La belle, la bête…

La machine le plus imposante que j’aie jamais vue. Construise en Allemagne en 1957, à deux exemplaires seulement. Les deux machines ont fonctionné pendant dix ans avant d’être mises à la retraite d’office. Elle souffrait aussi d’anémie. Je veux dire par là qu’elle n’avait pas le rendement qu’on avait attendu d’elle.
Mais quelle silhouette !
Le musée de Neuenmark-Winsberg n’est pas très grand, mais très agréable. On est partis de Berlin à 6 heures du matin, et rentrés à minuit. La première moitié du trajet était, malheureusement, assurée par une loco diesel, et non à vapeur. Mais un peu après Leipzig, on a retrouvé l’autre moitié de notre train, avec la 01 0509 – 8 à vapeur, qui nous emmenée jusqu’à la gare de Neunmarkt-Winsberg.
Ce qui m’époustoufle toujours, c’est la réaction des gens qui se trouvent, d’un seul coup, en présence d’une machine à vapeur. L’enthousiasme est général, et même contagieux. Des ginettes (généralement trouvées par groupes de deux) qui agitent frénétiquement les bras en criant, s’immobilisant de temps en temps pour prendre une photo avec leur téléphone aux adultes qui spontanément explosent en applaudissements incrédules, tout le monde sourit. La machine à bonheur.
L’autre truc qui me « troue » à chaque fois que je voyage à vapeur, c’est le nombre de gens, placés dans les endroits les plus improbables, mais tous munis qui de caméras, qui d’appareils photo. Dans les arbres, dans les champs, en ville ou au plein milieu de nulle part, on en trouve un. Je ne sais pas comment ils savent, mais ils sont là, en embuscade. Ils nous attendent. Une petite minute de bonheur, et la machine est partie. Je pourrais parier qu’après ils sprintent jusqu’á leur voiture, et roulent à tombeau ouvert sur des itinéraires précisément établis à l’avance, pour rejoindre à temps leur position en aval, pour une nouvelle minute de bonheur. Des accros.
Une chouette journée. Vraiment.