c’est là que je me suis ren­du compte qu’il n’y avait pas d’horloge.

Sans rire, une gare sans hor­loge, c’est quoi ?

Et là, je me suis ren­du compte que ce ne peut pas être une gare. C’est autre chose. Un OLNI. Un objet logis­tique non iden­ti­fié. C’est dépourvu de toute dimen­sion humaine. C’est une machine. Elle avale des «voyageurs», et en recrache des déplacés. Elle nous vole le voyage, et nous dis­tri­bue le déplacement, mécaniquement.

Je me rends compte que je ne peux pas aimer une civi­li­sa­tion qui nous prive de voyage et nous fourgue du déplacement.

Mais bon, je phi­lo­sophe, je phi­lo­sophe, mais je ne raconte rien, hein.

La mémoire est une salope, tiens, tant que je suis à phi­lo­so­pher. Sur la route de la cli­nique, je suis passé par une gare dont le nom m’a sauté au visage dès que je l’ai vu. Une gare que j’avais fréquentée pas mal, trente ans plus tôt. ¨s que le nom s’est signalé à moi, j’ai eu une image du salon de thé (Kon­di­to­rei, pour ceux qui savent) de la famille qui m’avait hébergé pen­dant un mois. J’y avais même ser­vi des gâteaux. J’ai encore en bouche la Chan­tilly que le patron rame­nait à la mai­son, par seaux entiers, après la fer­me­ture. Eh bien, quand on est passés à cette gare, rien. Nada.

On a fini par arri­ver à la cli­nique, tout de même. La première impres­sion a été presque pénible. Je savais où j’allais, natu­rel­le­ment. Un congrès de malades, tous en pro­ces­sus de réhabilitation. Des «gueules cassées » de la guerre de la vie. La première vision, ça a été une rangée de gens en fau­teuil rou­lant, silen­cieux, immo­biles. En train d’attendre. J’ai eu l’impression que leur attente était / sera éternelle. Et, de fait, quelques heures plus tard, dans le hall d’entrée, la même ligne. Quelques têtes nou­velles, mais aus­si cer­taines connues. C’est la soli­tude personnifiée. Et, par empa­thie autant que par sym­pa­thie, ça fait mal, consciem­ment ou non, ça fait mal.

Dans l’après-midi, on est sor­tis. Nor­mal : le pre­mier jour, on n’a plus rien d’autre à faire, une fois que le médecin est passé. Et puis on était obligés : on avait de cour­rier à pos­ter. Du «vrai » cour­rier, avec des papillons roses attachés. Donc il nous fal­lait une poste.

On avait vu, sur le plan de la ville, un logo «poste ». Donc on s’est dirigés vers l’endroit présumé. On n’a pas trouvé. Alors, on a demandé. Les gens, très gen­ti­ment, nous ont indi­qué la direc­tion à suivre. Et au bout d’un moment, on a bien cru être arrivés : on avait trouvé une boite à lettres. Mais on ne par­ve­nait pas à trou­ver la poste elle-même. Dans le jar­din de la mai­son, devant laquelle la boite à poste était située, il y avait une dame, en train de tra­vailler. On lui a demandé où était la poste. Elle nous l’a indiquée du sécateur : «mais vous y êtes ! ». Elle nous indi­quait… la boite à lettres.

Je ne vais pas déjà com­men­cer à râler au sujet de la nour­ri­ture. Pro­mis.

Deuxième jour : j’ai faim !

J’ai tenu vingt-quatre heures. Je craque.
J’ai faim. Au point que j’ai, à midi, atta­qué, toutes dents à l’abordage, une assiette d’épinards qui ne m’avait abso­lu­ment rien fait ! Après, je suis allé me cher­cher une (san­glot) assiette de salade. Et je m’apprêtais à voler un petit pot de yaourt à la cerise, quand je me suis ren­du compte qu’ils étaient là à la dis­po­si­tion de qui en vou­lait pour un petit en-cas.

Il faut dire qu’ils savent me don­ner faim. J’ai com­mencé la journée avec un entre­tien avec une gamine de peut-être la moi­tié de mon âge, laquelle a fini, après quelques minutes par me deman­der, alors que je venais d’évoquer mes petits problèmes de doigts récalcitrants si j’étais capable de nouer mes lacets tout seul. Après plus trois ans de pra­tique avec la caisse de santé et les diverses admi­nis­tra­tions concernées, c’est le genre de ques­tion que je considère comme une déclaration de guerre. Je vais vous dire pour­quoi. Je suis, très offi­ciel­le­ment han­di­capé à 50%, effec­ti­ve­ment à plus que ça. Natu­rel­le­ment, ça me crée par moments des problèmes. Mais la société a prévu, pour les gens dans mon genre (les handicapés) des com­pen­sa­tions. Mais, à pour­cen­tage égal, tous les handicapés ne sont pas égaux face à l’administration. Pour résumer, si on est capable d’aller pis­ser tout seul et si est capable de nouer ses lacets, on n’a besoin de rien. À chaque fois que j’ai une conver­sa­tion de ce genre, j’ai eu beau énumérer les problèmes que je ren­contre dans ma vie quo­ti­dienne, mon inter­lo­cu­teur s’en fout.

