Un pas. De trop.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 31 Juil 2010 à 07:15

J’aime bien les jeunes. Géné­ra­le­ment. Enfin par­fois. De temps en temps.

Je me trim­balle rela­ti­ve­ment sou­vent dans Ber­lin avec un t-shirt « poli­tique ». C’est pas du Storch, mais le mes­sage est tout aus­si clair : les sym­pa­thi­sants du FC Sankt Pau­li ne sont pas répu­tés pour leurs attaches à droite. Je reçois géné­ra­le­ment des regards et/​ou des saluts posi­tifs. Et sur­tout je n’ai pas d’arrières pen­sées avant de sor­tir avec mon t-shirt. Je prends comme ça une ligne du S-Bahn qui tra­verse la « for­te­resse » d’extrême droite (Mar­zahn, etc.), et je n’ai jamais eu droit à une réac­tion néga­tive.

Mais, à regar­dant ce qui se passe dans la rue, j’ai par­fois des suées froides. La gué­guerre rhé­to­rique entre les « anti-faschistes » et les « néo­na­zis » de lam­pa­daires (entre nous, vous pour­rez noter mon emploi des guille­mets —et en tirer les consé­quences qui vont bien) conti­nue d’escalader.

Hier, on a fran­chi la ligne. Sur cette affi­chette (ano­nyme, natu­rel­le­ment), on y dénonce un « porc de nazi » (Nazi­sch­wein), avec sa pho­to, son nom, *et son adresse*. L’affichette se finit par « il adore les visites » (er freut sich über Besuch).

Moi, j’appelle ça un appel au meurtre.

J’aimerais que les dif­fé­rences entre « nazis » et « anti-nazis » soient plus claires. Quand un dépu­té trans­gresse la loi pour faire par­tie d’un sit-in pour blo­quer la route d’une mani­fes­ta­tion d’extrême droite, tout va bien. Quand à l’occasion deux groupes en viennent aux mains, c’est moins drôle, mais ça va encore.

Mais l’appel au meurtre, ça ne passe pas.

J’aimerais bien que les « anti­fas » ne se trompent pas de méthodes.

J’adore mes t-shirts Sankt Pau­li. Et j’aimerais pou­voir conti­nuer à les por­ter sans risque d’être confon­du avec des jeunes cons pas tant « anti » que ça.

Wir haben Gesichter, nous avons des visages…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 30 Juil 2010 à 07:31

J’ai trou­vé cette stèle, ce monu­ment, à un des entrées du parc Vik­to­ria, sur le che­min direc­tion Tem­pel­hof. Des­sus, il est écrit :

Nous avons des visages
Nous avons des yeux
Nous avons des mains et des poings
Nous avons des noms
Nous avons des cœurs
Nous avons des rêves
Nous avons des larmes
Nous avons des rires
Nous avons la colère

Wir haben Gesich­ter, Wir haben Augen, Wir haben Hände und Fäuste, Wir haben Namen, Wir haben Her­zen, Wir haben Träume, Wir haben Trä­nen, Wir haben Lachen, Wir haben Zorn. C’est la ver­sion ori­gi­nale d’un cri de colère.

Le monu­ment « com­mé­more » le viol d’une femme. Le viol a eu lieu en 2002. Sur la stèle, on peut lire la révolte. Presque la vio­lence. Viol, Ber­lin, 2002. Ça me rend malade.

Ce texte s’est, dans ma tête, super­po­sé à un autre texte que j’ai redé­cou­vert der­niè­re­ment.

Tour­nez, Uru­bus !
Quand la lumière des villes s’obscurcit vers le néon fra­gile !

Pla­nez, Uru­bus !
Au-des­sus des sou­mis comme une ombre por­tée sur la vie !

Vivez, Uru­bus !
Cachés dans vos buil­dings sans un cri, pen­chés sur vos plan­nings!

Vivez, Uru­bus !
Glis­sez vos doigts d’acier dans nos démo­cra­ties avan­cées !

Tour­nez, Uru­bus !
Don­nez-nous un peu d’air et on vous laisse le phos­phate et le fer!

