Jeu de piste…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 19 Mai 2011 à 10:15

Pour les (rares) aux­quels je manque, la nou­velle adresse : je suis pas d’humeur

Poil au tableau !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 6 Fév 2011 à 12:53

Il y a cinq ans aujourd’hui que j’ai été vic­time d’un AVC (acci­dent vas­cu­laire cérébral). Niver­saire de rigueur, etc.

Ça fait cinq ans que je suis « retraité » d’office. Cette semaine, ça va chan­ger. Je retourne à l’école. crotte de nez, poils aux pieds, faites son­ner la récré.

Il y a quatre ans et huit mois que j’ai com­mencé à tenir ce jour­nal. À l’époque il avait un thème et un but. « J’ai besoin d’écrire pour (ré)apprendre à écrire.  »

J’estime que cette période de ma vie est finie. Ce jour­nal n’a plus de thème dis­cer­nable, et mes problèmes « apha­siques » sont pra­ti­que­ment réglés. Enfin : j’ai appris à vivre avec. Ce jour­nal, je le ferme. Il m’a donné ma gre­nouille, et m’a ren­du ma langue. Ou au moins une langue. Un succès définitif.

C’est une fer­me­ture posi­tive. Très posi­tive. Je vais très pro­ba­ble­ment ouvrir un autre jour­nal. Je ne sais sim­ple­ment ni quoi ni quand. Mais il n’y a pas de vac­cin contre le « jour­nal-isme », et moi j’ai chopé le virus il y a main­te­nant dix ans. On ne se refait pas.

À bientôt !

La pho­to est de mon ami Loïc, Et la musique de fond est là.

Web 2.0S(arkozy) ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 17 Déc 2010 à 12:19

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fac simile (ou presque) d’un texte, passé à la mou­li­nette « PGP », garan­tis­sant la qua­si-impos­si­bi­lité de déchiffrement, la seule solu­tion future du net ?

Voilà auquel le net pour­rait devoir res­sem­bler demain. Enfin quand je dis demain, hein, ça pour­rait être sim­ple­ment après-demain, hein. Disons demain, pour rai­son de com­mo­dité.

Car à par­tir de demain, le gou­ver­ne­ment français a droit de vie et de mort sur le net français. Le gou­ver­ne­ment peut décider de fil­trer cen­su­rer *tout ce qu’il veut*, sans devoir faire appel à la jus­tice, *sans contrôle pos­sible*.

Et il fau­drait leur faire confiance ?

Histoire sans paroles…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le ven 17 Déc 2010 à 01:35

Une pro­me­nade sous la neige. Une page de vie, une tranche de bon­heur… et une chouette récompense.

©sistance « plus »… Stuttgart 21 passe, ou casse…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le lun 13 Déc 2010 à 14:15

Same­di, plus de cin­quante mille oppo­sants au très célèbre pro­jet Stutt­gart 21. Le pro­jet, plus ou moins cri­ti­qué par le médiateur Geiß­ler, qui l’a lui-même renommé « Stutt­gart 21 plus » en fonc­tion du nombre de modi­fi­ca­tions qu’il a ordonnées, ne passe tou­jours pas. Boris Pal­mer, qui a été un inqui­si­teur impla­cable pen­dant les journées de médiation appelle encore à la résistance. Avec « ©sistance plus », et « argu­ments plus ».

La médiation de Geiß­ler a eu un énorme effet au niveau natio­nal. Mais dans la ville, laquelle veut encore « oben blei­ben » [res­ter à la sur­face], en fait aucun effet. La Deutsche Bahn a toutes les cartes en mains, et peut relan­cer les tra­vaux quand elle veut, ou presque. En ce moment, le patron de la DB tente de négocier le paie­ment des modi­fi­ca­tions ordonnées. Dernière ligne droite ?

Peut-être pas. Si les oppo­sants au pro­jet par­viennent à main­te­nir une telle pres­sion, à main­te­nant moins de quatre mois des élections, il faut réfléchir.

Le problème des Verts, fer de lance de la résistance, « plus » ou pas, est la cam­pagne que les par­tis de droite viennent de lan­cer. Les Verts, ne seraient qu’un par­ti contes­ta­taire. Rien de plus. Ils seraient contre tout, et pour rien.

Mais dans le cas de Stutt­gart, le pro­jet « K21 », appuyé par les verts, est, jus­te­ment, un vrai pro­jet. Un pro­jet qui tient la route, au moins sur le papier. La moder­ni­sa­tion de la gare exis­tante est séduisante.

Logique d’entreprise et d’argent contre une popu­la­tion tou­jours plus créatrice… J’attends la suite !

Pentax K-5 : après un mois…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le lun 13 Déc 2010 à 00:15

J’ai reçu il y a un mois, exac­te­ment, par la poste, un paquet qui conte­nait un cadeau : un Pentax K-5. J’utilisais depuis un petit peu plus de dix mois son prédécesseur : le K-7, lequel remplaçait mon K20D, décédé après une chute stu­pide. La différence entre le K20D et le K-7 était plus impor­tante, au niveau « hard­ware » (j’entends par là le boi­tier, et les diverses fonc­tions, l’ergonomique, etc.) que celle entre le K-7 et le K-5. Par contre, au niveau de qua­lité d’image, la différence est plus grande entre le K-5 et le K-7 qu’entre le K-7 et le K20D.

Après un mois d’usage du K-5, bilan pro­vi­soire.

1. Les sujets sur les­quels je n’ai rien à dire

  • le mode vidéo : je ne l’utilise pas, et je n’ai pas l’intention de l’utiliser. Si je vou­lais faire des films, je m’achèterais une caméra. Je déplore l’introduction du mode vidéo dans les appa­reils de Pentax. J’imagine que le département Mar­ke­ting a eu son mot à dire. L’argent uti­lisé en développement du mode vidéo aurait pu être mieux dépensé.
  • les « réglages d’image » (cou­leurs, satu­ra­tion, « affûtage », etc.) : je n’ai pas pris une pho­to direc­te­ment en JPG depuis au moins deux ans. Je rêve du jour où Pentax aura le cou­rage de sor­tir un appa­reil amputé de tous ces réglages super­flus. Filtres, effets, etc. Je n’en ai rien à dire, ni à faire. Encore une fois, le département Mar­ke­ting a outre­passé son rôle. Le K-5 étant pra­ti­que­ment ven­du comme un appa­reil « pro­fes­sion­nel », je ne vois pas l’intérêt des gad­gets qui encombrent les menus de l’appareil.

Natu­rel­le­ment, ce n’est que mon avis. 9 « modes » d’image (« natu­rel », « estompé » « sans blanchîment (?!!) ») qui ne me servent à rien sinon qu’à être fainéant… Quand on parle d’appareil pho­to digi­tal, ça suggère l’utilisation d’un ordi­na­teur, lequel peut par définition tout faire *mieux* qu’un appa­reil pho­to, quel qu’il soit.

2. Les sujets « hard­ware » sur les­quels j’ai des choses à dire :
Le « corps » du K-5 est iden­tique à celui du K-7, à quelques détails optiques près :

  • La molette « modes de prise de vues » est plus haute que celle du K-7. Petit détail d’ergonomie qui témoigne de l’intérêt de Pentax pour le pho­to­graphe. À la sor­tie du K-7, des tas de gens ont cri­tisé cette molette qu’il faut « débloquer » avant de l’utiliser. Il faut tout de même admettre aujourd’hui qu’elle plait : Canon pro­pose sur ses modèles pro­fes­sion­nels une modi­fi­ca­tion (150€, tout de même) de leur molette, per­met­tant un blo­cage « Ã  la Pentax ». J’en suis per­son­nel­le­ment un par­ti­san farouche. Le fait qu’elle soit plus haute m’est, per­son­nel­le­ment, indifférent, mais je suis tou­ché de l’attention.
  • Le bou­ton « RAW » est également mar­qué « Fx ». C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beau­coup, si j’ose dire. Aha. Le bou­ton « RAW » était, depuis le K10D des­tiné à ceux qui tra­vaillllent en JPG. En appuyant sur le bou­ton, on pou­vait avoir un RAW sans devoir pas­ser par un menu. Mais pour ceux qui tra­vaillent en RAW ? Intérêt : nul. D’où la men­tion « Fx ». On peut réassigner au bou­ton d’autres fonc­tions plus utiles à ceux qui n’utilisent pas de JPG. Même si j’aurais pu ima­gi­ner d’autres réassignations encore plus utiles (pour *moi*) à ce bou­ton que celles proposées, l’idée est tout sim­ple­ment excel­lente. Encore un détail qui me prouve que Pentax pense à ses uti­li­sa­teurs.

3. Les sujets « fonc­tions » sur les­quels j’ai des choses à dire :

  • Les 5 « users » sont un rêve que j’avais depuis mon pre­mier appa­reil digi­tal. Depuis le K10D, j’avais à ma dis­po­si­tion un mode « user », qui me per­met­tait de rap­pe­ler en une frac­tion de secondes une série de paramètres de prise de vues. Par exemple, les paramètres pour quand je tra­vaille au flash. Mais sur le K-5, j’ai *cinq* séries de paramètres au bout des doigts. Ce n’est pas nou­veau, Sony par exemple avait ça depuis des années, mais c’est nou­veau et très bien­ve­nu chez Pentax.
  • La rapi­dité de prise de vues. Que dire : sept images par seconde. Avec des RAW, je peux faire ça pen­dant plus de trois secondes. C’est confort. Point. Sinon, j’ai accès à un mode moins rapide (trois images par secondes). La rapi­dité maxi­male du K-7 était de cinq images par secondes.
  • L’autofocus est meilleur. Il est tout sim­ple­ment plus rapide. L’autofocus est depuis des années un des points faibles chez Pentax. Je n’ai pas les éléments pour le com­pa­rer avec celui des concur­rents, mais je sais que je suis beau­coup moins déçu de l’autofocus du K-5 que de celui du K-7. Je suis plus tran­quille, et c’est bien.
  • Les priorités de l’auto-focus. Lorsqu’on pho­to­gra­phie par rafales, il peut être intéressant de choi­sir entre une prio­rité à l’autofocus (on peut par­fois pas prendre autant de pho­tos qu’on le vou­drait, l’appareil attend une confir­ma­tion d’autofocus), et un mode « vitesse » où l’appareil tra­vaille aus­si vite qu’il le peut, sans se poser de ques­tions. Ça peut être utile.
  • Les deux auto­fo­cus « auto­ma­tiques ». Je n’utilise que rare­ment ce mode d’autofocus, mais il peut être intéressant de limi­ter le champ de l’autofocus à une par­tie du viseur contrai­re­ment au viseur entier. Bien vu. Je déplore seule­ment que le champ limité soit par définition le centre du viseur.

Mais quand on com­pare le K-7 et le K-5, le point de com­pa­rai­son prin­ci­pal n’est pas là.

4. la qua­lité d’image

  • Le cap­teur : Le K-7 était (on sup­pose) équipé d’un cap­teur Sam­sung, hérité (on sup­pose) du K20D. Ne nous mécomprenons-nous pas : il n’était pas *mau­vais*. Je n’avais pas trop d’états d’âme à lais­ser mon auto-ISO entre 100 et 2000 ISO. Par­fois même jusque 3200 ISO. Ce n’est pas ridi­cule. Mais en pas­sant au K-5 (équipé —on sup­po­se— d’un cap­teur Sony, iden­tique à celui qu’utilise le Nikon D7000), on passe à l’étage supérieur. Mon auto-ISO est réglé sur 80 — 5000 ISO. Le cÅ“ur léger. Et c’est bien.
  • La « dyna­mique » du K-5 est, à ce qu’il parait, tout sim­ple­ment hors-pair. La dyna­mique mesure la « lar­geur » du champ entre le moment où la lumière dis­pa­rait dans le blanc pur et celui où la lumière dis­pa­rait dans le noir. Par exemple, la pho­to que j’ai postée l’autre jour dans Mille vingt-quatre pixels était, en fait, dans l’écran de mon appa­reil, *noire*. J’ai pu tout de même en extraire cette pho­to.

5. Pour résumer :
Mon achat du K-7 m’a été pra­ti­que­ment imposé. Disons que je n’ai pas su résister à l’offre financière que Pentax m’avait faite. Mais sans cela, j’aurais racheté un autre K20D, et j’aurais été tout à fait heu­reux avec. Comme « upgrade » d’un K20D, le K-7 ne se jus­ti­fiait en fait pas. Mais le K-5 est d’un tout autre calibre.

Sincèrement, je m’imagine très faci­le­ment avec mon K-5 dans au moins cinq ans. Je ne lui connais pas de point vrai­ment faible. N’oubliez pas que je n’ai parlé que des fonc­tions nou­velles que j’utilise. Mais par exemple j’ai dans mon viseur en per­ma­nence un indi­ca­teur qui me dit si je suis mon appa­reil droit ou pas. Même les appa­reils les « pro » de Canon ou Nikon n’ont pas ça. Les tests qui ont déjà faits indiquent que le K-5 est pro­ba­ble­ment pour le moment le meilleur appa­reil pour ce for­mat, toutes marques confon­dues.

Je suis vrai­ment très heu­reux de mon K-5.

Non à la censure…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 9 Déc 2010 à 01:07

Le trai­te­ment « admi­nis­tré » au site Wiki­leaks m’agace.

Si je suis obligé de vous expli­quer ce qu’est wiki­leaks, vous vous êtes réveillés beau­coup trop tôt : le prin­temps est encore loin, ren­dor­mez-vous tran­quille­ment. Par contre, si vous ne lisez que la presse clas­sique pour com­prendre le trai­te­ment et son pour­quoi, peut-être que je peux vous aider. Ou plus exac­te­ment peut-être que cet article dont j’ai trouvé une ver­sion fran­co­phone peut vous aider. Lisez le conte­nu de l’encadré gris. Et de là, vous sau­rez pour­quoi je suis agacé.

Mais, comme nous le dit très jus­te­ment L’Electronic Fron­tier Foun­da­tion, ce n’est que le début d’une affaire beau­coup plus impor­tante. Le site est anglo­phone, désolé.

Sou­te­nir Wiki­leaks (dont EFF est un des sou­tiens légaux dans cer­tains procès aux USA), c’est également se battre pour la liberté d’expression de cha­cun. Laquelle ne va visi­ble­ment plus de soi, dans un monde où un simple coup de fil d’un sénateur américain peut faire fer­mer un site, déclaré « illégal »… sans avoir été même condamné par la « jus­tice ».

Vrai­ment, ça m’agace. Même si Wiki­leaks n’est en fait pas fermé. Il en cir­cule plus de mille copies actives. Le cas Assange (le chef de Wiki­leaks) n’est *pas* à confondre au cas « Wiki­leaks ».

Il faut sau­ver le sol­dat Wiki­leaks. Je sais où trou­ver mon député. Et vous ?

Le lendemain…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le mer 1 Déc 2010 à 11:38

Voilà.