Donc, réflexe : j’ai un petit peu bous­culé la gamine.

Le second ren­dez-vous a été beau­coup plus posi­tif. La dame a des heures de vol, et ça se voit. Elle n’a que posé des ques­tions, mais les bonnes ques­tions. Elle m’a laissé entendre que ce séjour pour­rait m’être plus bénéfique que prévu. J’ai, pour le moment, des bons espoirs.

Sinon, en général, tout a l’air de bien se pas­ser. Tant qu’on ne regarde pas sous le lit. Ni sur le lit non plus, en fait. J’ai fait une erreur : j’ai fait les lits. Et il se trouve que, on l’appris plus tard, la dame chargé de notre chambre uti­lise une méthode très simple : si le lit est fait, elle ne touche à rien. On n’a pas eu la lite­rie changée (et je suis la près de la fin de la cinquième journée de mon séjour), les mou­tons d’origine sous mon lit sont tou­jours là, et la table sur laquelle mon ordi­na­teur trône est tou­jours aus­si gluante. D’accord : pas gluante. Disons col­lante.
La douche fuit, et il n’y a pas de mécanisme appa­rent pour déclencher l’aération de la salle de bains.

Notez, il y avait un mécanisme appa­rent, et il était situé du côté de la bouche d’aération. Il se trouve que c’était le cor­don d’appel d’urgence. On ne l’aurait jamais su, si une infirmière hilare ne s’est pas présentée à la porte, en fait. C’est «normal ». Si je sonne, je n’entends rien. Par contre, si quelqu’un d’une autre chambre sonne, natu­rel­le­ment, ça sonne dans la mienne. Ain­si que dans toutes les autres chambres. Natu­rel­le­ment. Bien sûr.

Note pour moi-même : ten­ter de ne pas faire les lits un de ces jours.

On est allés se bala­der. Au lac.

En fait, il y a deux lacs à portée de la main. Le petit, et le grand. Le petit, sur le plan, nous a paru être situé à l’intérieur d’une réserve natu­relle. Vous ima­gi­nez la pro­me­nade. Eh bien de ce pre­mier lac, on n’a rien vu. Ou ce qu’on en a vu, on l’a aperçu à tra­vers les fenêtre des mai­sons rive­raines. ©ception. Un de ces jours, on va ten­ter le grand lac.

Troisième jour : comme un same­di

Same­di. Je m’attendais à un same­di, une journée pour du beurre . Or, pour le same­di après-midi j’ai vu apparaître sur mon plan­ning deux ren­dez-vous. Chouette ! Ça me fait un contraste mar­qué avec ma première cli­nique, celle de l’année 2006.

Pre­mier ren­dez-vous : la gamine de la veille. Une ergothérapeute. Elle a été très bien. Elle a été la première a réussir à me faire fer­mer et ouvrir ma main droite sans que ça «claque ». Si j’ai bonne mémoire (trois jours de passés, déjà, tout de même..), mon deuxième ate­lier de la journée était le «groupe de la mai­n ». On s’est pris pour Lau­rel et Har­dy, et on a joué à la balle. Indi­vi­duel­le­ment. En groupe.

Ici, le oui­kende offi­ciel se limite au dimanche, mais la journée était tout de même terminée. On est des­cen­dus en ville. J’en repar­le­rai un de ces jours, pro­ba­ble­ment, de la ville. Et si je ne le fai­sais pas, par­tez du prin­cipe que vous n’avez pas raté grand-chose. Je m’amenderai si je trouve à racon­ter sur cette ville. Pro­mis.

Quatrième jour : Lü­beck

Dimanche, on n’a rien à faire. C’est vrai qu’on est vrai­ment dans un pate­lin per­du. Mais on a découvert qu’il y a une ligne de bus rapide (c’est même écrit sur le bus) qui nous mène à Lü­beck, en moins d’une heure. C’est Byzance.

Donc, pour la première fois, je suis allé à Lü­beck. Je savais que c’était (ou au moins que ça avait été) une ville très riche, très puis­sante. Une ville de la fameuse Hanse. Au même titre que Ham­burg, et Bre­men. Au niveau «image», je n’en connais­sais qu’un bâtiment qui ornait les timbres de 20 pfen­nig (si je ne me trompe pas).

