Aux chiottes la crise !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie,Journal — le mar 30 Sep 2008 à 09:04

Est-ce que vous sou­ve­nez de «Vive la crise ! » ?

C’était un show d’Yves Mon­tand à la télé. Le show qui m’a fait peur qu’il veuille être président, comme Rea­gan. Et ça commençait par ces mots : « La crise ? Quelle crise ? ». Sui­vait un dis­cours qui aurait pu avoir écrit par notre Petit Nico­las. Ça disait en gros qu’il fal­lait arrê­ter de râler, qu’il fal­lait tra­vailler (plus), et accep­ter quelques sacri­fices (retraite, etc.).

Les sacri­fices, on a donné. On a lâché par des­sus bord l’école et la fac, et les profs. On est en train de jeter par des­sus bord l’hôpital, les retraites, la poste, la SNCF. Ça fait 25 ans que ça dure. 25 ans de pri­va­ti­sa­tions.

Et aujourd’hui ?

Une autre crise. Mieux : une suite de crises. La bulle ici, le crédit là. Hier le gou­ver­ne­ment alle­mand a allongé 35 mil­liards d’euros pour ren­flouer une banque. La banque a joué, et … alors que j’aurais dit «perdu», et bien elle a gagné, la banque. Tout va pou­voir conti­nuer.

Aux USA, hier soir, les banques ont «perdu ». Et c’était prévu. Le par­ti républicain l’a annoncé (prophétiquement) dans son pro­gramme :

We do not sup­port govern­ment bai­louts of pri­vate ins­ti­tu­tions. Govern­ment inter­fe­rence in the mar­kets exa­cer­bates pro­blems in the mar­ket­place and causes the free mar­ket to take lon­ger to cor­rect itself. We believe in the free mar­ket as the best tool to sus­tai­ned pros­pe­ri­ty and oppor­tu­ni­ty for all.

Nous ne sommes pas d’accord avec les sau­ve­tages d’instutions privées par le gou­ver­ne­ment. Les interférences du gou­ver­ne­ment avec les marchés ne fait que rendre les problèmes plus aigus, et la mar­ché libre prend plus de temps à se cor­ri­ger. Nous croyons que le mar­ché est le meilleur outil pour par­ve­nir à une prospérité durable avec des opportunités pour cha­cun. – Tra­duit au nez par ma pomme.

Je vous ras­sure : je ne me sens aucun gène com­mun avec le par­ti républicain américain. Avec le par­ti «démocrate » non plus, notez. Et je suis cer­tain que la «philosophie » des républicains va se cal­mer, et qu’ils vont voter le fameux «paquet » qui per­met­tra (peut-être) aux banques de gagner à la Grande Tom­bo­la Du Mar­ché.

Et si ils perdent, c’est avec notre argent, de toute façon.

Je suis par­tagé. D’un côté, ça m’emmerde jusqu’aux trous de nez embête un petit peu de pen­ser que le contri­buable doive payer pour finan­cer l’échec d’un système gou­verné par le gain à tout prix. Mais si le système finan­cier se casse la gueule, ce sont au moins 3 générations qui vont perdre leurs économies, leurs retraites, sans comp­ter leurs mai­sons et leurs bou­lots.

Mais je n’ai pas de doute : le Petit Nico­las va nous faire un nou­veau «Vive la crise ! ». Et ce dis­cours libéral (le mot «libéral » étant à rat­ta­cher aux mots «marché libre » que nous avons croisés plus tôt), la louange frénétique du gain comme prin­cipe de la vie économique me fout la gerbe met mal à l’aise.

Pas vous ?

Fritz, c’est le roi, patate !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Galerie,Idiocratie,Journal — le ven 26 Sep 2008 à 19:00

Frie­drich der Große. Frie­drich le grand. Celui qui a hébergea Vol­taire à sa cour à l’époque où la cour de Ver­sailles était inhospitalière pour lui, était et est encore un roi aimé par son peuple de Prusse. Com­ment je le sais ? Hier j’ai (re)vu sa tombe. Plus simple, c’est dif­fi­cile à ima­gi­ner. Il a été enterré de nuit, sans aucune pompe, à l’endroit qu’il avait choi­si : à côté des tombes de ses chiens. Et des­sus, il y a encore aujourd’hui des gens qui déposent des patates. Et pour un prus­sien, c’est vrai­ment impor­tant, les patates. Il a intro­duit les patates en Prusse.

On a beau­coup parlé et écrit au sujet du «Alte Fritz», le vieux Fritz. Son his­toire est pleine de contrastes, natu­rel­le­ment, mais je crois que c’était un homme, un roi qu’on pou­vait aimer. Et accep­ter.

Cela me déplaît beau­coup que les pauvres impliqués dans des affaires juri­diques à Ber­lin soient aus­si mal traités et qu’on menace de les arrê­ter comme cela a été le cas avec Jacob Dre­her de la Prusse-Orien­tale qui a séjourné à Ber­lin à cause d’un procès et que la police a vou­lu arrê­ter. J’ai déjà inter­dit cela et je vous ai déjà indi­qué qu’un pay­san pauvre est aus­si impor­tant qu’un comte et qu’un riche gen­til­homme. Le droit vaut de la même manière pour les gens impor­tants que pour les simples

Cité dans Wiki­pe­dia, un extrait d’une lettre de Frie­drich à son ministre de la jus­tice

Inca­pable d’imposer à sa noblesse l’abolition du ser­vage, il la met en place dans tous les domaines royaux. Au du début du 18ème siècle, il y a une grande mosquée à Ber­lin.

Son palais, à Ber­lin, a été détruit depuis. Mais son château d’été, situé à Pots­dam, est tou­jours là. Il s’appelle «Sans Sou­ci ». En français dans le texte. Fran­co­phile, il a col­lec­tionné des tableaux d’artistes français, et ensuite a aus­si acheté une col­lec­tion remar­quable. Il jouait de la musique. Il aimait s’entourer de phi­lo­sophes, bien plus que de ministres ou de cour­ti­sans. Le château est petit. Le parc, lui est immense.

Petite balade pho­to dans le parc de Sans Sou­ci, par­semé de pavillons. À l’autre extrémité du parc, il y a le château de l’empereur Guillaume II, un per­son­nage net­te­ment moins atti­rant. Et ensuite, on remonte jusqu’à Sans Sou­ci, pour finir sur la tombe du vieux Fritz.

Dockers en souffrance …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie,Journal — le dim 21 Sep 2008 à 10:43

J’ai un talent recon­nu (sur­tout par moi) pour choi­sir une pho­to pour illus­trer mon pro­pos du jour, à moins que ce soit un talent pour racon­ter quelque chose rela­tif à la pho­to du jour. J’ai aus­si un talent recon­nu (etc.) en ce qui concerne le titre que je donne à mon his­toire du jour, à moins que ce soit à ma pho­to du jour. Donc, en fait, il est pru­dent, une fois qu’on a lu la page jusqu’en bas, de reve­nir en haut, his­toire de déterminer qui illustre quoi.

Vous ne trou­vez pas ?

Ah, oui. Il fait que je vous raconte de quoi je vou­lais par­ler.

Dont acte. C’était hier. On est allés «en vil­le » pour m’acheter un pan­ta­lon. Je vou­lais un « Dockers » noir. Muni de la recette magique (W36 L32) qui m’évite même de devoir essayer mon nou­veau pan­ta­lon dans le maga­sin.

Il y avait des soldes chez Peek & Clop­pen­burg. C’est le seul maga­sin que je connais à Ber­lin où je suis cer­tain de trou­ver mon pan­ta­lon sans cher­cher. Vous note­rez donc que je suis équipé pour ache­ter un pan­ta­lon dans un temps le plus court pos­sible : j’ai la taille exacte (je l’ai prise de mon défunt Dockers précédent), et je sais exac­te­ment où l’acheter.

