Démocratie sociale…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 28 Sep 2010 à 09:54

Dans toute « démo­cra­tie », on dis­cute. C’est pra­ti­que­ment la défi­ni­tion du truc entier. On dis­cute.

Dans une « démo­cra­tie sociale », on dis­cute des pauvres.

C’est chouette, non ?

En théo­rie, oui; en Alle­magne, non. Car en Alle­magne, la dis­cus­sion n’en est une qu’en appa­rence, et en plus le sujet de la « dis­cus­sion » est plu­tôt de savoir à quelle sauce les pauvres vont être man­gés plu­tôt que « les pauvres » en tant que tel.

L’objet du « débat » est la fameuse loi « Hartz IV », celle qui s’assimile en France en gros au RMI. Cette loi a été reto­quée par la cour consti­tu­tion­nelle, notam­ment car les cal­culs du mon­tant de l’allocation ver­sée ont été jugés « arbi­traires » et, pour être hon­nête, pas vrai­ment clairs.

En fait le sujet du débat du jour est limi­té au mon­tant. La trans­pa­rence des cal­culs, hein… on ver­ra tout ça quand la loi aura été reto­quée à nou­veau. J’ai déjà vu ça. Le juge­ment de la cour consti­tu­tion­nelle donne deux ans au gou­ver­ne­ment pour pré­sen­ter un texte conforme. Deux ans de gagnés. Et puis on recom­mence. Et puis on recom­mence…

Le chiffre du jour : 5 euros. C’est le mon­tant de l’augmentation déci­dée par le gou­ver­ne­ment.

Donc, l’heureux pauvre va rece­voir, chaque mois, 463 euros par mois (plus loyer et chauf­fage). Enfin en théo­rie.

De plus, l’heureux pauvre, his­toire de recou­vrer un petit peu de digni­té, il pour­ra se voir pro­po­ser un job. Géné­ra­le­ment, ce sera un de ces fameux « job à un euro ». Mon­tant déduc­tible de l’allocation. Et si il refuse de tra­vailler pour un euro (brut, à l’heure) pour recou­vrer sa digni­té, l’heureux pauvre pour­ra perdre tout ou par­tie de son allo­ca­tion. Natu­rel­le­ment, ces jobs ne sont pas les plus exci­tants. Can­ton­nier, laveur de graf­fi­tis, ce genre de trucs.

L’heureux pauvre en quête de digni­té pour­ra peut-être trou­ver un bou­lot plus exci­tant. On en trouve beau­coup, des jobs, sur le mar­ché. Le salaire ? Ah, ne mégo­tez pas, hein. Il s’agit de digni­té, tout de même. 400 euros par mois. L’employeur est natu­rel­le­ment sub­ven­tion­né. Gras­se­ment. La digni­té, c’est impor­tant.

463 euros par mois. Ou plus exac­te­ment :

Ali­men­ta­tion : 128,46 euros par mois. Oubliez les fruits, les légumes frais, bar­rez de votre car­net d’adresse tout com­merce d’alimentation genre « bou­che­rie », « crè­me­rie », voire « bou­lan­ge­rie ». Allez donc voir chez Aldi com­ment ça se passe. Mmmmmmh, que c’est boooooooon ! On en man­ge­rait ! Regar­dez tout ce que pou­vez ache­ter pour 4,12 euros par jour ! Et même un petit plus en février !

Temps libre : 39,96 euros. Mer­ci ! Les pauvres peuvent donc main­te­nant avoir un bud­get « temps libre » ! N’est-ce pas géné­reux ? Ne voyez-vous pas la lueur dans les yeux des enfants de pauvres ? Notez tout de même que les enfants n’ont droit qu’à une par­tie de l’allocation. 39.96 euros, c’est le tarif adulte.

Télé­phone /​ Inter­net : 31,96 euros. Pour ce prix là, j’ai une ligne Inter­net à 16 Mo, et une fla­trate télé­pho­nique, donc en gros, ça passe.

Vête­ments : 30,40 euros. Condam­nés aux vête­ments au rabais, et donc natu­rel­le­ment à la qua­li­té qui va avec. donc renou­ve­lables. Sou­vent. Et on se demande pour­quoi les pauvres ont une ten­dance à por­ter le sur­vê­te­ment…

Je ne vous fais pas la liste com­plète, hein, sinon je suis obli­gé de m’apeser sur les 1,39 euros dédiés à la for­ma­tion.