Quelle découverte ! La vieille ville est un joyau ! Chaque bâtiment a et est une his­toire. Les façades et les toits sont gondolés par le temps, et tout ce qui a été détruit pen­dant la guerre a été recons­truit à l’identique. C’est aus­si impres­sion­nant que Dres­den, si non plus.

Dom­mage qu’on n’avait que quatre heures à pas­ser là. Il va fal­loir qu’on revienne là pour au moins deux ou trois jours. J’ai pris une poignée de pho­tos, mais Lü­beck en mériterait des cen­taines. Et je n’ai pas même mis les pieds au port…

Cinquième jour : au bou­lot !

Ça ne rigole pas. J’ai huit ren­dez-vous sur mon plan­ning pour lun­di. Les ate­liers aux­quels j’ai par­ti­cipé ne me lais­se­ront pro­ba­ble­ment pas un sou­ve­nir inou­bliable. Le plus «intéressant», c’est de voir la réaction des gens confrontés à de tels acci­dents. J’en vois pas­ser tel­le­ment, en fau­teuil, avec une jambe et un bras morts. Ou des gens comme moi, sans séquelles appa­rentes, ou presque. Tous des gens qui n’ont que la mala­die en com­mun.

Sixième jour : les OS de la santé

Il fal­lait que ça arrive. Un jour ou l’autre. Une cli­nique, c’est une usine. On peut essayer de l’oublier, mais ça te revient tou­jours. Je n’ai pas trop de problèmes avec ça, quand ce sont les femmes de ménages, ou l’intendance qui me le rap­pellent. Passe encore avec le «petit per­son­ne­l » soi­gnant : au prix qu’ils sont payés main­te­nant, et avec la façon dont les clients (par­don : les patients) les traitent, je ne me fais que très dif­fi­ci­le­ment des illu­sions. Mais les médecins…

Notez qu’au niveau des médecins, ce ne sont pas des illu­sions que je me fais. J’ai des exi­gences. Je sais, je sais. Mais tout de même. Au fond, les femmes de ménage et les infirmier(e)s ne nous tiennent pas de dis­cours. Alors que le patron de la cli­nique…

Ah, c’était un chouette dis­cours. D’économie. Il nous a expli­qué tous les à-côtés économiques de notre séjour dans son usine établissement. Il nous a également, natu­rel­le­ment, expli­qué tout le bien qu’il pense de son équipe extra­or­di­naire. Et il nous a (et là il était pro­ba­ble­ment plus sincère qu’il le savait) expli­qué que le vrai tra­vail dans son usine établissement est effec­tué par les «thérapeutes » (ortho­pho­nistes, ergothérapeutes, kinés, mas­seurs, etc.). Et il nous a, pour finir, pro­mis que si son per­son­nel ne pou­vait pas trou­ver le temps nécessaire pour nous, lui, per­son­nel­le­ment, le trou­ve­rait.

Tiens, aujourd’hui j’ai trouvé une petite pan­carte dans un coin de la cli­nique. Elle disait : «patients privés du médecin-chef ». Quand je vous le disais, qu’il est bon en économie, celui-là.
Sinon, j’ai aus­si eu la visite du médecin-sous-chef. Jeune, dyna­mique, tou­jours le sou­rire aux lèvres, et un humour… tenez quand, après une tirade de plu­sieurs minute je l’ai sup­plié de par­ler plus len­te­ment, il m’a répondu, les yeux brillant de plai­sir, «encore plus len­te­ment ? » avant de se tour­ner vers le médecin-sous-sous-chef, lequel l’a gra­ti­fié d’un rire presque pas ser­vile. C’est le moment où j’ai quitté la conver­sa­tion, les lais­sant à leurs dia­logues réservés aux initiés.

Vous savez ce qui m’emmerde au sujet de l’économie ? C’est que les lois ont changé. Avant, le client avait son mot à dire.

Sinon, après tout ça, his­toire de se net­toyer l’intérieur, on est allés se bala­der. On a trouvé le «grand » lac. Je me suis ren­du compte que l’utilisation du terme «grand » est due à l’existence d’un «petit » lac. Mais on devrait l’appeler «lac plus gran­d», pour être juste.
Cela dit, très chouette, ce lac.

Septième jour : et si… ?

C’est sur­pre­nant, par­fois. Ça va faire bientôt trois ans que je me plains de ma main droite. J’ai deux doigts qui me pour­rissent la vie. Enfin : sur­tout ma vie infor­ma­tique. Je m’en étais ren­du compte du problème le pre­mier jour où, après mon acci­dent, j’avais allumé mon ordi­na­teur, et posé mes mains sur mon cla­vier. Et comme «avant » je n’avais pas de problème, il m’était paru évident que mes problèmes de doigts étaient dûs aux conséquences directes de mon acci­dent. Après tout, j’ai été hémiplégique – de droite – (je ne m’en lasse jamais, de cette blague là, tiens…) pen­dant quelques jours, alors rien de sur­pre­nant au fait que deux didis de ma main droite me mènent la vie (plus) dure, non ?

