La ballade des gens qui sont nés quelque part …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie,Journal — le ven 14 Nov 2008 à 10:30

Même les cons peuvent poser de bonnes ques­tions. Sou­vent le savoir, vu que ce qui les inté­resse est géné­ra­le­ment plus les réponses que les ques­tions. Mais moi j’aime bien les ques­tions.

Quand les cons posent de poten­tiel­le­ment bonnes ques­tions, ça res­semble à ça :

• Dans quel pays êtes-vous ins­tal­lé ?
• Depuis com­bien de temps ?
• Pour quelles rai­sons avez-vous quit­té la France ?
• Est-ce tem­po­raire ou défi­ni­tif ?
• Quand vous reve­nez en France, quelles sont vos impres­sions ?
• ce qui vous manque ? ne vous manque pas ?
• Dans votre pays d’adoption, com­ment voit-on la France d’aujourd’hui ? les Fran­çais ? (quelques grandes lignes)
• Com­ment consi­dé­rez-vous votre pays d’accueil ?
• etc.

Vous pou­vez vous ima­gi­ner la nau­sée à la lec­ture des réponses, quand la ques­tion est posée sur un site «légè­re­ment» xéno­phobe, natu­rel­le­ment ara­bo­phobe, et géné­ra­le­ment han­té par, comme le disait Georges Bras­sens, des «imbé­ciles heu­reux qui sont nés quelque part».

Je pour­rais vous infli­ger la cri­tique des réponses don­nées par les cons (c’est beau­coup plus court à écrire que «imbé­ciles heu­reux qui sont nés quelque part»), mais à quoi bon ? Quand la rai­son de s’exiler évo­quée res­semble à : «Constat impuis­sant de l’islamisation effré­née de la France», géné­ra­le­ment alliée à une sor­dide rai­son éco­no­mique, je ne res­sens pas le besoin de dis­cu­ter. Ho, il y a quelques années, j’aurais sor­ti mon glaive et mon verbe, rêvant de lance-flammes, et en avant. Mais aujourd’hui ?

Aujourd’hui je m’interroge sur le bien-fon­dé de de la ques­tion posée par le con en chef (pseu­do : Fran­çois Desouche, aha­ha …).

Car les cons qui ont répon­du ont en géné­ral émi­gré vers un pays «riche». Et quand on y pense, quelle est la dif­fé­rence entre un pays riche ?

Il n’y en a plus. Si on veut du dépay­se­ment, en fait, il fau­drait aller dans un pays «pauvre», peu­plé de gens que, dans la langue des cons, sont tous des immi­grés en puis­sance.

J’ai tes­té. Mon par­cours «étran­ger» m’a fait pas­ser par la Pales­tine (pays pauvre), et par trois pays riches Israël –fugi­ti­ve­ment, j’avoue – , le Dane­mark, et main­te­nant l’Allemagne. Dans les trois pays riches, je suis bien en peine à dis­cer­ner les dif­fé­rences pro­fondes avec la France.

Dans les rues de Tel Aviv, celles de Copen­hague et celles de Ber­lin, je vois les mêmes enseignes qu’à Paris, par exemple. Quelle est la dif­fé­rence entre un Piz­za Hut ? Quelle est la dif­fé­rence entre un McDonald’s ? Quelle est la dif­fé­rence entre un C&A ? Entre une Peu­geot ? Esprit ? Star­bucks ?

Les gens marchent tous avec une main à l’oreille (Nokia, LG, etc.), ou avec un iPod. Si vous en voyez un, com­ment savoir si c’est un danois à Tel Aviv ou un fran­çais à Ber­lin ?

Et si on gratte un petit peu … les poli­tiques (et les hommes poli­tiques) sont les mêmes. J’ai oublié (bien­heu­reux) le nom du détes­table pre­mier ministre danois de l’époque où j’y habi­tais, mais je *sais* que j’aurais du mal à le dis­tin­guer de notre petit Nico­las. À part la taille, le reste est le même. Le même dis­cours. Ce dis­cours je l’entends aus­si en Alle­magne. Et si vous aviez un quelque doute, réflé­chis­sez : l’Europe nous oblige à avoir tous les mêmes lois. Les lois qui s’attaquent aux fro­mages au lait cru (chers aux fran­çais) s’attaquent éga­le­ment aux «bou­let­ten» ber­li­noises. D’ici 20 ans, nous man­ge­rons tous la même chose. Et je ne parle pas de Mac­Do, là.

Deux pays qui ont les mêmes lois peuvent-ils être dif­fé­rents ? En fait c’est même le rêve fran­çais, ça, non ? Même à Alger, c’était la France, non ? Et à Saï­gon aus­si. Les mêmes lois pour tous.

Vous ne me croyez tou­jours pas ? Je vais vous aider. Vous savez com­ment en dit «Ségo­lène Royal» en alle­mand ? Ça se dit «Ursu­la von der Leyen». Je n’invente rien. Com­pa­rez vous même : Clone1 contre Clone2.

Sans rire : même les «imbé­ciles heu­reux qui sont nés quelque part» existent par­tout. Ils ont le même dis­cours, les mêmes pho­bies, les mêmes armes. Sau­riez-vous me dire quelle est la natio­na­li­té d’un «imbé­cile heu­reux qui sont nés quelque part» juste à voir sa tête ?

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