Le prie-dieu des Berlinois …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 27 Avr 2009 à 20:22

Je vous l'avais dit : Berlin est rouge ...

Vous sou­ve­nez-vous de ce que je vous avais raconté du curieux mou­ve­ment « Pro Reli » ?

C’était dimanche, et il fai­sait beau. Le jour d’élection par définition. Eh bien les Ber­li­nois sont allés se pro­me­ner, et ont envoyé Pro Reli bal­la­der.

Et c’est très bien comme ça.

Mon Xenu à moi …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le dim 26 Avr 2009 à 13:34

Xenuéen, en plein effort ...

Je ne peux tout de même pas vous cacher cette infor­ma­tion. Non.

La crémerie Xenu (dianétique, tyrans galac­tiques et escro­que­ries pour tous les goûts), qui s’est installée à Ber­lin il y a en gros deux ans n’a pas de très bons résultats. D’après la chef du Ver­fas­sung­sschutz (littéralement : pro­tec­tion de la consti­tu­tion, par­tie de police), le nombre de pigeons membres de la com­bine l’église de Scien­to­lo­gie n’a pra­ti­que­ment pas aug­menté. Corol­laire : pas beau­coup de gains finan­ciers non plus.

Ce n’est pas qu’ils ne s’agitent pas, hein, les Xenuéens. Ils sont sur le point d’ouvrir une nou­velle bou­tique mai­son à Span­dau.

On leur sou­haite beau­coup de plai­sir. Xenuéens, Xenuéennes, vous allez *ado­rer* Span­dau. Sisi.

Athos, pathos, et moi…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 26 Avr 2009 à 09:41

La mécanique tient ...

Il est sept heures du matin, on est dimanche, et je suis derrière mon cla­vier. Ça va faire dix minutes que je me demande com­ment je vais trai­ter mon sujet du jour. Moi.

J’espère que vous goûtez comme moi l’ironie de la ques­tion. Aujourd’hui, le sujet du texte est «moi ». Parce que les autres jours je par­lais d’autre chose ? Quelle blague.

Ce matin, c’est à dire avant sept heures du matin, je lisais un article de Robert Fisk. Un jour­na­liste que je lis régulièrement, c’est à dire quand j’en ai le cou­rage. Il fus­tige les «auteurs», ceux qui littéralement pol­luent l’air et acca­parent le temps de leurs contem­po­rains. Il craint que toute per­sonne qui s’achète un lap­top (par­don : un ordi­na­teur por­table) s’improvise auteur, et –pire– le fasse savoir. Il déplore que le mot «auteur » (les guille­mets sont de lui) soit uti­lisé par tant de gens qui n’ont rien à dire et dont le talent créateur soit résumable à sa capa­cité d’acheter un lap­top et de s’autopublier.

Je res­pire, un petit peu : je n’ai pas de latop, et j’ai un éditeur.

Reve­nons à nos mou­tons, et mon sujet du jour. Moi.

Le dimanche, sur­tout, est le jour rêvé pour un peu d’introspection [constante] consciente.

J’ai en mémoire une séance avec mon ortho­pho­niste. Elle avait dis­posé sur la table un magnétophone et, en face de «ma » place à table, un micro. Je ne sais pas si vous pou­vez vous ima­gi­ner à quelle dis­tance on se trouve du som­met de mon échelle des hor­reurs, mais je vais vous la décrire. Tout en haut, indétrônable, il y a «répondre au téléphone ». L’aphasie live et sans rien à quoi se rac­cro­cher. Mais juste en des­sous, certes moins haut, dans l’absolu, mais tout de même *très* haut, il y a «parler avec un micro relié à un magnétophone ». L’aphasie avec une mémoire.

Je devais lire (à voix haute : ima­gi­nez mon échelle des hor­reurs juchée sur une chaise montée sur une table à laquelle il manque un pied) un texte où l’auteur par­lait d’un pro­ta­go­niste mineur du
Comte de Monte-Cris­to de Dumas. L’auteur devait avoir eu un acci­dent du genre du mien, il nous décrivait le vieux Noir­tier, dans sa chaise rou­lante, et muet.

J’ai oublié depuis si le micro était déjà éteint ou pas, mais je me suis, à un moment ou un autre, trouvé à par­ler de Dumas, et de mon «héros » (ou pro­ta­go­niste majeur) préféré. Et pour moi, c’était, sans la moindre hésitation Athos. J’ai en tête cette scène ébouriffante dans laquelle Athos écrase de son mépris un Louis XIV médusé auquel il vient de rendre son Ordre Du Saint Esprit.

D’Athos à pathos, il n’y a pas loin, mais je ne crois pas que ça mérite le détour.

Oui, peut-être que Robert Fisk a rai­son.

Donc, fai­sons court.

J’ai qua­rante-cinq ans aujourd’hui.

«Olivier aime les bancs, moi j’aime les canards … »

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 25 Avr 2009 à 06:58

Dépêche-toi, je ne peux pas tenir la pose !

C’est Paul qui écrit ça. Et oui, j’aime les bancs. Ça ne veut pas dire que je n’aime pas les canards, notez. Mais qui contre­di­ra Paul quand il écrit «Nous aimons tous les deux les trains –sur­tout lui. » ?

Vous savez quoi ? Dans une semaine, Vio­la, l’ami Gior­gio et moi nous pas­sons la journée en Pologne. À Wolsz­tyn. Pour assis­ter à la parade inter­na­tio­nale de loco­mo­tives à vapeur. 5 heures aller, 5 heures retour dans un wagon des années 20, tiré par mon amie la 52 8177. Il faut aimer la vapeur, non ? [sou­rire limite dément]

Une journée de folie, sans aucun doute. Une journée de bon­heur.

Dans une semaine…

La grenouille de le vie prend l’air l’encre …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 23 Avr 2009 à 11:58

Même pas en livre de poche ...

Et voilà.

Ça fai­sait un moment que je tour­nais en rond devant mon écran. J’attendais la paru­tion de… mon livre.

Ça fait bizarre de dire ça. L’écrire. Le lire. Mon livre.

Les livres ont tou­jours fait par­tie de ma vie. J’en ai tou­jours trois ou quatre en cours. Et là, j’ai fran­chi la ligne invi­sible. Ça me fait vrai­ment drôle. Mais je suis vrai­ment *heu­reux*.