J’ai même été, il y a un petit plus d’un an, traité par une ergothérapeute ber­li­noise. Une inca­pable. Notez que j’ai pro­noncé ce mot en appa­rence dur depuis le pre­mier jour où elle a posé ses gros doigts boudinés à elle sur mes didis à moi. Ins­tinc­ti­ve­ment. Et de toute façon, je n’avais observé aucun résultat posi­tif. Après la dixième séance, j’avais laissé tom­ber.

Mais ici, j’en ai, des résultats. Et com­ment !

Mais le plus sur­pre­nant, c’est le diag­nos­tic. La kiné qui s’est pen­ché sur mon cas m’a, dès sa seconde séance, demandé de me déshabiller. Enfin : le t-shirt, hein. Elle m’a regardé, et m’a demandé si j’avais tou­jours tenu mon épaule droite plus haut que la gauche. À lire l’ébahissement dans mon regard, elle déclaré que je ne le savais pro­ba­ble­ment même pas. Elle est passée derrière moi, et s’est attaquée à mon épaule droite. Appa­rem­ment, je suis en per­ma­nence «tendu » dans cette zone là.

Et vous savez quoi ? Elle m’a expli­qué que à ce niveau, au niveau de la septième vertèbre, il y a un nerf. Et ce nerf est celui qui contrôle l’annulaire et le petit doigt. Elle n’est pas belle et sur­pre­nante, la vie ?

Ah, en pas­sant, pas si mau­vais que ça, mon ins­tinct, non ?

Huitième jour : et, donc…

Aujourd’hui j’ai eu la seconde par­tie d’un exer­cice. Il s’agissait de lire un texte, et le résumer, en ten­tant de se sou­ve­nir d’un maxi­mum de détails. Hier, j’ai déjà raconté cette his­toire deux fois, à une demi-heure d’intervalle. Curieu­se­ment, j’avais «gardé » plus de détails la seconde fois. Et aujourd’hui, la troisième fois, plus de vingt-quatre heures plus tard, j’avais tout autant de détails en mémoire que la veille. C’est natu­rel­le­ment posi­tif, sur­tout quand on dans quelles condi­tions l’exercice a été réalisé : il y avait dans la salle un tas de gens également en train de tra­vailler, thérapeutes et patients. Tout le monde fai­sait du bruit, bou­geait, le tout étant le «summum » des condi­tions défavorables pour moi, en ce qui concerne la concen­tra­tion.

Le truc vrai­ment sur­pre­nant, c’est que l’exercice sui­vant a été un échec reten­tis­sant. Il s’agissait, en uti­li­sant un pro­gramme infor­ma­tique, de simu­ler une séance d’achats au maga­sin. Et il en res­sort que je suis , alors que je me sou­viens après plus de vingt-quatre heures des détails d’un texte, inca­pable de me sou­ve­nir d’une liste d’achats de trois articles. C’est sur­pre­nant, même pour moi.

La seconde bonne sur­prise de la journée – en fait la première, chro­no­lo­gi­que­ment par­lant – a été la séance de bad­min­ton. J’en avais déjà «subi » une, qui ne s’était pas vrai­ment bien passée. Des ques­tions sub­sistent, tout de même. Je «rate » des balles que je considère comme carrément inra­tables. J’ai com­paré avec le ping-pong : je tou­jours aus­si «bien » (lire : ou mal) que la dernière fois que j’ai joué, et des balles «comparables», rela­ti­ve­ment loin du corps, et plus rapides, ne me posent pas de problème notable. Tou­jours qu’il en soit, j’ai joué beau­coup mieux que la fois d’avant, et j’en ai tiré beau­coup de plai­sir. Tout de même, sur­pre­nant le nombre de ratés spec­ta­cu­laires au bad­min­ton quand il s’agit de balles à mi-hau­teur, sur­tout du côté droit, nor­ma­le­ment mon côté le plus fort. Il fau­dra que j’en parle à mon ami Loïc, lequel pra­tique le bad­min­ton régulièrement en club. J’imagine qu’il y a une expli­ca­tion logique à ces erreurs, vu que je sais que ce n’est pas un problème de vision, ni un problème de déplacement (de la raquette). Le bad­min­ton est un petit peu curieux, quand on a joué au ten­nis ou au ping-pong.

Je fais également du «vélo ». Ali­gné avec les collègues, comme les gens que j’ai plai­sir à sin­ger quand je les vois en vitrine chez moi à Ber­lin. Mais bon, vélo en conserve ou pas, c’est au pro­gramme. J’y prends également du plai­sir. C’est ma troisième séance, et c’est la première fois que je sue sur le vélo. Je suis pru­dent, je ne pousse pas vrai­ment. Je me suis concocté un pro­gramme pro­gres­sif, et j’imagine que dans une semaine ou deux semaines je vais gagner le tour.

