Je me souviens de ma première « linuxette » comme si je l’avais installée hier. C’était une Mandrake. J’avais acheté la boîte, curieusement, au supermarché du coin. Non, d’accord, pas le supermarché du coin : le monstrueux Leclerc de Brest. Mais tout de même au supermarché, hein.
C’était en 2000. Dans la boîte, outre le cd, il y avait deux livres.
Ça a été un tantinet laborieux. Il y a quelques instructions qui restent gravées en dur dans un hémisphère cérébral quelconque dès qu’on a touché à une linuxette : « vi /etc/X11/xorg.conf », par exemple. Il fallait retrousser les manches rien que pour avoir une souris qui marche.
Mais j’avais la foi. Et j’avais surtout passé assez de temps sur divers Windows, MacOS, et même OS2.
Depuis ce temps, à l’exception de mon séjour en Palestine (septembre 2001 — novembre 2002), mes machines personnelles ont toutes été des linuxettes.
La seconde date importante, en ce qui concerne ma relation aux pingouins (pour ceux qui l’ignorent, le pingouin est la mascotte de Linux) a été le 20 octobre 2004. Ce jour j’ai découvert l’existence d’Ubuntu. Linux Ubuntu
Ubuntu, c’est tout (ou presque) ce que j’avais rêvé pour mon ordinateur. Un Linux qui marche. On met le cd dans le tiroir, on installe, on utilise. et ça marche. Magique ! Un Linux qui marche tout seul, sans (pratiquement) devoir éditer un obscur fichier de configuration
Le cd, je l’ai encore. Il était arrivé chez moi par la poste. Ils m’en avaient même envoyé dix. Pour les distribuer autour de moi.
Et en plus de ça, il y avait les forums d’utilisateurs. Et *ça*, c’était magique. Comment on peut avoir facilement la cédille et les accents sur un Ubuntu quand on a un clavier danois ? Est-ce qu’il existe un logiciel qui permet telle ou telle chose ? J’ai toujours eu la réponse dans les dix minutes.
Ubuntu sortait, tous les six mois, une nouvelles version. Tous les six mois, j’attendais la nouvelle version, et je l’installais dès sa sortie.
Ubuntu existe « à plusieurs sauces », suivant l’interface qu’on choisit. Ubuntu est —était, et c’est là que le bât blesse— basé sur Gnome, mais Kubuntu, Xubuntu, Lubuntu, entre autres, étaient basés sur KDE, XFXE et LXDE.
J’ai grincé des dents à l’arrivée de la version d’avril de cette année. Ubuntu était basé sur Unity, une interface —pour moi— imbouffable. On se serait cru sur un smartphone géant. D’énormes icônes plus que multicolores, des applications qu’on ne pouvait pratiquement plus déplacer. Le système n’était visiblement pas prévu pour une utilisation avec deux écrans (c’est pas de chance, j’en ai justement deux…), on avait perdu en un seul jour tout une pléiade de petits utilitaires (j’ai en haut de mon écran de gauche, depuis que je travaille sous Linux, une petite tasse de thé, et quand je cliquais dessus, après trois minutes, on m’avertissait que mon thé était prêt, je ne peux pas vivre sans ça…), bref après une heure, j’ai désinstallé le nouveau Ubuntu, et remis le dernier en date.
Six mois plus tard, j’ai compris que mon histoire d’amour avec Ubuntu était finie.
Je ne suis pas à la base conservateur. Passer à Linux en 2000 me le rappelle facilement. Mais un ordinateur est un *outil*, et donc il doit faire ce que j’ai besoin qu’il fasse, et c’est tout. J’ai un ami qui a depuis plus de 20 ans un Mac, et il est heureux parce que MacOS fait ce qu’il a besoin qu’il fasse. Nouveautés ou pas, quand un outil fonctionne bien, on le garde.
Cela dit, en informatique, il est tout de même important de veiller à ce que l’outil évolue. C’est la rançon du progrès. Dans le temps, Une version de Word n’évolue pas. Si on avait besoin d’une nouvelle fonction, il n’y avait que deux recettes : l’attente et la prière. Aujourd’hui, quand j’ai besoin d’une nouvelle fonction, je peux envoyer un mail au programmeur, et si mon idée n’est pas idiote, j’ai de bonnes chances que dans les semaines qui suivent une nouvelle version sorte qui contienne « ma » fonction. Quand je suis victime d’un bug, j’envoie un rapport, et —souvent— dans les heures ou les jours qui suivent, le bug est corrigé. C’est ça, Linux.
Mais avec bling-blinguntu, je n’étais plus heureux. Je me suis donc mis en recherche d’un nouveau parfum pour ma glace Linux.
Je me suis décidé pour LMDE (Linux Mint Debian Edition). C’est assez proche d’Ubuntu pour que j’aie trop à réapprendre, mais assez radicalement éloignée de la direction qu’Ubntu a prise pour que je sois à nouveau heureux avec mon ordinateur.
La plus grande différence entre LMDE et Ubuntu, c’est que LMDE n’a pas besoin d’être réinstallé pour être à jour. Ils appellent ça une « « rolling version » . C’est un concept vendeur. Au moins pour moi.
Sinon, ma machine est, visuellement, identique à ma dernière Ubuntu. Les mêmes logiciels.
Ubuntu a été fondée par Mark Shuttleworth, et Linux en général lui doit beaucoup. L’impact d’Ubuntu a été énorme, et doit être souligné. Ubuntu s’appuie sur la société fondée par Shuttleworth (Canonical) et sur la Ubntu Foundation. Ubuntu a un « patron ». J’admire la philosophie de Shuttleworth et sa mise en action (il a personnellement financé pour 10 millions de dollars la fondation Ubuntu, permettant qu’Ubuntu soit gratuit et que de nombreux développeurs soient payés).
Debian, sur laquelle LMDE est basée, n’appartient à personne. La « direction » est élue par les membres de la commnauté. Ça me va bien.
Voilà. Ça n’intéresse naturellement personne. Quelle que machine j’utilise, de l’autre côté —votre côté de l’écran— rien ne change, et c’est le but de l’affaire.
Pour les curieux : LMDE.

Un très rapide petit tour d’horizon semble indiquer qu’il y avait moyen de revenir à Gnome
http://www.clapico.com/2011/09/04/oneiric-ocelot-sans-unity/
mais rien ne dit que ça restera éternellement possible.
Et si LMDE est aussi bien et aussi facile à installer…
Ben si, ça m’intéresse moi ^^
Pour Giorgio : Canonical a annoncé qu’ils cesseraient le développement sur gnome-panel (la barre principale de Gnome 2, là où on installe, entre autres, mon compteur pour tasse de thé), et indiqué qu’avec le temps la performance de ce système (avec Gnome 2) ne va pas cesser de décroître…
Je ne suis pas seul à avoir « déménagé ». D’après le site « distrowatch », Ubuntu a perdu sa première place comme distribution (qu’elle occupait depuis la sortie de la première version d’Ubuntu si je me souviens bien)… au plus grand plaisir de… Mint !
Distrowatch est le « compteur » pratiquement officiel de la popularité de telle ou telle distribution.
Hé hé hé, ben Annie Leibowitz, elle, elle en recommande un. Avis aux photographes ^^
J’ai vu des galeries entières de photos faites avec des iPhones, et certaines sont fabuleuses. J’imagine quand on n’a pas d’appareil sous la main, l’iPhone est le meilleur des succédanés disponibles…
Je souscris tout à fait à ton analyse, unity m’a profondément affecté. Je suis en train de tester mint sur mon poste principal. Amitiés. J.
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