Mon livre s’appelle La gre­nouille de la vie. Et croyez-moi : la gre­nouille est née sous de bons aus­pices. Regar­dez donc les trois fées qui sont autour du ber­ceau : Vio­la, Pas­cale, et Paul. Vio­la m’a ins­piré ces textes, ce mélange de pho­tos et de mots plus ou moins maltraités. Pas­cale a su me convaincre que ce que j’avais écrit était un livre, et pour m’en convaincre et a pris le risque de l’éditer. Paul… Paul lui l’a réalisé, le livre. Il lui a donné une forme, et deux ou trois dimen­sions supplémentaires.

Voilà. Mon livre est paru. Il contient les six pre­miers mois de mon jour­nal apha­sique. Six mois de ma vie dans 164 pages. Tout en cou­leurs, pro­mis. Si vous pla­quez l’oreille sur la cou­ver­ture, vous pou­vez entendre le bruit de la mer. Ou le sif­flet d’une loco­mo­tive à vapeur. À moins que ce soit votre musique préférée. Ou la mienne.

Mon livre est en vente depuis ce matin. Sur la site de l’éditeur : Cit’inspir

… dans la folie …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mar 21 Avr 2009 à 16:21

à la foulée ...

Nom d’un chien ! Je pen­sais que mon apha­sie, ou plus exac­te­ment la par­tie de mon apha­sie qui m’encombre l’élocution, était plus ou moins réservée à la zone «quatre syl­labes et plu­s», sur­tout en Français.

Et tout à l’heure, dis­cu­tant avec moi-même, comme je fais sou­vent, j’en arrive à une expres­sion du genre «dans la folie ». Ça, pour ce que j’en ai com­pris, c’est de l’aphasie pure. L’expression cible était natu­rel­le­ment «dans la foulée ». Deux tous petits phonèmes échangés, et je suis blo­qué. Il m’a fal­lu bien cinq secondes pour découvrir que quelque chose n’allait pas, et plus de cinq minutes pour com­prendre ce qu’il n’allait pas. Folie, foulée, c’était le même mot pour moi. Je n’arrêtais pas de répéter dans ma tête «dans la folie», sachant que quelque chose ne mar­chait pas rond, et à chaque fois que je disais «dans la folie», c’était avec le sou­rire d’un vain­queur. J’avais enfin trouvé le mot cor­rect… attends une minute, là… non, ça va pas, là… non, c’est «dans la folie » ! … attends une minute, là…

En fait c’est le pro­ces­sus «traditionnel » pour moi. À chaque fois que, devant mon cla­vier je me retrouve blo­qué, ce n’est pas vrai­ment par manque d’un mot, mais par (abus ! je l’ai … non c’est pas ça, c’est.… abus !) *abon­dance* de mots.  . ça vient de me le refaire. Je suis blo­qué, mais pour la rai­son que j’invoque (invi­tuel­le­ment… invi­tuel­le­ment…) habi­tuel­le­ment.

C’est ça.

Quand je suis blo­qué, ce n’est pas qu’il me manque un mot. J’ai le concept dans ma tête, le sens du mot, et c’est tout natu­rel­le­ment que je com­mence à taper… autre chose. Taper me rend plus facile de me rendre compte quelque chose se passe. Ce qui me coince c’est l’apparition d’un mot *sem­blable* au mot auquel je pense.

La simi­li­tude me rend les choses dif­fi­ciles. C’est pour ça que pen­dant quelques minutes je tourne en rond. Et aus­si pour ça que ça m’agace. Par­fois, il faut que je quitte ces mots sem­blables tota­le­ment, pour y reve­nir plus tard. Pen­ser à quelque chose de tota­le­ment différent. Ça m’arrive cou­ram­ment au cours (en fait : après) de mes conver­sa­tions avec Vio­la. Corol­laire, je me trouve régulièrement à brûle-pourpoint à dire le mot que j’avais tenté de dire quelques phrases, minutes ou même heures aupa­ra­vant. Hors contexte.

Vous vous deman­dez pro­ba­ble­ment pour­quoi je n’ai pas com­pris (lire : for­mel­le­ment, écrit, cata­lo­gué) ça depuis les années que je me trim­balle ce bou­let. Pour­quoi j’utilise ce mot «aphasie » en don­nant l’impression que j’ignore sa définition exacte, pour­quoi je ne me suis pas fait expli­quer tout ça par un médecin ? Pour­quoi est-ce que je suis en per­ma­nence obligé de [réinviter] réinventer l’eau chaude ?

Je pour­rais prétendre que les médecins n’en ont pas été capables, mais ce ne serait pas honnête. Je crois que je n’ai jamais vrai­ment coopéré. Et je crois que je sais pour­quoi, main­te­nant.

Je peux «comprendre » tout ce qu’on m’explique. Je ne suis pas idiot, en fait. Mais quand on m’a expli­qué, même si j’ai «compris», com­prendre ne me sert à rien. J’ai besoin de com­prendre les rai­sons. J’ai besoin de com­prendre la mala­die, pas les symptômes.

Peut-être que je me la joue, là. Mais j’ai peut-être aus­si mis le doigt sur un des mécanismes basiques de mon apha­sie. Et si c’est ça, j’ai avancé.

L’étoffe des hérons …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 20 Avr 2009 à 21:03

L'étoffe des hérons ...

J’avoue volon­tiers un léger aga­ce­ment quand j’ai appris, au Job­Cen­ter, que «notre » inter­lo­cu­trice désignée était absente aujourd’hui. Mais bon, on nous a donné un ren­dez-vous pour demain matin, à l’ouverture. Grrm­bll.

Mais on n’a pas fait le che­min pour rien, tout de même. C’est rare que je sois en posi­tion pour pho­to­gra­phier un héron en vol. Nor­ma­le­ment, ils sont trop loin pour moi. Mais ce matin, il était à tout cas­ser à 15 mètres.

Je suis très content de cette pho­to. Natu­rel­le­ment, j’ai regretté la «courteur » des jambes de mon zoom. J’aurais apprécié d’avoir au moins un 300mm. Mais tout de même, j’ai une chouette pho­to.

