La cage aux folles…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 30 Août 2010 à 15:57

Avant de com­men­cer à faire mon récit de mon explo­ra­tion dans la cage aux folles (d’avance mes excuses à la mémoire de Ser­rault et les autres), il faut que j’explique en quelques mots le contexte.

Il était une fois un séna­teur de Ber­lin [Note du « tra­duc­teur » : le Land de Ber­lin est diri­gé par un Sénat] qui ne lais­se­rait aucune trace de son pas­sage s’il n’était pas affli­gé d’une véri­table manie de la pro­vo­ca­tion. À son actif :

  • il a recom­man­dé aux gens qui vivent d’Hartz IV de bais­ser le chauf­fage et mettre des pulls en hiver, pour éco­no­mi­ser
  • il a publié des « menus » « éco­no­miques », tou­jours à des­ti­na­tion des gens vivant d’Hartz IV, consti­tués d’aliments que je ne —per­son­nel­le­ment— tou­che­rais même pas du doigt, quand même bien ma vie en dépen­dait. Com­ment se nour­rir pour pas cher, man­gez donc de la merde…
  • il sou­hai­te­rait que les pan­ta­lons de jog­ging soient inter­dits (…?)
  • il a, col­lec­ti­ve­ment, trai­té les étu­diants de trous-du-cul
  • il a décla­ré, au sujet des finances de la ville de Ber­lin : « les gra­vats ont été déblayés. nous n’en sommes plus à 1945, mais à… 1947 » (en août 2006)
  • Il a décla­ré : « quand il s’en trouve un pour, au lieu de fai­néan­ter devant la télé toute la jour­née, déci­der de tra­vailler au noir, je suis sou­la­gé »
  • suite à ses « menus » : « si on regarde un petit peu, le sous-poids des Hartz IV est le moindre de leurs pro­blèmes »
  • « moi j’irais tra­vailler pour 5€ de l’heure ! »

Vous voyez le genre.

Un petit gênés, tout de même, ses col­lègues séna­teurs du PS (oui, d’accord, le SPD) ont déci­dé de s’en débar­ras­ser, et l’ont « pro­mu » : il est depuis membre du direc­toire de la Banque d’Allemagne. Et pro­mu pour pro­mu, il a éga­le­ment pas­sé une vitesse au niveau pro­vo­ca­tion :

  • « je ne ne dois recon­naître per­sonne qui vit de l’état, mais le rejette, ne prend pas soin de l’éducation de ses enfants, et pond en per­ma­nence de petites filles voi­lées. »
  • « plus la classe est basse, plus la nata­li­té est haute; les arabes et les turcs ont trois fois le taux de nata­li­té que leur popu­la­tion leur per­met »

Tou­jours plus haut, comme nous le disait le baron de Cou­ber­tin : Sar­ra­zin sort (aujourd’hui) un livre. État des dégats :

Ich möchte nicht, dass das Land mei­ner Enkel und Uren­kel zu großen Tei­len mus­li­misch ist, dass dort über weite Stre­cken tür­kisch und ara­bisch ges­pro­chen wird, die Frauen ein Kopf­tuch tra­gen und der Tages­rhyth­mus vom Ruf der Muez­zine bes­timmt wird. Wenn ich das erle­ben will, kann ich eine Urlaubs­reise ins Mor­gen­land buchen.

En (presque) bon fran­çais : Je ne sou­haite pas que le pays de mes petits-enfants et de mes arrière-petits-enfants soit en grande par­tie (un pays) musul­man où le turc et l’arabe soient lar­ge­ment par­lés, où les femmes portent le voile et où la jour­née est ryth­mée par les appels à la prière. Quand je veux vivre comme ça, je peux m’acheter un billet tou­ris­tique vers l’Orient.

Tout le livre semble du même aca­bit, avec natu­rel­le­ment les preuves scien­ti­fiques. Le gène juif, ce genre de trucs. Ah, le gène de l’intelligence aus­si. Moins fort chez les turcs, natu­rel­le­ment.

Ce matin, il est sur le bord d’être expul­sé son par­ti (socia­liste), la porte-parole de la com­mu­nau­té juive d’Allemagne lui recom­mande de s’inscrire au NPD (le par­ti néo-nazi « natio­nal »), et la chan­ce­lière demande offi­ciel­le­ment à la Banque d’Allemagne de faire un petit peu son ménage.