Notez, j’aurais dà» méfier. Entre le métro «Zoologischer Gar­te­n » (la gare du zoo, chère à mon cÅ“ur depuis 1982) et le maga­sin (qui se trouve juste avant le fameux «Kadewe», un des maga­sins les plus pres­ti­gieux du monde civi­lisé), il y a, en face de la «Gedächtniskirche » (un des monu­ments les plus connus de Ber­lin), une agence de ma banque. C’est pas forcément facile de tirer de l’argent, même en plein cÅ“ur de la ville. Il y a rela­ti­ve­ment peu de dis­tri­bu­teurs. Mais je savais qu’il y en avait un dans l’agence de ma banque.

Ce que j’ignorais, c’était qu’il n’y avait plus d’accès à l’agence. La porte ne «marchait » plus (lire : il n’y avait plus de mécanisme per­met­tant d’ouvrir la porte avec la carte ban­caire). Et il y avait même un mot sur la porte. Ça disait : «Suite à un problème tech­nique, nous ne sommes plus en mesure d’ouvrir les portes hors des heures d’ouverture. »

Ben oui. Le week-end entier, l’agence la mieux située de la capi­tale n’était pas en mesure.

 , déjà, j’étais un petit fâché.

Mais bon, je n’allais pas lais­ser un bête non-dis­tri­bu­teur m’empêcher d’acheter mon Dockers, hein. Donc on est arrivés au maga­sin. On est direc­te­ment montés à l’étage concerné (le quatrième), on a demandé à un ven­deur où trou­ver les Dockers, il m’en a sor­ti un. J’ai pris ma che­ck­liste :

  1. Modèle : D4 Confort. Check.
  2. Taille : W36 L32. Check.
  3. Cou­leur : noir. Check
  4. Prix : en solde. Check

Montre en main, moins d’une minute pour ache­ter mon pan­ta­lon. VICTOIRE ÉPIQUE, comme on dit sur l’internet. J’avais mon pan­ta­lon dans la main. Mais j’ai dà» le rendre au ven­deur.

Chez Peek & Clop­pen­burg, l’usine à vendre des vê­te­ments (quatre étages gigan­tesques, avec des cen­taines de ven­deurs, des mil­liers de pan­ta­lons, des dizaines de mil­liers de sous-vê­te­ments, robes, acces­soires, et visi­ble­ment beau­coup de marques), il n’y a qu’une (je répète : une) caisse. Donc le ven­deur nous donne l’étiquette, avec le code barre, et nous on doit des­cendre à la caisse. Le temps qu’on des­cende à la caisse, le pan­ta­lon des­cend également à la caisse (bien que ce ne soit pas par le même che­min que nous), et une fois à la caisse …

… il y a la queue. Natu­rel­le­ment, quand je dis qu’il n’y a qu’une caisse, ce n’est tech­ni­que­ment pas vrai. Il y a 6 caisses, derrière un seul comp­toir. Donc disons qu’il y a 6 caisses. Pour les grin­cheux. D’accord. 6 caisses, 6 queues. Mais tout de même un seul comp­toir. Derrière le comp­toir, je n’ai pas compté, mais au moins 30 femmes debout en plus des 6 caissières assises. Au pre­mier abord, ça res­semble à, je ne sais pas, un cou­loir de métro à l’heure de pointe. Elles cour­raient dans toutes les direc­tions.

On avait un petit de temps, le temps de faire la queue, on a regardé les femmes derrière le comp­toir. Appa­rem­ment, les règles du jeu étaient simples. Échanger les sous contre les vê­te­ments.

Nous on en était à l’étape «queue ». Moi, méthodique, j’avais à la main :

  1. mon étiquette
  2. ma carte de fidélité
  3. ma carte ban­caire

Arrive une ginette (tarifée, mais pro­ba­ble­ment pas syndiquée) qui, après avoir observé que j’avais en main ma carte ban­caire, me demande : «Vous vou­lez payer par carte ? ».

Passée la première seconde, temps que je réprime mon ins­tinct (lequel, aiguillonné par l’histoire de la banque et le début de queue, m’aurait poussé à répondre : «non, évidemment, andouille !»), je sou­ris, et je réponds (modèle de conci­sion) : «oui ».

La ginette me désigne une machine. On peut payer sans pas­ser par les caissières. Vous ima­gi­nez que je la suis sans hésiter, tour­nant le dos à la queue. J’aime les machines. Elles n’ont aucune ima­gi­na­tion, n’ont que rare­ment l’idée d’engager la conver­sa­tion, en résumé, par­faites. D’accord, il a fal­lu au moins 7 ou 8 ten­ta­tives à la machine pour lire le code barre, et deux ou trois ten­ta­tives pour lire ma carte de fidélité, mais en gros, en deux minutes, j’ai eu en main mon ticket de caisse.

Et c’est là que l’horreur m’a sai­si.

IL FALLAIT RETOURNER FAIRE LA QUEUE !!!

Les règles du jeu du comp­toir n’étaient pas si simple que ça. Pour les caissières, il s’agissait de prendre l’étiquette (avec le code barre), prendre l’argent, trans­for­mer l’étiquette en ticket de caisse, transférer le cas à une femme qui court, pas­ser au client. Point barre. Facile.

Mais pour le client muni d’un ticket de caisse …? il fal­lait trou­ver une femme *libre* pour prendre le ticket de caisse, et ensuite don­ner les vê­te­ments. Et les femmes cour­raient. On au pu pen­ser à un gigan­tesque pou­lailler dans lequel quelqu’un aurait mis le feu. Ça cou­rait dans tous les sens, à toute allure.

Au bout d’un moment, une jeune blonde nous tend la main, et a pris mon ticket de caisse. Et puis elle a com­mencé à cou­rir. Elle allait d’un côté, d’un autre, elle est allée dans une arrière-boutique, et au bout d’un moment elle est reve­nue. Sans pan­ta­lon.

Elle a pris un téléphone, et a parlé à quelqu’un. En a lu à son inter­lo­cu­teur ce qu’il y avait sur le ticket. Après une minute de conci­lia­bules, elle met la main sur le com­biné, et me demande : «c’est quoi, votre pan­ta­lon, quel tis­su ? ».  , moi, inter­lo­qué, j’ai per­du toute capa­cité à m’exprimer en alle­mand cor­rect. Vio­la a pris le relais : «euh … en coton. Noir. »

Vio­la était aus­si interloquée que moi, visi­ble­ment.

Et la blonde reprend son dia­logue au téléphone : «noir, en coto­n ». Et après avoir rac­cro­ché, elle est repar­tie en cou­rant.

Après quelques minutes, elle revient. Prend son téléphone. Et repart. En cou­rant.

Nous, on n’avait que ça à faire, donc on a atten­du. On a constaté que les clients avaient *beau­coup* de mal à se voir remettre les vê­te­ments qu’ils avaient payés. En gros, les femmes qui courent cherchent les vê­te­ments, et le système de ran­ge­ment, mal­gré les code barres, est en fait un énorme fou­toir.

La queue était par­cou­rue par des ginettes tarifées. L’une offrait aux gamins des bal­lons, l’autre offrait aux gogos qui avaient à la main leur carte ban­caire une pos­si­bi­lité de cou­per à la queue (Aha.) en payant à l’automate, et une troisième essayait d’empoisonner les clients en leur dis­tri­buant des barres de céréales piégées.

Il lui a fal­lu quatre coups de téléphone (et plus de vingt minutes) pour trou­ver mon pan­ta­lon, à la cou­reuse de fond blonde. Au point que les caissières n’avaient plus de tra­vail, ayant momentanément endi­gué le flot de clients. Une, à l’affut d’un client, me regarde, et me dit : «Ah, non. Vous, c’est le pantalon. »

Dans le com­merce, nor­ma­le­ment, sur­tout en ce qui concerne les vê­te­ments, le temps per­du est per­du dans les étapes «choix » et «essayages ». Pas à l’étape «paiement», et sur­tout pas à l’étape «course de blondes assistées par téléphone ».