Demain, première séance de teste «neuropsychologiques», ceux dont j’attends le plus…

Tiens, il me manque un jour. Aujourd’hui est ven­dre­di. Le neuvième jour de mon séjour. Étonnant, non ?

Neuvième jour : les séries …

Ah, j’aime me faire tes­ter. Sur­tout par un psy­cho­logue. Si. Vrai­ment.

Il en est sor­ti que je suis fâché avec les nombres. Mais sérieusement fâché, hein, pas juste pour rigo­ler. Je ne com­prends pas les nombres qu’on me dit. En Alle­mand, en tout cas. Ce n’est natu­rel­le­ment pas une ques­tion de langue : je com­prends les chiffres en Alle­mand, je peux les réciter, tout ça. Mais quand on me les dit, je ne les com­prends pas. Je ne peux pas m’en sou­ve­nir.

C’est curieux.

Sinon, j’ai aujourd’hui récupéré ma san­dale de chez le cor­don­nier. Et la seconde san­dale vient de me lâcher.

C’est curieux

Dixième jour : la ter­rasse…
J’écris de ma chambre, avec vue sur la ter­rasse du café. Oui, il y a un café, dans la cli­nique. Où les clients dépenseraient-ils leur argent sinon ? Aujourd’hui, le ciel est cou­vert. Mais à tra­vers le double vitrage de la fenêtre, je sens qu’il fait rela­ti­ve­ment chaud. Sou­vent, à la ter­rasse, il y a des malades qui prennent le soleil.  , il n’y en a qu’une. Elle est dans son fau­teuil à rou­lettes. Un homme, pro­ba­ble­ment son mari, venu la voir (on est dimanche) lui tient la main. Ils ne parlent pas. C’est sou­vent que je vois de tels couples. Des gestes tendres, ou des visites de cour­toi­sie. Il y a en fait beau­coup de visites, toute la semaine. C’est presque curieux. Je suis habi­tué à l’idée des malades seuls à l’hôpital. Je ne sais pas expli­quer la différence. Je me sou­viens de mes séjours à la Cha­rité de Ber­lin, où la plu­part des malades étaient seuls. Peut-être que c’est parce qu’on est en pro­vince. Ou c’est peut-être lié au type d’établissement : ici c’est «juste » une cli­nique de réhabilitation, dans une ville (un vil­lage) de thermes.

Depuis quelques jours on a repéré, à la can­tine, un étrange «couple ». Deux vieilles dames que tout sépare : une très digne, bien habillée, et l’autre inva­ria­ble­ment habillée de la même façon. Je ne suis même pas cer­tain qu’elle parle l’Allemand. Elle est musul­mane, fou­lard inclus. Et depuis quelques jours, elles sont inséparables. Sauf, jus­te­ment à la can­tine, où la place de cha­cun à table est fixée. C’est bien qu’elles se soient trouvées.

À ce sujet, un de nos voi­sins de table, celui qui mange en face de moi, vient de pas­ser sous la fenêtre, un couple avec un gamin. Il attend également la visite de sa femme plus tard dans la journée.

Le temps se couvre encore plus. La ter­rasse est vide. À écrire, je me rends compte que j’ai de moins en moins de problèmes avec ma main droite. Rien que pour ça, mon séjour est jus­ti­fié. Mais je trouve ça très con de consta­ter que ce problème de main aurait dà» être réglé il y a au moins deux ans.

Tiens, il y a à nou­veau des ombres sur la ter­rasse : les gens ne vont pas tar­der à reve­nir.
Le psy­cho­logue qui me suit (eh oui, j’ai un psy­cho­logue qui s’occupe de moi à la cli­nique) m’a dit que mon cas est typique. Le fait que mon «AVC » n’a pas laissé de séquelles phy­siques visibles a fait qu’on m’a «traité » comme si je n’étais pas malade. J’aurais dà» avoir ce genre de soins (exer­cices de mémoire, de concen­tra­tion, etc.) juste après mon acci­dent, ça aurait ren­du ma «réhabilitation » beau­coup plus sûre, plus rapide, et plus facile.

Je vous l’avais dit : il y a main­te­nant un couple avec un gamin à la ter­rasse. Glaces.
Le pire, c’est que le rai­son­ne­ment (économique) qui m’a gardé à l’écart de ce genre de trai­te­ments est idiot. Pour économiser les frais du trai­te­ment «neuropsychologique » (plus cher que les trai­te­ments des problèmes «physiques»), on préfère me payer pour res­ter à la mai­son, alors que le trai­te­ment nécessaire aurait pu me ren­voyer à la vie active, me trans­for­mant de «bénéficiaire » en «cotisant ». C’est rageant. La caisse de retraite se prépare appa­rem­ment à me pro­po­ser une recon­ver­sion. Vers quel genre de bou­lot ? Le seul mot que j’ai com­pris est : «concierge ». J’ai parlé à mon psy­cho­logue. Je lui ai décrit mon pro­jet de deve­nir pho­to­graphe. Il trouve que ça a beau­coup plus de sens que tout pro­jet genre «concierge ».