Mon zoom (Pentax DA* 50–135mm) a l’étoffe des hérons. Je n’ai pas pu m’en empê­cher.

Non, pas celui-ci non plus …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 19 Avr 2009 à 17:59

Le bocal ...

Dans notre série : «non, ce sera pas notre appar­te­men­t», celui avait gagné le sur­nom de «bocal», également par­fois appelé «l’aquarium ». En plein cÅ“ur du vieux Span­dau, idéalement situé dans une zone piétonne, il n’avait pra­ti­que­ment que des avan­tages. Une sur­face énorme, par exemple. Rela­ti­ve­ment bon mar­ché, aus­si.

Alors pour­quoi pas ? Parce que la pièce prin­ci­pale était en fait un aqua­rium. Que de la vitre sur deux façades. Vous pou­vez le consta­ter (au des­sus de petit pan­neau «Berliner Mie­ter­ve­rei­n»), de là on voit la façade de l’immeuble de l’immeuble d’en face dans la rue trans­ver­sale. À tra­vers les car­reaux.

Sachant qu’en plus, la sta­tue est installée à un niveau plus haut (6 marches), on s’est rapi­de­ment ren­du compte que les gens mar­chant dans cette ruelle pou­vait abso­lu­ment tout voir à l’intérieur, vu que l’appartement est au pre­mier étage. Deman­dez-moi pour­quoi cet appar­te­ment est encore vide, hein…

Natu­rel­le­ment, la pho­to n’a été prise pour mon­trer l’appartement. C’est une ques­tion de choix. Choi­sir entre un quar­tier commerçant, agréable certes, mais tou­ris­tique, et un quar­tier un tout peu plus «périphérique »

Je vous ai fait une carte. Cli­quez sur le bou­ton «Satellite » pour avoir la cou­leur.

Feu vert … direction Spandau

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 18 Avr 2009 à 16:14

l'Å“ilde la gare de Spandau ...

Aujourd’hui, on a reçu le feu vert. Offi­ciel. Ce docu­ment a un nom (tota­le­ment imprononçable, apha­sie ou pas, que nous réduisons à un sigle : WBS), et une his­toire. Ce docu­ment, [on l’a demandé] il y a pra­ti­que­ment [deux mois] qu’on l’a demandé. Il y aura deux mois demain. Alors au début, on a essayé de nous décourager. On a insisté, la dame est allée chez sa chef pour pleu­rer, et est reve­nue avec l’ordre de nous lais­ser tran­quille. Elle a rem­pli le dos­sier, et nous a dit qu’il fau­drait attendre au moins trois mois. Il fal­lait que le dos­sier passe par le Ver­sor­gung­samt (le bureau qui s’occupe des handicapés). On a offert de l’emmener nous-mêmes là-bas, le dos­sier. Non, elle a refusé. Et elle nous a pro­mis de l’envoyer le jour même.

Une semaine plus tard, le dos­sier n’était pas encore arrivé à sa des­ti­na­tion.

Une fois qu’on a été «sûrs » (le genre de mots qu’il faut pro­non­cer entre guille­mets) que le dos­sier était arrivé, et voyant qu’il n’en res­sor­tait pas, on s’est déplacés.  , on a appris que le dos­sier avait été mal aiguillé, et avons demandé à ce qu’il soit remis à son des­ti­na­taire prévu.

Après, on a atten­du.

Il y a deux semaines, on a appris que le dos­sier était reve­nu, avec une réponse favo­rable. Mais nous, le docu­ment nécessaire, on ne l’avait tou­jours pas sous la main. La dame nous a garan­ti qu’elle nous l’avait envoyé. Avant-hier, on a rap­pelé. Elle nous a confirmé la date d’envoi du docu­ment. Avec cette confir­ma­tion, on a fait ce qu’elle nous a recom­mandé : on s’est mis en contact avec la poste. Très offi­ciel­le­ment.

Ce matin, dans la boîte à poste, miracle, le docu­ment. Sur l’enveloppe, la date d’envoi : 16.04.2009. Aha.

Bref, nous sommes main­te­nant munis d’un WBS. En gros, ça veut dire qu’on va pou­voir, après deux mois de recherche d’appartements, [on passe] à l’étape sui­vante. Lun­di matin, on amène notre dos­sier au fameux Job­Cen­ter, et (en théorie, c’est juste une for­ma­lité), on envoie tout ça au loueur, et le tour est joué. Car WBS signi­fie entre autres qu’on ne peut pas nous refu­ser comme loca­taires.

Avant lun­di matin, le plus dif­fi­cile : choi­sir l’appartement. On en a trois en vue. Les trois sont à Span­dau. C’est un arron­dis­se­ment remar­quable. Il y a des forêts et de l’eau. En bas des fenêtre de deux de [nous] nos trois appar­te­ments puta­tifs, il y a l’entrée d’un parc natu­rel immense.

On avance.

Enfin ! ©olocalisation sous Linux …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le ven 17 Avr 2009 à 21:34

Je sais où c'est ...

Ça fai­sait un moment que ça me tur­lu­pi­nait. Je ne connais­sais pas de système sous Linux qui me per­met­tait d’inscrire dans les donné[e]s de mes pho­tos les coordonnées (lati­tude et lon­gi­tude). J’ai eu accès un moment à ça avec le logi­ciel Digi­kam. Mais il y a quelques mois, ça avait cessé de fonc­tion­ner, sans que je puisse com­prendre pour­quoi. Le seul inconvénient de Digi­kam, c’est qu’il est «lié » à KDE, qui n’est pas mon inter­face de préférence pour Linux, et je soupçonne que c’était à la base du problème qui m’interdisait l’accès à la géolocalisation. Main­te­nant, avec leur dernière ver­sion, elle fonc­tionne, mais pour une rai­son ou une autre, elle ne me convient pas.

Mais j’ai découvert geo­tag. C’est écrit en java, donc ça fonc­tionne par­tout, même sous Win­dows (si votre Win­dows fonc­tionne, natu­rel­le­ment) ou sous MacOS. Il a besoin d’un petit peu d’aide, notam­ment exif­tool. Tout ceci est «libre», sous licence GNU/GPL. Et c’est gra­tuit.

