À quelques pas de la monumentale « Hauptbahnhof » (gare principale) de Berlin, passait le mur. Tout le long du tracé du défunt mur, il y a des plaques, des panneaux et… maintenant des graffiti. Sur la « face Est » du tracé du mur, donc, à côté de la gare, ce graffiti. Traduction vite-fait : « Attention ! Ici commence le secteur tarifaire et retraites EST ». Eh oui : selon qu’on habite au delà ou en deçà de cette ligne « imaginaire », on est traité différemment en ce qui concerne les salaires, les retraites, les impôts, etc. Naturellement, le grafitti-miroir (avec OUEST) est placé de l’autre côté de la frontière ligne imaginaire.
À Berlin, l’infrastucture a mis le cap à l’est. L’aéroport historique de Berlin(-Ouest), Tempelhof, a été fermé. Et le second aéroport de Berlin(-Ouest) devrait fermer le 3 juin prochain. L’aéroport de Berlin(-Est) Schönefeld lui est rénové tambour battant. On ne mégotte pas. On paye cash.

source : la B-Z, un quotidien berlinois « populaire »
L’article de la B-Z dont cette photo est extraite nous raconte les derniers malheurs de Schönefeld : après quelques jours de pluie, les pistes sont totalement impraticables, les caves sont pleines d’eau. Une catastrophe. Mais Schönefeld *doit* ouvrir en temps et heure, sinon les camarades investisseurs qui rongent leur frein pour commencer leurs projets immobiliers juteux sur le terrain de l’aéroprt de Tegel, que Schönefeld doit remplacer, risquent de perdre de l’argent…
D’un autre côté, le chantier de la gare de Berlin-Ostkreuz (-Est) est au ralenti : l’argent est parti sur le chantier de Stuttgart 21 (-Ouest), pour changer.
Notre excité national doit, dans ses pires cauchemars, se voir élu en Allemagne. Imaginez : pour un misérable emprunt (500 000 €) à un ami entrepreneur et ses gesticulations pour tenter d’étouffer l’affaire, le président allemand passe depuis maintenant trois semaines un vraiment salement quart d’heure. Sa démission possible est sur toutes les lèvres. Jour après jour, la presse ne le lâche pas de l’œil. Imaginez ce que Karachi donnerait en Allemagne… le président ne passerait pas la semaine. On ne l’appelle déjà plus que « Pattex » (une marque de colle : le « président-Pattex » se cramponne à son fauteuil). Il y a avait samedi presque 500 personnes devant ses fenêtre à l’inviter à démissioner. Imaginez ça à l’Élysée…