Entrons dans la cage aux folles !

Qui sont les folles ? Les folles vivent dans les com­men­taires du site inter­net des cons bien de chez nous, les « fran­çais de souche ». Elles crient, gémissent, agitent les bras, se pâment, cherchent par­tout les mou­choirs, et sur­tout les lunettes noires. Très noires.

Per­met­tez-moi de vous pré­sen­ter quelques folles de souche, telles qu’on peut les trou­ver à la page Sar­ra­zin :

Il dit des choses vraies ce mon­sieur, c’est fou de lui dire d’aller dans le par­tie néo-nazi pour ça, pitoyable.

La folle qui se nomme « Nigh­thau­ter », quoi que ce soit, a visi­ble­ment le sens de la mesure. Encore.

Ce n’est pas dans le Coran que l’on est édu­qué. Ce livre s’oppose à la culture et aux cultures, à la rai­son, à l’égalité des êtres humains, à la fra­ter­ni­té uni­ver­selle etc. Il devrait être inter­dit, dans un état de droit.

La folle nom­mée « logique » (arf !) n’a natu­rel­le­ment pas lu le livre. En quand que je pense que mes parents ont payé les impôts qui ont per­mis qu’il apprenne à lire…

Ils tiennent leur Zem­mour, outre-Rhin, avec ce Sar­ra­zin !! Ils doivent recom­men­cer à res­pi­rer, avec quelqu’un de res­pec­table qui ose enfin par­ler !

Pour la folle « Pierre 1er », les Alle­mands sont des sur­hommes capables de rete­nir leur souffle pen­dant des décé­nies.

Le NPD (Par­ti Natio­nal-démo­crate Alle­mand) est l’Honneur de l’Allemagne ! Ce ban­quier ne dit que la banale véri­té. Et dire que ça passe pour des pro­pos extrê­mistes… C’est révé­la­teur d’un déla­bre­ment men­tal, moral, et racial!

La folle « Le HURON » sait visi­ble­ment de pre­mière main tout ce qu’il faut savoir au sujet d’un déla­bre­ment men­tal.

Les socio­logues Mein­hard Mie­gel et la démo­graphe Ste­pha­nie Wahl pro­nos­tiquent que l’identité cultu­relle, reli­gieuse et lin­guis­tique alle­mande sera tota­le­ment lami­née au cours du siècle actuel…

La folle « Mar­tel » se prend ses ves­sies pour des lan­ternes, mais ça le fait, non ?

Je reviens au mass médias, cela ne sert à rien d’avoir les bons poli­ti­ciens si des traîtres pro­pagent des mes­sages anti-natio­naux sur les ondes envers la masse.

La folle « Aqui­lo­nia » ne pense pas hors de « ses » jour­naux. Elle san­glotte le soir en reli­sant un édi­to­rial de « Je suis par­tout ».

Mieux vaut tard que jamais; ce ban­quier a enfin eu le cou­rage poli­tique de dénon­cer ce qu’il voit. Aurons-nous la même chance en France avec l’un de ses confrères?

La folle « zoe » est priée de nous don­ner son adresse. Envoi fran­co de port. Dès qu’il aura été viré. Fina­le­ment, c’est une légende, que ce sont les immi­grés qui ramassent les pou­belles, en France…

Ça y est, j’ai trou­vé le nom de son nou­veau livre : « Deut­schland Schafft Sich Ab » de Thi­lo Sar­ra­zin.

La folle « Man­na­la » a trou­vé com­ment on cherche sur Gøøgle. Mes féli­ci­ta­tions.

On touche à leurs ché­ris, ils se réveillent! Le jour où Israël sera rasé de la carte, leurs regards hagards feront plai­sir à voir…

La folle « Benoît » l’a vu dans les feuilles de sa tasse de thé. Et quand je pense au prix du pain…

Ils devraient se rapel­ler que la der­nière fois que les euro­péens en ont eu vrai­ment marre ce n’était pas le bateau vers le sud mais les wagons plom­bés vers l’est.

La folle « Ton­ton Jean Claude » parle, natu­rel­le­ment des musul­mans. Dont acte.