«Stuttgart 21 » c’est fini…

Non, j’rigole… :)

Enfin fini un petit peu quand même. Disons que la médiation est finie. Et encore…

Bon. Je cesse de ten­ter de réfléchir, je mets tout sur la page, et vous triez vous-mêmes.

La journée a com­mencé un petit peu solen­nel­le­ment. Il faut dire qu’il y avait du beau linge à la corde, hein. Le pre­mier ministre Map­pus (il avait fait une appa­ri­tion le pre­mier jour, mais était par­ti à midi man­ger —on ne l’a plus revu dans la salle avant ce matin), le patron de la Deutsche Bahn, Grube, qui n’avait jusque ce jour pas dai­gné d’honorer le petit peuple de sa présence, et il y avait aus­si le maire de Stutt­gart, Schus­ter, lequel n’avait pro­ba­ble­ment pas trouvé la salle avant aujourd’hui. Notez c’est un petit dom­mage, je trouve : ils sont ceux qui ont pro­vo­qué la crise, tout de même.

Du coup, dans le camp des « pour », les vaillants petits sol­dats qui en ont pris plein la tête pen­dant les six semaines étaient relégués au deuxième rang, comme les cancres.

Le médiateur, Geiß­ler, a com­mencé à présenter tout le monde. Non : le pre­mier rang. Il a, tout sou­rire, com­mencé à pour­rir la matinée de Gru­ber, en lui disant, sous cou­ver­ture de plai­san­te­rie, tout le mal qu’il pense sur l’état de la Deutsche Bahn. Il regrette que les auto­mates aient rem­placé les gui­che­tiers, par exemple.

Ensuite, il a lancé la dernière de médiation : cha­cun des par­ti­ci­pants (du pre­mier rang) avaient cinq minutes pour leur « plai­doyer ».

Les « pour » ont com­mencé. Ils ont res­pecté les formes, remer­ciant Geiß­ler pour son tra­vail. Deux entre eux, ont fait un mea culpa dont j’espère qu’il était sincère : ils ont regretté que le tra­vail effec­tué pen­dant la médiation n’ait pas été fait avant. Ils ont pro­mis, l’un pour la DB et l’autre pour le gou­ver­ne­ment, que on ne tra­vaille­ra jamais plus comme ça. ©rie tota­le­ment sans intérêt, à part la phrase de Map­pus, dans laquelle il a dit qu’on n’avait jamais eu une telle occa­sion en Alle­magne à part à Ber­lin après la chute du mur. Il par­lait immo­bi­lier.…

La riposte n’a pas tardé. Le pre­mier « contre » à par­ler a indi­qué, en pas­sant, qu’à son avis Stutt­gart per­sonne n’a envie d’avoir une Pots­da­mer Platz [le « coeur » hideux du « nou­veau » Ber­lin construit après la chute du mur]. Les « contre » ont été plus agres­sifs. Et sur­tout beau­coup plus passionnés.

Une fois le tour de table fini, Geiß­ler a demandé une heure de patience pour s’entretenir avec les « pour », puis avec les « contre ».

Il est reve­nu cinq heures plus tard. Et il a ren­du son ver­dict. Son ver­dict était prévisible : il a recom­mandé un cer­tain nombre de chan­ge­ments au pro­jet, les­quels sou­lignent les points sur les­quels les « contre » avaient mené le plus gros de leurs charges. Il a avoué que le pro­jet alter­na­tif des « contre » était fai­sable, et appa­rem­ment il lui plai­sait bien, mais il a dit qu’il ne pou­vait pas le recom­man­der pour rai­sons financières (le DB avait annoncé que le renon­ce­ment à son pro­jet venait accom­pa­gné d’une fac­ture de plus d’un mil­liard d’euros, ce qui natu­rel­le­ment fait un petit peu peur…)

Le juge­ment :

  • il a préconisé la création d’un cadre légal empê­chant la spéculation au sujet des ter­rains « libérés » par l’enterrement de la gare, deman­dant que ces ter­rains soient utilisés à autre chose que les centres com­mer­ciaux prévus. La ville semble avoir accepté ça, en ser­rant les dents, tou­te­fois. À suivre.
  • il a exigé que les arbres cen­te­naires du parc soient épargnés : sauf mala­die « mor­telle », les arbres devraient, le cas échéant être transplantés, pas abat­tus. Pas négociable. À suivre.
  • il a exigé que la DB prouve que dans sa confi­gu­ra­tion du moment le pro­jet pou­vait accep­ter une aug­men­ta­tion du tra­fic d’au moins 30%, et si non, il recom­mande que le pro­jet soit modi­fié, avec entre autres l’ajoût de deux quais à la nou­velle gare sou­ter­raine. La DB com­mente, avec un sou­rire crispé, que le test ne pose aucun problème, facile, les doigts dans le nez. Ton­ton, pour­quoi tu tousses ? À suivre plus que le lait sur le feu.
  • il a allumé les condi­tions d’accès des handicapés à la gare, et au plan de sécurité en général. Ça fait sérieux.

J’en oublie cer­tai­ne­ment.

Les « pour » ont pavané, tous sou­rires devant les caméras, mais avec une rai­deur qui avait un je-ne-sais quoi genre « manche à balais dans le cul », les « contre » ont pris acte, sou­li­gné que le « pro­jet le mieux pla­ni­fié du monde » avait appa­rem­ment des lacunes sérieuses, que leurs remarques avaient visi­ble­ment du bon, mais ils ont annoncé qu’ils ne renonçaient pas à leur pro­jet alter­na­tif. Les manifs vont reprendre.

Seul point com­mun à tout les par­ti­ci­pants : ils ont, avec Geiß­ler, enterré le pro­ces­sus exis­tant concer­nant les « grands » pro­jets. Ils ont pro­noncé le nom de la Suisse avec une insis­tance ras­su­rante. Geiß­ler a lui carrément recom­mandé un pro­ces­sus en trois étapes :

  • une définition du pro­jet (qu’est-ce qu’on veut faire), sou­mise à refe­ren­dum
  • une définition du plan (com­ment on veut faire ça), sou­mise à refe­ren­dum)
  • une fois tout ça dûment accepté, les tra­vaux

Gagnants et per­dants : tous les par­ti­ci­pants ont per­du, au moins en par­tie. Tous les autres, c’est à dire la popu­la­tion de Stutt­gart, et plus lar­ge­ment la popu­la­tion alle­mande a gagné : per­sonne ne pour­ra plus leur enfon­cer dans la gorge un pro­jet du genre «Stuttgart 21 ». Mais ils vont pro­ba­ble­ment tout devoir ava­ler « Stutt­gart 21 plus ».

Les comp­tables de la DB ont très cer­tai­ne­ment passé une sale nuit. Com­bien pour toutes ces modi­fi­ca­tions, et qui va payer ? Ce matin, en urgence, le Bun­des­tag met « Stutt­gart 21 plus » (le sobri­quet que Geiß­ler a uti­lisé) au menu. Le but, sau­ver le pro­jet.

Au niveau local, cer­tains ont per­du cer­tai­ne­ment beau­coup d’argent dans l’affaire, sur­tout si la ville fait ce qu’elle a pro­mis au niveau des ter­rains construc­tibles libérés.

Geiß­ler a gagné son pari. Il n’avait peu de cer­ti­tudes quant sa capa­cité à trou­ver un com­pro­mis entre une gare de sur­face et une gare sou­ter­raine, mais il avait misé sur la mise à mort du « bas­ta busi­ness ». Il semble avoir vrai­ment gagné.

Je crois que il y aura un jour avant, et un jour après Stutt­gart 21.

Il y a pas mal à parier que Stutt­gart va reprendre le che­min de la rue. Voyons si « Stutt­gart 21 plus » lui résistera…

Le jour d’avant…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le lun 29 Nov 2010 à 14:04

Demain, le monde poli­tique alle­mand change. C’est le jour où Hei­ner Geiß­ler, l’arbitre du conflit «Stuttgart 21 » rend sa copie. Quoi en attendre, et pour­quoi ?

  • Les huit (il me semble) séances de conci­lia­tion, indépendamment de leur résultat pra­tique ont été un exer­cice de démocratie pédagogique extra­or­di­naire. J’en veux pour preuve les chiffres de spec­ta­teurs. Un petit peu moins de 500 000 téléspectateurs le pre­mier jour, plus d’un mil­lion pour la dernière. Le com­men­ta­teur de la chaîne SWR était, au début, pra­ti­que­ment seul dans une grande salle avec les écrans géants : à la fin, des classes entières y défilaient, profs en tête. Il n’est plus pos­sible de prétendre que les gens ne s’intéressent pas à ce qui va leur arri­ver. Geiß­ler avait, au début, annoncé la fin de l’ère des décisions prises derrières les portes. Je crois qu’il a rai­son, et que les portes des cabi­nets devront s’ouvrir.
  • Le pro­jet «Stuttgart 21 » pose problèmes. Je pense que Geiß­ler en don­ne­ra demain une vision au moins contrastée. Le pro­jet « le mieux pla­ni­fié du monde » va en sor­tir en boi­tant. Les prétentions, voire la prétention de la Deutsche Bahn ont volé en éclat pen­dant ces heures de débat public.
  • Les posi­tions sont définitivement irréconciliables. La conci­lia­tion a au moins per­mis d’établir ça, si besoin en était. Demain, les mots de Geiß­ler sont très atten­dus. Il a accepté cette mis­sion pour cal­mer les esprits, mais rien n’ayant en fait changé, que peut-il faire ?
  • L’appel au refe­ren­dum est « légalement » impos­sible, cette porte a été fermée par le par­le­ment du Land. Donc, j’imagine qu’il fal­loir choi­sir
  • Mais com­ment choi­sir ? Demain, après le dis­cours de Geiß­ler, rien, *rien du tout* n’empêche la Deutsche Bahn à reprendre le cours des tra­vaux comme si de rien n’était. ©galement. Geiß­ler n’a aucun pou­voir : il annonce qu’il pro­po­se­ra des modi­fi­ca­tions, mais il dépend tota­le­ment du bon gré de la Deutsche Bahn et du gou­ver­ne­ment.

Alors pour­quoi est-ce que dans Google News je peux trou­ver plus de 1 500 articles de presse (en alle­mand) concer­nant ce dis­cours de demain ? Pour­quoi est ce que, per­son­nel­le­ment, je compte les heures ?

Parce que je crois que Geiß­ler a fait sau­ter la baraque. Je crois que la ges­tion des « grands pro­jets » va être profondément modifiée. Je crois que les citoyens ne se conte­ront plus des « enquêtes d’intérêt général », qu’ils vou­dront pou­voir pro­po­ser des alter­na­tives. Je crois que l’Allemagne va devoir modi­fier sa concep­tion de « démocratie ».

Ce lun­di, ce sera le cinquante-quatrième lun­di de mani­fes­ta­tion à Stutt­gart. Plus d’un an que les citoyens de Stutt­gart battent le trot­toir. Armés de sif­flets et de pan­cartes, ils ont réussi l’impossible. Peut-être pas celui dont ils rê­vaient : je ne crois pas que la gare va « res­ter en haut » [oben blei­ben, le slo­gan de ras­sem­ble­ment des oppo­sants au pro­jet], mais ils ont pro­ba­ble­ment réussi à empê­cher que ça se repro­duise.

Geiß­ler aura demain pro­ba­ble­ment moins d’amis qu’hier : il va fata­le­ment décevoir tout le monde. Mais il aura, je crois, j’espère, tourné le cou à ce qu’il a appelé les « poli­tiques bas­ta » [il a déclaré : « Die Zei­ten der Bas­ta-Ent­schei­dun­gen sind vor­bei.», les temps des décisions bas­ta sont révolus, visant par ces mots les décisions imposées par le haut sans pos­si­bi­lité de dia­logue].

Aujourd’hui, c’est le der­nier jour d’avant.

Et après… ?

Le temps se couvre sur Stuttgart 21…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le mer 17 Nov 2010 à 14:39

Non, vrai­ment, il y en a qui n’ont pas de chance, tout de même.

Pre­nez Ange­la [Mer­kel, chancelière fédérale], par exemple. Juste dimanche, elle a encore pris publi­que­ment par­ti pour Stutt­gart 21, et regar­dez ce qui lui est tombé des­sus en à peine deux jours :

  1. Lun­di :
    • un cour­rier du Bun­des­rech­nung­shof (la cour des comptes fédérales) qui accuse le ministre des trans­ports fédéral de men­songe quand il raconte que le finan­ce­ment de Stutt­gart 21 est bou­clé et accepté par la cour des comptes
    • un exper­tise qui met en doute le caractère consti­tu­tion­nel du finan­ce­ment de Stutt­gart 21
  2. Mar­di :
    • on découvre dans la presse une lettre du Eisen­bahn Bun­de­samt (l’établissement des che­mins de fer fédéral, « supérieur hiérarchique » de la Deutsche Bun­des­bahn, sans l’accord duquel rien ne peut se pas­ser) qui déclare que l’autorisation de mise en tra­vaux pour le chan­tier de la création de la voie à grande vitesse entre Wedd­lin­gen et Ulm (ce tracé est par­tie pre­nante du pro­jet Stutt­gart 21 —sans cette ligne, le pro­jet de la gare perd pra­ti­que­ment tout intérêt) est, pro­vi­soi­re­ment, gelé. Et ceci depuis le 7 sep­tembre…
    • une exper­tise dénonce l’utilisation du ter­rain « libéré » par la construc­tion de la gare sou­ter­raine : pas assez de loge­ments, trop de bâtiments de bureaux, trop de centres com­mer­ciaux

Et il n’est qu’à peine midi, hein…

©nérations…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le mar 16 Nov 2010 à 15:25

Et si on ne par­lait pas de Stutt­gart ?

Ce n’est pas qu’il ne se passe rien, hein : rien qu’hier, une exper­tise est sor­tie, laquelle met en cause le caractère consti­tu­tion­nel du finan­ce­ment de Stutt­gart-21. Figu­rez-vous qu’un Land ne peut pas par­ta­ger le finan­ce­ment d’un pro­jet avec l’état, et ça pour éviter que les « ¤nder » [plu­riel de « Land »] riches soient trop favorisés par rap­port aux ¤nder pauvres. Et dans le même temps, on exhu­mait une lettre du vice-président de la Cour des Comptes [Bun­des­rech­nung­shof], laquelle met­tait le ministre (fédéral) des trans­ports au sujet du finan­ce­ment de Stutt­gart-21, ou plutôt au sujet de ses déclarations appa­rem­ment au moins intem­pes­tives, dans les­quelles il a tou­jours prétendu qu’il avait l’accord de la cour des comptes. La cour des comptes n’a pas modi­fié son avis sur Stutt­gart-21, le considère encore comme un pro­jet à hauts risques, et n’a en l’état auto­risé le finan­ce­ment qu’un des sept chan­tiers consti­tuant Stutt­gart-21. Un ministre fédéral accusé de men­songe, ça ne se passe pas « Ã  la Woerth », en Alle­magne…

Bon, donc, chan­geons de sujet. Je vais gérer la tran­si­tion en dou­ceur, pro­mis.

