Cinq heures à Dresde …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 3 déc 2007 à 12:25

Dresde, en anglais, ça se dit «Coven­try». Une petite page d’histoire : Coven­try, en Angle­terre a été mas­si­ve­ment bom­bar­dée par les alle­mands en novembre 1940. En gros 500 tonnes de bombes, et 36 000 bombes incen­diaires. En février 1945, les alliés ont redé­fini le terme «mas­si­ve­ment». 3 900 tonnes d’explosifs ont été lan­cés en 24 heures sur la ville de Dresde. Et, juste his­toire d’être surs, en mars de la même année, ils ont remis ça avec «seule­ment» 940 tonnes d’explosifs et 141 tonnes d’incendiaires. Ah, aussi, parce qu’ils aimaient le tra­vail bien fait, ils sont reve­nus en avril, avec 1 154 tonnes d’explosifs, et 165 tonnes d’incendiaires. Les attaques alle­mandes sur Coven­try avaient fait 568 morts. On ne sait pas encore com­bien de morts ont été occa­sion­nées par les raids alliés sur Dresde. Les esti­ma­tions varient de 25 000 à 60 000.

Mais de l’affaire on a gardé comme ajoût au dic­tion­naire, ou presque, le terme «coven­try­ser». Coven­try­ser signi­fier détruire tota­le­ment une ville par bom­bar­de­ments. Natu­rel­le­ment, c’est très mal de faire ça.

Appa­rem­ment, Dresde n’a pas subi le même sort.

Sor­tons de l’histoire pour entrer dans Dresde. Avant de pas­ser la porte, je vous invite à cli­quer ici. Le bâti­ment que vous voyez sur la photo que je vous indique est le même que celui que j’ai pho­to­gra­phié samedi. Entre les deux dates, 16 ans.

Sor­tant de la gare de Dresde, on a mar­ché quelques cen­taines de mètres avant de pas­ser la «fron­tière». En tra­ver­sant une rue, on est passé en une seconde du 21ème siècle à la Dresde du passé. Tout a été recons­truit à l’identique. Les tra­vaux conti­nuent encore. C’est tota­le­ment hal­lu­ci­nant. Le palais du roi de Saxe est *énorme*. Magni­fique. La Frauen­kirche (ma photo) est extra­or­di­naire. Nous n’avons pas pu visi­ter l’intérieur (ils pré­pa­raient un concert) mais ce que j’en ai vu m’a vrai­ment secoué. Il y a des cen­taines de sta­tues. Par­tout. Des dorures. Il y a une mosaïque qui doit faire au moins 50 mètres de long.

De tout ça, il ne res­tait rien.

Ce qui m’impressionne le plus, c’est la somme colos­sale de tra­vail. Ce n’est pas tout d’avoir des arti­sans capables de tra­vailler «à l’ancienne». Il faut un tra­vail de docu­men­ta­tion dont je ne peux par défi­ni­tion avoir aucune idée. Bon, il y a ci et là un ana­chro­nisme, genre l’ascenseur pour mon­ter à la cou­pole de la Frauen­kirche, mais c’est tel­le­ment bien fait qu’on ne s’en rend compte qu’une fois que la porte de la cabine se ferme.

On avait que cinq heures à pas­ser à Dresde. Mais on va y retour­ner. En atten­dant, vous pou­vez visi­ter ma gale­rie photo ici.

Ah, j’ai rajouté 5 nou­velles pho­tos à ma gale­rie consa­crée à mon voyage en train. Ici.

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