Tout ce petit peuple s’anonisme col­lec­ti­ve­ment à lon­gueur de pages. Ils ont leurs héros, et la frousse au ventre. Pauvre toute petite france natio­na­liste…

Tatort : d’utilité publique…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le dim 29 Août 2010 à 22:13


Haaaaaa, dimanche soir ! Tatort ! Notre ren­dez-vous catho­dique immu­table. Sauf quand la télé de la RDA chaîne « régio­nale » MDR squatte avec son inno­mable série « Poli­zei­ruf 110 ».

Mais ce soir, pas de nui­sibles à l’antenne. Un Tatort© ori­gi­naire d’Autriche. Et bien­tôt on va avoir même des Tatort© suisses. Pour­quoi pas.

Donc, à 20:15, ça com­mence. Un poli­cier trouve par hasard un cadavre. L’enquête com­mence. La dif­fé­rence : la vic­time est membre de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis.

Un regard dur, voire affu­té, sur  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis. On y découvre les méca­nismes qui per­mettent à  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis de « tenir » ses clients membres. Les cours (payants) menant à tou­jours d’autres cours (tou­jours plus chers). On voit les clients membres de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis anno­ner les réponses à tous les pro­blèmes de leur exis­tence, dic­tées, impla­ca­ble­ment, avec le sou­rire, par d’autres clients membres de grade supé­rieur. On découvre des enfants qui renient leurs parents —sur ordre. Le besoin d’argent est tel que tous les coups sont per­mis.

« l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis a des dos­siers sur tout le monde. Moritz, le com­mis­saire, est accueilli par son patron lequel a dans la main une plainte de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis, reçue avant même que Moritz rentre au bureau de sa pre­mière visite là-bas.

Arri­vant à  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis, un peu plus tard, Moritz voit sa per­qui­si­tion annu­lée : chez le pro­cu­reur sont arri­vées des pho­tos mon­trant la fille de Moritz dans les locaux de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis, laquelle se pré­tend per­sé­cu­tée par Moritz, invo­quant la liber­té de conscience. Natu­rel­le­ment.

J’ai lu et vu beau­coup au sujet de la scien­to­lo­gie. Je suis même Xenu­phobe, et fier de l’être. Mais je n’avais encore jamais vu de fic­tion de cette de qua­li­té (de docu­men­ta­tion) pre­nant la bête scien­to­lo­gie par les cornes. Comme on dit en Alle­mand : « Respekt ! ».

Et si vous vous posez la ques­tion en appa­rence bête : « Mais pour­quoi ils ont appe­lé ça Epi­tar­sis et non sim­ple­ment scien­to­lo­gie ? », la réponse était écrite en fili­grane tout au cours de l’épisode. La scien­to­lo­gie, para­noïaque, mais ration­nelle, n’aurait jamais accep­té la dif­fu­sion de ce film, et aurait tout fait pour l’interdire. La scien­to­lo­gie a fêté, la semaine der­nière, la fer­me­ture du bureau anti-secte du sénat d’Hambourg, par exemple. Pour rai­son bud­gé­taire, natu­rel­le­ment. La scien­to­lo­gie mène une guerre juri­dique impi­toyable contre l’ennemi : l’état alle­mand, son prin­ci­pal cri­tique —en Alle­magne. Elle est déjà si forte que même la pre­mière chaîne publique du pays lui a consa­cré tout un épi­sode de sa série phare (Tatort)… sans oser men­tion­ner son nom.

Cela dit, le camou­flage est un art. Dans les bureaux de  « l’église de » scien­to­lo­gie la com­mu­nau­té de croyance Epi­tar­sis, j’ai pu « recon­naître », par exemple, les cou­ver­tures des livres de l’inventeur de la scien­to­lo­gie, par exemple.

J’attends le pro­chain round.

Avec, tout de même, une cer­taine inquié­tude.

Les apparences…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 28 Août 2010 à 12:46

L’Allemagne va très bien. Éco­no­mi­que­ment par­lant. Un com­merce inter­na­tio­nal tou­jours plus flo­ris­sant, plus de trois « pour­cents » de crois­sance (et cha­cun *sait* que c’est un signe de bonne san­té, n’est-ce pas ?), etc.

Et pour­tant…

Tout à l’heure, alors que j’allais faire mes courses, je sui­vais un couple rela­ti­ve­ment âgé. Un couple sans his­toire, visi­ble­ment. Jusqu’à ce qu’ils arrivent à la pou­bellle du coin de la rue. L’homme se penche et regarde dans la pou­belle, plonge la main à l’intérieur, et res­sort avec une bou­teille. La femme fai­sait « le guet ». L’homme a mis la bou­teille dans un de ses sacs à pro­vi­sion.