Sans dec”…

Ils sont main­te­nant quatre, mais les ombres ont à nou­veau dis­pa­ru, alors que la dalle ne me ren­voie plus de lumière. Temps très chan­geant.

[quatre heures de balade autour du «grand » lac plus tard…]

Chouette balade sous la pluie. C’était tout sim­ple­ment magni­fique. De très chouettes pay­sages, et un sen­tier magni­fi­que­ment balisé et entre­te­nu. En fait toute la ville est par­cou­rue par des che­mins piétonniers et che­mins de randonnées pédestres ou cyclistes. Il y a aus­si une série de che­mins à thème : les «routes des chauves-sou­ri­s ». Le tout est très agréable, bien conçu, et impec­ca­ble­ment entre­te­nu. Le seul point d’ombre est le quar­tier «touristique » du lac. L’hôtel et tous les hôpitaux / cli­niques de la ville appar­tiennent au même groupe, et ils ont décidé d’aggrandir leur sec­teur hôtelier. C’est moche, cepen­dant sans plus.

Tiens, avant que j’oublie d’évoquer cette amu­sante coïncidence : la ligne de bus qui des­sert la cli­nique ne tourne que jusque 14:00. Après, il y a juste un numéro de téléphone. Quand on l’appelle, un taxi arrive. La com­pa­gnie de taxis porte le même nom que l’un des patrons de la cli­nique. Aha.
Caram­ba ! Encore un jour de per­du ! Ou deux…

On passe au douzième jour, sans pas­ser par la case «départ ». Et puis au treizième. C’est pas que je sois fainéant, hein. Quoique. Hier Vio­la est par­tie. Petit désaccord entre elle et la caisse de retraite. Ça ne fait pas de doute : sans elle, c’est moins drôle. Et il y a moins de choses à racon­ter. Allez savoir pour­quoi… peut-être parce que je passe tout mon temps libre sur mon lit avec mon bou­quin …

Quinzième jour (?) : bas les masques …
Ça va faire deux ans que j’ai enten­du pour la première fois le mot «neuropsychologique ». Mon ortho­pho­niste, puis ma neu­ro­logue, m’avaient dit que j’avais besoin de soins neu­ro­psy­cho­lo­giques pour m’aider à com­battre mes troubles de la concen­tra­tion. Et je les avais crues, toutes les deux. Natu­rel­le­ment.

J’en suis à cinq heures passées avec deux neu­ro­psy­cho­logues. La conclu­sion que j’en tire : c’est une arnaque. Enfin non, pas une arnaque. Disons que j’ai été mal informé. Ces gens, tous dûment diplômés, ne sont pas là pour m’aider à me battre contre telle ou telle par­tie de ma mala­die. Ils sont là pour apprendre à m’arranger la vie après la défaite. Si ma concen­tra­tion me manque, le mieux serait d’aller faire une petite pro­me­nade. Ou bien une pause. Ils me recom­mandent de tes­ter si la «pause thé » est plus ou moins effi­cace que la «pause café » ou la pro­me­nade. Mais pas d’exercice pour améliorer ma concen­tra­tion, hein. Mais du jar­gon, ça ils en ont. Tel ou tel type de problème de concen­tra­tion a abso­lu­ment besoin d’avoir un nom, si pos­sible com­pli­qué et très impres­sion­nant. Cog­ni­tif-de-mon-cul. Mais de solu­tion, point. Dans «neuropsychologique», il y a, après tout, «psy ». Ça explique tout.

Les tests que j’ai faits ? Pour établir mon pro­fil, pour le don­ner à la caisse de retraite pour l’aider à prendre une décision à mon sujet : vont-t’ils me gar­der à la retraite définitive, ou vont ils me rendre à la vie active, et sous quelles condi­tions.

En fait, je ne suis même pas en colère. La concen­tra­tion ne peut, au bout du compte, être améliorée qu’en l’utiliser pen­dant sa vie quo­ti­dienne. Je le fais, donc je fais tout ce qu’il est pos­sible de faire. Mais main­te­nant je le sais. Voilà.

