Heart Machine : Orchestrion

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 29 Jan 2010 à 16:40

Encore. Encore, et encore.

C’est comme un voyage dans les tun­nels de la ville. On est dans le métro, au chaud. Et à la fin du voyage, il faut mon­ter. Sauf que là, nuit, jour, cani­cule, pluie, neige, ce n’a pas d’importance. On a envie de mon­ter.

Pat Methe­ny est un musi­cien. Il a tra­vaillé comme un fou, jusque 200 concerts par an, des ving­taines d’albums, jusqu’à maîtriser sa langue. Il passe direc­te­ment de ses émotions aux nôtres. La tech­nique utilisée n’a aucune impor­tance, elle est irre­le­vante. C’est le plus grand com­pli­ment que je puisse faire à un artiste, quel qu’il soit.

Irre­le­vante, et fas­ci­nante à la fois. L’album que je découvre en ce moment, Orches­trion, est à la fois une évidence, et un tour de force. Un type tout seul avec sa gui­tare, entouré de machines. Je ne parle pas de synthétiseurs, mais de machines. Il est par­ti de l’idée du pia­no mécanique de son grand-père, et a développé tout un orchestre *mécanique*. On voit les mar­teaux et les res­sorts.

Le der­nier album qui m’avait impres­sionné était du même Pat Methe­ny. Il s’appelait The Way Up. Il avait là encore ren­du la tech­nique irre­le­vante. Per­sonne ne s’était ren­du compte que, tout le long des 68 minutes du mor­ceau il y avait une séquence qui fai­sait tout le che­min. Le tour de force sans en faire un exer­cice de style est la démonstration de la matu­rité tech­nique. De plus, The Way Up se vou­lait un mes­sage. En gros, il invi­tait ses collègues à tra­vailler, et le public à apprendre à savoir dis­cer­ner et apprécier plus.

« Good notes are good notes » est le mes­sage d’Orches­trion. J’ai l’impression de découvrir le second cha­pitre de The Way Up.

Un album bou­le­ver­sant.

La lumière, à tout prix …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 25 Jan 2010 à 11:50

Juste his­toire de tirer mon cha­peau à un employé d’EDF (en France), qui rêve encore qu’on peut peindre sa société cou­leur « bon sens ». Je vous invite à lire son témoignage.

Ça me fait pen­ser à un docu­men­taire que j’ai vu il y a quelques temps. Ça se pas­sait en Afrique du Sud. Une bande de « cri­mi­nels » ont décidé de déclarer la guerre à la boîte qui a reçu le cadeau juteux de la conces­sion des ser­vices d’électricité à Sowe­to.  , la délivrance d’électricité n’est effectuée qu’après paie­ment. On paye d’avance. Les cri­mi­nels ont décidé que ce genre de pra­tiques dans un endroit aus­si pauvre est illégal. Ils rebranchent les gens qui n’ont plus d’électricité. Le jour­na­liste suit un des lea­ders de ces dan­ge­reux cri­mi­nels. Pen­dant quelques semaines.

Quand il revient, à Sowe­to, pour fil­mer un « sui­vi », il apprend que son « héros » a « dis­pa­ru ». Présumé mort, je crois.

Leur Hopes Choir à eux …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 21 Jan 2010 à 19:10

©cemment je me suis intéressé aux Pro­tests Choirs. Et aujourd’hui j’ai appris du père de Vio­la l’existence d’un « docu­soap » (docu­men­taire dif­fusé sous forme de série) sur ZDF, la deuxième chaîne alle­mande : Der Straßen­chor –la cho­rale de la rue.

Je ne l’ai pas vu. Pas en entier, pour le moment. J’ai seule­ment par­cou­ru le site de l’émission, et un petit peu plus d’une heure du docu­men­taire, mais l’idée m’a plu. Ex-tau­lards, clo­chards, pochards, squat­teurs, prostituées, drogués et « Hartz IV », rassemblés par un musi­cien, un concer­tiste de pia­no clas­sique. Il a trois mois pour les ame­ner sur une scène, et ce n’est pas gagné d’avance. Le docu­men­taire est sur la liste des nomi­na­tions pour un prix de TV.

Contrai­re­ment aux gens des « Pro­tests Choirs », ceux-là un nom, et une his­toire. Autre différence, ils chantent les chan­sons des autres : un chan­teur (très) connu vient le temps d’un épisode chan­ter avec eux, et les invite sur scène.

Lors de leur pas­sage à la télé (hors docu­men­taire), ils se sont présentés… dans la rue, obli­geant la ginette présentatrice de l’émission venir se geler avec eux sur le trot­toir.

Il y a un « clip  », natu­rel­le­ment. Mais sur You­tube on peut découvrir l’intégrale du docu­men­taire. Une autre face de Ber­lin. 8 fois 45 minutes. Ber­lin dans la rue. Derrière les décors. Devant la caméra, certes, mais la caméra ne s’impose pas trop.

Alors pour­quoi pas un petit peu d’espoir ? Un petit peu d’ensemble ? Un petit peu d’amour-propre ?