Comme on fait nos courses dans le même maga­sin, j’ai sui­vi l’affaire. Je les ai vus se rendre à l’automate qui gère les bou­teilles consi­gnées. Sui­vant la bou­teille, entre 5 et 25 cen­times. Et comme ils étaient juste avant moi à la caisse, je les ai vus payer une boîte de conserve avec leur bon de consigne, auquel ils avaient ajou­té douze cen­times que je les vus comp­ter, un par un.

C’était la pau­vre­té faite homme.

Ils étaient impec­ca­ble­ment habillés.

Ils sont des cen­taines, peut-être des mil­liers comme eux à Ber­lin.

Je me sou­viens, en pas­sant, d’un concert que j’avais vu à Copen­hague. C’est là que j’avais vu pour la pre­mière fois des ramas­seurs de bou­teilles. J’avais cata­lo­gué dans la caté­go­rie « bonne occase pour faire un petit peu d’argent de poche ». Mais depuis que je suis à Ber­lin, je sais que ces gens ont faim. Main­te­nant que je sais qu’ils existent, je les vois par­tout. Ils sont tou­jours (ou presque) propres, cor­rec­te­ment habillés, et donc pra­ti­que­ment invi­sibles.

Il y a quelques mois, en gros à la « vic­toire » de la coa­li­tion Cdu/​Csu — Fdp aux élec­tions (ils sont en bas du trou dans les son­dages, en ce moment), je me suis « amu­sé » à lire les com­men­taires sur les sites des jour­naux alle­mands. j’avais été atter­ré par la flot de venin déver­sé contre les « aso­ciaux ». [Note du « Tra­duc­teur » : en Alle­mand, le mot « Aso­zial » —asso­cial— est un mot char­gé d’une conno­ta­tion *très* péjo­ra­tive. C’est un petit peu la ver­sion « offi­cielle » de l’expression fran­çaise « cas social », en plus néga­tif. C’est pra­ti­que­ment une insulte dans la bouche d’un alle­mand.]

On les char­geait de tous les maux de la socié­té. On les sus­pec­tait, pra­ti­que­ment offi­ciel­le­ment, d’être géné­ra­le­ment des voleurs, qui touchent des pres­ta­tion sociales sans jamais essayer de tra­vailler, etc.

J’imagine que les gens qui écrivent ce genre de choses « voient » dans leur tête les *autres* pauvres. Ceux qu’on *voit*. Ceux qu’on voit faire la manche dans la rue, dans le métro. On peut les voir être pauvres. Ils sont sou­vent sales.

Mais les invi­sibles sont plus nom­breux. La popu­la­tion les ignore. Mieux : ignore leur exis­tence. C’est ce qui per­met au mythe de l’Allemagne riche, datant des années 60 ou 70, de sur­vivre, la social-démo­cra­tie soli­daire. Il n’y a que peu de pauvres. Visibles.

Mais com­bien d’invisibles pour comp­ter leurs cen­times à la caisse, com­bien pour plon­ger la main à l’aveuglette dans les pou­belles à la recherche de bou­teilles vides, syno­nymes d’un petit peu d’argent, d’un petit peu à man­ger, un petit peu de vie ?

Et pendant ce temps là …?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 23 Août 2010 à 06:25

Ber­lin construit des hôtels. Par­tout. Et des immeubles de bureaux vides. Tout le temps.

Le café Kranz­ler, joyau de la défunte Ber­lin-Ouest a été rache­té. Ses ex-pro­prié­taires ont ouvert « Bou­le­vard » sur la même « Ku’Damm », à l’ombre de la tour de 25 étages qui héber­ge­ra un … hôtel de luxe.

À Ber­lin la mafia construit à la pelle des « ludo­thèques », qui s’annoncent comme « casi­nos », et que je soup­çonne de n’être rien d’autre que des machines à laver l’argent sale.

Et pen­dant ce temps là …?

Hier soir, il y avait un nou­veau Tatort à la télé, et pour être tota­le­ment hon­nête, il n’était pas vrai­ment pas­sion­nant.