Mon rêve d’achat rapide d’un simple pan­ta­lon est mort. Le pro­chain, je l’achèterai sur le net.

Ah, alors, main­te­nant que vous allez reve­nir à début de la page, comme je vous vous l’ai conseillé, vous allez com­prendre que le mot «maître » de la pho­to n’est pas «Dockers», mais bel et bien «bites ».

Et toc.

Pour le plaisir …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le sam 20 Sep 2008 à 11:32

Par­fois, je ne sais pas pour­quoi j’appuie sur le bou­ton.

Je sais, en général, «comment » j’appuie sur le bou­ton. Ce que je veux dire par ça, c’est que je choi­sis (ou au moins vérifie) l’ouverture et la vitesse avant d’appuyer sur le bou­ton. Et je fais atten­tion au cadrage, plus ou moins. C’est à dire qu’au moment où je prends la pho­to, je sais à quoi je veux qu’elle res­semble, mais pas pour­quoi.

Donc, si ma décision de prendre une pho­to est, à la limite, incons­ciente, l’acte de prendre la pho­to ne l’est généralement pas. Je n’y pense que rare­ment, mais quand ça m’arrive, je trouve ça presque curieux. Et à la fois …

Je crois que mes pho­tos sont –le plus sou­vent– des «instantanés ». Je dis ça parce qu’il n’y a pas de démarche «intellectuelle » en ce qui concerne le sujet que je choi­sis de pho­to­gra­phier. Si on me deman­dait pour­quoi je prends la pho­to, je serais sou­vent tota­le­ment inca­pable de répondre à la ques­tion. Et, si j’ose ajou­ter, ça ne m’intéresserait que très moyen­ne­ment d’essayer.

Pen­dant un moment, j’ai tenté de dia­lo­guer avec d’autres «photographes » (disons des gens qui prennent des pho­tos), via un cer­tain nombre de sites sur l’Internet. Par exemple Fli­ckr, et un cer­tain nombre de forums «spécialisés ». Avec la «communauté», en gros.

Et puis j’ai, en gros arrêté. J’ai mis à la pou­belle les deux tiers de mes book­marks (mes «favoris»), en ce qui concerne les forums. Par las­si­tude.

En fait, j’ai découvert que la «communauté » n’aime pas les instantanés. C’est presque une insulte d’utiliser le mot «instantané » dans un com­men­taire au sujet d’une pho­to. Je vous ras­sure, ce ne m’est pas arrivé à moi. En général, quand j’ai posté des pho­tos sur un forum, je n’ai sus­cité aucun com­men­taire. Mais quand je lis ce que la «communauté » dit, je suis obligé de diag­nos­ti­quer une forte snap­shot­pho­biæ epi­der­micæ. Je suis sensé croire que les pho­tos qui sont postées sont toutes des pho­tos «réfléchies ». En plus d’être, sou­vent, moches, prétentieuses, mais savam­ment argumentées.

Mes pho­tos ne sont (généralement) pas réfléchies.

Je crois qu’elles sont res­sen­ties.

Le res­sen­ti exclut, je crois, le «argumenté ».

Pour moi.

Je sais qu’il y a des gens très occupés à expli­quer, docu­men­ter, savam­ment argu­men­ter, pour­quoi ils aiment quelque chose, mais je suis soit trop sage soit intel­lec­tuel­le­ment inca­pable (ou pire : intel­lec­tuel­le­ment fainéant) pour m’adonner régulièrement à ce genre d’exercice.

Aimer, c’est per­son­nel.

Ode GPS

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie,Journal — le jeu 18 Sep 2008 à 10:56

On était dans le métro. Rien d’exceptionnel, hein, ça peut arri­ver à n’importe qui. Même des gens très bien.

Même à un couple de japo­nais.

Elle était (très) visi­ble­ment enceinte. Sous son man­teau on pou­vait voir qu’elle était en t-shirt de nuit. Si il nous avait fal­lu une preuve qu’elle était japo­naise (à part son visage asia­tique et ses deux couettes), je dirais que le T-shirt de nuit « Hel­lo Kit­ty», aurait fait l’affaire.

Elle avait un sac en plas­tique (un Hel­lo Kit­ty aus­si), visi­ble­ment bourré de vê­te­ments. Elle avait les deux mains sur son ventre. On aurait faci­le­ment parié qu’elle était sur le point d’accoucher.

Elle était sur le quai, et, appa­rem­ment énervée, elle atten­dait son mari.

Son mari était très concen­tré sur l’écran de son téléphone (por­table, natu­rel­le­ment).

Après quelques secondes, il a relevé la tête, et a pointé un doigt accu­sa­teur vers l’extrémité du quai, et a dit (en japo­nais, mais vous me connais­sez, je parle cou­ram­ment japo­nais, j’ai com­pris qu’il par­lait de l’hôpital Vir­chow, *mon* hôpital) : «c’est par là ! Kran­ken­haus Vir­chow ! ». Et il est par­ti, concen­tré sur l’écran de son por­table, et sui­vi par sa femme.

C’était à la sta­tion Amru­mer Straße. Ils étaient sous le pan­neau qui indi­quait la direc­tion de l’hôpital Vir­chow.

Dans Idiocratie, il y a «cratie » …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie — le mer 17 Sep 2008 à 20:08

Le mot idio­cra­tie est construit de la même façon que, par exemple, démocra­tie. Ma plus grande peur, c’est que le pre­mier mot devienne le futur du second … volon­tai­re­ment ou pas. Encore qu’une évolution invo­lon­taire me parait hau­te­ment impro­bable, mais c’est peut-être mon fond opti­miste [léger racle­ment de gorge] qui colore le tableau, là.

En fait ces deux systèmes poli­tiques sont com­pa­tibles. Les par­ti­sans de l’Idiocratie ont tout à gagner de par­tir d’une démocratie pour la créer. Par contre, faire le che­min retour relève pro­ba­ble­ment de l’exploit héroïque. Dom­mage, natu­rel­le­ment. Mais il est évident (de très sérieuses et crédibles ont été effectuées aux USA, à une échelle stupéfiante) qu’il est très facile d’abêtir toute popu­la­tion dans une démocratie. Avec men­tion spéciale pour les popu­la­tions équipées de postes de télévision.

Notez qu’il existe quelques expériences pra­ti­que­ment confi­den­tielles, effectuées en Europe, ten­tant de prou­ver que la télévision peut aider la popu­la­tion de par­cou­rir le tra­jet dans l’autre sens. Mais je diverge.

Tant qu’il reste quelqu’un pour uti­li­ser le mot «idiocratie», rien n’est –en théorie– per­du. Mais, par­tant d’une «démocratie », on a déjà fait une bonne par­tie du tra­jet qui mène à Idio­cra­tie. Les gens ne voient pas le tra­jet effec­tué. Au contraire. Les gens ont beau­coup d’amis, et donc beau­coup de téléphones por­tables. Et ils changent tout le temps, les téléphones. Ben oui, quoi. Tout le monde a besoin d’un téléphone qui peut pas­ser des émissions de … télévision. Et puis un GPS, ça c’est abso­lu­ment nécessaire. Et puis aus­si l’internet. Les e-mails. Je n’ose plus ima­gi­ner un monde dans lequel je ne pour­rais plus rece­voir par SMS les cours de la bourse.

Et puis les jour­naux tirent la langue. Qui a le temps de lire un jour­nal ? Alors qu’il y a La Roue De La For­tune à la télé !

Et … quand j’y pense si j’étais un homme poli­tique démocrate… si les gens ne lisent plus les jour­naux, et regardent tous les mêmes chaînes de télévision, si je pou­vais contrôler –oh juste un petit peu– les chaînes, je pour­rais être cer­tain que les gens ne s’informeraient plus. Et donc ils ne sau­raient que ce que je vou­drais qu’ils sachent. Et, comble de cynisme, je pour­rais écrire un livre. Je l’intitulerais La ten­ta­tion de l’idiocratie. Et, en plus, je serais cer­tain que les gens ne l’achèteraient pas.