Ragondingue …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 20 Jan 2010 à 11:40

J’étais exilé aux barrières du nord de Ber­lin. Le labo qui m’avait donné ren­dez-vous s’est ins­tallé là-bas, à Hen­ning­sdorf. En fait hors de Ber­lin, dans le pays de Bran­de­bourg. Et donc, après avoir un petit peu cher­ché le labo, j’ai eu mon ren­dez-vous. Et après un moment, le gars m’a pro­posé un café, et m’a indi­qué qu’il fal­lait que j’attende une heure et demie. Bon­heur.

Mais, il m’indique du doigt une bâtisse, et me dit qu’il y a là un che­min, et que si je le suis, j’arrive au lac.

Aha.

Donc, par -5°, Vio­la et moi par­tons dans la neige, à la recherche du lac.

On a trouvé la rivière, déjà. La Havel. Il y a des canards, et des oies. Bon. J’en ai déjà pho­to­gra­phié quelques uns, des canards. Et donc, on repart.

Et là, Vio­la pointe du doigt. « C’est quoi, ça ? » Ça res­sem­blait à un *énorme* rat. Ou un cas­tor. Je sais qu’il y a plus de 3000 cas­tors dans le Bran­de­bourg, et ça fait des années que j’en rêve, des cas­tors.

Donc, demi-tour, pour pas­ser sur le petit pont. En fait, l’animal sem­blait intéresser pas mal de monde, et sur­tout toute la troupe d’oies qui défilait dans la même direc­tion.

Natu­rel­le­ment, quand des ani­maux sau­vages se regroupent, il y a, tou­jours, quelque part, une vieille dame. Dans ce cas là, deux. Avec deux gros sacs pleins de légumes et de fruits. Et de pain.

La can­tine venait d’ouvrir. Il y avait bien une ving­taine d’oies, et autant de ces ron­geurs de toutes tailles. Je les ai pris pour des cas­tors. L’erreur est humaine, sur­tout quand on parle l’allemand : en alle­mand, un cas­tor s’appelle Biber, alors que l’animal qui pre­nait la pose devant mon objec­tif s’appelle en alle­mand « Biber­ratte », en fral­le­mand « rat-cas­tor », et en français ragon­din.

Ah, le ragon­din de Hen­ning­sdorf n’a de sau­vage que l’appétit. On peut le tou­cher, il vient te man­ger la carotte des doigts… Moi­gnooooooooooooooooon !!

Voilà.

Je n’ai tou­jours pas de pho­to de cas­tors, mais j’ai passé une journée fabu­leuse avec les ragon­dins.

©quisitions …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 18 Jan 2010 à 07:25

Je vous donne des nou­velles du tri­bu­nal social de Ber­lin (un des plus grands d’Europe), à l’occasion des célébrations des 5 ans de la réforme sociale qui nous donné « Hartz IV », la loi que toute l’Europe nous envie.

La première année, 6 950 plaintes déposées par les Ber­li­nois contre le « Job­Cen­ter ». En 2007, il y en a eu 18 336, et cette année, je veux dire en 2009, 26 748. En première ins­tance, un tiers des plai­gnants a gagné. Et en seconde ins­tance, un autre tiers.

Le tri­bu­nal des affaires sociales de Ber­lin, Inva­li­dens­traße, avait il y a deux ans 55 juges. Il y en main­te­nant 102, et cette année (2010) il y en aura 120. Ils sont en train de rénover la can­tine.

Un cas « Hartz IV » dure en moyenne treize (13) mois.

À la télévision, les auteurs de cette loi (membres du par­ti socia­liste SPD, pour la plu­part) se répandent à la télé en chants de louanges. Un succès, un vrai. L’auteur nomi­nal de la loi à succès, mon­sieur Hartz, cuve sa condam­na­tion à 2 ans de pri­son (avec sur­sis) et 576 000 €, point d’orgue de sa carrière direc­to­riale chez Volks­wa­gen

Le chat de la voisine …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 17 Jan 2010 à 21:38

Je n’ai rien à dire. J’écris, je relis, et, apeuré par la vacuité du pro­pos, j’efface.

Mais j’ai très envie de publier cette pho­to.

Dont acte.

:-)

L’inconnue du Dischingerbrücke …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 16 Jan 2010 à 22:40

Ça sonne comme le titre d’un polar. J’adorerais avoir le talent pour écrire un polar. Ou quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs. Mais de talent d’écrivain, point.

Mais si j’ai un talent, c’est celui de lais­ser mes yeux trai­ner. Ça me donne l’occasion de prendre des pho­tos « incroyables ». Inso­lites. Sur­pre­nantes.

Ce qui m’énerve, c’est que même une pho­to « simple » comme celle-ci, je suis capable de la rater : elle est floue.

Ah, oui. Le Dischin­ger­brücke est un pont (Brücke) sur la Spree, à Span­dau.