Donc, main­te­nant, mes pho­tos vont à nou­veau être géolocalisées. La pho­to du jour, par exemple, contient le code sui­vant :

# GPS Lati­tude Refe­rence = N
# GPS Lati­tude = 52/1,32/1,73779/6250 [degrees, minutes, seconds] ===> 52° 32′ 11.80464″
# GPS Lon­gi­tude Refe­rence = E
# GPS Lon­gi­tude = 13/1,12/1,77166/3125 [degrees, minutes, seconds] ===> 13° 12′ 24.69312″

Natu­rel­le­ment, c’est la ver­sion de géolocalisation du pauvre. Les riches peuvent avoir un GPS avec eux, et avoir les coordonnées de chaque pho­to auto­ma­ti­que­ment. Chaque pho­to me prend en moyenne un petit peu moins d’une minute pour trou­ver et sau­ve­gar­der la lon­gi­tude, la lati­tude, mais également la ville, et le pays. Non que je ne les connaisse pas, hein, le nom de la ville et du pays. Mais tant qu’à faire de la géolocalisation, autant la faire complètement.

Il y a encore quelques imper­fec­tions dans le système, mais l’essentiel est acquis.

En fait, ma «chaîne » pho­to sous Linux est complète. Raw­The­ra­pee me donne toute satis­fac­tion. Ce logi­ciel me per­met de «développer » mes pho­tos. Le seul point sombre : ce n’est pas un logi­ciel «libre», mais il est tout de même gra­tuit. Si j’avais un besoin de retouche, j’ai natu­rel­le­ment Gimp. ©néralement sous-évalué, c’est un pro­gramme *très* com­plet. Libre, et gra­tuit, en plus. Au niveau cata­lo­guage, j’ai f-spot, livré (comme Gimp) par défaut dans Ubun­tu. Et main­te­nant Geo­tag.

La vie est belle.

Dans la série : «endroits où ne pas vivre » …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 15 Avr 2009 à 15:19

Vue sur ... whatever.

Nous sommes à la recherche d’un appar­te­ment. Mais pas celui-là.

Tête en l’air …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 14 Avr 2009 à 09:38

Tête en l'air ...

Sur la terre des damnés, tête en l’air,
Étranger aux vérités premières énoncées par des cons,
Jamais tou­ché le fond de la misère
Et je pleure, et je crie et je ris au pied d’une fleur des champs,
Égaré, insou­ciant dans l’âme du prin­temps, cÅ“ur bat­tant,
“ur serré par la colère, par l’éphémère beauté de la vie.

Jacques Hige­lin, Tête en l’air

Je me demande com­ment j’ai fait pour oublier cette chan­son. Elle m’est reve­nue tout à l’heure, au moment où j’ai écrit «Tête en l’air » en haut de cette page. Et hop, cinq minutes de bon­heur.

Il y a tou­jours de la musique dans ma vie, mais en fait assez peu de chan­sons. Ou, plus exac­te­ment, peu de paroles de chan­sons. Il y a des tonnes de disques de chan­teurs, fran­co­phones ou non, que j’écoute avec plai­sir, mais sans prê­ter le moindre intérêt aux paroles. Mais celle là, de chan­son, a tou­jours eu des paroles.

Oublier, c’est tou­jours dom­mage. Mais retrou­ver, c’est magique.

Pour reve­nir à mon sujet ori­gi­nel, quand je par­cours ma col­lec­tion de pho­tos, c’est frap­pant de consta­ter que je passe beau­coup de temps la tête en l’air.

Devrais-je vrai­ment me deman­der pour­quoi ?

Pentax DA* 50–135mm 2,8 : MA star …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Photo — le lun 13 Avr 2009 à 21:54

SMC DA* 50-135mm 2,8 [IF] SDM

Un petit peu de jar­gon : sur mon K10D, for­mat APS-C, cet objec­tif a la même «vision » qu’un 70–200mm «classique » sur un appa­reil FF. Il ne gran­dit pas quand on change de focale, muni du système SDM, il est tota­le­ment silen­cieux.

C’est l’objectif qui est le plus sou­vent monté sur mon appa­reil, et depuis les 18 mois que j’ai mon K10D, il a pris plus des deux-tiers de mes pho­tos. C’est ma bête de somme. C’est le meilleur objec­tif que j’ai. Si je ne devais en gar­der qu’un, ce serait celui-là. J’aime également le DA* 16–50, mais la qua­lité d’image du 50–135 lui est définitivement supérieure. Je n’ai jamais de sur­prise avec cet objec­tif.

J’espère pou­voir, un de ces jours, l’associer avec un «converter » (le Ken­ko Pz-Af 1,5 Tele­plus SHQ), si j’en trouve un. On ne le trouve que d’occasion, et rare­ment. Cet oiseau rare est… eh bien rare, jus­te­ment. J’en avais repéré un, mais quelqu’un l’a acheté ce matin.

Mon DA* 50–135 est tou­jours sur la brèche. Et je me suis faci­le­ment habi­tué à son poids (685g).

Points faibles :

  • La taille de l’«abat-jour » qui va avec
  • En cas de situa­tions en contre-jour, il y a par­fois un «purple frin­ge » (aber­ra­tion chro­mique) qui se cor­rige faci­le­ment, mais qui est là.
  • ©ger «vignettage » qui se cor­recte faci­le­ment.

Points forts :

  • Sa taille ne change pas.
  • Il est silen­cieux.
  • Il est «tropicalisé», c’est à dire qu’il tra­vaille aus­si sous la pluie qu’au soleil.
  • Sa qua­lité d’image est fabu­leuse
  • Il n’est pas trop grand (13,6 cm)

©finitivement un objec­tif qui, accou­plé à un K10D (plus fabri­qué, rem­placé par le K20D), est vrai­ment un outil agréable à uti­li­ser. J’adore les temps où je vois des appa­reil pho­tos ayant coûté trois à cinq fois le prix du mien ren­trer à l’abri, alors que le mien, avec mon 50–135, reste dehors, et conti­nue à tra­vailler.

Où voir des pho­tos prises par cet objec­tif ? : là.

Un petit voyage à Berlin réunifiée en tram” …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 13 Avr 2009 à 09:28

Dans l'angle ...