Par contre, je me suis ren­du compte que je ne suis plus capable de faire une divi­sion, même avec un mor­ceau de papier. Je vais y remédier dans les délais les plus brefs.  , je suis en colère.
C’est la fête des pères, en Alle­magne. Une bonne par­tie des clients patients est rentrée à la mai­son, et pas mal de ceux qui sont restés ont reçu de la visite. Mais, condi­tions météo étant, la ter­rasse est vide. Elle est en train de sécher. J’ai mangé seul à table. Le médecin de la sec­tion est «malade » depuis hier, ain­si que le «médecin-chef ». Bah, ils seront pro­ba­ble­ment en pleine forme lun­di.

Seizième jour : on vit (ou meurt) comme on mange …

Je regarde mes «collègues » malades. Et ça me fait mal. Et (sur­prise !) ça me met en colère. Je regarde, sur la ter­rasse, un «nouveau ». Il est, comme tant, hémiplégique. De droite, lui. Il est dans son fau­teuil rou­lant. Il tente d’apprendre com­ment com­ment on doit faire pour avan­cer en ligne droite. Avec une main et une jambe, du même côté. ©gulièrement, il baisse la tête. Il pleure. Alors la jeune femme s’approche de lui, s’agenouille à côté de lui, très près, et lui parle à l’oreille. Et puis elle se relève, et lui recom­mence à essayer d’avancer droit. Il a à peine trente ans.

Je me demande ce qui envoie un gamin de trente ans ici. Non : je sais, il est ici parce qu’il a eu un AVC. Mais pour­quoi un AVC à trente ans ? Pour­quoi moi, à 42 ans ? Pour­quoi tant de jeunes ?
Ce midi, entre un jour férié et un week-end, j’ai dà» man­ger froid. Un de mes ren­dez-vous de lun­di est annulé : pas assez de per­son­nel. Et dimanche, comme tous les dimanches, pour le petit déjeuner, il va y avoir des Å“ufs. En poudre. Il n’y a pas de cui­sine ici. J’ai dor­mi pen­dant treize jours dans les mêmes draps : ils ne sont changés qu’une fois par semaine, et on nous a «oubliés » la semaine dernière. Si je veux que mes draps soient changés plus sou­vent, libre à moi de le faire moi-même. Je n’ai jamais vu ma chambre propre. Je n’ai que cinq ren­dez-vous indi­vi­duels par semaine : c’est tout ce que la caisse paye. Les «serveurs » portent des gants … en caou­tchouc.

Je suis en colère, car je suis cer­tain que j’écrirais la même chose dans n’importe quelle cli­nique du monde «occidental » civi­lisé. La bouffe n’a pas de goût. Les thérapeutes sont débordés. Les médecins sont en guerre pour l’avancement. Ce n’est pas uni­que­ment dans les cli­niques. «Notre » monde nous fait ça. Tou­jours plus vite, tou­jours plus, tou­jours moins cher. C’est ça la recette du gâteau à l’AVC.

La diététicienne nous a expli­qué les ravages que la «qualité » de notre ali­men­ta­tion nous inflige. Le fro­mage sans fro­mage, les Å“ufs sans Å“ufs, tous les plats achetés tous faits, à pas­ser au micro-ondes. Nous n’avons plus le temps de cui­si­ner, ni même faire des courses. Les supermarchés ouvrent de plus en plus tard. Qui aurait ima­giné, il y a vingt ans, qu’il irait faire ses courses à 22 heures ? Et, ques­tion sérieuse, les gens avaient ils autant d’AVC qu’aujourd’hui ? Le médecin-chef nous a, lui a décrit les ravages effectués par le stress. Tou­jours plus vite, tou­jours plus ! Nous nous tuons. L’appat du gain indi­vi­duel, et l’appauvrissement de la col­lec­ti­vité. Et dimanche, si j’en veux, j’aurai des Å“ufs en poudre dans mon assiette, ser­vis par une polo­naise ou une russe. Elles tra­vaillent plus vite, et nous coûtent moins cher. Et ils ne parlent pas trop : plus de problème de langue. Mais, hygiène oblige, elles portent des gants en caou­tchouc.

Dix-huitième jour : l’ennui …
Vive­ment demain. Rien à faire (d’obligatoire), et rien envie de faire. Le téléphone m’est tou­jours autant insup­por­table. Je lis. Beau­coup. Mais quand je ne lis pas, je m’ennuie.

Dix-neuvième jour : wha­te­ver …

On arrive en phase de départ. Et c’est bien.

