Vingt-huit ans plus tard…
C’était hier. À (un petit peu plus de…) vingt-huit ans près. Je raccompagnais Viola chez elle. Elle habitait (littéralement) au pied du mur. Pardon : du Mur.
Mais ce que j’ai ramené de cette promenade là, ce n’est pas le mur. Déjà, le mur, hein, je l’avais déjà vu. Difficile à rater quand on arrive dans le Berlin en 1982, le mur. Notez qu’il est pratiquement encore plus difficile à rater aujourd’hui, mais je m’éloigne de mon sujet.
Une partie de ce que j’ai ramené de cette promenade, c’est une cité. À prononcer à la française d’aujourd’hui, hein. Une CITÉ. Des immeubles qui m’écrasaient. Et je n’étais pas un débutant, hein : j’habitais à quelques centaines de mètres de Grand Vaux, et j’allais patiner à Évry le samedi soir. Les cités, je connaissais. Mais, cette soirée de l’été 1982, alors que je suivais une jeune fille qui marchait pieds nus, qui se trouvait être mon élève, j’ai été impressionné par la cité. Car pour arriver chez Viola, pieds nus ou pas, il fallait traverser Gropiusstadt.
C’était gris. Tout gris. C’était oppressant. Je n’ai pas aimé du tout.
Mais…
L’image que j’ai ramené de ma promenade, c’était des lapins qui faisaient papote tranquillement à Gropiusstadt. Je n’avais pratiquement jamais vu de lapins avant, mais les voir là, ça m’a marqué. De mon premier séjour à Berlin, outre Viola, j’ai ramené des images de lapins. Lapins à Gropiusstadt. Clic. Des lapins au Tiergarten. Clic. Des lapins passant devant les sentinelles (russes) du monument (russe) juste avant la porte de Brandebourg. Berlin, c’était Lapins City. Je ne pouvais absolument pas m’imaginer des lapins à Grand Vaux, mais aucun problème pour me rappeler des lapins de Gropiusstadt.
Je suis passé il y a quelques mois à Gropiusstadt, mais c’était l’hiver. Avec la neige, tout ça. C’était encore gris. Et froid.
Et, samedi, on avait décidé de montrer Gropiusstadt à l’ami Giorgio. Et là, surprise. C’était blanc, calme, plein de lumière et de verdure. Au point de me dire que je pourrais y habiter.
C’est une question de lumière, peut-être.

Comment by Giorgio — 03/11/2010 at 13:55
Et encore… cet angle de vue ne rend pas justice au caractère presque bucolique de certains quartiers de Gropiusstadt. Il est vrai que les couleurs automnales des feuillages et le soleil magnifiaient le paysage.