Je fréquente les trans­ports publics- Assidûment. Et ça va bien faire quatre ans que ça dure. Et, donc, je pen­sais avoir une idée assez juste des Ber­li­nois. Ben oui, hein, c’est une ques­tion de nombres et de temps. Nombre de gens qu’on voit, entend, observe, et temps passé à faire ça. Mais bon …

Et hier, on a pris le tram. Le tram, en fait on le prend assez rare­ment. Parce que là où on va, il y a généralement assez de métro, S-bahn, et bus. Et –dans les faits– on voyage prin­ci­pa­le­ment «à l’Ouest ». Et le tram, on ne le prend pra­ti­que­ment que quand on va «à l’Est», c’est à dire rare­ment.

Je m’interroge régulièrement sur ces his­toires Est / Ouest. On va bientôt fê­ter les 20 ans de la réunification de l’Allemagne, en célébrant ce qui a été fait. Mais, en me pro­me­nant dans Ber­lin, en tant qu’étranger, moi ce qui me marque, c’est plutôt ce qu’il reste à faire. Même pour moi, étranger, Ber­lin-Est existe encore. Ou Ber­lin-Ouest, hein, comme vous vou­lez. Même si je ne com­pre­nais pas la langue, je m’en ren­drais compte. Com­pre­nez-moi bien ; ils parlent tous la même langue, tech­ni­que­ment. Mais sou­vent les conver­sa­tions per­mettent de situer les Ber­li­nois sur la carte.

Mais rien de plus visible, en matière de «à fai­re » au niveau de la réunification alle­mande que le réseau de trams à Ber­lin. En gros le tram n’existe pas à l’Ouest, et consti­tue l’épine dor­sale des trans­ports à l’Est. Visi­ble­ment. Les rails s’arrêtent à la frontière, à part pour deux lignes, je crois. Alors qu’il y a 22 lignes de tram à Ber­lin.

Encore plus visible, quand on, comme nous hier, prend une ligne de tram jusqu’à son ter­mi­nus, c’est le «paysage urbai­n ». De Schwartz­kopff­straße jusqu’à Ahrens­felde, c’est à dire du centre jusqu’à la périphérie, on passe de bâtiments «anciens » à l’état de rénovation que je décrirais généreusement comme «intermittent», puis à des ruines, des friches indus­trielles, et on finit par une mer de barres d’au moins douze étages. Ce genre de pay­sage n’existe tout sim­ple­ment pas à l’Ouest.

Je ne dis pas que ce n’est jamais joli à l’Est, hein. Mais je vous garan­tis que c’est *rare­ment* joli.   où j’habite, et c’est un quar­tier pauvre (de l’Ouest), avec ma fenêtre qui culmine au cinquième étage, je vois à des kilomètres, ou au pire jusqu’au pro­chain immeuble de cinq étages. Alors que quand on suit le tram ou le S-Bahn vers l’Est, on voit des immeubles d’au moins douze étages pen­dant des *kilomètres*. Nous qui recher­chons un appar­te­ment, à chaque fois qu’on affaire à l’administration, on nous recom­mande de cher­cher à l’Est. Le nom qu’on nous indique le plus sou­vent : Mar­zahn. Les barres.

Certes, les barres ont été repeintes. Jaune, bleu, ce que vous vou­lez. Mais ce sont des barres. Et pour en sor­tir, juste une sta­tion de Tram en bas. Sauf pour ceux qui ont la chance d’habiter au bord de la voie ferrée du S-Bahn.

Et je nous vous parle des lam­pa­daires, hein…

Hier, un poli­tique évoquait une modi­fi­ca­tion de la consti­tu­tion. Son motif : il a l’impression que les Alle­mands de l’Est se sentent oubliés par la réunification. Entre nous, je ne vois pas ce que la consti­tu­tion pour­rait arran­ger. Encore une fois, je suis étranger, moi. Je n’ai jamais connu la RDA. Mais le fait que, vingt ans après sa dis­pa­ri­tion j’aie encore une idée précise d’à quoi elle res­sem­blait me fais m’interroger au sujet de la fameuse «réunification ». Aujourd’hui, le fer de lance de la réunification alle­mande semble être l’arsenal législatif, et spécialement Hartz IV. On pra­tique la réunification par le bas. Et ce n’est bon que pour les pho­to­graphes fêlés de lam­pa­daires, si vous me deman­dez mon avis.

©tails :

  • un conces­sion­naire qui arbo­rait en façade le logo de «Trabant »
  • un gamin, maigre, avec des tatouages d’une qua­lité dis­cu­table, avec des pier­cings colorés, qui «chattait » sur son ordi­na­teur por­table, dans le tram, musique en bannière. Quand il a quitté la tram, on l’a vu mar­cher, por­tant son por­table ouvert avec une main, et en train de taper un mes­sage de l’autre.
  • deux gamins, gras, voi­sins, qui n’ont pu que par­ler de leur vie vir­tuelle. Ils ont com­paré leurs points et leurs hauts faits, dans un Alle­mand au plus rudi­men­taire (c’est la première fois que j’ai l’impression d’entendre des gens *par­ler* en langue SMS). Pen­dant toute la conver­sa­tion, l’un des deux avait au téléphone sa fiancée vir­tuelle. Dragonmädel. Quand il a enten­du son nom, celui qui ne l’avait pas au téléphone, il s’est exclamé : «Dragonmädel ? oh, L é chaude, L D-chir sa rasse ! ».
  • c’était ¢ques. Familles en dimanche.
  • un gamin, enca­pu­chonné, jouait du pia­no des doigts sur la paroi du tram
  • sou­vent, seule­ment les trois der­niers étages avaient le soleil

Vive la France !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 10 Avr 2009 à 08:28

Aiguillage démocratique ...

Vio­la, en prononçant ces paroles his­to­riques («Vive la France !»), avait dans les yeux les larmes caractéristiques des len­de­mains de fous-rires. En d’autres termes, elle se gon­do­lait de rire à entendre ce que je venais de lui racon­ter.

Et comme les occa­sions de rigo­ler sont, au fond, rela­ti­ve­ment rares, je me suis décidé à vous racon­ter la même his­toire, celle qui a mis Vio­la en joie.