Dimanche, j’ai assisté à un départ en retraite. Celui d’un tram­way. Le der­nier exem­plaire d’un matê­riel crée en 1953. Du coup, on est allés visi­ter le dépot de Niederschönhausen, siège du « musée » du tram­way (et bus) ber­li­nois. Et on y est allés avec mon nou­veau appa­reil pho­to…

C’était pas une chouette tran­si­tion, ça ? Stutt­gart-21, donc train, donc rail, donc tram­way, donc musée du tram­way, et DONC nou­vel appa­reil pho­to. Non, vrai­ment, je confine au génie littéraire, là.

Le nou­veau Pentax (le K-5), est sor­ti il y a quelques semaines. J’ai lu les pre­miers tests, et j’ai été emballé. J’ai par­tagé mon enthou­siasme avec l’ami Gior­gio, lequel a, sur un coup de tête, décidé de m’offrir un K-5. Je n’ai pas de mots pour ça. Mais j’ai des pho­tos.

Je n’ai pas beau­coup parlé de mon appa­reil de l’époque (le K-7). Mais je pense que le vais par­ler (rela­ti­ve­ment) sou­vent au sujet de mon K-5, et ça va vous expli­quer pour­quoi je ne par­lais pas du K-7.

Le K-5, est ce que j’aurais vou­lu trou­ver dans le K-7. Le K-7 n’a en fait été qu’un appa­reil de tran­si­tion. Le boi­tier du K-7 était déjà « par­fait », un boi­tier à l’ergonomie extra­or­di­naire, « cus­to­mi­sable » dans les détails les plus extrêmes, mais pour être honnête, j’avais été déçu par le cap­teur.

Les images étaient un petit peu « creuses ». C’est pas facile à définir, je sais. Et le « bruit » frôlait le grave dès 1600 ISO. Ça ne m’a pas empê­ché de publier quelques pho­tos à 3200 ISO, je sais, mais je n’avais pas la conscience tran­quille… à juste titre.

Le K-5 est un K-7 passé à l’âge adulte. Le boi­tier est pra­ti­que­ment le même (seule différence : le « sque­lette » est main­te­nant tota­le­ment métallique), l’interface est encore plus « cus­to­mi­sable » (j’y revien­drai), mais sur­tout, le cap­teur est tota­le­ment neuf. Et net­te­ment meilleur.

Par exemple, là, je publie une pho­to à 5000 ISO, et j’ai définitivement la conscience tran­quille.
Regar­dez :

Oh, ne nous mécomprenez pas : il y a du bruit dans l’image. Mais, d’une part moins que dans une pho­to du K-7 avec 3200 ISO, et d’autre part, le bruit du K-5 est net­te­ment plus « propre ». Je veux dire, si je le vou­lais, je pour­rais beau­coup plus faci­le­ment « net­toyer » cette image que si je l’avais prise avec mon K-7.

À l’arrivée, une journée mémorable. ©jà, bien que leur col­lec­tion ne soit pas très grande, j’ai eu beau­coup de plai­sir à la découvrir. Dehors , il y avait même un *très* vieux tram *à che­vaux*. J’ai adoré ça. Ensuite, la sor­tie inau­gu­rale de mon K-5 m’a également donné beau­coup de plai­sir.

En fin de soirée (j’exagère : en fait c’est en fin de soirée sui­vante…) je me suis décidé à faire quel­que­chose que je ne fais que *très* rare­ment : je suis allé récupérer le code source de mon logi­ciel « pho­to » prin­ci­pal (en fait pra­ti­que­ment le seul que j’utilise), Raw­The­ra­pee, et à le com­pi­ler, his­toire d’avoir accès à la ver­sion qui me per­mette de « développer » les RAW comprimés de Pentax. J’ai hor­reur de faire ça : ça me fait tra­ver­ser la frontière entre « usa­ger » de mon système, état qui me satis­fait tota­le­ment, et « bidouilleur infor­ma­ti­cien », état pour lequel je n’ai aucune appétence. J’étais bidouilleur, il y a encore quelques années, car l’état de Linux m’y obli­geait. Mais ça fai­sait au moins deux ans que je n’avais pas ins­tallé sur ma machine les outils per­met­tant une com­pi­la­tion.

D’autant que à peine vingt-quatre plus tard, une ver­sion déjà compilée était dis­po­nible.…

Donc, vous pou­vez vous attendre, dans le futur, à ce que je me mette à cau­ser « pho­to ».

Et si vous n’aimez pas ça, vous pou­vez déjà prendre date avec le pro­chain du type Stutt­gart-21 : on a découvert hier, dans la presse, les plans du pro­jet des­tiné à uti­li­ser le ter­rain de l’aéroport de Ber­lin-Tegel (dont la fer­me­ture est, si je ne me trompe pas, prévue pour 2010), déjà approuvé par le sénat, dont per­sonne ne savait rien. Le ©nat de Ber­lin n’a appa­rem­ment pas la télé, ou bien ils n’ont rien com­pris à ce qui s’est passé depuis mai à Stutt­gart. À mon humble avis, ça va chauf­fer. Et là, je serai aux premières loges : nous fai­sons par­tie des concernés…

Quelle démocratie voulons-​​nous ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le sam 13 Nov 2010 à 00:03

Quelle démocratie vou­lons-nous ?

Cette ques­tion est posée, live à la télé, sur deux chaînes, ain­si que sur l’Internet, chaque ven­dre­di. À Stutt­gart, ven­dre­di après ven­dre­di, on dis­cute. Mais le sujet du vrai débat n’est que rare­ment évoqué…

Le sujet « offi­ciel », est la future gare de Stutt­gart. Un pro­jet débuté il y a au moins quinze ans, validé plu­sieurs fois par le par­le­ment [du land de Baden-Würt­tem­berg, l’Allemagne est un état fédéral], déjà financé, et dont les tra­vaux ont même com­mencé. Donc pour­quoi est-ce qu’on en débate aujourd’hui ?

Il y a un petit peu plus de six mois, des habi­tants sont entrés en « résistance ». Chaque lun­di, au début, des mani­fes­ta­tions. Puis plus, tou­jours plus de mani­fes­ta­tions. Avec plus, tou­jours plus de par­ti­ci­pants. Et quels par­ti­ci­pants ? Des vieux, des jeunes. Des « de droite », des « de gauche ». Des gens qu’on n’a pas l’habitude de voir défiler dans la rue, et qui avouent également que c’est quelque chose de nou­veau pour eux.

Mille, puis cinq mille, dix mille, cin­quante mille, puis près de cent mille.

Cet été, les tra­vaux ont com­mencé. Le pre­mier coup de pelle a déclenché une qua­si-insur­rec­tion. Des gens se sont enchaînes à la vieille gare, ils se sont enchaînes aux arbres destinés à l’abattage. Des mamies et des papys ont bran­di leurs cannes en direc­tion des poli­ciers. Des gamins en pagaille. Et le drame : la police perd un petit peu les nerf. Un homme y perd un Å“il. Des pho­tos dra­ma­tiques déferlent sur les « une » des jour­naux du pays entier. Les canons à eau balayant des retraités et des enfants par dizaines.

Le patron de la DB [Deutsche Bahn, la SNCF alle­mande] s’oppose, pen­dant les semaines menant à tout ça à tout chan­ge­ment. À son côté, le pre­mier ministre [du land]. Leur image est détruite. Les élections législatives du mois mars 2011 s’annoncent désastreuses.

Et sur­tout, sur­tout, le dis­cours des gens change. Au delà le pro­jet, ils mettent en ques­tion le gou­ver­ne­ment, et au delà, la gou­ver­nance. Ils voient des hommes arc-boutés en faveur de leurs pro­jets qu’on com­mence à décrire comme « per­son­nels ».

En dernière extrémité, crai­gnant encore une esca­lade, le pre­mier ministre tente un « coup »  il annonce la nomi­na­tion d’un arbitre. Le mot uti­lisé est « médiateur ».

Le coup semble au début osé, mais en fait rela­ti­ve­ment tor­du. Très poli­tique, en fait. En effet, le fossé entre les adver­saires est tel­le­ment pro­fond qu’on n’imagine pas très faci­le­ment une réconciliation. Et quel pou­voir a le médiateur pour faire annu­ler un pro­jet chif­fré à plu­sieurs mil­liards d’euros ? Le pre­mier ministre a nommé comme médiateur un ancien sécrétaire général de son propre par­ti. Il s’imaginait jouer sur du velours.

Et voilà que, après à peine quelques heures de sa désignation, le médiateur crée une énorme sur­prise  il annonce un gel des tra­vaux. La foudre aurait frappé le pre­mier ministre qu’il n’aurait pas paru plus sur­pris. Lui, comme le président de la DB annoncent dans les minutes sui­vantes que non, les tra­vaux ne seront pas gelés.

Mais, contre toute attente, le médiateur s’impose. Il par­vient à obte­nir un gel des tra­vaux, mais demande en échange aux mani­fes­tants de res­ter chez eux. Et, autre sur­prise, il annonce que l’intégralité des séances qu’il va orga­ni­ser sera diffusée à la télé. Et sur l’Internet. Et il pro­nonce des mots très lourds. Il déclare que les temps de ce genre de façon de gou­ver­ner sont résolus. Finies les décisions prises en cati­mi­ni dans les cabi­nets. Il se pro­pose de faire le contraire de ce que les citoyens « attendent » des poli­tiques  ouvrir les portes. En grand.

Le médiateur a, en cinq minutes, bous­culé les fon­de­ments du régime. Il a peut-être com­mencé une révolution.

Il n’a, en fait, aucun sta­tut offi­ciel. Il n’a aucun pou­voir. Le pro­jet est en fait bétonné  voté par la représentation élue. Et, de fait, le fossé entre les « pour » et les « contre », après un mois de dia­logue de sourds, est tou­jours aus­si béant. Et ça n’échappe à per­sonne.

Mais, ce ven­dre­di 12 novembre, la ques­tion que le médiateur n’a jamais direc­te­ment posée est appa­rue au grand jour. Un « poli­to­logue » a osé la poser : quelle démocratie vou­lons-nous ?

En fait elle est sor­tie un petit peu avant ça. Live. Le débat en était à une oppo­si­tion entre le modèle alle­mand (fer­ro­viaire) et le modèle suisse. Et un des experts « contre » a, en réponse à un argu­ment de la DB qui lui disait que le pro­jet avait été voté, figé donc, il a dit : « oui, mais en Suisse, les poli­tiques sont décidées par les citoyens ».

Et, encore une fois, quel pou­voir a le médiateur ? Que peut-il faire ? Me en fai­sant abs­trac­tion du conte­nu des débats, si il valide le pro­jet de la DB, la guerre reprend là où elle s’arrêtée. D’un autre côté, si il ne veut pas de ce pro­jet, il ne peut pas dévalider les actions du gou­ver­ne­ment. Au pire, il peut appe­ler à l’organisation d’un référendum. Et le cadre législatif ne garan­tit pas qu’on puisse l’organise. Et en tout cas qu’on l’impose.

Alors pour­quoi tout ça ?

Pour moi, tout ça, c’est sur­tout pour empê­cher que ça puisse se répéter. Il ne va plus être pos­sible de mettre en place des pro­jets de cette taille sans une vraie consul­ta­tion de la popu­la­tion concernée. J’en veux pour preuve les son­dages d’hier dans le land de Baden-Würt­tem­berg : les verts, fer de lance des « contre », frôles les 50% d’intentions. Et le CDU, jusque là confor­ta­ble­ment majo­ri­taire est à moins de 25%. Les gens ne se décident pas en fonc­tion de la gare, mais en fonc­tion de la gou­ver­nance. Ils n’ont appris le conte­nu du pro­jet pra­ti­que­ment au début des tra­vaux. Les poli­tiques n’ont pas fait leur bou­lot. Et les gens dans la rue com­mencent à dire qu’ils n’ont plus besoin de par­tis poli­tiques…

Quelle démocratie veulent-ils ?

Alors qu’en quelques semaines, les asso­cia­tions et les gens intéressés ont monté de toutes parts un pro­jet alter­na­tif. Qu’au fil des séances, on voir le pro­jet de la DB secoué, et le pro­jet alter­na­tif prendre de la crédibilité, les gens de Stutt­gart se confortent appa­rem­ment dans leur idée que le pou­voir n’est pas dans les bonnes mains. Et les bonnes mains ne sont pas toutes vertes… Pen­dant que les acteurs s’envoient à la tête des sta­tis­tiques et des chiffres, les spec­ta­teurs se posent la vraie ques­tion. Le gou­ver­ne­ment ne veut pas « Ãªtre otage » de la rue. Mais quoi faire ? Appa­rem­ment, une grosse par­tie de la solu­tion est le dia­logue ouvert. C’est la voie choi­sie par le médiateur. Et elle va très pro­ba­ble­ment avoir des conséquences.

Le pre­mier ministre a, impru­dem­ment, ouvert la boîte de Pan­dore… Stutt­gart est à sur­veiller de très près.

Je suis le petit centre chaud de ce monde…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 5 Nov 2010 à 13:15

J’écoute Street Figh­ting Years de Simple Minds. Et j’ai la rage.

Ce qui me dérange, c’est que cette rage devrait être per­ma­nente, et qu’elle ne l’est plus. Main­te­nant j’ai besoin de « déclencheurs ». Triste, dans un sens.

Notez que mon déclencheur du jour est au moins trois fois « pla­tine », hein…

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore recon­nu, je vous présente un homme, condamné par la jus­tice de son pays (le mien, mais je n’y suis pour rien, pro­mis !), tou­jours le pre­mier au front quand il s’agit d’expulser des Roms (j’exagère ; il est tout au plus le pre­mier à se pava­ner devant les caméras quand on expulse des Roms), qui vise (à ce qu’il paraît) la mai­rie de… *Vichy* (ça ne s’invente pas, ça…), qui —quand il se trouve quelqu’un pour lui deman­der s’il ne trouve pas tout de même un tout petit peu trou­blant, cette série de cam­brio­lages visant des jour­na­listes, tous tra­vaillant sur l’affaire Bet­ten­cour­t— déclare, sans rire, « ce n’est pas la Sta­si ou le KGB  ». Il est (encore) ministre de l’intérieur en France. Son nom : Brice Hor­te­feux.

Je n’en reviens pas. Depuis le 4 juin 2010, on a un type offi­ciel­le­ment raciste a gou­ver­ne­ment. Je n’invente rien.

« ©clare Brice HORTEFEUX cou­pable de la contra­ven­tion d’injure non publique envers un groupe de per­sonnes à rai­son de leur ori­gine, en l’espèce les per­sonnes d’origine arabe, com­mise à Sei­gnosse dans les Landes, le 5 sep­tembre 2009. »

J’aurais pu, en d’autres cir­cons­tances, avoir l’impression de tirer sur l’ambulance, notez. Sur­tout quand on a enten­du le conduc­teur, se tenant le nez à pleines mains, expli­quer que non, il ne par­lait pas d’arabes, mais des… auver­gnats.

