Cinq heures à Dresde …

Dresde, en anglais, ça se dit «Coventry». Une petite page d’histoire : Coventry, en Angleterre a été massivement bombardée par les allemands en novembre 1940. En gros 500 tonnes de bombes, et 36 000 bombes incendiaires. En février 1945, les alliés ont redéfini le terme «massivement». 3 900 tonnes d’explosifs ont été lancés en 24 heures sur la ville de Dresde. Et, juste histoire d’être surs, en mars de la même année, ils ont remis ça avec «seulement» 940 tonnes d’explosifs et 141 tonnes d’incendiaires. Ah, aussi, parce qu’ils aimaient le travail bien fait, ils sont revenus en avril, avec 1 154 tonnes d’explosifs, et 165 tonnes d’incendiaires. Les attaques allemandes sur Coventry avaient fait 568 morts. On ne sait pas encore combien de morts ont été occasionnées par les raids alliés sur Dresde. Les estimations varient de 25 000 à 60 000.
Mais de l’affaire on a gardé comme ajoût au dictionnaire, ou presque, le terme «coventryser». Coventryser signifier détruire totalement une ville par bombardements. Naturellement, c’est très mal de faire ça.
Apparemment, Dresde n’a pas subi le même sort.
Sortons de l’histoire pour entrer dans Dresde. Avant de passer la porte, je vous invite à cliquer ici. Le bâtiment que vous voyez sur la photo que je vous indique est le même que celui que j’ai photographié samedi. Entre les deux dates, 16 ans.
Sortant de la gare de Dresde, on a marché quelques centaines de mètres avant de passer la «frontière». En traversant une rue, on est passé en une seconde du 21ème siècle à la Dresde du passé. Tout a été reconstruit à l’identique. Les travaux continuent encore. C’est totalement hallucinant. Le palais du roi de Saxe est *énorme*. Magnifique. La Frauenkirche (ma photo) est extraordinaire. Nous n’avons pas pu visiter l’intérieur (ils préparaient un concert) mais ce que j’en ai vu m’a vraiment secoué. Il y a des centaines de statues. Partout. Des dorures. Il y a une mosaïque qui doit faire au moins 50 mètres de long.
De tout ça, il ne restait rien.
Ce qui m’impressionne le plus, c’est la somme colossale de travail. Ce n’est pas tout d’avoir des artisans capables de travailler «à l’ancienne». Il faut un travail de documentation dont je ne peux par définition avoir aucune idée. Bon, il y a ci et là un anachronisme, genre l’ascenseur pour monter à la coupole de la Frauenkirche, mais c’est tellement bien fait qu’on ne s’en rend compte qu’une fois que la porte de la cabine se ferme.
On avait que cinq heures à passer à Dresde. Mais on va y retourner. En attendant, vous pouvez visiter ma galerie photo ici.
Ah, j’ai rajouté 5 nouvelles photos à ma galerie consacrée à mon voyage en train. Ici.