Tour­nez, Uru­bus !
Qui contrô­lez le temps, mines d’or, de pla­tine, de dia­mants!

Tuez, Uru­bus !
Tout ce qui vous résiste, ce qui vit, qui res­pire, qui existe !

Fouillez, Uru­bus !
Au fond de leurs entrailles, becs cro­chus, longs cou­teaux et tenailles !

Cher­chez, Uru­bus !
Ce qui nous fait mar­cher, ce qui nous fait rêver, nous aimer !

Pla­nez, Uru­bus !
Au-des­sus du lin­ceul que déchire le poing d’un homme seul !

Cre­vez, Uru­bus !
Tom­bez comme des pierres sur la terre, le gou­dron en enfer !

Per­sonne Uru­bus, ne vien­dra vous bec­que­ter. Même pas les four­mis rouges affa­mées

Uru­bus, Les aigles sont déchus.
Innom­brables vous gar­dez les issues !

Uru­bus (« vau­tours »), Ber­nard Lavilliers, dans son album « Pou­voirs », en 1979

Le lien entre ces deux textes n’est pas expli­cite. Je veux dire que je n’ai pas besoin de prendre le temps de réflé­chir, pas besoin de pas­ser par le stade « lan­gage » pour savoir que ce sont deux « faces » du même texte. Uru­bus est le nom bré­si­lien d’un vau­tour. Un cha­ro­gnard.

En ce moment, je suis un ter­rain fer­tile. Pour la colère.

Oh, pas tout le temps, hein. Tout à l’heure, j’ai vu Noi­sette tra­ver­ser la rue. Com­ment res­ter en colère après ça ?

Au fait, est-ce que quelqu’un a une idée de com­ment « Uru­bus » se dit en… disons… hon­grois ?

Ne cher­chez pas : j’ai cher­ché ça moi-même. Et non, la réponse n’est, curieu­se­ment, pas « sar­ko­zy ».

Une promenade hors du temps… ou d’autre chose…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 28 Juil 2010 à 09:28

Je vous ai déjà par­lé de Tem­pel­hof. Ou pour lui don­ner son nom com­plet, de l’aéroport de Ber­lin-Tem­pel­hof. Un aéro­port en pleine ville. Et main­te­nant il est fer­mé.

Pour être hon­nête, j’ai vrai­ment cru que le Sénat de Ber­lin réus­si­rait à pla­cer quelques uns de ses nombres amis pro­mo­teurs immo­bi­liers dans la place. Ima­gi­nez un petit peu la sur­face de ter­rain vide. Ten­tant. For­cé­ment très ten­tant. Regar­dez la carte, et vous com­pren­drez.

Mais, de temps en temps on a une bonne sur­prise. Et main­te­nant, Tem­pel­hof, à part le bâti­ment, natu­rel­le­ment, est un parc. On a y recen­sé 414 sortes d’insectes buti­neurs. J’ai oublié le nombre d’espèces d’araignées. Le parc est « amé­na­gé ». Au début, c’est un petit peu curieux, mais on s’habitue rapi­de­ment. Le parc est en gros vide. C’était un aéro­port, donc c’est plat. Pas d’arbres. Du bitume (pistes diverses, deux kilo­mètres de long) et de la ver­dure. Les zones bitu­mées sont le royaume des ska­ters et des cyclistes. Oh, et des spor­tifs, ceux qui courent. On peut natu­rel­le­ment éga­le­ment juste mar­cher.

La ver­dure a été « admi­nis­trée ». Il y a des zones pour les fans de bar­be­cue (sorte de sport natio­nal à Ber­lin), natu­rel­le­ment il y a un café, des zones où on peut s’allonger tran­quille­ment, où on peut jouer, etc. Il y a quelques zones « fer­mées » où on peut lais­ser le chien cou­rir (c’est grand). Et le reste ?

Au moins deux tiers de la sur­face totale est une réserve natu­relle. Pour les oiseaux, les buti­neuses, tout ce qui bouge.