D’un seul coup, Vio­la m’a appe­lé de la salle de bains. « Écoute ! »

J’ai ten­du l’oreille, et j’ai vague­ment enten­du quelque chose. « C’est un oiseau bles­sé ! Un jeune ! ».

Oui, d’accord, mais, mau­vais ou pas, il y avait le Tatort du dimanche soir, là et… « va au bal­con, écoute ! ».

C’était curieux. C’était défi­ni­ti­ve­ment un oiseau. Le truc qui m’a inter­pel­lé c’est que le son se dépla­çait, appa­rem­ment. Mais bruyant. tel­le­ment bruyant que j’ai pen­sé qu’il pou­vait être sur la bal­con du voi­sin, ou peut-être sur le toit… ou bien… « tu viens ? »

Vio­la s’était habillée. « Il est en bas. Je crois que c’est un jeune, et qu’il est bles­sé ».

Et après tout, pour­quoi pas…

Quand je suis reve­nu, habillé, dans le bureau, j’ai trou­vé Vio­la en train d’écrire quelque chose sur un petit mor­ceau de papier. Et elle avait le por­table. Je n’ai pas eu besoin de lui deman­der ce qu’elle écri­vait : le numé­ro des urgences ani­ma­lières. C’est une des mul­ti-mul­tiples rai­sons qui me font aimer Vio­la.

Et nous voi­là dehors. Il com­men­çait à pleu­voir. Natu­rel­le­ment.

Tiens, elle avait rai­son ! Il n’était pas sur le toit, c’est à gauche… attends… là ! Et j’ai ten­du le doigt. Je voyais très dis­tinc­te­ment… une chouette. Non, deux ! Deux chouettes qui vole­taient d’un arbre à l’autre. Appa­rem­ment des jeunes qui s’impatientaient du retour des parents, ou quelque chose de ce genre.

Nous habi­tons dans Ber­lin intra-muros, c’est à dire intra-périph’, et j’étais là comme un gamin qui aurait trou­vé un paquet de bon­bons. Je regar­dais des chouettes, à trois mêtres de moi. Des *chouettes*. Je trouve ça dingue.

De même que, jeu­di, alors qu’on avait déci­dé de ren­trer du Job­Cen­ter à pieds, ce qui nous fait tra­ver­ser le parc de Reh­berge, j’étais tom­bé en arrêt au spec­tacle de 5 rapaces —les deux parents et trois petits— qui évo­luaient en groupe à quelques mètres de nous. Je suis inca­pable de les iden­ti­fier, natu­rel­le­ment, ne me deman­dez pas ce que c’était comme rapaces. Je sais seule­ment que ce n’était pas des cré­ce­relles, car ceux-là j’en ai déjà vu quelques uns, et je sais qu’il ne sont pas aus­si grands que ceux-là.

Ber­lin est… magique.

Et Vio­la aus­si.

Crédit Caipirinha …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 10 Août 2010 à 16:30

Ça va faire deux heures que c’est sur mon bureau.

Je sais bien que je devrais être encore en train de pleu­rer de rire, et en fait je l’ai fait pen­dant un moment.

Mais tout de même.

Je n’arrête pas d’y reve­nir, et je n’en reviens pas.

Dans la boîte (tout de même…) que j’ai reçu tout à l’heure, il y a deux pros­pec­tus, et tout un dis­po­si­tif de car­ton plié et troué, des­ti­né à conte­nir, ou plu­tôt à pré­sen­ter les pro­duits de mana­ge­ment de patri­moine de la Com­merz­bank. Ma banque. Le logo de l’année der­nière vous aurait été fami­lier : c’est celui du Cré­dit Lyon­nais. Enfin celui de l’année der­nière, avant que ça s’appelle LCL.

Inven­taire :

  • Un machin de plas­tique, jaune, un petit comme un bâton, avec le nou­veau logo de la Com­merz­bank
  • un tube de plas­tique jaune avec le logo de la Com­merz­bank
  • un sachet orné du logo de la Com­merz­bank conte­nant… il fau­drait l’ouvrir pour le savoir

Il m’a fal­lu au moins trente secondes pour iden­ti­fier le bâton comme un « mélan­geur », le tube comme une paille, et le sachet comme… un sachet.

His­toire de com­prendre, je me tourne à nou­veau vers les pros­pec­tus, et c’est là qu’est venue la lumière : avant la ligne « les pro­duits de mana­ge­ment de patri­moine de la Com­merz­bank », il y avait, en gros, je veux dire en gros carac­tères, « un mix à appré­cier ».