Voi­là pour le côté « social ». Je pour­rais vous racon­ter des tas d’histoires vrai­ment sor­dides, telles que celles de gens obli­gés de démé­na­ger si ils ont la chance d’avoir un appar­te­ment trop grand (45 m² pour une per­sonne seule, plus 15 m² par per­sonne sup­plé­men­taire *théo­ri­que­ment*, mais en fait au bon vou­loir de l’employé du Job­Cen­ter « com­pé­tent »), même si le loyer est infé­rieur au pla­fond indi­qué dans la loi.

Main­te­nant voyons la « dis­cus­sion ». Les pauvres coûtent cher. En plus ils picolent. Est-ce qu’on ne pour­rait pas rabio­ter un petit peu ? C’est vrai, quoi ! Ce sont tous des fai­néants, majo­ri­tai­re­ment étran­gers (pire : *musul­mans*), il est pra­ti­que­ment impos­sible de les édu­quer. Est-ce que *mes* impôts à moi doivent ser­vir à ça ?

C’est un résu­mé gros­sier, bien que —à mes yeux— bien moins gros­sier que la plu­part des argu­ments que j’ai pu lire ici ou là. C’est à lec­ture de ces dis­cus­sions que je me rends compte que la socié­té est en train d’exploser sous les coups de bou­toir de l’idéologie « libé­rale ».

La preuve  ? Simple : il leur a fal­lu un petit peu moins de dix ans pour obte­nir une socié­té dans laquelle per­sonne ne se choque de l’emploi de l’expression « base de 400 euros men­suelle » ou « job à un euro à l’heure », et où les poli­tiques dis­courent en public sur l’injustice faite aux heu­reux béné­fi­ciaires d’un bou­lot (sub­ven­tion­né) à 400 euros par mois alors que ces salauds de chô­meurs peuvent avoir jusqu’à 463 euros.

Le débat n’a natu­rel­le­ment jamais eu lieu : le gou­ver­ne­ment a pris sa déci­sion, point barre. Ah, pour être tota­le­ment hon­nête, il y a eu débat au sein du gou­ver­ne­ment entre ceux qui pensent qu’ils pour­raient s’en tirer avec moins de 5 euros d’augmentation et les autres. C’est tout de même la cour consti­tu­tion­nelle qui a requis un recal­cul, hein.

Et puis quoi, en Alle­magne aus­si, on a des res­tau­rants du cœur ! Vous voyez qu’on les aime, nos pauvres…

Amateurs !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 24 Sep 2010 à 07:39

Ah, ces ministres Alle­mands ! Quand il s’agit de faire de l’économie, ils sont forts. Et quand il s’agit d’embêter Notre Pré­sident Ché­ri, ils sont forts.

Mais quand il s’agit de se main­te­nir au pou­voir dans l’adversité, nous, Fran­çais, nous avons visi­ble­ment des leçons à leur don­ner. Ils se com­portent comme des ama­teurs ! Regar­dez le cas Speer, par exemple…

Speer était, encore hier matin, ministre de l’intérieur du Land du Bran­de­bourg. Et ça fai­sait des années qu’il fai­sait du « pay­sage poli­tique ».

Moi, j’habite à Ber­lin depuis 5 ans. Et même si je ne peux pas pro­mettre que j’accorde une prio­ri­té dans mes lec­tures quo­ti­diennes aux affaires poli­tiques bran­de­bour­geoises, je garde un œil sur les gros titres de la presse. Et je suis à peu près cer­tain que j’ignorais —jusqu’à hier matin— qui était le ministre de l’intérieur du Bran­de­bourg.

Mais hier matin, le nom de Speer m’a sau­té au visage : j’apprenais que Bild, un *grand* jour­nal (grand par le tirage, hein, parce que le conte­nu… vous savez ce qu’il faut pen­ser d’un jour­nal qui affiche les seins du jour en page 3), por­tait plainte contre le ministre Speer. Il s’opposait, a prio­ri, à un juge­ment obte­nu par Speer. Speer vou­lait inter­dire à Bild de publier son papier, lequel sem­blait avoir été consa­cré à sa vie pri­vée.