Notez que je ne pense pas qu’il sera « offi­ciel­le­ment » raciste long­temps. Ha ben oui, hein, il a fait appel, tout de même. Et il fini­ra bien par gagner. Ou à nous le faire croire. tenez, déjà, il a encore la pleine confiance du président de la république. Ça prouve bien qu’il n’est pas raciste, non ? C’était un lap­sus, voilà tout !

Et ses collègues le sou­tiennent aus­si !


Hor­te­feux est-il raciste ?
envoyé par repor­ter­ci­toyen. – L’info video en direct.

À ce rythme, c’est pra­ti­que­ment ras­su­rant d’avoir un peu la rage, quand on tombe sur la pho­to de ce type… et si je suis cam­briolé, je deman­de­rai à la police de cher­cher s’ils ne trouvent pas d’empreintes génitales

Vingt-huit ans plus tard…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 3 Nov 2010 à 10:48

C’était hier. À (un petit peu plus de…) vingt-huit ans près. Je rac­com­pa­gnais Vio­la chez elle. Elle habi­tait (littéralement) au pied du mur. Par­do­n : du Mur.

Mais ce que j’ai ramené de cette pro­me­nade là, ce n’est pas le mur. ©jà, le mur, hein, je l’avais déjà vu. Dif­fi­cile à rater quand on arrive dans le Ber­lin en 1982, le mur. Notez qu’il est pra­ti­que­ment encore plus dif­fi­cile à rater aujourd’hui, mais je m’éloigne de mon sujet.

Une par­tie de ce que j’ai ramené de cette pro­me­nade, c’est une cité. À pro­non­cer à la française d’aujourd’hui, hein. Une CITÉ. Des immeubles qui m’écrasaient. Et je n’étais pas un débutant, hein : j’habitais à quelques cen­taines de mètres de Grand Vaux, et j’allais pati­ner à Évry le same­di soir. Les cités, je connais­sais. Mais, cette soirée de l’été 1982, alors que je sui­vais une jeune fille qui mar­chait pieds nus, qui se trou­vait être mon élève, j’ai été impres­sionné par la cité. Car pour arri­ver chez Vio­la, pieds nus ou pas, il fal­lait tra­ver­ser Gro­piuss­tadt.

C’était gris. Tout gris. C’était oppres­sant. Je n’ai pas aimé du tout.

Mais…

L’image que j’ai ramené de ma pro­me­nade, c’était des lapins qui fai­saient papote tran­quille­ment à Gro­piuss­tadt. Je n’avais pra­ti­que­ment jamais vu de lapins avant, mais les voir là, ça m’a mar­qué. De mon pre­mier séjour à Ber­lin, outre Vio­la, j’ai ramené des images de lapins. Lapins à Gro­piuss­tadt. Clic. Des lapins au Tier­gar­ten. Clic. Des lapins pas­sant devant les sen­ti­nelles (russes) du monu­ment (russe) juste avant la porte de Bran­de­bourg. Ber­lin, c’était Lapins City. Je ne pou­vais abso­lu­ment pas m’imaginer des lapins à Grand Vaux, mais aucun problème pour me rap­pe­ler des lapins de Gro­piuss­tadt.

Je suis passé il y a quelques mois à Gro­piuss­tadt, mais c’était l’hiver. Avec la neige, tout ça. C’était encore gris. Et froid.

Et, same­di, on avait décidé de mon­trer Gro­piuss­tadt à l’ami Gior­gio. Et là, sur­prise. C’était blanc, calme, plein de lumière et de ver­dure. Au point de me dire que je pour­rais y habi­ter.

C’est une ques­tion de lumière, peut-être.

©mocratie live…?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le sam 23 Oct 2010 à 22:45

Mon jour­nal de la première ses­sion d’arbitrage dans l’affaire «Stuttgart-21 »
Ven­dre­di, entre 11:00 et 13:00

Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire aupa­ra­vant, le pro­jet «Stuttgart-21 » sus­cite débat. Enfin, il a d’abord sus­cité des dizaines de mani­fes­ta­tions, et a crée un cli­mat tel­le­ment délétère que l’idée du débat s’est imposée. Le débat a été [enfin] *imposé*. L’idée de faire appel à un médiateur « impar­tial » a été adoptée.

©jà, et il faut encore insis­ter sur ce point, on avait là un pro­ces­sus démocratique. Les citoyens de Stut­gart, la « révolte » des citoyens de Stutt­gart était au moins autant due au manque de trans­pa­rence, ou en d’autres termes de démocratie qu’au conte­nu intrisèque du pro­jet. Les chiffres cir­cu­laient dans tous les sens, les sta­tis­tiques, les affir­ma­tions… per­son­nel­le­ment j’y per­dais mon latin. D’autant que les diverses guerres se pro­dui­saient à tra­vers la presse, la radio, mais il n’y avait jamais moyen d’entendre la par­tie adverse au moment où un dia­logue aurait pu aider à com­prendre…

Ce matin, sur deux chaînes de télé, et aus­si sur l’Internet, le dia­logue.

L’arbitre (par­don : le médiateur) a tout sim­ple­ment imposé le dia­logue. Il n’y connait rien en trains, logis­tique, pro­ba­ble­ment rien non plus en économie, mais il s’y connait en dia­logue, et il est par­ti de l’idée que si il met­tait les deux camps autour d’une table, il pour­rait cer­tai­ne­ment se faire une idée du problème…

Je ne sais pas com­ment l’affaire va finir. Je ne sais même pas si l’arbitre aura le der­nier mot en ce qui concerne le *conte­nu* du pro­jet, mais le volet « démocratie » de l’affaire a définitivement été ouvert. À la mai­rie, comme il convient, sur la chaîne de télé régionale (publique), et sur la chaîne (publique) « cultu­relle » qui retrans­met habi­tuel­le­ment les débats du Bun­des­tag, pour ceux qui, pour manque de cable ou de satel­lite ne pour­raient pas cap­ter de chez eux la chaîne régionale. Et pour (très) bien faire, le débat est également retrans­mis sur l’Internet.

J’ai allumé ma télé, et je n’en décroche plus.

D’un côté, la Deutsche Bahn et le gou­ver­ne­ment du Land de Baden-Wür­ten­berg (pro Stuttgart21), de l’autre hétéroclite coa­li­tion « citoyenne » (contra Stutt­gart-21). Et au milieu, Geiß­ler.

Ne nous mécomprenez pas : coa­li­tion hétéroclite ne veut pas dire qu’elle n’est pas tout autant bardée de diplomes et d’experts avec des titres impres­sion­nants que les autres. Et pour être honnête, je m’attendais à une guerre de chiffres pure et dure, entre deux camps sérieusement entraînés. Et là je com­prends vrai­ment en quelle mesure ce dia­logue est un véritable exer­cice de démocratie. On devrait faire tra­duire ce débat et le mon­trer dans toutes nos « démocraties ».

Car ce matin, j’ai assisté à la première bataille. Entre une bande de « Papp­na­sen » [je me ger­ma­nise, moi… un Papp­nase (« nez de car­ton ») est un type qui parle bien et beau­coup, mais qui ne dit pas grand-chose d’utile] et des types déterminés, préparés et armés en conséquence. Les poli­tiques « clas­siques » du gou­ver­ne­ment brassent du vent, mais ne répondent pas vrai­ment aux ques­tions précises et visi­ble­ment génantes de leurs adver­saires.

Il est l’heure pour tout le monde de man­ger…

Ven­dre­di soir

C’est par­ti. La vraie « dis­cus­sion » est lancée. Expert contre expert, chiffres contre chiffres. Pen­dant des heures. Chaque camp à sa tête un (contra) ou deux (pro) « tête ». Ils sont restés en retrait au début de l’après-midi. Jusqu’à ce que la tête des contra ouvre le feu. Il résume ce qui vient d’être dit, et pose une simple ques­tion. Le genre de ques­tion qui fait peur à tout poli­tique. C’est la bombe ato­mique dans un débat  : tant qu’on n’a pas sa réponse « oui ou non », on répète la ques­tion. Ambiance.

Au début, les pro ont tenté de réponse avec d’autres experts. Comme la ques­tion ne ces­sait pas de leur reve­nir dans la figure, leur « tête » poli­tique a dégainé. Le ton a fran­che­ment changé.

Natu­rel­le­ment, tout ça a été un dia­logue de sourds, dans un sens. Mais même moi, plus clam­pin que le plus clam­pin, j’ai pu me faire une idée du pour­quoi du com­ment du conflit qui a mis Stutt­gart à feu et à sang. Littéralement.

Same­di soir : Mes conclu­sions
Les pro­ta­go­nistes : côté « pro », pas de sur­prise. Des experts qui ont la tête qui va bien. Ils présentent impec­cable, et parlent clai­re­ment. Par­fois, quand on les contre­dit, cer­tains sont agres­sifs, au point que Geiß­ler a du en cal­mer un. En ce qui concerne leurs « têtes!, celle de la Deutsche Bahn est très sym­pa­thique. On a envie de le croire, quand ses yeux rieurs émergent au-des­sus de ses lunettes de lec­ture. Il a cer­tai­ne­ment une poignée de main très agréable. Je devine sans problème pour­quoi il a été envoyé là. Lui semble, de temps en temps, d’en dou­ter. Et dans ces moments entre en action la « tête » poli­tique. La tueuse à gages. Elle a un lan­gage cor­po­rel qui me fait peur. Elle flingue tout ce qui bouge. Elle a même essayé d’intimider Geiß­ler… bonne chance.

Les pro­ta­gon­nistes : côté « contra », là le 16/9 de ma télé ne suf­fit pas à cou­vrer le spectre. Du jeune d’à peine vingt ans, avec une écharpe rose, un badge « oben blei­ben », à peine d’âge de se raser à deux retraités, les mains trem­blantes. ©téroclite est un terme à peine suf­fi­sant. Ils bafouillent, se mélangent, mais mal­gré tout ça, ils convainquent. Et à leur tête, le maire d’une ville du coin, pas la quan­ran­taine. Il est calme, et on lui confie­rait les clés de la mai­son. Mais quand il parle… tout est précis, trés, *très* bien tourné. Le type que je ne veux jamais à affron­ter dans un débat.

Geiß­ler : Il sait où il veut aller. Je ne suis pas cer­tain qu’il est sûr d’y aller. Il a lancé ce qu’il appelé « un pro­to­type de nou­velle démocratie », et j’ai envie de le croire. Mais il faut attendre et voir.

Aujourd’hui, à Stutt­gart deux manifs. Les « pro » (10 000 per­sonnes) et les « contra » (70 000 per­sonnes).

Per­son­nel­le­ment, ce genre de débats devrait être obli­ga­toire pour les gros pro­jets. Ou les réformes de retraites. Deux adver­saires, un arbitre, et des caméras. His­toire de vrai­ment *savoir* pour­quoi on est « pour » ou « contre », déjà. Quant au résultat de l’arbitrage, c’est le pro­chain cha­pitre de l’histoire.

Grèves, etc.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 19 Oct 2010 à 12:49

J’ai quitté la France il y a presque dix ans, et ça fait huit ans que je n’ai pas enten­du un coup de feu ou le moteur d’un blindé. Et je vis main­te­nant en Alle­magne : l’idée d’une vague de grèves et de mani­fes­ta­tions à l’échelle natio­nale, j’ai déjà oublié ce que c’est.

Atten­tion, ne pas croire qu’on ne mani­feste pas en Alle­magne, hein ! Ou que la popu­la­tion se fout de tout. Ce oui­kende, par exemple, les nazillons vou­laient faire une mani­fes­ta­tion. Ils l’ont déclarée, et l’ont vue acceptée. Et les habi­tants du quar­tier ont également déclaré une contre-mani­fes­ta­tion, et l’ont vue acceptée. Donc, le jour venu, quelques cen­taines d’imbéciles non, de néo-nazis, non-non, de jeunes « iden­ti­taires » se sont pointés à Leip­zig, se sont vus *très* rapi­de­ment encerclés de poli­ciers, les­quels ont été tout aus­si rapi­de­ment encerclés par quelques mil­liers de contre-mani­fes­tants, et la mani­fes­ta­tion d’origine a rapi­de­ment été dis­soute, et on n’en a plus parlé.

Notez, ça ne se passe pas tou­jours aus­si bien, hein. Mais, et c’est mon pro­pos, on mani­feste en Alle­magne. Sur­tout quand il s’agit de poli­tique.

On peut aus­si mani­fes­ter quand la cause est plus économique que poli­tique. Hier, par exemple, à Ber­lin, il y a eu plu­sieurs mil­liers de mani­fes­tants contre le tracé des vols du futur « grand aéroport » de Berlin-Schönefeld. Ou bien quand la frontière entre poli­tique et économique est floue, par exemple contre les Cas­tor.

Maiiiis nooooooooon. Les Alle­mands ne défilent pas dans la rue contre les cas­tors, ces magni­fiques mammifères à queue plate (il y en a plein, à Ber­lin et dans les alen­tours). Pour l’Allemand, un Cas­tor est un contai­ner rem­pli de salo­pe­ries radio­ac­tives. Les Cas­tor se déplacent seule­ment en groupes, sage­ment alignés à la queue-leu-leu, sur des rails. À date fixe, ou au moins annoncée. Et à chaque fois, c’est la guerre.

Donc, encore une fois, ne faites pas l’erreur de croire que les Alle­mands res­tent à la mai­son devant Der­rick. Chaque lun­di, depuis des mois, Stutt­gart mani­feste.

Une mani­fes­ta­tion, c’est généralement un acte poli­tique, basé sur un problème « poli­tique ».

Mais une grève ? Une grève, c’est généralement une « arme » utilisée dans un conflit économique. Et ne croyez pas non plus qu’en Alle­magne on ne fait pas la grève. On la fait même de plus en plus, mais je par­le­rai de ça plus tard.

Un conflit économique, c’est sou­vent un problème de salaire. Et comme il n’y a que rela­ti­ve­ment rare­ment des grèves en Alle­magne, la ques­tion est légitime : pour­quoi ? Les Alle­mands sont tout bien payés ? Ou bien n’ont-ils pas le droit de faire grève ? Ou bien n’ont-ils pas le cou­rage de faire grève ?

La réponse est très pro­ba­ble­ment pra­ti­que­ment incompréhensible pour un Français. Car la réponse est généralement : la grève n’est pas nécessaire.

En Alle­magne, les salaires sont négociés chaque année. C’est dans la loi. Et pas seule­ment dans la fonc­tion publique, hein. Les emplois appar­tiennent (j’en parle plus tard) à un « tarif », et ce tarif est négocié périodiquement. Entre l’employeur, ou plutôt entre les représentants des employeurs de telle ou telle branche et les syn­di­cats. On dis­cute, on dis­cute, dans le cadre de la loi, et donc il n’est que rare­ment besoin de grève.

Notez que les Alle­mands n’ont pas peur de se mettre en grève. Les syn­di­cats leur paient leur salaire pen­dant la durée de la grève. La grève est pra­ti­que­ment une arme ato­mique, tant qu’il s’agit de salaires.