J’ai eu ma troisième séance de «groupe neu­ro­psy­cho­lo­gique – problèmes de concen­tra­tio­n ». C’est comme ça que ça s’appelle sur mon «plan ». C’est l’atelier le moins intéressant des ate­liers aux­quels j’ai par­ti­cipé. C’est celui qui me fait se poser le moins de ques­tions. Oh, si, je m’en pose des ques­tions, hein. Au sujet de cet ate­lier, pas dans le cadre de l’atelier, et c’est natu­rel­le­ment là que le bât blesse. Un des par­ti­ci­pants avait, après trois séances de silence hos­tile, s’est enfin lâché. Son problème : depuis son AVC, sa femme se demande si il n’est pas deve­nu «idiot ». Depuis son acci­dent, il parle moins, il n’est plus capable de tra­vailler, dis­cu­ter le fatigue, etc. , et sa femme se demande pour­quoi il a changé à ce point. Il n’ose pas abor­der avec sa femme ce problème, à cause de sa réaction à ce «changement » de son mari. La réponse évidente à ce problème : il faut que des infor­ma­tions par­viennent à sa femme. Le canal importe peu, mais il faut que la femme sache que son mari n’est pas deve­nu idiot, et pour­quoi son com­por­te­ment s’est modi­fié.
La réponse de l’animatrice de l’atelier (psy­cho­logue diplomée, opérant depuis neuf ans dans la cli­nique) : «comment vou­lez-vous régler ce problème ? »

Le patient est retombé dans son mutisme. On ne l’a plus enten­du. Étonnant, non ?

Je ne suis pas hos­tile a prio­ri à la fréquentation de psych.* (ologues, anal­sytes, othérapeutes, etc.). Mais je me demande pour­quoi j’ai très sou­vent l’impression que je ne suis pas capable de dis­cer­ner qui, entre moi et le psych.* est le patient. Une dame qui, après avoir ques­tionné un groupe de quatre per­sonnes nous sort une synthèse d’où sont absentes les réponses données par les patients mais où on trouve une liste (appa­rem­ment apprise par cÅ“ur) des convic­tions de la dame en ques­tion est pour moi très pro­ba­ble­ment malade. Mais bon, per­sonne me demande mon avis, hein. Enfin si, elle m’a demandé mon avis. Et puis, après avoir dit que mon point de vue était très intéressant, elle l’a écrit sur le tableau. Mais quand j’ai lu que ce qu’elle a écrit, c’était son point de vue, pas le mien. L’important étant qu’elle m’ait remer­cié pour ma par­ti­ci­pa­tion à la dis­cus­sion.
Et puis ça m’agace, les gens qui «mènent » la dis­cus­sion avec des «techniques » niveau bac à sable, le tout cou­su de fil blanc. Appa­rem­ment, il y a trop de gens qui pensent que l’âme des gens est à leur portée quand ils ont eu quelques années de patience, couronnées par leur précieux mor­ceau de papier. Un diplôme est visi­ble­ment acces­sible à tout le monde ; la capa­cité d’en faire quelque chose d’utile l’est mani­fes­te­ment beau­coup moins.

Vingtième jour : le mer­deux et la grosse …

J’étais assis à la droite d’une vieille dame, à la table d’un groupe «orthophoniste ». On «jouait » à cher­cher des mots rela­tifs à ce qui était écrit sur la carte que la «prof » nous don­nait. Le thème était d’abord : «surnoms affec­tueux ». La prof a com­mencé avec «lapin ». Quand ça a été le tour de la vieille dame, elle a sou­piré «Scheißer», en français «merdeux ». Et pour la première fois elle a sou­ri. Elle nous a expli­qué que son mari, depuis plus de cin­quante ans, était son «merdeux ». Elle était sa «grosse ». Elle était heu­reuse. Quelques tours de table plus tard, elle était inca­pable de citer le nom d’un auteur. Je la sen­tais tel­le­ment triste, tel­le­ment vulnérable sans son voca­bu­lai­re…

Pour la vieille dame, c’était la première séance. Demain, elle rentre à la mai­son. C’est typique. J’ai com­mencé à prendre part il y a quatre jours (ouvrables) à un ate­lier qui est pro­grammé pour dix séances. Et après-demain, je rentre à la mai­son. Le pre­mier jour, le «médecin-chef » m’a pres­crit un scan­ner. Je l’ai eu ce matin, et le «médecin » ne m’en pas parlé lors de sa visite. Il s’est expli­qué : il a soixante patients, il ne peut pas pen­ser à tout. Si la conver­sa­tion avait eu lieu en français, je lui aurais dit qu’il n’est pas obligé d’être médecin si il n’est pas capable de le faire cor­rec­te­ment.

La souf­france per­ma­nente dont je suis entouré ici est par moments dif­fi­cile à sup­por­ter. Est-ce que, à me can­ton­ner à un rôle d’observateur je ne me condamne pas à pas­ser «à côté » de quelque chose ?

2 commentaires »

  1. Comment by Giorgio — 29/05/2009 at 08:59

    Heu­reux de te retrou­ver, tou­jours aus­si mor­dant. Com­men­taires sui­vront…

  2. Comment by gemp — 29/05/2009 at 13:45

    L’épaule, ça me rap­pelle le sketch de Fer­nand Ray­naud :  «  , là, y’a un défaut… »

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