Hon­nê­te­ment, je ne sais rien de cette affaire. Ce que je veux dire, c’est qu’elle ne fai­sait pas les titres de la presse natio­nale depuis trois mois (pen­sez à « Woerth-Bet­ten­court », par exemple). En sur­vo­lant les titres de la presse de ce matin, il me semble qu’il s’agit d’une affaire d’enfant illé­gi­time, et peut-être d’un petit peu d’argent public deve­nu curieu­se­ment pri­vé. La gamine aurait été éle­vée au frais du contri­buable. Rien donc, *rien* qu’on puisse com­pa­rer à l’affaire, ou les affaires « Worth-Bet­ten­cout », « Woerth-Wil­de­stein », « Woerth-Cham­pi­gny », « Woerth-De Maistre », etc.

Et pour­tant…

Donc, ce matin, un petit peu avant midi, je vois la « cou­ver­ture » de Bild (sur le net…). Un pavé noir, et dedans,avec un carac­tère gras et blanc, l’article de la consti­tu­tion concer­nant la liber­té de la presse. Et Bild annon­çait sa plainte en réfé­ré. Sur ce, nous par­tons chez les parents de Vio­la. Et aux alen­tours de 5 heures, nous appre­nons la démis­sion de Speer.

Non mais tout de même, quel ama­teur ! Juste quelques minutes avant que le juge des réfé­rés annonce qu’il cas­sait le juge­ment qui empê­chait Bild de publier son article, le père Speer s’amène en confé­rence de presse, annonce qu’il démis­sionne, et se barre. Vous appe­lez ça un homme poli­tique, vous ?

Il a pour­tant une tête d’homme hon­nête (© Woerth), Speer. Et il a le sou­tien de tous ses col­lègues du gou­ver­ne­ment. Son pre­mier ministre le regrette déjà. Et à la télé, un micro-trot­toir ne semble pas lui être spé­cia­le­ment adverse.

Non, c’est vrai­ment de l’amateurisme. Je pro­pose que, quand Woerth aura quit­té le gou­ver­ne­ment (pour rai­sons per­son­nelles, natu­rel­le­ment) se pro­pose comme consul­tant en affaires du gou­ver­ne­ment du Bran­de­bourg. Et puis il y a cer­tai­ne­ment de la thune à se faire, là !

Ésprit d’espoir…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Photo — le lun 20 Sep 2010 à 13:11

Rhâ.

Pour nos audi­teurs qui n’ont pas le son, c’était un râle de sou­la­ge­ment.

Depuis l’accident idiot qui a fra­cas­sé mon K20D, et que je l’ai rem­pla­cé par un K-7, je souffre. En silence, la plu­part du temps, mais je souffre.

Ne nous mépre­nons pas : le K-7 est un bon appa­reil pho­to. Sur­tout en ce qui concerne le boî­tier. Le boî­tier, bien qu’un petit plus petit que celui du K20D, est vrai­ment très bien conçu. Je pour­rais grom­me­ler au sujet des deux petits bou­tons « ISO » et « +/- » (trop petits, et pas idéa­le­ment pla­cés), mais bon. Sérieu­se­ment, le boî­tier est vrai­ment bien.

Mais l’intérieur… il me fait souf­frir.

Sen­si­bi­li­té :
Je sais, je peux uti­li­ser sans états d’âme le K-7 avec des sen­si­bi­li­tés jusqu’à 2000 ISO. Regar­dez la pho­to de Mano, le patriarche de la tri­bu des Orang-Outangs du zoo de Ber­lin que j’ai publiée l’autre jour. 2000 ISO, dans une lumière dégueu­lasse, à tra­vers une glace, je ne peux pas me plaindre. Mais souf­frir, je peux : entre 100 et 400 ISO, les images réa­li­sées avec le K-7 contiennent plus de bruit que celles prises avec le K20D. Sachant que à 100 ISO, aucun de ces deux appa­reil ne peut riva­li­ser avec mon antique (je ricane, il a juste un petit peu plus de deux ans) K10D au niveau du bruit ! Tout ne se voit pas sur le net : je publie mes pho­tos avec une taille (maxi­male) de 1024 pixels. Mais moi je les vois en grand, mes pho­tos, hein…

Auto-focus :
Tout uti­li­sa­teur de Pentax vous le dira : l’auto-focus est… com­ment dire ça… défi­cient. Au moins. En fait il est sur­tout lent. Très lent. Trèèèèèèèès lent. J’en ai raté, des pho­tos… et pour­quoi croyez-vous que je pho­to­gra­phie prin­ci­pa­le­ment des trucs qui ne se déplacent pas ? Quand je vais dans les maga­sins, et que je teste l’auto-focus d’un Canon, ou d’un Nikon, je souffre. La com­pa­rai­son fait mal.