Main­te­nant, en ce moment, (voilà, c’est là que j’en parle) la poli­tique se mêle d’économie, à moins que ce ne soit l’inverse, et les règles changent. L’emploi mas­sif du tra­vail tem­po­raire (non assu­jet­ti à un « tarif »), dans un sens, et, dans l’autre sens depuis la chute du Mur la création de syn­di­cats « poli­tiques » (lire : moins liés à leur branche économique) économique brouille les cartes en ce qui est de la reven­di­ca­tion « Ã©conomique ». Les poli­tiques per­met­tant la création d’un sous-prolétariat, voire même créant eux-même un sous-prolétariat, et cer­tains poli­tique (tel verd.i) se muant en bras « armé » d’un par­ti poli­tique (die Linke) [pour les non-ger­ma­no­phones, verdi.i se dit CGT, et die Linke PCF, période Georges Mar­chais] agitent le monde du tra­vail sala­rié.

Mais tout de même, encore aujourd’hui, une grève est symp­to­ma­tique d’un échec. L’échec du dia­logue démocratique.

Et ça, c’est vrai également en France.

Une grève dans une entre­prise, signi­fie généralement un échec de dia­logue. L’Allemagne a eu la bonne idée de mettre tout ça dans ses textes de lois. La France, moins.

Une grève générale, c’est l’éclatant échec du dia­logue démocratique à la Française. Alors que l’article « grève générale » sur la page alle­mande de Wiki­pe­dia nous ramène à… 1920.

Ce qui se passe en France en ce moment res­semble à une grève générale en ges­ta­tion.

Et, comme je vous le disais, ça annonce l’échec du dia­logue démocratique. Si c’était dans une entre­prise, on pour­rait mettre ça sur le dos du patron. Dans le cas d’un état… sui­vez mon regard !

Sans commentaire…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 16 Oct 2010 à 02:45

Allez : un petit com­men­taire, tout de même. Vers la fin de cette magni­fique vidéo, (à 8:23, si vous êtes pressé), en guest star, une de « nos » (lire : habituée de Ber­lin) petites préférées : la 18 201. Mer­ci à celui qui nous a offert ce mon­tage.

Stuttgart 21 : pourquoi est-​​ce que ça devrait nous intéresser ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le ven 15 Oct 2010 à 08:31

C’est quoi, Stutt­gart 21 ?
La ville de Stutt­gart est la capi­tale du land de Baden-​​Württemberg. Un bas­tion du CDU depuis la création de l’Allemagne d’après-guerre. Depuis quinze ans la DB [la SNCF alle­mande] tra­vaille sur un pro­jet énorme : faire pas­ser la gare de Stutt­gart au sous-sol. et les tra­vaux ont débuté en juillet. Durée des tra­vaux : des années.

Pour­quoi Stutt­gart 21 ?

  • sans ce pro­jet, Stutt­gart et le Land seraient désertés par le tra­fic fer­ro­viaire inter­na­tio­nal « rapide »
  • le temps de voyage entre Stutt­gart et Ulm serait réduit de moi­tié
  • 4000 emplois. Le ter­rain dégagé sera construc­tible : un nou­veau quar­tier
  • Les espaces verts seraient aggran­dis, ain­si que la qua­lité de vie
  • la ligne Paris-Buda­pest, enfin…
  • confort des voya­geurs (pas­sage de 16 quais à 8, etc.)
  • l’aéroport et les centre de congrès seront reliés à la ligne rapide d’Ulm

Jusque là, rien à dire… ou bien… voyons ce que disent les adver­saire :

Pour­quoi PAS Stutt­gart 21 ?

  • le prix dérape sans fin. Jusqu’où ? Ils réclament plutôt des écoles, et un effort au niveau santé et social
  • une « mise à jour » de la gare actuelle cou­te­rait beau­coup moins cher
  • rien n’empêche les connexions envisagées en sur­face
  • une grande par­tie de la gare actuelle est « monu­ment his­to­rique ». Pour­quoi la détruire ?
  • les arbres (au moins cen­te­naires) vont être abat­tus
  • le nou­veau quar­tier sera un quar­tier « Ã  riches »
  • on soupçonne cer­tains membres du gou­ver­ne­ment [du Land] de conflit d’intérêt : beau­coup d’argent va cir­cu­ler

Le pro­jet a des adver­saires depuis le pre­mier jour. Cela dit, il a été décidé « Ã  la régulière », en sui­vant les procédures habi­tuelles. Donc, dans un pays où les conflits se gèrent nor­ma­le­ment plutôt bien, pour­quoi depuis main­te­nant trois mois de mani­fes­ta­tions qua­si-quo­ti­diennes, dans un cli­mat de plus en plus ten­du ?

Les adver­saires sont divers. Tel­le­ment divers qu’il est impos­sible de les différencier à la popu­la­tion. « Tout le monde » est contre. Des lycéens, des chômeurs, des gens avec emploi, des mères au foyer, des retraités… tout le monde. De plus, le caractère paci­fique de toutes ces mani­fes­ta­tions exclut la caractérisation « clas­sique » qui veut que les mani­fes­ta­tions sont pleines de « mani­fes­ta­teurs pro­fes­sion­nels » vio­lents. Com­ment cas­ser une telle dyna­mique ? Une —et une seule— mani­fes­ta­tion a dégénéré : entre cent et quatre cents blessés, uti­li­sa­tion des canons-pompes. Les gamins comme les mamies balayées comme des fétus de paille. Un *grand* succès popu­laire.

En fait, cette mani­fes­ta­tion est visi­ble­ment un tour­nant. Un tour­nant d’une ampleur pas encore tota­le­ment révélée, mais déjà très impor­tante.

Ce 30 sep­tembre, la DB et le gou­ver­ne­ment ont appuyé sur deux bou­tons très impor­tants. Un procès en référé avait été ins­ti­tué contre l’abattage des arbres du parc du château. La DB le savait, natu­rel­le­ment, mais a tout de même ordonné l’abattage. Ça a duré toute la nuit. Pen­dant la manif, pen­dant que des cen­taines d’ambulances tour­naient, sous les pro­jec­teurs, les tronçonneuses ont tra­vaillé. Seule­ment au matin l’abattage a cessé. 25 arbres (énormes, cen­te­naires) sur le car­reau. Et, remar­quable coïncidence, la zone élaguée cor­res­pond en gros à la sur­face nécessaire pour un autre chan­tier, vital pour le pro­jet.

Le second bou­ton, est natu­rel­le­ment, la vio­lence. Natu­rel­le­ment, les deux camps se rejettent la faute. Cela dit, l’usage des canons-pompes contre une « foule » appa­rem­ment pas préparée à une action vio­lente (à l’exception des vieux à cannes…?), vous ima­gi­nez sans problème le résultat : un désastre médiatique. On a pu voir des pho­tos très dures, dont celles d’un homme dont les yeux lui pen­daient hors des orbites, san­glantes. Depuis, dans les mani­fes­ta­tions, des cen­taines se maquillent les yeux en rouge et noir. Ambiance.

Pour­quoi ça devrait nous intéresser ?
Le phénomène « contes­ta­taire » est en train de chan­ger, en ce qui concerne Stutt­gart 21. D’une contes­ta­tion « documentée », où les slo­gans étaient « sur mesure », on est en train de pas­ser à une contes­ta­tion « de système ». On s’en prend à « la poli­tique », et aux poli­tiques. À Ber­lin, des dis­cours que j’ai enten­dus (et com­pris…), je retire des phrases du genre : « on n’a plus besoin des par­tis poli­tiques », ou « la manière est inac­cep­table ». Aux noms de Map­pus [pre­mier ministre du Land] et Grube [président de la DB], on ajoute main­te­nant le nom de Mer­kel [chancelière, fédérale]. Le dis­cours change, et, je crois, se radi­ca­lise.

Le médiateur a réussi hier [jeu­di] soir à faire le dia­logue s’entamer. Nou­veauté : à la demande des oppo­sants, les dis­cus­sions seront retrans­mises en direct sur l’Internet. C’est une vic­toire pour la démocratie directe, dit Geiß­ler [le médiateur]. La trans­pa­rence et la crédibilité de sa mis­sion ren­forcent son auto­rité d’arbitre.

Les dis­cus­sions auront lieu entre deux équipes d’experts de chaque camp. Geiß­ler aura accès à chaque pièce du dos­sier. Map­pus sera de la par­tie (dans le camp « pour », natu­rel­le­ment). Il est prévu que le chan­tier cru­cial (il s’agit de « protéger » les tun­nels à creu­ser de l’eau), celui au site duquel les arbres ont été abat­tus, sera arrêté pen­dant les dis­cus­sions. À ce sujet, à l’heure où j’écris (00:39…) le procès en référé semble tour­ner assez mal pour la DB : le juge l’accuse d’avoir dis­si­mulé des pièces… la DB savait que qu’un insecte menacé vivait dans ces arbres.

Stutt­gart 21 *est* vrai­ment intéressant. Com­ment un pro­jet mul­ti­mil­liar­daire peut être gêné, voire stoppé par de simples citoyens.

Et en France ?
Simple : 3,5 mil­lions de per­sonnes dans la rue sans effet.

Vous voyez ce que je veux dire ?

« Oben bleiben »… Stuttgart 21 : le médiateur est arrivé. Ou presque…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le lun 11 Oct 2010 à 23:12

Quel feuille­ton ! On ne pour­rait presque pas ima­gi­ner mieux. Jeu­di, ou ven­dre­di, je ne me sou­viens pas exac­te­ment, le pre­mier ministre Map­pus, après avoir tenté d’embaucher Joa­chim Gauck comme médiateur, lequel a, pas fou, immédiatement botté en touche. Map­pus, en recherche d’une per­son­na­lité incon­tes­table, a ensuite choi­si de s’adresse à Hei­ner Geiß­ler. Et lui, peut-être pas tota­le­ment réveillé, à dit : « oui ».

Le Geiß­ler est pour­tant un vieux renard. Tiens, pour ceux que ça pour­rait intéresser, en alle­mand, un vieux renard ce dit « ein alter Hase », c’est à dire un vieux lièvre. Je le vois de temps en temps à la télé, dans des débats à thématique « sociale ». Ancien secrétaire général du par­ti le plus conser­va­teur (CDU) pen­dant une dizaine d’années, il est en général, pour ce que j’en com­prends, quand il est opposé à des « socia­listes » (SPD) ou des gens de « die Linke », il est le seul vrai « social » du pla­teau. Il ne fait pas d’effets de manches, et me fait régulièrement pen­ser que c’est vrai­ment dom­mage que je sois pas de droite. Il par­le­ment rare­ment, et jamais pour ne rien dire. Il n’hésite pas à contre-cou­rant de son par­ti, et en fait je le voyais rela­ti­ve­ment bien « casté » comme médiateur.

Et donc, le vieux Geiß­ler prend son bâton de pèlerin, et his­toire de cal­mer les esprits, il com­mence par une déclaration très « Geiß­le­resque » : il annonce, en direct à la télé, que pen­dant qu’il fait son bou­lot, les tra­vaux sont arrêtés. En fait c’est plein de bon sens. Dif­fi­cile de dis­cu­ter entre les manifs et les tronçonneuses…

Et pata­tras.

À peine une heure plus tard, Map­pus et le patron de la Deutsche Bahn se précipitent devant toute caméra pas­sant dans leur champ ocu­laire, et bre­douillent que non, il n’en est pas ques­tion, mais qu’est-ce que cette affaire, les tra­vaux conti­nuent.

Deux jours de confu­sion dans les médias, que je com­prends par­fai­te­ment. La ques­tion a été, tout le oui­kende, de savoir qui a dit quoi, et sur­tout est-ce que Geiß­ler va racro­cher…

Pen­dant ce temps là, à Stutt­gart, plus de cent mille per­sonnes sont des­cen­dues dans la rue. His­toire que tout soit clair.

Les poli­tiques natio­naux se font dis­crets. Ils ne veulent se faire prendre entre le mar­teau et l’enclume. À part l’ineffable Gui­do, lequel, est natu­rel­le­ment, un défendeur du pro­jet Stutt­gart 21. Son par­ti était des­cen­du de telle façon dans les son­dages qu’il peut se le per­mettre. La chancelière Mer­kel doit, elle, encore se mordre les doigts d’avoir pris posi­tion la semaine dernière.

Aujourd’hui, lun­di, le boxon conti­nue dans la presse. Arrêt des tra­vaux ou pas ? Ce soir, devant le siège de la Deutsche Bahn, Post­da­mer Platz (dont je ne dirai *jamais* assez la lai­deur intrinsèque de cet ancien cÅ“ur de Ber­lin trans­formé en… trot­toir d’autoroute, ou quelque chose de ce genre là), Schwa­bens­treich, c’est à dire manif. Un petit plus de monde que mer­cre­di der­nier, moins que mer­cre­di pro­chain.

Oben-blei­ben, oben-blei­ben… C’est main­te­nant le slo­gan qua­si offi­ciel du mou­ve­ment d’opposition à Stutt­gart 21. C’est le refrain de l’hymne qua­si-offi­ciel du même mouv­ment. Vous pou­vez, si vou­lez, jeter un Å“il. C’était au mois de mai, et regar­dez dans les plans larges la taille de la foule, à la fin du clip… elle ne cesse plus de gran­dir.

Oben blei­ben. Res­ter en haut.

Ce soir, Le patron de la Deutsche Bahn annonce qu’un arrêt des tra­vaux est impos­sible. Pour rai­son financière. Oben blei­ben, ou dans le mur… il semble avoir choi­si.

Un petit peu de calme…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 10 Oct 2010 à 10:30

Hier, très chouette balade en forêt. Enfin dans le parc du château de Tegel. Il fai­sait beau, tout était pai­sible… juste du bon­heur.

Le château a l’air beau­coup plus grand qu’il ne l’est. Joli truc d’architecte. C’est le château de la famille Hum­boldt. Dans le parc, on trouve le second des plus vieux arbres de Ber­lin, pas très loin du plus vieux, la « Grosse Marie  », laquelle est tout de même *beau­coup* plus vieille (soi-disant plantée en… 1192 !!).

Dans le parc, tou­jours, des vaches d’une élevage « bio ». C’est tou­jours aus­si sur­pre­nant pour moi d’être dans des cadres tels à peine cinq minutes de marche d’une sta­tion de métro. Ber­lin est… Ber­lin.

Ven­dre­di, la ville était un petit peu ten­due : un match de qua­li­fi­ca­tion pour entre Alle­magne et Tur­quie, alors que Ber­lin est la plus grande com­mu­nauté turque hors de Tur­quie et que le cli­mat est un petit peu… chargé (mer­ci mon­sieur Sar­ra­zin !). Eh bien rien. Pas l’ombre d’un problème dans le stade, ni dehors. Même la presse « tabloid » nous raconte —la larme à l’Å“il— que les jeunes « turcs » (tous de natio­na­lité alle­mande comme turque), dans le stade et là où le match était dif­fusé sur écrans géants, ont mas­si­ve­ment chanté les deux hymnes natio­naux, dans les deux langues.