Idiocratie : highway to hell (version Darcos) …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie — le mar 16 Sep 2008 à 11:10

En fait, quand j’ai écrit hier à pro­pos d »idio­cra­tie, le sujet que je vou­lais abor­der était le gran­diose pro­jet du non moins gran­diose Ministre Dar­cos. Son idée de génie : décorer les meilleurs bache­liers. Une bre­loque.

Je pour­rais glo­ser sur l’arbre et la forêt, etc.

Mais j’en étais res­té aux titres des jour­naux. Des [tous­se­ment] médailles pour les meilleurs bache­liers. C’était déjà for­mi­dable de crétinerie. En soi. Mais ce matin j’ai *lu* un article.

C’est à l’occasion d’une cérémonie de remise des diplômes, inspirée du modèle anglo-saxon, que cette dis­tinc­tion devrait avoir lieu.

Lu dans (gasp) France-Soir

Oui !!! C’est ça qu’il nous faut !! Et puis le bal de fin d’année aus­si !!. Avec des mil­liers d’euros dépensés en robes, smo­kings, en loca­tion de limou­sines. Deve­nons enfin de vrais américains. Après tout, on a déjà leur télé, leurs fringues, leurs stars, leurs « sports», leur bouffe, leurs guerres… il nous man­quait après tout que le ridi­cule offi­ciel.

C’est impor­tant, l’entrée offi­cielle dans la vie d’adulte. Avec les dettes qui vont avec. His­toire de mar­cher au bon pas.

Non ?

Mon­sieur Dar­cos, per­met­tez-moi de vous offrir, en ver­tu des pou­voirs qui me sont conférés, votre diplôme de citoyen d’honneur de notre beau pays d’Idiocratie.

La longue marche vers l’idiocratie …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie — le lun 15 Sep 2008 à 12:29

Vous n’avez (très) pro­ba­ble­ment pas vu le film Idio­cra­cy.

Moi oui.

Je l’ai vu hier soir. Ce n’est pas un film extra­or­di­naire, mais comme toute paro­die, elle per­met par­fois au spec­ta­teur de «voir » plus juste. Le film nous décrit les USA du futur. En deux mots, le président est une star de por­no, et l’américain de base passe sa vie devant sa télé. La pub est omniprésente, et chez Star­bucks on ne vend que des bran­lettes. Les gens ne savent plus lire, et peuvent regar­der au ciné un film (cou­ronné de 8 oscars), dans lequel on ne voir qu’un cul. Le titre du film est, jus­te­ment «Cul ». Le pro­gramme star de la télé s’appelle «dans les couille­s», et l’acteur vedette se prend à lon­gueur d’émission des coups de pieds.

Dans les couilles.

Natu­rel­le­ment.

Pour­quoi je vous parle de ça ? Mer­ci de poser la ques­tion. La réponse est évidente. Nous sommes déjà depuis des années en marche vers l’idiocratie.

Les diverses suc­ces­sives réformes de l’orthographe (que ce soit chez nous, ou en Alle­magne, en Angle­terre, aux USA) nous le prouvent faci­le­ment. Les réformes sont faites pour essayer de rendre l’accès à la langue «plus faci­le ». C’est curieux, car les «anciens » comme moi ne la trou­vaient pas spécialement dif­fi­cile. Et mes parents non plus. Mais les chiffres sont là : l’illettrisme est à la mode. Et si apprendre la langue est dif­fi­cile, on peut soit faire des efforts de struc­ture (plus de profs, des profs cor­rec­te­ment payés, etc.) soit capi­tu­ler, et essayer de rendre la langue plus facile. C’est natu­rel­le­ment beau­coup moins cher. Un bache­lier d’aujourd’hui aurait pro­ba­ble­ment des difficultés si il devait pas­ser le bac que j’ai passé, ou encore pire celui que mes frères et sÅ“urs ont du pas­ser.

Et essayez donc de pas­ser une soirée complète devant TF1, M6, ou France2. Si vous n’éprouvez pas le moindre problème, vous vivez déjà en Idio­cra­tie. Et si vous trou­vez les pro­grammes tota­le­ment nuls, vous vous trou­vez en pays occupé.

©sistance ? Offrez des livres à vos proches. Le pire des livres est un bien­fait com­paré à une heure devant TF1.

LES PLUS POPULAIRES sur TF1 : 1. Koh-Lan­ta 2. Jour­nal ©lévisé 3. Gos­sip Girl 4. Dance Floor 5. Star Aca­de­my

à la réflexion, même un livre de BHL ferait l’affaire …

Histoire sans paroles …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 12 Sep 2008 à 20:10

De retour (encore) de chez ma chi­rur­gienne, petite balade dans le centre-ville de Ber­lin. De chouettes pho­tos. Enfin j’espère. C’est à vous de dire …

Temps + élocution + concept : mon équation …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 11 Sep 2008 à 20:40

En fait, et je le sais avec cer­ti­tude depuis ce matin, j’ai deux problèmes prin­ci­paux. Je les ai jusque là «confondus » dans le terme «aphasie ». Et apha­sie est bel et bien un de ces deux problèmes. Et l’autre ?

À la base, depuis mon acci­dent, je décris mon état de malade comme «aphasie ». Mais ça ne me suf­fit pas pour décrire ma condi­tion. Il y a autre chose, que je ne sais pas décrire, ou plutôt que je ne sais pas nom­mer. Mais sur­tout, que je ne pou­vais expli­quer clai­re­ment. Et comme disait mon­sieur Por­chet, mon prof de maths : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clai­re­ment et les mots pour le dire arrivent aisément ». Même si j’apprends aujourd’hui que ce n’était pas de lui, mais de Boi­leau.

Ça fait un long moment que je sais il y a plus à ma mala­die que de l’aphasie. Mais com­ment le prou­ver ?

Le mieux, ça serait de connaître le nom de la mala­die que j’ai. Qu’un médecin me le livre, tout cuit. Mais les gens qui se sont occupé de moi (deux neu­ro­logues et deux ortho­pho­nistes) ne me l’ont pas nommée. Ou je n’ai pas recon­nu le mot. Et au jour d’aujourd’hui, je ne suis tou­jours pas capable de rem­plir la case d’un for­mu­laire avec le nom qui décrit ma mala­die.

Haaaa, les noms. D’un côté, je com­prends. Le besoin de nomen­cla­ture, c’est visi­ble­ment humain. ©jà pour les fonc­tion­naires. Ça serait tel­le­ment com­mode si je pou­vais expli­quer en trois mots mon cas. Ou, mieux encore : en un mot. Pour les gens qui «gèrent » mon cas. Ceux qui décident si je suis han­di­capé, et si oui, à quel pour­cen­tage. Et même pour les gens aux­quels je parle, ceux qui ne sont pas fonc­tion­naires. La boulangère. Le bou­cher.

Mais à de défaut de nom …?

Depuis aujourd’hui je peux [lire : je crois que je peux] expli­quer ce qui m’arrive.

Ce matin, je par­lais avec Vio­la. En alle­mand. Avec un alle­mand dont j’avais oublié que je l’avais. Depuis deux ou trois jours, mon niveau d’allemand s’est spec­ta­cu­lai­re­ment amélioré. Mais à la fois, ma capa­cité d’élocution frise le plan­cher. Com­ment com­bi­ner ça ?

Au début, à l’époque où tout s’appelait apha­sie, je savais que mon état fluc­tuait. Si je fai­sais fait un dia­gramme, c’était une courbe. Avec un axe X obligé (temps) et un axe Y («aphasie», ou capa­cité d’élocution) Monte, ou des­cend. Mais main­te­nant, si je devais faire un dia­gramme, il aurait un troisième axe. Z. La capa­cité à conce­voir.