C’est l’histoire du rejet en première lec­ture de l’assemblée natio­nale de la loi surnommée Hado­pi. Et cette his­toire n’a a prio­ri pas en stock les ingrédients nécessaire à la fabri­ca­tion d’une tarte à la bou­tade, hein.

Hado­pi, c’est la mau­vaise tra­duc­tion d’une mau­vaise loi américaine, supposée régler le problème des Gen­tilles Indus­tries Du Disque, Du Cinéma, De La Culture, De Tout Ce Qui Fait Une Magni­fique Civi­li­sa­tion, menacées qu’elles sont par les méchants inter­nautes qui piratent (c’est pire que de bê­te­ment copier) Les Å’uvres Immor­telles pour pas un rond.

Sur le fond, j’ai natu­rel­le­ment une idée, mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est les condi­tions du rejet de cette pan­ta­lon­nade législative, c’est à dire une pan­ta­lon­nade au sujet d’une autre pan­ta­lon­nade.

Et quand je dis «pantalonnade», hein, je fais dans la gau­driole. Alors qu’au fond l’affaire relève pour moi beau­coup plus de la tragédie que de la bouf­fon­ne­rie, même s’il de bouf­fons qu’il s’agit.

Sans tran­si­tion, je laisse la parole à un des acteurs de cette lamen­table affaire :

Lorsque j’ai accou­ru à l’hémicycle, j’ai constaté que plu­sieurs députés socia­listes res­taient groupés derrière la porte de l’hémicycle ou plus exac­te­ment derrière le rideau qui sépare le sas d’entrée du bas de l’hémicycle. J’ai évidemment com­pris qu’il s’agissait d’attendre là, la fin de l’intervention de la ministre pour faire une entrée groupée. Ain­si le groupe UMP se croyant majo­ri­taire, sur la foi du décompte des députés effec­ti­ve­ment installés à leur siège, n’allait pas ten­ter d’ultimes manoeuvres de procédures pour retar­der le vote et «rameuter » à leur tour des députés UMP dispersés dans leur bureau…

A notre grande sur­prise, cette petite précaution de dernière minute a mar­ché. Comme quoi le vote d’un texte tient par­fois à un rideau qui se lève ou se baisse au bon moment !

Si vous y tenez vrai­ment, le texte de cette pan­ta­lon­nade en un acte est lisible ici.

Faut-il vrai­ment en rire ? En fait non.  , ce serait le moment de se deman­der où sont les députés, à quoi ils servent, se deman­der si il ne serait pas temps de prendre les choses au sérieux, et pas­ser le lance-flammes balai révolutionnaire au Palais Bour­bon.

Ima­gi­nez les grands sou­rires de ces grands enfants riant de la bonne blague qu’ils viennent de faire, laquelle va pro­ba­ble­ment pas­ser pour une *vic­toire* (pour éphémère qu’elle soit) de… la démocratie.

Je vous rap­pelle, pour le prin­cipe, les règles du jeu :

  • vous élisez un député
  • il fait des trucs *en votre nom*
  • député, c’est un bou­lot à plein temps, gras­se­ment rémunéré
  • vous avez le droit et même le devoir de rap­pe­ler à votre député qu’il n’est qu’un député, et ce que députer veut dire
  • vous avez le droit et même le devoir lui deman­der à quoi il passe son temps avec votre argent
  • vous avez le droit et même le devoir de vous deman­der si le système exis­tant a un sens autre que sa propre préservation, et si c’est le sens ori­gi­nel

Et tant que vous y êtes, si vous, comme moi, décidez d’interpréter le texte comme une tragédie plutôt que comme une farce éphémère, deman­dez-vous qui en est au bout du compte l’auteur. Les députés, ou leurs électeurs.

©puter sans contrôle, c’est dan­ge­reux. ©puter sans contrôle, c’est le renon­ce­ment à la démocratie.

Je suis une locomotive …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 8 Avr 2009 à 07:55

Tchoo-tchoo...

La recherche d’un appar­te­ment peut mener à tout. Natu­rel­le­ment. Sur­tout quand on a une heure à tuer et que l’appartement à visi­ter est en lisière de forêt. Non qu’on quitte la ville, hein. On est tou­jours dans Ber­lin.

On a passé une heure en forêt.

Il y a des voies ferrées désaffectées. Vous me connais­sez.

On a trouvé le petit en train de jouer au train. Appa­rem­ment, lui aus­si s’est chopé le virus à vapeur.

En fait on était par­tis de la mai­son pour visi­ter *un* appar­te­ment, et on a fini la journée dix heures sui­vant après notre septième visite. On a décidé d’arrêter de cou­rir. On a main­te­nant notre sélection. Le plus dur va être de choi­sir.

Mais pas mécontent d’en avoir fini. On est, l’un comme l’autre, *fatigués*. On va chan­ger de sport, et on va arpen­ter les admi­nis­tra­tions. Ce qui va nous chan­ger d’arpenter les rues.

Ou bien ?

Vous n’aurez pas de son …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 6 Avr 2009 à 11:15

Faire l'âne pour avoir du son ...

Il m’avait dit ça un petit peu comme on met à la bouche un cara­mel qu’on vient de piquer à la librai­rie du coin. Avec un sou­rire gour­mand. ll avait com­mencé avec : «Olivier, il ne sert de rien de faire l’âne …», puis, élargissant encore son sou­rire, il a conti­nué avec : «… pour avoir du son. Vous n’aurez pas de son. »

Je ne me sou­viens pas de quoi on par­lait, et je n’ai aucune idée de ce qu’il avait en tête avec son son. Mais je me rap­pelle exac­te­ment de son sou­rire ce jour là. Il était visi­ble­ment très fier de lui.

C’était un client. Un client à ran­ger dans la case «très chian­t ». Mais par moments, il était capable de sou­rires comme celui-là. Alors je l’ai gardé comme client pen­dant plu­sieurs années.

Le non-Tatort du dimanche …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 5 Avr 2009 à 21:01

Bienvenue, camarades ...

J’ai eu un choc. ©jà, bien qu’on soit dimanche et qu’il soit 20:15, il n’y avait pas d’épisode de Tatort au pro­gramme. Ça ne m’a que très moyen­ne­ment plu. J’ai eu maintes fois l’occasion de vous expli­quer que le Tatort du dimanche, c’est impor­tant.