Sinon, j’ai réussi hier soir à bri­co­ler les archives de mon « Mille vingt-quatre pixels  ». Le système précédant ne se prê­tait pas du tout à une consul­ta­tion. Je trouve ça plutôt pas mal. Jetez-y donc un Å“il… Je n’ai plus qu’à trou­ver com­ment fran­ci­ser ça, mais je suis bien content.

Stuttgart 21 : une leçon de démocratie appliquée…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Stuttgart 21 — le jeu 7 Oct 2010 à 05:59

En Alle­magne, ça fait un bon mois que Stutt­gart-21 réside sur les cou­ver­tures des gazettes. L’affaire évolue en ce moment, d’une affaire prin­ci­pa­le­ment régionale à une affaire définitivement natio­nale.

Au début, Stutt­gart-21 était la dernière « géniale » idée du patron de la Deutsche Bahn (la SNCF locale). Une gare sou­ter­raine ultra-moderne de 8 voies pour rem­pla­cer, à Stutt­gart, la gare « tra­di­tion­nelle » à 16 voies. Stutt­gart (la gare) est pour le moment une gare genre Gare de l’Est (ou en fait comme toute gare pari­sienne) : un cul de sac. Alors que Stutt­gart-21 (21 comme le siècle) ne le sera plus. On devait y gagner du temps (oh, dix minutes…) sur cer­tains tra­jets. La gare devrait être une étape impor­tante, stratégique, bla-bla, etc. Ah oui, ça sera cher, et le centre ville devra s’habituer aux engins de construc­tion pour… oh… à peine dix ans. Une paille.

Je ne sais pas exac­te­ment depuis com­bien de temps les habi­tants de Stutt­gart se battent contre ce pro­jet. Moi, habi­tant Ber­lin, je ne connais­sais même pas ce pro­jet jusqu’à ce qu’il atter­risse sur les pages « une ». Ça a com­mencé le jour où ils ont com­mencé à détruire une par­tie de la gare actuelle. Construite en 1918, classée monu­ment his­to­rique. Ou plus exac­te­ment le jour où des habi­tants de Stutt­gart ont com­mencé à s’enchaîner à leur gare. À grim­per sur la façade. C’est ce jour là que la lutte est deve­nue visible.

Dans la ville, les mani­fes­ta­tions s’enchaînent. Les chiffres gonflent. Jusqu’à jeu­di der­nier : plus de 50 000 per­sonnes. Ce jour là, les ouvriers ont com­mencé à abattre les arbres du parc. Des arbres au moins cen­te­naires. Stutt­gart est fâchée. Et jeu­di, la police a per­du les nerfs. Entre 100 et 400 blessés. Un des mani­fes­tants a per­du la vue. On a vu des scènes oubliées en Alle­magne : des canons à eau balayant la foule, des gamins, des vieux. Et les ouvriers ont tra­vaillé de la tronçonneuse toute la nuit…

Au début, dans la presse, le dis­cours de la DB, relayé par le gou­ver­ne­ment du Land de Baden-Würt­tem­berg, était simple : « on s’en fout ». Le pro­jet est une prio­rité abso­lue pour la DB, pour le Land, et pour la ville. On de dis­cute pas avec les mani­fes­tants, et on n’interrompt cer­tai­ne­ment pas les tra­vaux. Point.

Main­te­nant, tous ces gens tran­quilles ont l’impression que leurs bureaux feutrés ont été subi­te­ment déménagés dans une zone de guerre. Ils sont bombardés de tous les côtes. Les procès pleuvent. Les son­dages s’effondrent. Une catas­trophe au niveau image. Et, pire : le front s’étend.

On voit les mani­fes­tants réutiliser les slo­gans et les tech­niques utilisées contre la RDA, et ça, pour un poli­tique alle­mand, c’est le scénario-catastrophe. Depuis au moins un mois, à Stutt­gart, chaque lun­di, on mani­feste. Sur les pan­cartes, « nous sommes le peuple ». Dans le bureau du pre­mier ministre de Baden-Würt­tem­berg, mon­sieur Map­pus, ça sent la sueur et la panique. Il pro­pose des négociateurs. Il a annoncé qu’il arrête le démolissage de la gare d’origine, il veut dis­cu­ter.

À Ber­lin, dans le bureau de madame Mer­kel, chancelière, c’est la même odeur. Sa majo­rité ne sur­vi­vrait pas à une défaite en Baden-Würt­tem­berg. Et cette défaite s’annonce. Elle ne veut sur­tout pas devoir s’en mê­ler. Pour com­bien de temps ?

À Ber­lin, on com­mence à mani­fes­ter. Depuis hier. Chaque mer­cre­di. « Nous sommes le peuple ».

Oh, il n’y avait pas grand monde. Une petite cen­taine de gens. On ver­ra bien la semaine pro­chaine. Mais l’Allemagne ne sup­porte plus ce genre de gou­ver­nance. Si les Ber­li­nois s’y mettent, c’est natu­rel­le­ment par soli­da­rité. Mais pas seule­ment. Les dis­cours d’hier soir étaient sou­vent destinés aux poli­tiques natio­naux. Sur l’air « change de ton ».

Comme en Argen­tine, comme un Islande, les gamelles appa­raissent dans les manifs.

Et madame Mer­kel n’est tout de même pas un Sar­ko­zy. Elle n’a pas de boucs émissaires à déporter.

Je vais suivre ça de près. La démocratie, loin des dis­cours fatigués, dans la rue.

Quand l’hôpital se fout de la Charité…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 1 Oct 2010 à 17:20

Haaaa, les bonnes nou­velles ! Ça nous per­met de nous dis­traire de ces inter­mi­nables tirades au sujet de Hartz IV. L’économie alle­mande VA BIEN ! Regar­dez, par exemple le chômage… en baisse ! On prévoit qu’en octobre, le chômage sera de moins de trois mil­lions ! Le meilleur résultat depuis trois ans !

C’est pas magni­fique, ça ?

L’allocation versée par Hartz IV, c’est à dire le reve­nu mini­mal, celui en-des­sous duquel la consti­tu­tion alle­mande n’est plus respectée, car les valeurs « humaines » de base ne sont plus acquises. Et vous savez com­bien de per­sonnes touchent cette allo­ca­tion ?

Plus de six mil­lions. Plutôt sept que six.

« Hola ! », s’écrie en vous le lec­teur atten­tif. « Mais il n’y a que trois mil­lions de chômeurs ! »

Bien vu ! En effet, le nombre de gens qui reçoivent ce reve­nu mini­mal est double de celui des chômeurs. Bon, il faut affi­ner un petit peu… Disons que de ces 6 876 886 per­sonnes, pour faire une com­pa­rai­son plus juste avec le nombre de chômeurs il faut enle­ver les enfants. 1 772 233 enfants perçoivent aus­si Hartz IV. Donc, au sou­la­ge­ment général, le nombre d’adultes, donc de chômeurs puta­tifs, n’est plus que de 5 104 651, à com­pa­rer aux 3 mil­lions de chômeurs offi­ciels.

« Hola ! », m’écrie-je. J’oubliais les *autres* chômeurs. Il y a deux types de chômeurs en Alle­magne. Comme en France, j’imagine. Hartz IV concerne les chômeurs « en fin de droits ». Mais il y a des chômeurs qui reçoivent « le chômage », le vrai. Nombre qu’il fau­drait également prendre en compte si on veut avoir un idée de ce qui se passe, dans la vraie vie. Ce nombre, c’est 2 082 000.

Ha. La vie rose sta­tis­tique en prend un coup. Car il y en a d’autres, des « niches » sta­tis­tiques. Que croyez-vous que les ser­vices com­mu­naux sociaux font de leurs journées ? Je ne sais pas com­bien de gens qui, ayant pour une rai­son ou une autre per­du le droit à Hartz IV vivent de l’aumône des ser­vices sociaux.

Donc : 3 mil­lions de chômeurs, résultat excep­tion­nel. Dans la vie rose sta­tis­tique. Mais il faut, pas­se­port dans la vraie vie, ajoûter au moins 5 mil­lions de per­sonnes, et très pro­ba­ble­ment beau­coup plus que ça qui forment une sorte de sous-prolétariat… dont un cer­tain nombre *tra­vaillent* !!

Eh oui. Il y a des gens qui touchent Hartz IV mal­gré le fait qu’ils ont un emploi. Ben oui, hein, ima­gi­nez-vous les finances d’une femme seule avec un gamin qui touche 400 euros par mois derrière sa caisse chez Aldi. Si vous croyez que ces 400 euros lui font pas­ser le mois, avec loyer, chauf­fage, les couches du chiard, hein… sans par­ler de man­ger.

Aujourd’hui, Hel­mut Kohl, le « papa » de la réunification alle­mande, est sor­ti de son long silence. À la veille du vingtième anni­ver­saire de la réunification, il aver­tit son par­ti (celui aus­si de notre Bonne ¨re à Tous, Ange­la Mer­kel) de la scis­sion immi­nente de la popu­la­tion entre riches et pauvres, entre tra­vailleurs et chômeurs, entre ceux qui cotisent et ceux qui reçoivent (Hartz IV), entre éduqués et non-éduqués. Entre Alle­mands.

Des mots très durs.

Des mots trop vrais.

Nos poli­tiques enten­dront-ils le réveil qui sonne ?

NdT : Cha­rité est le nom du CHU de Ber­lin. Amu­sant, non ?

©mocratie sociale…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 28 Sep 2010 à 09:54

Dans toute « démocratie », on dis­cute. C’est pra­ti­que­ment la définition du truc entier. On dis­cute.

Dans une « démocratie sociale », on dis­cute des pauvres.

C’est chouette, non ?

En théorie, oui ; en Alle­magne, non. Car en Alle­magne, la dis­cus­sion n’en est une qu’en appa­rence, et en plus le sujet de la « dis­cus­sion » est plutôt de savoir à quelle sauce les pauvres vont être mangés plutôt que « les pauvres » en tant que tel.

L’objet du « débat » est la fameuse loi « Hartz IV », celle qui s’assimile en France en gros au RMI. Cette loi a été retoquée par la cour consti­tu­tion­nelle, notam­ment car les cal­culs du mon­tant de l’allocation versée ont été jugés « arbi­traires » et, pour être honnête, pas vrai­ment clairs.

En fait le sujet du débat du jour est limité au mon­tant. La trans­pa­rence des cal­culs, hein… on ver­ra tout ça quand la loi aura été retoquée à nou­veau. J’ai déjà vu ça. Le juge­ment de la cour consti­tu­tion­nelle donne deux ans au gou­ver­ne­ment pour présenter un texte conforme. Deux ans de gagnés. Et puis on recom­mence. Et puis on recom­mence…

Le chiffre du jour : 5 euros. C’est le mon­tant de l’augmentation décidée par le gou­ver­ne­ment.

Donc, l’heureux pauvre va rece­voir, chaque mois, 463 euros par mois (plus loyer et chauf­fage). Enfin en théorie.

De plus, l’heureux pauvre, his­toire de recou­vrer un petit peu de dignité, il pour­ra se voir pro­po­ser un job. ©néralement, ce sera un de ces fameux « job à un euro ». Mon­tant déductible de l’allocation. Et si il refuse de tra­vailler pour un euro (brut, à l’heure) pour recou­vrer sa dignité, l’heureux pauvre pour­ra perdre tout ou par­tie de son allo­ca­tion. Natu­rel­le­ment, ces jobs ne sont pas les plus exci­tants. Can­ton­nier, laveur de graf­fi­tis, ce genre de trucs.

L’heureux pauvre en quête de dignité pour­ra peut-être trou­ver un bou­lot plus exci­tant. On en trouve beau­coup, des jobs, sur le mar­ché. Le salaire ? Ah, ne mégotez pas, hein. Il s’agit de dignité, tout de même. 400 euros par mois. L’employeur est natu­rel­le­ment sub­ven­tionné. Gras­se­ment. La dignité, c’est impor­tant.

463 euros par mois. Ou plus exac­te­ment :

Ali­men­ta­tion : 128,46 euros par mois. Oubliez les fruits, les légumes frais, bar­rez de votre car­net d’adresse tout com­merce d’alimentation genre « bou­che­rie », « crèmerie », voire « bou­lan­ge­rie ». Allez donc voir chez Aldi com­ment ça se passe. Mmmmmmh, que c’est boooooooon ! On en man­ge­rait ! Regar­dez tout ce que pou­vez ache­ter pour 4,12 euros par jour ! Et même un petit plus en février !

Temps libre : 39,96 euros. Mer­ci ! Les pauvres peuvent donc main­te­nant avoir un bud­get « temps libre » ! N’est-ce pas généreux ? Ne voyez-vous pas la lueur dans les yeux des enfants de pauvres ? Notez tout de même que les enfants n’ont droit qu’à une par­tie de l’allocation. 39.96 euros, c’est le tarif adulte.

©léphone / Inter­net : 31,96 euros. Pour ce prix là, j’ai une ligne Inter­net à 16 Mo, et une fla­trate téléphonique, donc en gros, ça passe.

Vê­te­ments : 30,40 euros. Condamnés aux vê­te­ments au rabais, et donc natu­rel­le­ment à la qua­lité qui va avec. donc renou­ve­lables. Sou­vent. Et on se demande pour­quoi les pauvres ont une ten­dance à por­ter le survê­te­ment…

Je ne vous fais pas la liste complète, hein, sinon je suis obligé de m’apeser sur les 1,39 euros dédiés à la for­ma­tion.

Voilà pour le côté « social ». Je pour­rais vous racon­ter des tas d’histoires vrai­ment sor­dides, telles que celles de gens obligés de déménager si ils ont la chance d’avoir un appar­te­ment trop grand (45 m² pour une per­sonne seule, plus 15 m² par per­sonne supplémentaire *théoriquement*, mais en fait au bon vou­loir de l’employé du Job­Cen­ter « compétent »), même si le loyer est inférieur au pla­fond indi­qué dans la loi.

Main­te­nant voyons la « dis­cus­sion ». Les pauvres coûtent cher. En plus ils picolent. Est-ce qu’on ne pour­rait pas rabio­ter un petit peu ? C’est vrai, quoi ! Ce sont tous des fainéants, majo­ri­tai­re­ment étrangers (pire : *musul­mans*), il est pra­ti­que­ment impos­sible de les éduquer. Est-ce que *mes* impôts à moi doivent ser­vir à ça ?

C’est un résumé gros­sier, bien que —à mes yeux— bien moins gros­sier que la plu­part des argu­ments que j’ai pu lire ici ou là. C’est à lec­ture de ces dis­cus­sions que je me rends compte que la société est en train d’exploser sous les coups de bou­toir de l’idéologie « libérale ».

La preuve  ? Simple : il leur a fal­lu un petit peu moins de dix ans pour obte­nir une société dans laquelle per­sonne ne se choque de l’emploi de l’expression « base de 400 euros men­suelle » ou « job à un euro à l’heure », et où les poli­tiques dis­courent en public sur l’injustice faite aux heu­reux bénéficiaires d’un bou­lot (sub­ven­tionné) à 400 euros par mois alors que ces salauds de chômeurs peuvent avoir jusqu’à 463 euros.