Hier, il fai­sait chaud, mal­gré le ciel cou­vert. Il n’y avait pas trop de gens. On mar­chait, tran­quille­ment. En plein cœur d’une ville. Et tout ce qu’on enten­dait était les bruits des oiseaux et des insectes. Hors du temps. Magni­fique. J’ai vu un fau­con cré­ce­relle. Il y en pro­ba­ble­ment beau­coup d’autres.

Il y quelques trucs que je n’aime pas. À l’entrée, on est accueillis par « Ber­lin Grün GmbH ». Ber­lin Grün ça veut dire « Ber­lin verte ». Mais GmbH c’est la déno­mi­na­tion alle­mande d’une SARL. L’actionnaire unique est le Sénat de Ber­lin. Je n’aime pas le mélange des genres : une SARL c’est une enti­té des­ti­née à *gagner* de l’argent. Une asso­cia­tion m’aurait suf­fi. Je ne sais pas com­ment com­prendre le Sénat de Ber­lin créant des entre­prises. Le Sénat n’a pas voca­tion à faire du béné­fice. Mais c’est juste moi, hein.

Ils annoncent tout de même « quelques » bâti­ments d’habitation. Ça rime bien avec GmbH. Et ils annoncent éga­le­ment un « parc d’innovation », quoique ce soit.

Le café est ter­ri­ble­ment cher. En d’autres termes, une arnaque. Peut-être même à la limite de l’illégalité.

Mais dès qu’on lui tourne le dos et qu’on marche un petit peu, on est subi­te­ment à la cam­pagne. Il y a quelques plate-formes des­ti­nées à ceux qui vou­draient obser­ver. Les oiseaux, par exemple.

Une après-midi de rêve. Sans « Noi­sette », mais tout de même.

Pour le moment. Pour 2017, ils annoncent une Expo­si­tion de jar­dins inter­na­tio­nale sur Tem­pel­hof. Je ne sais pas ce que ça va repré­sen­ter pour les oiseaux. Mais il est encore un petit peu tôt pour déses­pé­rer…

Il est exactement Sud-Ouest moins 5…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 25 Juil 2010 à 09:20

Ça fait au moins 6 ans que j’utilise le navi­ga­teur Fire­fox. Depuis que j’ai appris son exis­tence. Lit­té­ra­le­ment. Avant, je crois que j’utilisais Mozilla, et encore avant son ancêtre Nets­cape.

Pas parce qu’il est le plus rapide, pas parce qu’il est le plus beau, même pas parce qu’il est « libre » (encore que, natu­rel­le­ment, ça a comp­té), mais parce que c’est le plus flexible. Pour moi. Le mélange « exten­sions » et « moteurs de recherche », c’est —dans *mon* uti­li­sa­tion d’un navi­ga­teur— l’arme abso­lue.

C’est que je « cherche » beau­coup, et que j’aime bien cher­cher « futé ». Et aus­si car je suis apha­sique. Et tri­lingue.

Ima­gi­nez, par exemple, que pen­dant que j’écris cet article, il me manque un mot. C’est un des effets secon­daires de mon apha­sie. J’ai un mot, ou bien le concept d’un mot dans la tête, mais il ne sort pas. Dans ce cas là, j’utilise deux types d’astuces :

Si j’ai un syno­nyme dans la tête : dans ce cas, le meilleur outil que je connaisse est cette page. Le lien m’a été envoyé par l’ami Sté­phane Ne vous lais­sez pas trom­per par le titre : ce n’est pas seule­ment un tra­duc­teur. Ima­gi­nez que le syno­nyme que j’ai en tête soit, par exemple, « vite » : je vais pou­voir trou­ver le mot que je cher­chais (en l’occurrence « impé­tueux ») sur cette page.