En échange, j’ai eu droit au pire polar que j’aie vu depuis que j’habite Ber­lin. C’est aus­si une série policière, héritée de la RDA. Ça s’appelle Poli­zei­ruf 110. Et cet épisode était une catas­trophe.

©jà, la musique du générique m’a fait pen­ser au générique du 20h de France2 des années 1990. Le mon­tage est du même aca­bit. La mise en scène est affli­geante. La musique est pitoyable. Et ne me lais­sez pas vous par­ler du conte­nu, hein.

Parce que le conte­nu …

La RDA est offi­ciel­le­ment morte il y a bientôt 20 ans, et pour­tant, le temps d’un épisode, je m’y suis cru.

Ne nous mécomprenons pas : qui me connaît sait ce que je pense des riches, des assu­rances, du pou­voir, des bou­lots au rabais, etc. Mais je n’ai jamais enten­du de tels dia­logues. Un fourgue qui explique aux poli­ciers que voler, c’est pas très grave, que le voleur n’a pas besoin d’argent des ser­vices sociaux, et que tant que seule­ment les assu­rances y perdent, tout va bien. Le voleur et l’état y gagnent. Ça sonne tel­le­ment «fabriqué ». Et les deux poli­ciers n’arrêtent pas de prê­cher. Tout ça dégouline de bons sen­ti­ments, ça se veut «pédagogique», mais on les voit venir de tel­le­ment loin, avec leurs gros sabots, qu’on a envie de rire, mais on n’ose pas.

Même l’image nous parle. Les plans dans les cités de Halle (dans l’es RDA) sont nimbés d’une lumière triste. La mère d’un gamin qui a tué une vieille est *tel­le­ment* humaine, mais *tel­le­ment* accablée par l’économie qui écrase *tel­le­ment* les pauvres tra­vailleurs, qu’on a envie que ça cesse, d’éteindre la télé. On entend quelqu’un expli­quer, tout sim­ple­ment, que les parents qui vivent de Hartz IV (le RMI alle­mand) ne sont pas capables d’élever leurs enfants. Sans nuance, ni contra­dic­tion.

Ce n’est pas le sujet qui est en cause. J’ai vu récemment un épisode de Tatort dans lequel on plon­geait dans le monde des supermarchés pour pauvres. Mais la méthode rend la série crédible. Alors que ce soir …

Honnê­te­ment, j’aime bien de temps en temps me taper un navet. Ça me fait rire. De bon cÅ“ur. Mais l’épisode de ce soir ne m’a fait rire : il m’a fait peur. Il m’a mis mal à l’aise.

Je vous l’avais dit, de ne me pas lais­ser vous par­ler du conte­nu.

Trabi, saloperie de bagnole mon amour …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 4 Avr 2009 à 11:01

Heia, Safari !

Je pour­rais vous dire : «c’est la crise…», mais en fait tout ça a com­mencé bien avant. Il y a des gens qui, nos­tal­giques ou pas, ont décidé de ren­ta­bi­li­ser la catas­trophe. La RDA. Rien de ce qui a été construit à l’époque de la RDA ne vaut un radis. Les bâtiments, les infra­struc­tures, et natu­rel­le­ment le voi­tures, étaient –à l’époque de la chute du mur– dans un état tel qu’il a fal­lu inves­tir des sommes colos­sales. Mais le recy­clage a com­mencé, et prend main­te­nant des pro­por­tions énormes.

À Ber­lin, le tou­risme est pra­ti­que­ment entièrement basé sur la RDA. Les bou­tiques à tou­ristes vendent des tasses, des t-shirts, des sacs, des cartes pos­tales, tout ça décoré avec le logo de la RDA. Et natu­rel­le­ment on nous vend du mur. Le $mur$ de Ber­lin est *très* lucra­tif. Très lucra­tifs, également, les Ampelmännchen, les petits bon­hommes rigo­los qu’on pou­vait voir sur les feux rouges du Ber­lin-Est au temps de la RDA. Main­te­nant ils se généralisent dans toute la ville de Ber­lin. Et, marketisés à outrance, ils sont en train de deve­nir l’emblème de Ber­lin. Indis­pen­sables à tout tou­riste.

Recy­clage pro­fi­table. Même les Tra­bant.

Aaaah, les Tra­bant. Je me sou­viens de ma première ren­contre avec une Tra­bant. C’était en mai 2000, à Ber­lin. Elle est arrivée derrière moi. J’ai cru, à l’oreille que c’était une moby­lette, et qu’elle était sur le trot­toir, au point que je me suis pla­qué contre le mur. Ima­gi­nez le moteur. Et ima­gi­nez ma tête quand je me suis ren­du compte que cette moby­lette avait quatre roues, un toit, et qu’il y avait trois per­sonnes dedans ! Oui, en 1957, c’était une voi­ture sur­pre­nante, presque inno­vante. Mais la même voi­ture, construite dans les années 1990, ça fait peur. C’est un cla­pier à rou­lettes, avec un moteur de ton­deuse à gazon. Une catas­trophe indus­trielle. Une honte logis­tique. Une honte tout court.

Mais aujourd’hui, c’est chic. On peut louer une «Trabi ». Notez la conno­ta­tion presque tendre du sobri­quet choi­si pour la Tra­bant. Il y a une boite qui s’appelle Tra­bi Safa­ri. On peut même pas­ser un «permis Tra­bi», que l’on obtient après avoir passé les obs­tacles d’un par­cours «typique » d’un auto­mo­bi­liste de la RDA. Sur des routes (lire : sur les routes «à pla­que­s » garan­ties RDA d’origine).

La Tra­bant de la pho­to, qui orne un par­king, est perchée sur un … authen­tique mira­dor du mur. J’entends d’ici le bruit de la caisse enre­gis­treuse…

Dans mes oreilles : Dodge the Dodo, Esb­jorn Svens­son Trio

Pour ceux qui ont avaient quelque chose entre les oreilles

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 2 Avr 2009 à 21:40

Désemparé ...

Quand je suis ren­tré, cette après-midi, de notre bal­lade à Span­dau, je me suis ser­vi une tasse de thé. Et j’ai ouvert mon ordi­na­teur.

Le titre m’a sauté à la gorge. J’ai eu un haut de cÅ“ur. J’ai relu.