Ce matin, lors de la dis­cus­sion avec Vio­la, j’avais «écrit » dans ma tête le mot «Syllabenverwechselung ». Littéralement, «confusion de syl­la­be­s ». Apha­sie, en d’autres mots. Je n’ai jamais réussi à le pro­non­cer, ce mot. Apha­sie. Jus­te­ment. Mais j’avais le concept dans la tête. Et cet mot alle­mand, c’est bel et bien un concept, puisque je l’ai «inventé ». Com­bi­nai­son des mots «Syllaben » (syl­labes) et «verwechslung » (confu­sion). Pour ça, l’allemand est une langue fabu­leuse.

Mon problème de com­mu­ni­ca­tion dépend de ma capa­cité d’élocution ET de ma capa­cité à conce­voir.

  j’entends déjà le chÅ“ur des incrédules : «©, Oli­vier, ça va faire deux ans que tu écris des textes, ne viens pas me racon­ter que tu n’es pas capable de conce­voir ! ».

Je sais. On me le fait sou­vent. Les gens qui me lisent peuvent igno­rer que je suis malade. Le problème est que je suis le seul à savoir à quel point mes textes sont différents de ce que j’avais en tête au moment où j’ai com­mencé à les écrire. Un moment comme quand il me faut *cinq minutes* pour trou­ver dans ma tête le verbe «combiner » dans la phrase «Comment com­bi­ner ça ?», je sais main­te­nant que c’est un point bas dans mon axe Z. Un problème de «concept ». Un jour où mes textes sont truffés de «fautes » (avec une cer­taine pro­por­tion d’inversions de syl­labes, comme aujourd’hui), c’est un problème de Y. D’aphasie

Dans les très bons jours, si je suis en posi­tif en Y et en Z, je pour­rais moi-même croire que je ne suis pas malade. Dans les jours «sans», quand je suis négatif en Y et en Z, vous ne me lisez pas. Je n’écris pas.

À l’écrit, il me faut un Z un mini­mum posi­tif. Le Y, posi­tif ou pas, ne compte pas, puisque je ne suis pas «live», et que j’utilise (sou­pir) un cor­rec­teur d’orthographe.

À l’oral, je ne peux pas sur­vivre si mon Y est trop négatif. Curieu­se­ment, j’ai rare­ment des problèmes de Z, puisque il y a quelqu’un qui répond. Je peux tou­jours lui pom­per le Z.

Voilà com­ment je fais illu­sion. Quand mon Z est au plan­cher, je n’écris pas, donc per­sonne ne voit de problème. Quand j’ai le Z en posi­tif, je peux gom­mer le Y, et donc je peux écrire. Et quand il faut par­ler, si mon Z est négatif, j’utilise celui de mon inter­lo­cu­teur. Et quand mon Y me râcle les semelles, je sou­ris avec un air enten­du.

Le pro­chain jour de Z haut, je ten­te­rai de voir si je peux ajou­ter deux autres axes. Rem­pla­cer le Z par un Ze (concept in English), Zd (concept auf Deutsch), et Zf (concept en français). Ça raf­fi­ne­rait l’analyse de mon équation.

Le pire, c’est que ça n’intéresse que moi …

Les titres aux­quels vous avez échappé :

  • Syl­la­ben­ver­wechs­lung, ou la «mort » de l’aphasie
  • Un mélange de jazz et de funk sous apha­sie : junk ?
  • Oli­vier phi­lo­sophe
  • Oli­vier vous pompe le Z.

Berlin centre …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 11 Sep 2008 à 10:02

Ha, ça fai­sait un moment, non ?

En sor­tant de chez ma chi­rur­gienne, hier matin, on a mis le cap sur le Tier­gar­ten. En fait c’est la porte à côté. On a mar­ché en gros deux heures. En ne mar­chant pas vite. J’ai ten­dance à aller len­te­ment dès que j’ai mon appa­reil à la main.

Donc, voilà les pho­tos que j’ai pu sau­ver. Ce n’était pas un «grand jou­r», je ne suis pas encore en grande forme. Mais ça revient. Cer­taines des pho­tos laisse à désirer, peut-être que je vais les refaire.

Enfin. Si la balade vous vous tente, vous n’avez qu’à cli­quer.

Chez Xenu International : libérez les pigeons !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le mar 9 Sep 2008 à 14:26

«Chez Xenu Inter­na­tio­na­l», ça se présente comme un petit bis­tro de quar­tier, sym­pa, avec un ser­vice accueillant, p’tit apéro gra­tuit, sou­rire, tout ça. Un endroit où on peut dis­cu­ter de tout, se faire des amis. Le rêve, quoi.

Il y a généralement des hôtesses sur le trot­toir. L’autre jour, moi, à Char­lot­ten­burg, alors que je pas­sais devant «Chez Xenu Inter­na­tio­na­l», une nénette, tous sou­rires dardés, a essayé de me prendre par la main pour me faire ren­trer. Moi, j’ai gen­ti­ment répondu que je n’étais pas intéressé. Elle a insisté. Vio­la lui fait remar­quer que c’est illégal, ce qu’elle fait là, que ça s’assimile à du prosélytisme public. Moi, ça m’aurait gelé sur place, ce genre de mots. Mais la Xenette en a encore rajouté une couche en sou­rires, dégoulinante de gen­tillesses. Mais en des­sous, je pou­vais devi­ner la cui­rasse. Le blin­dage, même. La pro.

La façade de «Chez Xenu Inter­na­tio­na­l » est char­mante. Mais vous pou­vez tou­jours essayer de cher­cher le menu. Ou, sur­tout le tarif. On ne parle d’argent, devant «Chez Xenu Inter­na­tio­na­l ». Á l’intérieur, en revanche … l’addition est tel­le­ment énorme qu’on com­prend faci­le­ment qu’ils ne l’affichent pas à la vitrine …

COURS HUBBARD DE CLARIFICATEUR DE MOTS PROFESSIONNEL 1 600  $
MINI COURS HUBBARD DE SUPERVISEUR DE COURS 1 600 $
COURS PROFESSIONNEL HUBBARD DE SUPERVISEUR DE COURS 1 600 $
OEC (Org. exec. courses) AU COMPLET 15 200 $
COURS HUBBARD ÉMENTAIRE D’ÉVALUATEUR SUR RIE DES DONNÃES 6 000 $
COURS PROFESSIONNEL DE DEBLOCAGE DU PRODUIT 1 600 $

Et le tarif rem­plit des pages, des pages, et des pages.

La première ques­tion qui vient à l’esprit est «qui peut se per­mettre ce genre de dépenses, et qui *veut* avoir ce genre de dépenses ? » Et ces quoi, ces consom­ma­tions qui coûtent si cher ? Ou en d’autres termes : «c’est qui, «Chez Xenu Inter­na­tio­na­l » ? »

Si vous ne l’aviez pas encore com­pris, je parle de l’«Église » de Scien­to­lo­gie. Xenu est un tyran inter­ga­lac­tique, et c’est à lui (via R. Hub­bard, escroc de génie –fon­da­teur (ou plutôt inven­teur) de la Scien­to­lo­gie–) que l’humanité doit toutes ses misères. Ce qui est amu­sant, c’est que la plu­part des scien­to­logues ne connaissent même pas son exis­tence, et ceux des scien­to­logues qui connaissent son exis­tence n’ont pas le droit d’en par­ler publi­que­ment.

Pour­quoi ?

C’est évident. Tout appren­ti escroc pour­rait le dire : «Plus c’est gros, plus ça mar­che ». Je vais essayer de vous démontrer le truc. Commençons par essayer de com­prendre sur quel modèle la Scien­to­lo­gie est construite. Petit manuel ima­gi­naire (ou pas) du scien­to­logue  :

  1. convaincre le pigeon qu’il a un problème
  2. convaincre le pigeon qu’on a une solu­tion à son problème
  3. deman­der au pigeon une par­ti­ci­pa­tion financière
  4. démontrer au pigeon qu’il a avancé, mais pas encore assez
  5. répéter le pas­sage aux points 3 et 4 autant que pos­sible
  6. intéresser –psy­cho­lo­gi­que­ment ou / et financièrement– le pigeon à l’affaire
  7. protéger le pigeon des influences néfastes de l’extérieur

Main­te­nant que vous avez le manuel, regar­dez la Scien­to­lo­gie. C’est une arnaque par­faite. Impla­cable.