Sinon, encore une fois, le K-7 est un chouette appa­reil.

Enfin : était.

Aujourd’hui, Pentax a annon­cé l’arrivée du grand-frère du K-7 : le K-5. Et quand on regarde les carac­té­ris­tiques de l’appareil, le pre­mier truc qui saute aux yeux, c’est le fait qu’ils ont gar­dé le même boî­tier, et chan­gé le cap­teur et le sys­tème d’auto-focus. D’où mon râle de sou­la­ge­ment. Même si mon râle de sou­la­ge­ment s’étrangle un petit peu quand j’arrive à la lligne « prix ».

Mais bon : l’espoir, c’est gra­tuit !

Une brève page « culturelle »…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 19 Sep 2010 à 22:21

Je ne suis pas vrai­ment un « fan » de la musique « d’aujourd’hui ». À part en jazz, natu­rel­le­ment.

Au point que je n’écoute plus du tout la radio. La musique actuelle dont je suis à l’occasion agres­sé par la télé, ou bien dans les maga­sins, m’ennuie ter­ri­ble­ment. Je ne connais aucun groupe ou chan­teur actuel. Le nom « Lady Gaga », par exemple ne m’évoque rien. Je le lis par­fois sur les cou­ver­tures de la presse « popu­laire ». Je n’ai même plus la curio­si­té. Ils m’ennuient, en groupe o indi­vi­duel­le­ment.

L’autre jour, j’ai fait un effort. Je me suis fadé l’intégralité de je ne sais quel prix musi­cal à la télé. Il y avait quatre groupes de « rock » qui se dis­pu­taient un prix. Dix mille euros, plu­tôt que le prix, d’ailleurs. Quelle tris­tesse… Le pre­mier groupe m’a lais­sé défi­ni­ti­ve­ment indif­fé­rent. Le pauvre « chan­teur » ne chan­tait pas, ses aco­lytes n’auraient pas été capables d’accorder leurs ins­tru­ments si ils savaient pour­quoi le faire, pas de mélo­die, pas de… bref, une sombre merde. Le deuxième ne m’a pas lais­sé indif­fé­rent : je l’ai dé-tes-té. Les quatre manches étaient en uni­forme (lire : habillés pareil), je n’aurais pas, même sous la tor­ture, été capable de faire la dif­fé­rence entre les quatre déchets sonores qu’ils m’ont infli­gés, c’était plus que lamen­table : c’était détes­table. Le troi­sième groupe était « potable ». Sans plus. Oubliable. Mais potable. Enfin au moins ça ne m’a pas cas­sé les oreilles. Le qua­trième groupe m’a fait, pen­dant quelques minutes, l’effet d’une bouf­fée d’air. Et vous non­tez que je n’ai pas par­lé d’air frais. Un trio de rock qui tenait debout. Éner­gique, à défaut d’inventif. Et, sur­prise, un bat­teur qui m’a atti­ré l’oreille. L’espace de quelques mesures.

Devi­nez qui a gagné : le second groupe. Ben tiens.

Et après, je me suis for­cé à regar­der la retrans­mis­sion « live » du fes­ti­val rock de Ber­lin-Tem­pel­hof. Une tor­ture. Le pire, c’était un duo. Une gui­tare, une bat­te­rie. Des mor­ceaux inter­chan­geables à l’infini. Seul les « looks » me per­met­taient de me rendre compte que j’avais chan­gé de groupe.

Si ce que j’ai vu là est la moyenne du rock d’aujourd’hui, je n’ai rien man­qué des quinze der­nières années.

Et l’autre jour, Vio­la m’a mon­tré un clip. Ce clip. Je l’ai trou­vé très drôle. Nor­mal : je déteste les péru­viens qui hantent les mar­chés du monde entier et qui y font de la « musique ». Et il y avait encore des liens là, du même groupe.