Phi­lippe Val choi­si par l’Elysée pour diri­ger l’antenne de France Inter

Depuis, ça bouillonne dans ma tête. J’oscille entre une tris­tesse sans fond et une rage brûlante.

J’ai gran­di avec France Inter. Ma mère était pra­ti­que­ment inac­ces­sible à l’heure de Radio­sco­pie. J’ai appris le rock avec Feed-back et Loup-garou. J’écoutais Le jeu des mille francs à chaque fois que je le pou­vais. Tard, la nuit, j’écoutais même Allô Macha. Le dimanche matin, j’ai découvert les mots «irrévérence», «différence», «respect», «curiosité » avec des gens comme Claude Vil­lers, Pierre Des­proges, Laurent Ruquier, Daniel Mer­met, Kriss, Pierre Bou­teiller, José Artur. J’ai vécu le foot avec Jacques Ven­droux, et même avec Jo Dona. J’ai passé des cen­taines d’heures devant mes suc­ces­sifs postes de radio, tou­jours sur fond de curio­sité. Je me sou­viens encore de la voix de ©rard Klein à l’heure du petit-déjeuner. J’entends encore les colères d’Anne Gaillard. Patri­cia Mar­tin, Julien Del­li Fio­ri aus­si.

Je chéris un sou­ve­nir rare : une soirée dans la cara­vane des vacances, avec toute la famille, où nous avons écouté Le masque et la plume.

J’étais fier d’être ceux que cette sta­tion différente. D’avoir «quelque chose entre les oreille­s ».

J’ai quitté France Inter quand j’ai quitté la France. Mais pas parce que je vou­lais. Je me dou­tais bien qu’elle ne pour­rait plus être la même, mais je l’attendais tou­jours différente. Les gens qu’on perd de vie, tant qu’on n’a pas de nou­velles, on les voit à l’image de ce qu’elles étaient quand on les voyait. Pour moi, donc, France Inter était encore là. Quelque part. Une présence amie.

Et aujourd’hui, je sais que France Inter est mort. Je vais res­ter avec mes sou­ve­nirs. Avec les his­toires que Claude Vil­lers me racon­tait le soir, avant de dor­mir. Je dois beau­coup à France Inter, et je vais la pleu­rer comme on pleure un proche.

La colère n’est plus loin… un jour il fau­dra que je solde mes comptes. Et on sera nom­breux.

©filé …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Galerie,Journal,Photo — le jeu 2 Avr 2009 à 09:51

Au pas ...

On s’est balladés de Kreuz­berg jusqu’a la gare de Frie­drichs­traße, en pas­sant par la (trop) fameuse Wil­helm­straße. Un chouette temps de prin­temps.

Je vous présente la nou­velle col­lec­tion, intitulée : Les seize lampes

Ce qui me frappe, c’est la variété. Et l’adéquation entre les formes des réverbères et le quar­tier dans les­quels ils vivent.

©canique onirique [traité de la mémoire choisie] …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 1 Avr 2009 à 06:26

Rose et gris ...

La scène me fait peur. J’étais au volant d’une ambu­lance. Mon ambu­lance était pleine de gens. Je ne sais pas exac­te­ment com­bien de gens. On était en train de grim­per une côte. Une côte très dure. J’étais en première. On appro­chait du som­met. Je connais­sais la route, j’attaquais la der­nier lacet. Il y avait tel­le­ment de gens dans l’ambulance, qui par­laient très fort pour s’entendre au des­sus du bruit du moteur qui hur­lait en première, que je n’ai pas enten­du le monstre arri­ver.

Et d’un seul coup, il a enva­hi l’ensemble de mon champ visuel. Tel­le­ment haut, tel­le­ment large. Il pre­nait toute la lar­geur de la rue, et me cachait le ciel. Et il vou­lait des­cendre. Et il était pressé. Et il n’allait pas s’arrêter.

Dans l’ambulance, mes pas­sa­gers se sont tous tus. Mon moteur s’est noyé dans le vacarme infer­nal du moteur du monstre. Une voix grave, que j’avais l’impression de per­ce­voir par mes pieds, mon derrière et mes mains, tout ce qui me connec­tait à la rue qui trem­blait.

Alors il a fal­lu que je redes­cende la rue. Mais pas le temps de faire demi-tour. Le monstre était à deux ou trois mètres de moi. J’ai donc com­mencé à des­cendre la côte en marche arrière. Je suais de peur. J’avais peur que les freins de mon ambu­lance, surchargée qu’elle était, nous lâchent.

Ça n’a pas duré long­temps. Peut-être trente, qua­rante secondes, jusqu’à ce que je trouve une rue trans­ver­sale, et que je quitte la rue et échapper au monstre. Après, j’ai éteint le moteur. Per­sonne n’a plus rien dit. Jusqu’au moment où le moteur du monstre, à force de s’éloigner, se soit tu.

Heu­reu­se­ment qu’il n’y a pas dans la salle un psy pour me deman­der ce que je pen­sais que ce rêve signi­fie, car je serais bien en peine de répondre à la ques­tion. Condam­na­tion par défaut.

En fait, cette scène, je ne la rêve pas. Je m’en sou­viens. C’était il y a 7 ans.

Le monstre était sui­vi d’un char et deux trans­ports de troupes blindés.

Ce n’est pas le pire de mes sou­ve­nirs, mais de mes sou­ve­nirs «dangereux», c’est celui qui me revient le plus sou­vent. J’ai pro­ba­ble­ment caché les pires. Ils sont tou­jours là, mais il y a tel­le­ment de bazar à déménager avant d’y accéder que ma ren­contre avec Kill­do­zer (une nou­velle de Stur­geon), si facile d’accès, me sert sou­vent de mémoire tam­pon. Ça me per­met de «parler » avec cette période de ma vie, sans me faire trop de mal. La vio­lence de cette scène n’est que «virtuelle ». Ça me per­met de la «fréquenter » sans trop me com­pro­mettre.

Par­fois, c’est tout de même invo­lon­taire. Aujourd’hui, par exemple. Je suis tombé sur cet article… évocateur.

Il est presque quatre heures du matin. Je pense que je vais pou­voir dor­mir, main­te­nant.

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