Berlin n’EST pas…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie,Journal — le jeu 27 Juil 2006 à 15:33

On est sur la fameuse Pots­da­mer Platz. Elle a été conçue et célébrée comme le nou­veau et futur cÅ“ur de Ber­lin. Quand je l’ai vue pour la première fois, il y a près de 25 ans, de la fenêtre d’un métro sur une ligne extérieure, c’était un ter­rain vague, ou un no man’s land. Dans mon cÅ“ur, j’ai les images du film de Wen­ders «der Him­mel über Ber­li­n», en français «les ailes du désir ».

Et main­te­nant ?

Dans une scène magni­fique du film de Wen­ders, un ange accom­pa­gnait un vieil homme qui tra­ver­sait la Pots­da­mer Platz, per­du dans ses mémoires. Alors qu’il par­lait, tout seul, du no man’s land, avec dans la tête le Ber­lin des ruines de l’après-guerre, il était pour­tant prophétique. « Das kann doch nicht sein, das ist nicht der Pots­da­mer Platz. Das ist doch nicht möglich. » «C’est pas pos­sible, ce n’est pas la Pots­da­mer Platz. C’est tout de même pas possible. »

Et main­te­nant …

C’est, au niveau humain, un no man’s land. Et pour­tant ça grouille. Tout est fac­tice, «construit ». Per­sonne ne vit là, seul le busi­ness a droit de séjour. Les gens qui grouillent au niveau du sol ne sont là qu’en tran­sit s’ils sont ber­li­nois, ou là pour emplettes, des tou­ristes. Un petit mor­ceau du « Mur De Ber­lin», majus­cules inclues, est sup­posé suggérer l’introduction de l’humain. Mais, quand on regarde à quoi il est jux­ta­posé, qu’est-ce qu’on est sup­posé voir, ou res­sen­tir ?

La Pots­da­mer Platz, grouillante, est d’abord vide. Immense, et vide.

La première fois que j’ai vu la «Potsdamer Tra­sh», la pou­belle du futur, j’ai pleuré. Ber­lin n’est pas.

1 commentaire

  1. Comment by Czernai — 30/07/2006 at 19:13

    Je crois que c’est le lot de toutes les « grandes  » places de grandes villes. À Bor­deaux, la place Gam­bet­ta (coeur his­to­rique de la ville), c’est pareil. Une immense pelouse avec 3 bancs, une route à 3 voies qui fait le tour de la pelouse, et des banques, beau­coup de banques autour de la route…
    Il y a pas long­temps, se trou­vait là un mar­chand de tabac, qui était ouvert de 6 heures à 23 heures, 7 jours par semaine. Quand l’Ancien a pris sa retraite, c’est encore une banque qui a inves­ti les lieux. À un mil­lion d’euro le pas de porte, il n’y avait pas foule de repre­neurs…

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