1. convaincre le pigeon qu’il a un problème
C’est le point le plus impor­tant, évidemment. Mal­heu­reu­se­ment, ce n’est pas le plus dif­fi­cile à mettre en Å“uvre. Per­sonne ne dit qu’on n’a pas le droit de tri­cher. Tout arna­queur vous le dira : on choi­sit ses pigeons. Le public des sectes est tou­jours prin­ci­pa­le­ment consti­tué de gens fra­giles à la base. Mais la Scien­to­lo­gie a bâti sa clientèle avec une tech­nique particulièrement effi­cace. Ça com­mence tou­jours par un sou­rire. Je me sou­viens, du temps où je vivais à Copen­hague, que je ne pou­vais pas tra­ver­ser la ville sans croi­ser un(e) scien­to­logue, avec un blou­son jaune, tout sou­rire devant. Le sou­rire a un but : t’amener à pas­ser le test de per­son­na­lité *gra­tuit*. Quelques mau­vais esprits ont tenté de pas­ser le test en répondant tota­le­ment au hasard, sans même lire les ques­tions. Le résultat du test est en tout cas négatif. Très négatif. Tou­jours négatif. Au point que de temps en temps quelqu’un, après avoir pris connais­sance du résultat du test, se sui­cide.

Mais, heu­reu­se­ment, pour les autres, le sou­rire est là. Enga­geant. Le mieux, pour vrai­ment com­prendre le résultat du test, ce serait tout de même d’en par­ler avec un autre sou­rire. Un sou­rire sérieux, docu­menté, outillé. Et tarifé. Mais le sou­rire cache tout.

2. convaincre le pigeon qu’on a une solu­tion à son problème
Plus le pigeon est convain­cu qu’il a un problème, plus il est facile de lui faire croire qu’on a une solu­tion. Le mieux, pour un arna­queur, c’est tout de même de res­ter le plus vague pos­sible. Mais être à la fois vague et convain­quant demande pra­ti­que­ment un miracle. D’où l’idée de génie de Hub­bard. Habiller l’arnaque avec l’usage de la reli­gion. En gros, d’accord, c’est vague. Mais c’est de la reli­gion, ça ne peut pas être une arnaque ! [large sou­rire]

Autre point fort de l’arnaque : les célébrités. La Scien­to­lo­gie fait tout ce qu’elle peut pour avoir des têtes de gon­doles. Des acteurs, des chan­teurs. Des gens qui dans le monde réel sont considérés. Vous pen­sez donc, si c’est bon pour Tom Cruise, c’est forcément bon pour moi.

3. deman­der au pigeon une par­ti­ci­pa­tion financière
À par­tir du moment ou les points 1. et 2. sont acquis, on peut pas­ser aux choses sérieuses. Les sous. On com­mence petit. C’est pra­ti­que­ment du don, de l’aumône. Au début …

Car le point 3. est un point cyclique. On y passe régulièrement. De plus en plus. Une fois que la mécanique est embrayée, on ne compte plus. Ce qui compte, ce sont les résultats, ou le che­min encore à par­cou­rir. D’autres fac­teurs par­ti­cipent à l’acceptation de la somme tou­jours plus grande grande qu’on est prêt à payer. J’y revien­drai aux points 4, 6 et 7.

Et si on n’a pas d’argent ? Pas de problème. On pour­rait par exemple tra­vailler pour la Scien­to­lo­gie. Et être payé en cours gra­tuits. Les «délinquants » (voir point 6.) tra­vaillent gra­tui­te­ment, natu­rel­le­ment. Avec Gra­ti­tude. Le contrat de tra­vail interne, chez Xenu Inter­na­tio­nal, est définitivement un contrat à durée indéfinie. Ou plutôt à durée incroyable. On a vu des contrats signés pour un mil­liard d’années.

On connaît des cas d’employés logés par la Scien­to­lo­gie (la Scien­to­lo­gie achète beau­coup d’immobilier). On connaît des cas d’employés logés par la Scien­to­lo­gie dans *leurs propres appar­te­ments* ven­dues à la Scien­to­lo­gie. Sans que d’argent cir­cule : la Scien­to­lo­gie paye l’appartement sous forme de cours gra­tuits.

Sinon, on peut vous aider :

Si des gens ont des difficultés d’argent, et 99 per­sonnes sur 100 vous diront qu’ils ne peuvent rien se payer main­te­nant, élaborez pour eux un bud­get, faites-leur réaliser que pour la première fois, ils dépensent de l’argent pour eux-mêmes. Cela demande du tra­vail, mais j’y ai tou­jours réussi« Â ».

R. Hub­bard, cité dans Libération

4. démontrer au pigeon qu’il a avancé, mais pas encore assez
C’est le point le plus cru­cial de la mécanique (financière) de la Scien­to­lo­gie. Il faut qu’il y ait tou­jours un petit peu de progrès. His­toire de faire pas­ser l’arnaque pour un inves­tis­se­ment. Mais une arnaque idéale est celle qui se conti­nue indéfiniment. Donc à par­tir d’un cer­tain moment, le che­min à par­cou­rir devient un secret. On détient une par­tie du Grand Mystère De La Vie, Du Monde, Et ¦tera. C’est éminemment glo­ri­fiant. Et il en reste, des secrets à ache­ter acquérir. D’où une hiérarchie dans les pigeons. Pas ques­tion de par­ler des secrets avec les nou­veaux pigeons. On reste entre soi, avec les pigeons du même niveau. Jusqu’au moment où on passe au point 6., point auquel on cesse, sciem­ment ou pas, d’être un pigeon pour deve­nir une par­tie du mécanisme. Un pion de la Scien­to­lo­gie.

Je dirais que l’affaire «Xenu » est un bon test de l’état du pigeon / pion. Toute per­sonne capable d’avaler une his­toire tel­le­ment énorme est et res­te­ra toute sa vie un pigeon. ©pourvu de tout sens cri­tique (soit à la base, soit qu’on en ait été privé par les pions), on est littéralement capable d’avaler n’importe quoi. Pour les pions, voir le point 6.

5. répéter le pas­sage aux points 3 et 4 autant que pos­sible
À usage interne, natu­rel­le­ment. Une pompe à finance doit s’autoamorcer, tant que pos­sible. C’est le but de l’opération.
Si la pompe se désamorce, ou menace à se désamorcer, pas­ser aux points 6. et 7.

6. intéresser –psychologiquement ou / et financièrement– le pigeon à l’affaire
Il faut que le pigeon par­ti­cipe volon­tai­re­ment. Au pire, le trans­for­mer en pion. Le rendre par­tie de la hiérarchie visible ou pas de la Scien­to­lo­gie.

Les pions, sont de plu­sieurs types :

  • Le pion «passif »
    Celui-là est deve­nu pion sans s’en rendre compte. Il signe un contrat de tra­vail, et tra­vaille pour payer ses cours. En général, il reste en bas de l’échelle. De la main d’Å“uvre pour pas cher.
  • le pion «surveillant »
    C’est le mot «pion » à tous ses sens. Celui là jouit ( au sens pre­mier du sens) du pres­tige. Il est un rouage de la machine, et il aime ça. Il a en point de mire la pro­chaine pro­mo­tion. À ce stade il n’est pas inutile de rap­pe­ler que la Scien­to­lo­gie a des uni­formes, et des grades. Il est facile à moti­ver, et s’efforce à moti­ver les pigeons. Plus ses pigeons sont motivés, plus il ira loin.
  • les pions actifs
    Ceux-là savent ce qu’ils font. Ils sont les seuls. Ils sont conscients du fait que la Scien­to­lo­gie est une arnaque, et ils en pro­fitent. Littéralement. Ils sont les seuls à ne pas être des vic­times de la Scien­to­lo­gie.
  • les «délinquants »
    Les pions peuvent «perdre la foi » et ne pas vou­loir des pions actifs. Ils sont traités comme la société traite ses déliquants. La Scien­to­lo­gie a ses camps de rééducation. Il faut abso­lu­ment les empê­cher de gâter les bonnes pommes du panier, et les empê­cher de pas­ser «à l’extérieur», c’est à dire quit­ter la Scien­to­lo­gie. Les exemples sont légion de cas où des en-scien­to­logues sont pourchassés sans mer­ci. Cam­pagnes de délation, d’insinuations, de pres­sions. Voir le point 7.