Je suis donc tom­bé sur un clip « live » de ce groupe, Gua­no Apes. Et j’ai retrou­vé là un petit peu d’intérêt pour le rock d’aujourd’hui. Le son est com­pact, très dense. Les trois ins­tru­men­tistes savent de quoi ils parlent. Le bas­siste a une magni­fique Music­Man cinq cordes, et, une fois n’étant natu­rel­le­ment pas cou­tume, il se sert vrai­ment des cinq. La chan­teuse a une voix, une pré­sence, et ne fait pas de chi-chis. Elle chante. En résu­mé, du rock qui tient debout.

En plus, elle porte un sweat-shirt orné du logo de Sankt Pau­li…

Wedding la rouge : mort d’un quartier populaire…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 11 Sep 2010 à 07:00

Je ne suis pas socio­logue, je ne suis pas un ana­lyste. Je vis à Ber­lin-Wed­ding. Je ne vais pas ten­ter d’expliquer quoi que ce soit. Non que ce soit très com­pli­qué, notez.

Mon quar­tier est en train de mou­rir.

Ma sta­tion de métro, Reh­berge, n’a plus vu une affiche de pub depuis d’au moins six mois. La seule pub qu’on puisse y voir, est celle de Wall (le JC Decaux local), qui nous raconte les tarifs pour… mettre de la pub dans le métro. La sta­tion sui­vante (Afri­ka­nische Straße) n’a plus de kiosque depuis au moins un an. Un kiosque, c’est impor­tant. On peut ache­ter les jour­naux, ou à gri­gno­ter, ou à boire. Mais c’est une pré­sence per­ma­nente. Un kiosque qui ferme, ce n’est pas bon.

Qui vou­drait mettre ici de la pub ? Déjà, pas des com­merces locaux : ils ferment l’un après l’autre. La femme qui a ouvert l’année der­nière un com­merce de fruits et légumes a fer­mé cet été. La bro­cante aus­si. Elle était là depuis des décen­nies. La poste est par­tie. Son bâti­ment, détruit dans la semaine qui a sui­vi, a lais­sé la place à un Aldi (tout pour pas cher, et d’une qua­li­té dégueu­lasse). L’autre bro­cante (avec des objec­tifs pho­to d’occasion) est morte, rem­pla­cée par une ribam­belle de bou­tiques dont j’ai renon­cé à savoir ce qu’elles sont : elles ferment trop vite. Dans un bâti­ment, j’ai vu, en quelques mois, une bou­tique de fleurs, une bou­tique d’électro-ménager, une bou­lan­ge­rie-café, et j’en ai pro­ba­ble­ment oublié.

Et en ce moment, tout se trans­forme, d’un coup de baguette magique, en casi­no. Chaque fois que je des­cends Mül­lers­traße à pieds plu­tôt qu’en métro, j’en trouve au moins un nou­veau. Les types à l’entrée ne me mettent pas à l’aise. Je ne vois pra­ti­que­ment jamais per­sonne entrer ni sor­tir de ces « casi­nos » /​ blan­chis­se­rie. Ça pue la mafia. Sui­vant l’adresse, turque, bul­gare, russe, on a tous les modèles. Il y a à 200 mètres de chez moi un « Döner » (sand­wichs sur­tout-pas-grecs) dont le patron a été flin­gué l’année der­nière. Et son suc­ces­seur a déjà été agres­sé deux fois.

Il y a des gens, cos­tume-cra­vate, lunettes noires, qui visitent les bâti­ments et qui essayent de faire peur aux loca­taires. La police en a arrê­té un ou deux en bas de chez nous.

Je vois régu­liè­re­ment des « petits » dea­lers. Je trouve par terre, de temps en temps des douilles de calibre 7,62mm. À blanc, mais tout de même. Les viet­na­miens vendent, par groupes de trois, des ciga­rettes de contre­bande.

Je com­mence à voir des « bandes ».

Je ne suis pas socio­logue, je ne suis pas un ana­lyste. Je vis à Ber­lin-Wed­ding. Et j’adore ma ville.

Wed­ding, Wed­ding la rouge —comme on l’appelait il y a pas dix ans, se trans­forme. De quar­tier popu­laire, elle devient ghet­tos.

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