Wedding la rouge : mort d’un quartier populaire…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 11 Sep 2010 à 07:00

Je ne suis pas socio­logue, je ne suis pas un ana­lyste. Je vis à Ber­lin-Wed­ding. Je ne vais pas ten­ter d’expliquer quoi que ce soit. Non que ce soit très com­pli­qué, notez.

Mon quar­tier est en train de mou­rir.

Ma sta­tion de métro, Reh­berge, n’a plus vu une affiche de pub depuis d’au moins six mois. La seule pub qu’on puisse y voir, est celle de Wall (le JC Decaux local), qui nous raconte les tarifs pour… mettre de la pub dans le métro. La sta­tion sui­vante (Afri­ka­nische Straße) n’a plus de kiosque depuis au moins un an. Un kiosque, c’est impor­tant. On peut ache­ter les jour­naux, ou à gri­gno­ter, ou à boire. Mais c’est une pré­sence per­ma­nente. Un kiosque qui ferme, ce n’est pas bon.

Qui vou­drait mettre ici de la pub ? Déjà, pas des com­merces locaux : ils ferment l’un après l’autre. La femme qui a ouvert l’année der­nière un com­merce de fruits et légumes a fer­mé cet été. La bro­cante aus­si. Elle était là depuis des décen­nies. La poste est par­tie. Son bâti­ment, détruit dans la semaine qui a sui­vi, a lais­sé la place à un Aldi (tout pour pas cher, et d’une qua­li­té dégueu­lasse). L’autre bro­cante (avec des objec­tifs pho­to d’occasion) est morte, rem­pla­cée par une ribam­belle de bou­tiques dont j’ai renon­cé à savoir ce qu’elles sont : elles ferment trop vite. Dans un bâti­ment, j’ai vu, en quelques mois, une bou­tique de fleurs, une bou­tique d’électro-ménager, une bou­lan­ge­rie-café, et j’en ai pro­ba­ble­ment oublié.

Et en ce moment, tout se trans­forme, d’un coup de baguette magique, en casi­no. Chaque fois que je des­cends Mül­lers­traße à pieds plu­tôt qu’en métro, j’en trouve au moins un nou­veau. Les types à l’entrée ne me mettent pas à l’aise. Je ne vois pra­ti­que­ment jamais per­sonne entrer ni sor­tir de ces « casi­nos » /​ blan­chis­se­rie. Ça pue la mafia. Sui­vant l’adresse, turque, bul­gare, russe, on a tous les modèles. Il y a à 200 mètres de chez moi un « Döner » (sand­wichs sur­tout-pas-grecs) dont le patron a été flin­gué l’année der­nière. Et son suc­ces­seur a déjà été agres­sé deux fois.

Il y a des gens, cos­tume-cra­vate, lunettes noires, qui visitent les bâti­ments et qui essayent de faire peur aux loca­taires. La police en a arrê­té un ou deux en bas de chez nous.

Je vois régu­liè­re­ment des « petits » dea­lers. Je trouve par terre, de temps en temps des douilles de calibre 7,62mm. À blanc, mais tout de même. Les viet­na­miens vendent, par groupes de trois, des ciga­rettes de contre­bande.

Je com­mence à voir des « bandes ».

Je ne suis pas socio­logue, je ne suis pas un ana­lyste. Je vis à Ber­lin-Wed­ding. Et j’adore ma ville.

Wed­ding, Wed­ding la rouge —comme on l’appelait il y a pas dix ans, se trans­forme. De quar­tier popu­laire, elle devient ghet­tos.

1 commentaire

  1. Comment by Giorgio — 17/09/2010 14:28

    Je ne te savais pas publi­vore!
    Nan, mais je plai­sante, si tant est que le sujet prête à rire…

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