7. protéger le pigeon des influences néfastes de l’extérieur
Il est évident que le monde extérieur menace l’arnaque. Donc, action. Il faut abso­lu­ment cou­per le pigeon du monde extérieur, et si ce n’est pas phy­si­que­ment pos­sible, décrébiliser le monde extérieur. Le mode d’emploi :

  • renommée
    Par le pro­gramme «stars», sa Scien­to­lo­gie essaie d’asseoir sa renommée. Plus il y a de stars à bord, moins il est facile au monde extérieur de se rendre compte que l’affaire est une arnaque. Le monde extérieur est très sus­pec­tible au monde «people ». Donc avoir sa propre bri­gade people.
  • pro­pa­gande
    Même si la Scien­to­lo­gie veut être isolée du monde extérieur, il est abso­lu­ment nécessaire d’avoir l’air d’en faire par­tie. D’où la palanquée d’associations écran qui militent pour les droits de l’homme, contre la drogue, pour le droit à la conscience reli­gieuse, pour la nature, les droits de la morue aux pois-chiches, etc. Ça peut vous don­ner des trucs étonnants genre  :

    Solye­nit­sin était croyant, c’est son regard sur la reli­gion dans un pays comme le notre atteint de « syn­drome dis­fonc­tion­nel de la laïcité », qui l’a aliéné d’une par­tie du public en France.

    On se sert de tout pour protéger la Scien­to­lo­gie (dans ce cas sous l’angle «religion persécutée » à la sauce «Soljensitsine au secours de la foi», le tout écrit par la porte-parole de la Scien­to­lo­gie. On peut lire une des stars de la Scien­to­lo­gie com­pa­rant la posi­tion de la France vis à vis de la Scien­to­lo­gie à la répression chi­noise du mou­ve­ment étudiant place Tien An Men. Excu­sez du peu. La star (Isaac Hayes) s’adressait au Congrès américain en ces termes :

    En octobre der­nier [2000], je me suis ren­du en France pour prendre part à une marche pour la liberté de reli­gion à Paris. Nous for­mions un ras­sem­ble­ment cha­leu­reux et paci­fique, agi­tant des dra­peaux et chan­tant des chan­sons pour la liberté. Pour­tant, contrai­re­ment à d’autres mani­fes­ta­tions, nous n’avons pas obte­nu l’autorisation de la Préfecture de Paris de défiler dans les rues de la capi­tale. Au lieu de cela, sous la pres­sion du gou­ver­ne­ment français, la Préfecture a envoyé 300 poli­ciers anti-émeutes pour nous dis­per­ser.

    Et je ne peux pas m’empêcher de me rap­pe­ler 1989, quand les chars chi­nois ont avancé sur les étudiants Place Tien An Men. C’est la peur qui menait ces chars. À Paris, heu­reu­se­ment, per­sonne n’a été blessé, mais cela m’a ramené à l’époque où je mar­chais à Mem­phis avec Mar­tin Luther King, lors de cette dernière marche avant qu’il soit abat­tu. Et ce n’était pas une bonne sen­sa­tion. Je sais ce qu’est l’oppression, je l’ai res­sen­tie.

  • action directe
    Un concept impor­tant à la Scien­to­lo­gie : la PS (Per­sonne Sup­pres­sive). Toute per­sonne nommée PS est de fac­to un enne­mi de la Scien­to­lo­gie. Et là, tous les coups sont per­mis :

    ENEMY – SP Order. Peut être déshéritée de ses biens ou spoliée par n’importe quel moyen par n’importe quel scien­to­logue, sans aucune règle pour le scien­to­logue. Elle peut être escroquée ou pour­sui­vie en jus­tice, on peut lui men­tir ou la détruire.

    Hub­bard, cité par Wiki­pe­dia

En conclu­sion
La Scien­to­lo­gie est une société tota­li­taire. Tom Cruise, lors d’une cérémonie, passée à la postérité grâce à l’Internet, a déclaré à l’assistance en transes qu’ils allaient «nettoyer » la planète. Ensuite, se tour­nant vers l’effigie de Hub­bard, il esquissé un salut mili­taire, le tout qu’on croi­rait extrait d’un film du Pro­fes­sor Goeb­bels.

Et comme dans toute société tota­li­taire, les pigeons sont les légions. Il est urgent de libérer les pigeons.

La fête à Xenu …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le lun 8 Sep 2008 à 13:01

Une fois de temps en temps, la lec­ture des actualités me met le sou­rire aux lèvres …

L’Eglise de Scien­to­lo­gie va être jugée par un tri­bu­nal français pour « escro­que­rie en bande organisée », une procédure qui pour­rait entraîner la dis­so­lu­tion de la prin­ci­pale asso­cia­tion s’en réclamant, a indi­qué lun­di une source proche du dos­sier.

C’est l’AFP qui nous raconte tout ça

C’est la première que l’«église » de scien­to­lo­gie va être attaquée, et non ses membres indi­vi­duel­le­ment. Avec en point de mire la fer­me­ture de «Chez Xenu ».

Chouette.

Gertrude et moi …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 7 Sep 2008 à 08:09

Ger­trude de Nivelles, vous la connais­sez ?

Mais si ! Sainte Ger­trude de Nivelles. Une vie de souf­frances, une sainte dévouée aux malades. Haaa … j’aurais dà» le savoir.

Trois jours avant mon admis­sion, j’ai eu la dis­cus­sion préalable avec l’anesthésiste. Enfin en fait non. Pas avec mon anesthésiste. Avec un anesthésiste. Après m’avoir posé des ques­tions vache­ment poin­tues, il a fermé mon dos­sier, et m’a dit que, bon, ça ne serait pas lui, le jour de l’opération, parce que lui serait en vacances, mais il allait tout expli­quer à son collègue. Sur­tout le cha­pitre de la conver­sa­tion qui disait que je suis depuis deux ans et demi tota­le­ment imbibé de pro­duits destinés à flui­di­fier mon sang.

Et jeu­di, je me présente.

*Tadaaaaaaaaaaaaaaa* !

Le Cha­pitre «au dodo ! »
On m’installe dans une «chambre » de préparation. Avec des murs en toile de jute. Je me déshabille, et j’avale la pilule destinée à me «calmer » avant l’anesthésie. Et je m’allonge sur le lit. Pour me cal­mer.

Vu que j’étais de toute façon fati­gué, j’ai fermé les yeux.

Mais pas les oreilles. Un des pen­sion­naires était un gamin. Il hur­lait. Il avait mal. C’était très relaxant.

Alors j’ai réouvert les yeux.

*WOAW* !!!

Au pla­fond, il y avait une lampe (plutôt un hublot, vue la taille) de cou­leur verte. Non. Bleue. Non, mauve. Orange. Jaune. Après une petite minute, j’avais dans la tête la chan­son de Kaa.

Aie confiance
Oui, crois en moi
Que je puisse
Veiller sur toi

 , du coup, j’avais tel­le­ment ri avec Vio­la (elle était avec moi), je n’avais plus du tout envie de dor­mir.

Heu­reu­se­ment, on ne m’a pas demandé mon avis.

Je me suis réveillé. Plus tard. Il y avait trois têtes de femmes penchées sur moi. J’en connais­sais vague­ment une.
C’était ma chi­rur­gienne. Elle m’a juste dit : «ne vous inquiétez pas, on y retour­ne ».