Pour être hon­nête, je n’ai *vrai­ment* com­pris que quand je me suis attar­dé sur la pho­to, à droite, qui nous mon­trait un verre, avec un liquide inco­lore, un para­sol (jaune, natu­rel­le­ment), un brin de menthe, et une ron­delle de citron.

Donc, si je résume : On nous a envoyé un kit à deux balles de chez Tati pour nous vendre des « pro­duits de mana­ge­ment du patri­moine ».

Ima­gi­nez une petite minute que vous ayez disons un mil­lion d’euros sur votre compte (lire : patri­moine) et que vous rece­viez un mélan­geur, une paille, un sachet et une invi­ta­tion à venir reti­rer votre verre à cock­tail… vous feriez quoi, vous ?

Moi, j’ai pas un mil­lion d’euros sur mon compte, alors, j’peux pas com­prendre, je pense…

Ah oui, le machin dans le sachet per­met de faire de la « Cai­pi­rin­ha ». Chouette.

Je ne joue plus.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 10 Août 2010 à 12:57

Pré­am­bule :
Le pré­si­dis­cule fran­çais a pro­mis de rendre « la Répu­blique Fran­çaise irré­pro­chable ». Au final :

  • un ministre condam­né pour racisme (mais il a inter­je­té appel, donc « inno­cent »… en sur­sis)
  • deux ministres « démis­sion­nés » pour uti­li­sa­tion sus­pecte d’argent public
  • un ministre « inno­cent » dont le des­tin est entre les mains d’un pro­cu­reur porte-coton pré­si­den­tiel

Le tout en moins de deux mois. Natu­rel­le­ment, ça fait désordre. Mais pas de panique, le pré­si­dis­cule de la répu­blique a tou­jours une lon­gueur d’avance : il vient de déci­der de faire oublier tout ça. Il a pro­mis :

  • de décla­rer la guerre à… aux can­di­dats au Kär­cher de la der­nière fois (appa­rem­ment pas vrai­ment impres­sion­nés)
  • de bou­ter les Roms hors de France, en contra­dic­tion avec les trai­tés euro­péens qu’il a signés
  • de créer une natio­na­li­té fran­çaise à deux vitesses, en contra­dic­tion avec la consti­tu­tion qu’il a modi­fiée lui-même
  • de réin­ven­ter le code civil, ren­dant les parents péna­le­ment « cau­tion » de leurs reje­tons can­di­dats au Kär­cher

Et tout en mois de temps qu’il en faut pour faire un dis­cours.

Je pour­rais me mettre à écrire à lon­gueur de pages, mais je suis fati­gué. Et puis d’autres s’y sont col­lés avant moi. En outre, d’autres le feront très pro­ba­ble­ment encore.

Je sais bien que le pré­sident recherche d’abord les effets d’annonce. Cette loi ne ver­ra jamais le jour. Mais ça ne change rien aux inten­tions. Et les inten­tions, je vous le dis comme je le pense, les inten­tions sont scan­da­leuses.

Michel Rocard, lisible ici

Je ne vote­rai plus en France. C’est ter­mi­né. Je ne joue plus. Comme le vote « blanc » est éva­cué, je n’ai plus aucun recours. Quand on éli­mine le vote blanc, on peut ima­gi­ner un pré­sident élu avec deux voix contre une à son adver­saire. Vous voyez ce que je veux dire.

Pire : je m’en fous, de voter fran­çais. Voter contre le pré­si­dis­cule me for­ce­rait pro­ba­ble­ment à voter pour un « socia­liste » genre DSK, et je m’accepterais plus faci­le­ment en lâche qu’en cou­pable.

Je vote­rai aux muni­ci­pales de Ber­lin, tant qu’il nous res­te­ra des can­di­dats genre Hei­di. Je n’y pas crois pas trop, mais au moins elle peut me faire sou­rire…

Et, oui, je sais, mes ancètres se sont bat­tus pour leur droit au vote. Comme je vous l’ai dit, la ques­tion est de savoir com­ment se trom­per sans se tra­hir. Et mes ancètres, et leurs suc­ces­seurs, se sont —tous— tra­his. Cette « démo­cra­tie » à la Fran­çaise est une fou­taise.

Un leurre.

Je ne joue plus.

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