Et boum …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 7 Jan 2010 à 15:27

Je suis très fort. J’ai réussi à faire tom­ber mon K20D avec mon DA* 60–250. Heu­reu­se­ment, l’objectif n’a rien.

Par contre, le K20

Eh bien je suis vrai­ment content que mon K10D soit encore là. Mais c’est tout de même un coup dur. Il n’est *en théorie* pas ques­tion de garan­tie, vu que je l’ai laissé tom­ber, mon appa­reil. De plus, je l’ai acheté d’occasion.

Et merde…

Mon « complaints choir » à moi tout seul…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 6 Jan 2010 à 09:37

Cher public,

Je m’excuse –d’avance– des inévitables couacs à venir, mais depuis que j’ai découvert les com­plaint choirs, ou en français les « cho­rales à râler », j’ai enfin trouvé la force de m’exprimer en public.

[valse]

Ce monde me fatigue
Bureaux, parkings,hôtels,
Plus de place pour les arbres
ma ville, ma ville, se meurt

Ce monde me fatigue
Guerres mer­ce­naires en solde
Reli­gions en délire
Oba­ma, Ange­la

[inter­lude : Solo en rap, avec un mégaphone jaune]

Et le p’tit Nico, ©maphor’Nico
qui s’active tout l’temps
qui agite les bras
Tou­jours en quête
d’une nou­velle grippe
Un truc à nous vendre
Pour nous faire cou­rir
Cou­rir cou­rir cou­rir
Pas pen­ser, pas pen­ser

[la valse reprend]

Ce monde me fatigue
Idio­cra­tie 2.1
La crise du siècle
Tahi­ti boit la tasse

Où sont les abeilles
Où sont les musi­ciens
Où trou­ver le calme
Man­de­la, le Lama

[inter­lude : je récite dans mon mégaphone jaune]

J’ai pas le droit de ren­trer dans un musée avec mon appa­reil pho­to !
La Poste vend de l’antigel et des DVDs !
Dans dix ans on pas­se­ra le Bac” par QCM !
Les bâtiment se déguisent en pan­neaux de pub !

[la valse reprend son cours]

Ce monde me fatigue
SIDA, CAC40
H1N1, UMR
CPAM, TF1

Où sont les écoles
Où sont les postes
Où sont les épiciers
Sou­chon, Ferré, Bras­sens

[inter­rup­tion : tout rouge, je crie dans mon mégaphone jaune en ges­ti­cu­lant]

Ils nous volent les rives de la Spree
Les nou­veaux bâtiment sont laids
Ils sont en train de « net­toyer » mon quar­tier : dehors, les pauvres !
Dans le monde entier : dehors, les pauvres ! Dehors, les pauvres ! Dehors, les pauvres !

[je reprends mon souffle]

C’est vrai : ça fait du bien de crier, de chan­ter un petit peu, de mettre des mots sur le mal de vie. Les « cho­rales à râler » (ma tra­duc­tion per­son­nelle de l’anglais « com­plaints choirs ») se mul­ti­plient. Au rythme du mal de vie des gens. Ma cho­rale préférée, c’est celle d’Helsinki. La chan­son est sous-titrée en anglais.

La précurseuse, la première que j’aie enten­due chan­ter dans ce style là, c’était Lyn­da Lemay. Au nom des frustrées. Et elle avait déjà défini les « com­plaints choirs » :

Au nom de toutes les frustrées du monde entier
J’ai com­posé cette chan­son thérapeutique
Plus on la gueule fort mes­dames et plus on se sent libérée
Je la conseille à toutes les frustrées chro­niques !

Et de huit ! … moins deux …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 3 Jan 2010 à 10:38

J’ai ici, l’année dernière, chanté les louanges de la première chaîne de télévision alle­mande. Et, même pas honte, je récidive.

Cette année, les régions ont pro­duit *huit* contes de Noël. Huit pro­duc­tions de qua­lité. Au générique, des grands noms de la télé. Tous expliquent à qui veut l’entendre le plai­sir qu’ils prennent à par­ti­ci­per à cette aven­ture. En deux ans, qua­torze contes. Le for­mat de l’ARD, régionalisée en majus­cule, per­met une diver­sité, laquelle peut s’appuyer sur des finances natio­nales. Il faut essayer s’imaginer l’ARD comme un FR3, les moyens et l’ambition en plus.

J’en ai raté deux.

Mais entre temps, j’en ai déjà vu un des deux sur l’Internet. L’autre atten­dra jusque ce soir, mais pas plus long­temps.

L’ARD a passé une vitesse, cette année. Les huit contes de l’année, ain­si que les six de l’année dernière sont parus en DVD. Également parus, pour la première fois une sélection d’épisodes de Tatort, série phare, dont je ne dirai jamais assez de bien. Les boites bleues sont appa­rues en fin d’année, et se vendent, se vendent, et se vendent.

Mora­lité de l’affaire : télé publique plus ambi­tion plus patience égalent succès.

Mais, natu­rel­le­ment, je dis ça comme ça.

Mes favo­ris de l’année : le chat botté, et les musi­ciens de Brême (sur la pho­to).

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