Le débat n’a natu­rel­le­ment jamais eu lieu : le gou­ver­ne­ment a pris sa décision, point barre. Ah, pour être tota­le­ment honnête, il y a eu débat au sein du gou­ver­ne­ment entre ceux qui pensent qu’ils pour­raient s’en tirer avec moins de 5 euros d’augmentation et les autres. C’est tout de même la cour consti­tu­tion­nelle qui a requis un recal­cul, hein.

Et puis quoi, en Alle­magne aus­si, on a des res­tau­rants du cÅ“ur ! Vous voyez qu’on les aime, nos pauvres…

Amateurs !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 24 Sep 2010 à 07:39

Ah, ces ministres Alle­mands ! Quand il s’agit de faire de l’économie, ils sont forts. Et quand il s’agit d’embêter Notre Président Chéri, ils sont forts.

Mais quand il s’agit de se main­te­nir au pou­voir dans l’adversité, nous, Français, nous avons visi­ble­ment des leçons à leur don­ner. Ils se com­portent comme des ama­teurs ! Regar­dez le cas Speer, par exemple…

Speer était, encore hier matin, ministre de l’intérieur du Land du Bran­de­bourg. Et ça fai­sait des années qu’il fai­sait du « pay­sage poli­tique ».

Moi, j’habite à Ber­lin depuis 5 ans. Et même si je ne peux pas pro­mettre que j’accorde une prio­rité dans mes lec­tures quo­ti­diennes aux affaires poli­tiques bran­de­bour­geoises, je garde un Å“il sur les gros titres de la presse. Et je suis à peu près cer­tain que j’ignorais —jusqu’à hier mati­n— qui était le ministre de l’intérieur du Bran­de­bourg.

Mais hier matin, le nom de Speer m’a sauté au visage : j’apprenais que Bild, un *grand* jour­nal (grand par le tirage, hein, parce que le conte­nu… vous savez ce qu’il faut pen­ser d’un jour­nal qui affiche les seins du jour en page 3), por­tait plainte contre le ministre Speer. Il s’opposait, a prio­ri, à un juge­ment obte­nu par Speer. Speer vou­lait inter­dire à Bild de publier son papier, lequel sem­blait avoir été consa­cré à sa vie privée.

Honnê­te­ment, je ne sais rien de cette affaire. Ce que je veux dire, c’est qu’elle ne fai­sait pas les titres de la presse natio­nale depuis trois mois (pen­sez à « Woerth-Bet­ten­court », par exemple). En sur­vo­lant les titres de la presse de ce matin, il me semble qu’il s’agit d’une affaire d’enfant illégitime, et peut-être d’un petit peu d’argent public deve­nu curieu­se­ment privé. La gamine aurait été élevée au frais du contri­buable. Rien donc, *rien* qu’on puisse com­pa­rer à l’affaire, ou les affaires « Worth-Bet­ten­cout », « Woerth-Wil­de­stein », « Woerth-Cham­pi­gny », « Woerth-De Maistre », etc.

Et pour­tant…

Donc, ce matin, un petit peu avant midi, je vois la « cou­ver­ture » de Bild (sur le net…). Un pavé noir, et dedans,avec un caractère gras et blanc, l’article de la consti­tu­tion concer­nant la liberté de la presse. Et Bild annonçait sa plainte en référé. Sur ce, nous par­tons chez les parents de Vio­la. Et aux alen­tours de 5 heures, nous appre­nons la démission de Speer.

Non mais tout de même, quel ama­teur ! Juste quelques minutes avant que le juge des référés annonce qu’il cas­sait le juge­ment qui empê­chait Bild de publier son article, le père Speer s’amène en conférence de presse, annonce qu’il démissionne, et se barre. Vous appe­lez ça un homme poli­tique, vous ?

Il a pour­tant une tête d’homme honnête (© Woerth), Speer. Et il a le sou­tien de tous ses collègues du gou­ver­ne­ment. Son pre­mier ministre le regrette déjà. Et à la télé, un micro-trot­toir ne semble pas lui être spécialement adverse.

Non, c’est vrai­ment de l’amateurisme. Je pro­pose que, quand Woerth aura quitté le gou­ver­ne­ment (pour rai­sons per­son­nelles, natu­rel­le­ment) se pro­pose comme consul­tant en affaires du gou­ver­ne­ment du Bran­de­bourg. Et puis il y a cer­tai­ne­ment de la thune à se faire, là !

Une brève page « culturelle »…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 19 Sep 2010 à 22:21

Je ne suis pas vrai­ment un « fan » de la musique « d’aujourd’hui ». À part en jazz, natu­rel­le­ment.

Au point que je n’écoute plus du tout la radio. La musique actuelle dont je suis à l’occasion agressé par la télé, ou bien dans les maga­sins, m’ennuie ter­ri­ble­ment. Je ne connais aucun groupe ou chan­teur actuel. Le nom « Lady Gaga », par exemple ne m’évoque rien. Je le lis par­fois sur les cou­ver­tures de la presse « popu­laire ». Je n’ai même plus la curio­sité. Ils m’ennuient, en groupe o indi­vi­duel­le­ment.

L’autre jour, j’ai fait un effort. Je me suis fadé l’intégralité de je ne sais quel prix musi­cal à la télé. Il y avait quatre groupes de « rock » qui se dis­pu­taient un prix. Dix mille euros, plutôt que le prix, d’ailleurs. Quelle tris­tesse… Le pre­mier groupe m’a laissé définitivement indifférent. Le pauvre « chan­teur » ne chan­tait pas, ses aco­lytes n’auraient pas été capables d’accorder leurs ins­tru­ments si ils savaient pour­quoi le faire, pas de mélodie, pas de… bref, une sombre merde. Le deuxième ne m’a pas laissé indifférent : je l’ai dé-tes-té. Les quatre manches étaient en uni­forme (lire : habillés pareil), je n’aurais pas, même sous la tor­ture, été capable de faire la différence entre les quatre déchets sonores qu’ils m’ont infligés, c’était plus que lamen­table : c’était détestable. Le troisième groupe était « potable ». Sans plus. Oubliable. Mais potable. Enfin au moins ça ne m’a pas cassé les oreilles. Le quatrième groupe m’a fait, pen­dant quelques minutes, l’effet d’une bouffée d’air. Et vous non­tez que je n’ai pas parlé d’air frais. Un trio de rock qui tenait debout. Énergique, à défaut d’inventif. Et, sur­prise, un bat­teur qui m’a attiré l’oreille. L’espace de quelques mesures.

Devi­nez qui a gagné : le second groupe. Ben tiens.

Et après, je me suis forcé à regar­der la retrans­mis­sion « live » du fes­ti­val rock de Ber­lin-Tem­pel­hof. Une tor­ture. Le pire, c’était un duo. Une gui­tare, une bat­te­rie. Des mor­ceaux inter­chan­geables à l’infini. Seul les « looks » me per­met­taient de me rendre compte que j’avais changé de groupe.

Si ce que j’ai vu là est la moyenne du rock d’aujourd’hui, je n’ai rien man­qué des quinze dernières années.

Et l’autre jour, Vio­la m’a mon­tré un clip. Ce clip. Je l’ai trouvé très drôle. Nor­mal : je déteste les péruviens qui hantent les marchés du monde entier et qui y font de la « musique ». Et il y avait encore des liens là, du même groupe.

Je suis donc tombé sur un clip « live » de ce groupe, Gua­no Apes. Et j’ai retrouvé là un petit peu d’intérêt pour le rock d’aujourd’hui. Le son est com­pact, très dense. Les trois ins­tru­men­tistes savent de quoi ils parlent. Le bas­siste a une magni­fique Music­Man cinq cordes, et, une fois n’étant natu­rel­le­ment pas cou­tume, il se sert vrai­ment des cinq. La chan­teuse a une voix, une présence, et ne fait pas de chi-chis. Elle chante. En résumé, du rock qui tient debout.

En plus, elle porte un sweat-shirt orné du logo de Sankt Pau­li…

Wedding la rouge : mort d’un quartier populaire…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 11 Sep 2010 à 07:00

Je ne suis pas socio­logue, je ne suis pas un ana­lyste. Je vis à Ber­lin-Wed­ding. Je ne vais pas ten­ter d’expliquer quoi que ce soit. Non que ce soit très com­pli­qué, notez.

Mon quar­tier est en train de mou­rir.

Ma sta­tion de métro, Reh­berge, n’a plus vu une affiche de pub depuis d’au moins six mois. La seule pub qu’on puisse y voir, est celle de Wall (le JC Decaux local), qui nous raconte les tarifs pour… mettre de la pub dans le métro. La sta­tion sui­vante (Afri­ka­nische Straße) n’a plus de kiosque depuis au moins un an. Un kiosque, c’est impor­tant. On peut ache­ter les jour­naux, ou à gri­gno­ter, ou à boire. Mais c’est une présence per­ma­nente. Un kiosque qui ferme, ce n’est pas bon.

Qui vou­drait mettre ici de la pub ? ©jà, pas des com­merces locaux : ils ferment l’un après l’autre. La femme qui a ouvert l’année dernière un com­merce de fruits et légumes a fermé cet été. La bro­cante aus­si. Elle était là depuis des décennies. La poste est par­tie. Son bâtiment, détruit dans la semaine qui a sui­vi, a laissé la place à un Aldi (tout pour pas cher, et d’une qua­lité dégueulasse). L’autre bro­cante (avec des objec­tifs pho­to d’occasion) est morte, remplacée par une ribam­belle de bou­tiques dont j’ai renoncé à savoir ce qu’elles sont : elles ferment trop vite. Dans un bâtiment, j’ai vu, en quelques mois, une bou­tique de fleurs, une bou­tique d’électro-ménager, une bou­lan­ge­rie-café, et j’en ai pro­ba­ble­ment oublié.

Et en ce moment, tout se trans­forme, d’un coup de baguette magique, en casi­no. Chaque fois que je des­cends Mül­lers­traße à pieds plutôt qu’en métro, j’en trouve au moins un nou­veau. Les types à l’entrée ne me mettent pas à l’aise. Je ne vois pra­ti­que­ment jamais per­sonne entrer ni sor­tir de ces « casi­nos » / blan­chis­se­rie. Ça pue la mafia. Sui­vant l’adresse, turque, bul­gare, russe, on a tous les modèles. Il y a à 200 mètres de chez moi un « ¶ner » (sand­wichs sur­tout-pas-grecs) dont le patron a été flin­gué l’année dernière. Et son suc­ces­seur a déjà été agressé deux fois.

Il y a des gens, cos­tume-cra­vate, lunettes noires, qui visitent les bâtiments et qui essayent de faire peur aux loca­taires. La police en a arrêté un ou deux en bas de chez nous.

Je vois régulièrement des « petits » dea­lers. Je trouve par terre, de temps en temps des douilles de calibre 7,62mm. À blanc, mais tout de même. Les viet­na­miens vendent, par groupes de trois, des ciga­rettes de contre­bande.

Je com­mence à voir des « bandes ».

Je ne suis pas socio­logue, je ne suis pas un ana­lyste. Je vis à Ber­lin-Wed­ding. Et j’adore ma ville.

Wed­ding, Wed­ding la rouge —comme on l’appelait il y a pas dix ans, se trans­forme. De quar­tier popu­laire, elle devient ghet­tos.

La cage aux folles…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 30 Août 2010 à 15:57

Avant de com­men­cer à faire mon récit de mon explo­ra­tion dans la cage aux folles (d’avance mes excuses à la mémoire de Ser­rault et les autres), il faut que j’explique en quelques mots le contexte.

Il était une fois un sénateur de Ber­lin [Note du « tra­duc­teur » : le Land de Ber­lin est dirigé par un ©nat] qui ne lais­se­rait aucune trace de son pas­sage s’il n’était pas affligé d’une véritable manie de la pro­vo­ca­tion. À son actif :

  • il a recom­mandé aux gens qui vivent d’Hartz IV de bais­ser le chauf­fage et mettre des pulls en hiver, pour économiser
  • il a publié des « menus » « Ã©conomiques », tou­jours à des­ti­na­tion des gens vivant d’Hartz IV, constitués d’aliments que je ne —personnellement— tou­che­rais même pas du doigt, quand même bien ma vie en dépendait. Com­ment se nour­rir pour pas cher, man­gez donc de la merde…
  • il sou­hai­te­rait que les pan­ta­lons de jog­ging soient inter­dits (…?)
  • il a, col­lec­ti­ve­ment, traité les étudiants de trous-du-cul
  • il a déclaré, au sujet des finances de la ville de Ber­lin : « les gra­vats ont été déblayés. nous n’en sommes plus à 1945, mais à… 1947 » (en août 2006)
  • Il a déclaré : « quand il s’en trouve un pour, au lieu de fainéanter devant la télé toute la journée, décider de tra­vailler au noir, je suis sou­lagé »
  • suite à ses « menus » : « si on regarde un petit peu, le sous-poids des Hartz IV est le moindre de leurs problèmes »
  • « moi j’irais tra­vailler pour 5€ de l’heure ! »

Vous voyez le genre.

Un petit gênés, tout de même, ses collègues sénateurs du PS (oui, d’accord, le SPD) ont décidé de s’en débarrasser, et l’ont « pro­mu » : il est depuis membre du direc­toire de la Banque d’Allemagne. Et pro­mu pour pro­mu, il a également passé une vitesse au niveau pro­vo­ca­tion :

  • « je ne ne dois reconnaître per­sonne qui vit de l’état, mais le rejette, ne prend pas soin de l’éducation de ses enfants, et pond en per­ma­nence de petites filles voilées. »
  • « plus la classe est basse, plus la nata­lité est haute ; les arabes et les turcs ont trois fois le taux de nata­lité que leur popu­la­tion leur per­met »

Tou­jours plus haut, comme nous le disait le baron de Cou­ber­tin : Sar­ra­zin sort (aujourd’hui) un livre. État des dégats :

Ich möchte nicht, dass das Land mei­ner Enkel und Uren­kel zu großen Tei­len mus­li­misch ist, dass dort über weite Stre­cken tür­kisch und ara­bisch ges­pro­chen wird, die Frauen ein Kopf­tuch tra­gen und der Tages­rhyth­mus vom Ruf der Muez­zine bes­timmt wird. Wenn ich das erle­ben will, kann ich eine Urlaubs­reise ins Mor­gen­land buchen.

En (presque) bon français : Je ne sou­haite pas que le pays de mes petits-enfants et de mes arrière-petits-enfants soit en grande par­tie (un pays) musul­man où le turc et l’arabe soient lar­ge­ment parlés, où les femmes portent le voile et où la journée est rythmée par les appels à la prière. Quand je veux vivre comme ça, je peux m’acheter un billet tou­ris­tique vers l’Orient.

Tout le livre semble du même aca­bit, avec natu­rel­le­ment les preuves scien­ti­fiques. Le gène juif, ce genre de trucs. Ah, le gène de l’intelligence aus­si. Moins fort chez les turcs, natu­rel­le­ment.