Le cha­pitre «Olivier s’ouvre au mon­de »
Je me suis réveillé. Plus tard. J’étais dans mon lit, et j’étais dans un cou­loir, direc­tion ma chambre. Une vraie chambre, hein. Avec des murs. Le seul truc que j’aurais trouvé bizarre, si j’avais été en état de m’en rendre compte, c’est que la nuit commençait à tom­ber. Alors que la dernière fois que j’avais su l’heure, il était un petit peu plus tôt que midi. Mais, curieu­se­ment, je ne me sou­viens pas de grand-chose au sujet de ma première soirée avec Ger­trude.

Le len­de­main matin, Vio­la est arrivée. Et elle m’a raconté ce que j’avais raté.

HO, PUTAIN !

A début, c’était plutôt drôle. Elle était dans la salle d’attente. Une patiente est arrivée. Elle a sor­ti sa carte de sécu (à puce, natu­rel­le­ment), et l’a donnée à la dame du comp­toir.

La dame du comp­toir a donné la carte à l’ordinateur.

L’ordinateur a dit «Argl. ».

L’ordinateur est mort sur le coup.

Le temps que la dame du comp­toir tente de le res­sus­ci­ter, et toutes les fenêtre de la salle d’attente ont com­mencé à s’ouvrir. Se fer­mer. S’ouvrir.

Et puis la porte, aus­si. Ouverte. Fermée.

Les urgences (infor­ma­tiques) sont arrivées.

Plus tard, Vio­la m’a vu sor­tir de la salle d’opération. Ensuite elle a remar­qué un tra­fic intense. Des gens en bleu, en vert, avec des masques. Spor­tifs, hein. Vio­la les a vus cou­rir. Appa­rem­ment, il y avait du sang par­tout. Per­sonne n’est venue lui par­ler. Elle n’a pu que recons­ti­tuer. Elle a com­men­cer à s’inquiéter quand elle a vu le conte­nu dans mon esto­mac dans un sac plas­tique. Elle a réussi à alpa­guer une anesthésiste, et lui a fait cra­cher le mor­ceau. J’avais tel­le­ment sai­gné après l’opération que la chi­rur­gienne, très sur­prise, a décidé de me faire réanesthésier, et de reve­nir sur le lieu du crime.

À noter : la réceptionniste a refusé de don­ner de mes nou­velles à Vio­la pen­dant l’opération. Motif : elle n’est pas de la famille. Nous ne sommes pas mariés. Pour­tant, méfiante, Vio­la m’avait demandé de lui écrire un «pouvoir ». Des queues, lui répondit la réceptionniste. Pas de mariage, pas de nou­velles au pays de Ger­trude.

Après, rou­tine.

Cha­pitre : «La vie nor­male après l’opération »
Je ne vais pas tout vous racon­ter. D’abord, le temps est différent, là. Tout est leeeeeeeeeeeeent. Trèèèès lent. Donc je vais juste vous don­ner des mor­ceaux choi­sis :

  • Scène de dia­logue à une voix :
    «bonjour, c’est vrai que vous êtes français ? »
  • Scène san­glante :
    une petite jeune m’enlève les machins et les tuyaux qui étaient plantés dans ma main gauche. Sur­prise : je me mets à sai­gner comme un porc. Stupéfaction : elle n’a pas de gants. Quand sa collègue le lui signale, elle com­mence à cou­rir en ronds. Je vais au lava­bo, j’attrape un paquet de … tiens, c’est mar­rant, le pre­mier mot qui me vient à l’idée est «PQ», et donc avec mon PQ (lire : les petites ser­viettes en papier pour se laver les mains) je contrôle la situa­tion jusqu’à ce qu’une collègue gantée arrive sur les lieux.
  • Nou­velle scène de dia­logue :
    «Monsieur Six, est-ce que vous par­lez français ? »
    À ma réponse posi­tive, quoi que sur­prise, un grand sou­rire apparaît. Ils ont une patiente qui ne parle que français, et per­sonne ne le com­prend. Aha.
  • Scène(s) de ménage à trois ou quatre
    Les deux mes­sieurs qui peuplent ma chambre sont posi­ti­ve­ment insup­por­tables. Langues de putes en tous genres. Du coup, je déménage dans l’«espace visi­te­s ». À l’heure du café, il y a deux couples dans l’espace visites. Au pre­mier couple (légitime), on offre deux tasses de café. Au second couple (illégitime, c’est à dire non marié), c’est à dire à Vio­la et moi, on n’en pro­pose pas. Je trou­ve­rai ma tasse de café à côté de mon lit. Un bon­heur.
  • Encore une scène de dia­logue :
    «Vous êtes français ? »
  • Scène pénible :
    Mes emmer­deurs de chambre ne peuvent pas dor­mir sans avoir les [deux] fenêtres [grandes] ouvertes. C’est pas grave, je demande (pour la deuxième nuit) une deuxième cou­ver­ture. On me répond : «Mais, on vous en déjà donnée une hier soir ! Où est-elle ? Il faut faire atten­tion, vous savez ? »
  • La scène de trop :
    Après une nou­velle de séance «vous par­lez français ?», une tou­bib me demande mon assis­tance pour pou­voir par­ler avec la patiente qui ne parle que le français. Elle a été opérée la veille au soir, et au genou. Et quelqu’un a oublié de «fermer » le lit. Donc elle est tombée. Et c’est haut, un lit d’hostau.

Mora­lité, quand la chi­rur­gienne, hier matin, m’a demandé si je vou­lais déjà sor­tir de l’hôpital, j’ai dit oui.

Conclu­sion
Sainte Ger­trude de Nivelles, si il te reste une minute d’attention, hein, il y a une petite vieille, dans ton hôpital, qui aurait bien besoin de toi.

Post­face
L’hôpital Sainte Ger­trude est admi­nis­tré par l’ordre des “urs de Katha­ri­na. Dans chaque chambre, la vie de Sainte Katha­ri­na est affichée. Elle a été rouée. Torturée sur la roue. Le logo de l’hôpital, c’est la roue de tor­ture de Katha­ri­na. Et une épée.

J’aurais du me méfier.

Et le revoilà !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 6 Sep 2008 à 13:47

©jour court, mais intense. L’opération, qui aurait du durer 4 heures en a pris plus de six, et en deux fois. Je venais de me réveiller que ma chi­rur­gienne m’annonçait qu’elle allait me ré-anesthésier, et se repen­cher sur mon cas. Je sai­gnais beau­coup trop. Au point qu’ils ont du me pom­per de l’estomac le sang que j’avais avalé.

À part ça, tout va bien. Et je suis sor­ti ce matin, parce que res­ter n’aurait rien changé. Je rever­rai ma chi­rur­gienne lun­di matin.

Avec la perte de sang, je suis un petit peu anémié (ça me fait rire). Je dois res­ter au calme. Et ça, en fait, c’est peut-être plus facile à faire à la mai­son qu’à l’hostau. Et l’idée de res­ter jusque lun­di me fai­sait bouillir. Donc ma chi­rur­gienne m’a laissé sor­tir.

Et encore : je ne lui ai rien raconté de ce que je vais vous racon­ter demain … Mon jour­nal de l’hostau, vous allez ado­rer ça !

Bon, c’est l’heure …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 3 Sep 2008 à 13:37

Je vais m’absenter quelques jours, his­toire de me faire opérer. Une sor­dide his­toire de polypes aux mâchoires.

Notez que ça ne va pas chan­ger grand-chose à mon rythme de paru­tion. Mais bon : zêtes prévus, cette fois.

J’aime bien cette pho­to. Le monde y est frag­menté, comme un de ces jeux dans les­quels il faut réorganiser les petits car­reaux pour avoir l’image.

En ce moment, je fais moins de pho­tos. Mais je les trouve plus réfléchies. Plus mûres, dans un sens.

Mais c’est vous qui savez …

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