Ce matin, il est sur le bord d’être expulsé son par­ti (socia­liste), la porte-parole de la com­mu­nauté juive d’Allemagne lui recom­mande de s’inscrire au NPD (le par­ti néo-nazi « natio­nal »), et la chancelière demande offi­ciel­le­ment à la Banque d’Allemagne de faire un petit peu son ménage.

Entrons dans la cage aux folles !

Qui sont les folles ? Les folles vivent dans les com­men­taires du site inter­net des cons bien de chez nous, les « français de souche ». Elles crient, gémissent, agitent les bras, se pâment, cherchent par­tout les mou­choirs, et sur­tout les lunettes noires. Très noires.

Per­met­tez-moi de vous présenter quelques folles de souche, telles qu’on peut les trou­ver à la page Sar­ra­zin :

Il dit des choses vraies ce mon­sieur, c’est fou de lui dire d’aller dans le par­tie néo-nazi pour ça, pitoyable.

La folle qui se nomme « Nigh­thau­ter », quoi que ce soit, a visi­ble­ment le sens de la mesure. Encore.

Ce n’est pas dans le Coran que l’on est éduqué. Ce livre s’oppose à la culture et aux cultures, à la rai­son, à l’égalité des êtres humains, à la fra­ter­nité uni­ver­selle etc. Il devrait être inter­dit, dans un état de droit.

La folle nommée « logique » (arf !) n’a natu­rel­le­ment pas lu le livre. En quand que je pense que mes parents ont payé les impôts qui ont per­mis qu’il apprenne à lire…

Ils tiennent leur Zem­mour, outre-Rhin, avec ce Sar­ra­zin !! Ils doivent recom­men­cer à res­pi­rer, avec quelqu’un de res­pec­table qui ose enfin par­ler !

Pour la folle « Pierre 1er », les Alle­mands sont des sur­hommes capables de rete­nir leur souffle pen­dant des décénies.

Le NPD (Par­ti National-démocrate Alle­mand) est l’Honneur de l’Allemagne ! Ce ban­quier ne dit que la banale vérité. Et dire que ça passe pour des pro­pos extrê­mis­te­s… C’est révélateur d’un délabrement men­tal, moral, et racial !

La folle « Le HURON » sait visi­ble­ment de première main tout ce qu’il faut savoir au sujet d’un délabrement men­tal.

Les socio­logues Mein­hard Mie­gel et la démographe Ste­pha­nie Wahl pro­nos­tiquent que l’identité cultu­relle, reli­gieuse et lin­guis­tique alle­mande sera tota­le­ment laminée au cours du siècle actue­l…

La folle « Mar­tel » se prend ses ves­sies pour des lan­ternes, mais ça le fait, non ?

Je reviens au mass médias, cela ne sert à rien d’avoir les bons poli­ti­ciens si des traîtres pro­pagent des mes­sages anti-natio­naux sur les ondes envers la masse.

La folle « Aqui­lo­nia » ne pense pas hors de « ses » jour­naux. Elle san­glotte le soir en reli­sant un éditorial de « Je suis par­tout ».

Mieux vaut tard que jamais ; ce ban­quier a enfin eu le cou­rage poli­tique de dénoncer ce qu’il voit. Aurons-nous la même chance en France avec l’un de ses confrères ?

La folle « zoe » est priée de nous don­ner son adresse. Envoi fran­co de port. ¨s qu’il aura été viré. Fina­le­ment, c’est une légende, que ce sont les immigrés qui ramassent les pou­belles, en France…

Ça y est, j’ai trouvé le nom de son nou­veau livre : « Deut­schland Schafft Sich Ab » de Thi­lo Sar­ra­zin.

La folle « Man­na­la » a trouvé com­ment on cherche sur ¸Ã¸gle. Mes félicitations.

On touche à leurs chéris, ils se réveillent ! Le jour où Israël sera rasé de la carte, leurs regards hagards feront plai­sir à voi­r…

La folle « Benoît » l’a vu dans les feuilles de sa tasse de thé. Et quand je pense au prix du pain…

Ils devraient se rapel­ler que la dernière fois que les européens en ont eu vrai­ment marre ce n’était pas le bateau vers le sud mais les wagons plombés vers l’est.

La folle « Ton­ton Jean Claude » parle, natu­rel­le­ment des musul­mans. Dont acte.

Tout ce petit peuple s’anonisme col­lec­ti­ve­ment à lon­gueur de pages. Ils ont leurs héros, et la frousse au ventre. Pauvre toute petite france natio­na­liste…

Tatort : d’utilité publique…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le dim 29 Août 2010 à 22:13


Haaaaaa, dimanche soir ! Tatort ! Notre ren­dez-vous catho­dique immu­table. Sauf quand la télé de la RDA chaîne « régionale » MDR squatte avec son inno­mable série « Poli­zei­ruf 110  ».

Mais ce soir, pas de nui­sibles à l’antenne. Un Tator­t© ori­gi­naire d’Autriche. Et bientôt on va avoir même des Tator­t© suisses. Pour­quoi pas.

Donc, à 20:15, ça com­mence. Un poli­cier trouve par hasard un cadavre. L’enquête com­mence. La différence : la vic­time est membre de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis.

Un regard dur, voire affuté, sur  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis. On y découvre les mécanismes qui per­mettent à  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis de « tenir » ses clients membres. Les cours (payants) menant à tou­jours d’autres cours (tou­jours plus chers). On voit les clients membres de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis anno­ner les réponses à tous les problèmes de leur exis­tence, dictées, impla­ca­ble­ment, avec le sou­rire, par d’autres clients membres de grade supérieur. On découvre des enfants qui renient leurs parents —sur ordre. Le besoin d’argent est tel que tous les coups sont per­mis.

« l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis a des dos­siers sur tout le monde. Moritz, le com­mis­saire, est accueilli par son patron lequel a dans la main une plainte de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis, reçue avant même que Moritz rentre au bureau de sa première visite là-bas.

Arri­vant à  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis, un peu plus tard, Moritz voit sa per­qui­si­tion annulée : chez le pro­cu­reur sont arrivées des pho­tos mon­trant la fille de Moritz dans les locaux de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis, laquelle se prétend persécutée par Moritz, invo­quant la liberté de conscience. Natu­rel­le­ment.

J’ai lu et vu beau­coup au sujet de la scien­to­lo­gie. Je suis même Xenu­phobe, et fier de l’être. Mais je n’avais encore jamais vu de fic­tion de cette de qua­lité (de docu­men­ta­tion) pre­nant la bête scien­to­lo­gie par les cornes. Comme on dit en Alle­mand : « Respekt ! ».

Et si vous vous posez la ques­tion en appa­rence bête : « Mais pour­quoi ils ont appelé ça Epi­tar­sis et non sim­ple­ment scien­to­lo­gie ? », la réponse était écrite en fili­grane tout au cours de l’épisode. La scien­to­lo­gie, paranoïaque, mais ration­nelle, n’aurait jamais accepté la dif­fu­sion de ce film, et aurait tout fait pour l’interdire. La scien­to­lo­gie a fêté, la semaine dernière, la fer­me­ture du bureau anti-secte du sénat d’Hambourg, par exemple. Pour rai­son budgétaire, natu­rel­le­ment. La scien­to­lo­gie mène une guerre juri­dique impi­toyable contre l’ennemi : l’état alle­mand, son prin­ci­pal cri­tique —en Alle­magne. Elle est déjà si forte que même la première chaîne publique du pays lui a consa­cré tout un épisode de sa série phare (Tatort)… sans oser men­tion­ner son nom.

Cela dit, le camou­flage est un art. Dans les bureaux de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nauté de croyance Epi­tar­sis, j’ai pu « reconnaître », par exemple, les cou­ver­tures des livres de l’inventeur de la scien­to­lo­gie, par exemple.

J’attends le pro­chain round.

Avec, tout de même, une cer­taine inquiétude.

Les apparences…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 28 Août 2010 à 12:46

L’Allemagne va très bien. Économiquement par­lant. Un com­merce inter­na­tio­nal tou­jours plus flo­ris­sant, plus de trois « pour­cents » de crois­sance (et cha­cun *sait* que c’est un signe de bonne santé, n’est-ce pas ?), etc.

Et pour­tant…

Tout à l’heure, alors que j’allais faire mes courses, je sui­vais un couple rela­ti­ve­ment âgé. Un couple sans his­toire, visi­ble­ment. Jusqu’à ce qu’ils arrivent à la pou­bellle du coin de la rue. L’homme se penche et regarde dans la pou­belle, plonge la main à l’intérieur, et res­sort avec une bou­teille. La femme fai­sait « le guet ». L’homme a mis la bou­teille dans un de ses sacs à pro­vi­sion.

Comme on fait nos courses dans le même maga­sin, j’ai sui­vi l’affaire. Je les ai vus se rendre à l’automate qui gère les bou­teilles consignées. Sui­vant la bou­teille, entre 5 et 25 cen­times. Et comme ils étaient juste avant moi à la caisse, je les ai vus payer une boîte de conserve avec leur bon de consigne, auquel ils avaient ajouté douze cen­times que je les vus comp­ter, un par un.

C’était la pau­vreté faite homme.

Ils étaient impec­ca­ble­ment habillés.

Ils sont des cen­taines, peut-être des mil­liers comme eux à Ber­lin.

Je me sou­viens, en pas­sant, d’un concert que j’avais vu à Copen­hague. C’est là que j’avais vu pour la première fois des ramas­seurs de bou­teilles. J’avais cata­lo­gué dans la catégorie « bonne occase pour faire un petit peu d’argent de poche ». Mais depuis que je suis à Ber­lin, je sais que ces gens ont faim. Main­te­nant que je sais qu’ils existent, je les vois par­tout. Ils sont tou­jours (ou presque) propres, cor­rec­te­ment habillés, et donc pra­ti­que­ment invi­sibles.

Il y a quelques mois, en gros à la « vic­toire » de la coa­li­tion Cdu/Csu â€” Fdp aux élections (ils sont en bas du trou dans les son­dages, en ce moment), je me suis « amusé » à lire les com­men­taires sur les sites des jour­naux alle­mands. j’avais été atterré par la flot de venin déversé contre les « aso­ciaux ». [Note du « Tra­duc­teur » : en Alle­mand, le mot « Aso­zial » —associal— est un mot chargé d’une conno­ta­tion *très* péjorative. C’est un petit peu la ver­sion « offi­cielle » de l’expression française « cas social », en plus négatif. C’est pra­ti­que­ment une insulte dans la bouche d’un alle­mand.]

On les char­geait de tous les maux de la société. On les sus­pec­tait, pra­ti­que­ment offi­ciel­le­ment, d’être généralement des voleurs, qui touchent des pres­ta­tion sociales sans jamais essayer de tra­vailler, etc.

J’imagine que les gens qui écrivent ce genre de choses « voient » dans leur tête les *autres* pauvres. Ceux qu’on *voit*. Ceux qu’on voit faire la manche dans la rue, dans le métro. On peut les voir être pauvres. Ils sont sou­vent sales.

Mais les invi­sibles sont plus nom­breux. La popu­la­tion les ignore. Mieux : ignore leur exis­tence. C’est ce qui per­met au mythe de l’Allemagne riche, datant des années 60 ou 70, de sur­vivre, la social-démocratie soli­daire. Il n’y a que peu de pauvres. Visibles.

Mais com­bien d’invisibles pour comp­ter leurs cen­times à la caisse, com­bien pour plon­ger la main à l’aveuglette dans les pou­belles à la recherche de bou­teilles vides, syno­nymes d’un petit peu d’argent, d’un petit peu à man­ger, un petit peu de vie ?

Et pendant ce temps là …?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 23 Août 2010 à 06:25

Ber­lin construit des hôtels. Par­tout. Et des immeubles de bureaux vides. Tout le temps.

Le café Kranz­ler, joyau de la défunte Ber­lin-Ouest a été racheté. Ses ex-propriétaires ont ouvert « Bou­le­vard » sur la même « Ku’Damm », à l’ombre de la tour de 25 étages qui hébergera un … hôtel de luxe.

À Ber­lin la mafia construit à la pelle des « ludothèques », qui s’annoncent comme « casi­nos », et que je soupçonne de n’être rien d’autre que des machines à laver l’argent sale.

Et pen­dant ce temps là …?

Hier soir, il y avait un nou­veau Tatort à la télé, et pour être tota­le­ment honnête, il n’était pas vrai­ment pas­sion­nant.

D’un seul coup, Vio­la m’a appelé de la salle de bains. « Ã‰coute ! »

J’ai ten­du l’oreille, et j’ai vague­ment enten­du quelque chose. « C’est un oiseau blessé ! Un jeune ! ».

Oui, d’accord, mais, mau­vais ou pas, il y avait le Tatort du dimanche soir, là et… « va au bal­con, écoute ! ».

C’était curieux. C’était définitivement un oiseau. Le truc qui m’a inter­pellé c’est que le son se déplaçait, appa­rem­ment. Mais bruyant. tel­le­ment bruyant que j’ai pensé qu’il pou­vait être sur la bal­con du voi­sin, ou peut-être sur le toit… ou bien… « tu viens ? »

Vio­la s’était habillée. « Il est en bas. Je crois que c’est un jeune, et qu’il est blessé ».

Et après tout, pour­quoi pas…

Quand je suis reve­nu, habillé, dans le bureau, j’ai trouvé Vio­la en train d’écrire quelque chose sur un petit mor­ceau de papier. Et elle avait le por­table. Je n’ai pas eu besoin de lui deman­der ce qu’elle écrivait : le numéro des urgences animalières. C’est une des mul­ti-mul­tiples rai­sons qui me font aimer Vio­la.

Et nous voilà dehors. Il commençait à pleu­voir. Natu­rel­le­ment.

Tiens, elle avait rai­son ! Il n’était pas sur le toit, c’est à gauche… attends… là ! Et j’ai ten­du le doigt. Je voyais très dis­tinc­te­ment… une chouette. Non, deux ! Deux chouettes qui vole­taient d’un arbre à l’autre. Appa­rem­ment des jeunes qui s’impatientaient du retour des parents, ou quelque chose de ce genre.

Nous habi­tons dans Ber­lin intra-muros, c’est à dire intra-périph”, et j’étais là comme un gamin qui aurait trouvé un paquet de bon­bons. Je regar­dais des chouettes, à trois mêtres de moi. Des *chouettes*. Je trouve ça dingue.

De même que, jeu­di, alors qu’on avait décidé de ren­trer du Job­Cen­ter à pieds, ce qui nous fait tra­ver­ser le parc de Reh­berge, j’étais tombé en arrêt au spec­tacle de 5 rapaces —les deux parents et trois petit­s— qui évoluaient en groupe à quelques mètres de nous. Je suis inca­pable de les iden­ti­fier, natu­rel­le­ment, ne me deman­dez pas ce que c’était comme rapaces. Je sais seule­ment que ce n’était pas des crécerelles, car ceux-là j’en ai déjà vu quelques uns, et je sais qu’il ne sont pas aus­si grands que ceux-là.

Ber­lin est… magique.

Et Vio­la aus­si.

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