Main­te­nant com­ment y aller ? La méthode « clas­sique » consiste à :

cli­quer sur le marque-page (« book­mark ») que j’ai crée. Dans le meilleur des cas, c’est *deux* actions. J’ai plu­sieurs cen­taines de marque-pages, ran­gés dans quelques dos­siers. Pour arri­ver à la page que je cherche, je dois cli­quer une pre­mière fois pour ouvrir mon dos­sier « divers », puis une seconde fois (avec le bou­ton du milieu de ma sou­ris) sur le marque-page. La page s’ouvre sur un nou­vel onglet. Si je cli­quais sur le bou­ton de gauche de ma sou­ris, la page rem­pla­ce­rait la page sur laquelle je suis en train d’écrire mon article. À évi­ter.

uti­li­ser la fenêtre « recher­cher » du navi­ga­teur. Atten­dez… où vais-je trou­ver un « plu­gin moteur » pour cher­cher sur cette page spé­ci­fique ? Le navi­ga­teur nous donne un lien qui nous envoie . Ce n’est pas le pied. Après un petit peu de recherche, j’ai trou­vé cette page là, déjà bien meilleure. Sauf que là non plus je ne trouve pas la page que je cherche. Je peux tou­te­fois trou­ver celle ci. C’est le même moteur, mais la cou­leur est insup­por­table. Je veux celle qui cor­res­pond à mon book­mark. Et c’est là que les « exten­sions » entrent en jeu. Après un petit peu de recherche, j’ai trou­vé une exten­sion qui me per­met de créer un plu­gin pour toute page conte­nant un champ de sai­sie pour une recherche. Et le tour est joué.

Main­te­nant ima­gi­nons, l’instant d’une minute, que je ne connaisse pas de syno­nyme pour le mot que j’ai en tête, mais que j’en aie que le début… par exemple, « impet ». Ça m’arrive très sou­vent. Je suis cer­tain qu’il existe des cen­taines de pages qui per­mettent une recherche avec *une par­tie de mot*, mais pour des rai­sons qui me sont propres (je suis tri­lingue), j’utilise celle-ci 

Ce n’est pas par­fait, mais ça m’a sau­vé un cer­tain nombre de fois.

Liste d’extensions que j’utilise (plus que les autres) :

Adblock plus J’exècre la pub, et cette exten­sion m’en débar­rasse. On y gagne en temps et en confort men­tal.

Add to search bar Me per­met d’avoir des moteurs de recherches acces­sibles à tous les coups.

Exif Vie­wer Pour qui s’intéresse à la pho­to, c’est un must. Un clic-droit sur une pho­to nous donne accès aux EXIF.

Fire ges­tures Par­fois, il est per­mis d’être à la fois fai­néant et pres­sé. Cer­taines opé­ra­tions peuvent être accé­lé­rées, et c’est bien.

Google Rea­der Wat­cher J’utilise Google Rea­der pour un *cer­tain* pour­cen­tage de mon temps pas­sé sur l’Internet. Donc…

Https Eve­ryw­here Par­fois (j’avoue : géné­ra­le­ment) on peut ne pas avoir envie que quelqu’un d’autre s’intéresse à ce qu’on fait sur l’Internet. Cette exten­sion, deve­lop­pée par EFF (Elec­tro­nic Fron­tier Foun­da­tion) empêche les gens de four­rer leur nez là où ils ne devraient pas.

Search With Par­fois, il est per­mis d’être à la fois fai­néant et pres­sé. Cer­taines opé­ra­tions peuvent être accé­lé­rées, et c’est bien. Dans ce cas là, il s’agit de recherches.

Sty­lish Cette exten­sion m’a per­mis de me débar­ras­ser de la barre de dépla­ce­ment ver­ti­cale, laquelle ne (me) sert à rien, et me pol­lue l’espace visuel.

Tiny Menu Parce que j’utilise mon écran pour y trou­ver des infor­ma­tions, et pas des menus.

Voi­là. C’est pas pour convaincre, c’est pour, éven­tuel­le­ment, aider.

Et, ah oui, la pho­to du jour : le roi de Prusse, Fre­de­ric II, pour tout ber­li­nois « Der alte Fritz », s’est fait ins­tal­ler dans sa chambre un cadran relié à la girouette du châ­teau de Char­lot­ten­burg. Il vou­lait pou­voir connaître la direc­tion du vent. C’est pas idiot. Sur­tout dans un châ­teau. La girouette est sou­vent très loin… :)

Le vieux Fritz était un roi comme on devrait se sou­hai­ter un pré­sident. Un homme remar­quable. Affaires mili­taires mises à part, natu­rel­le­ment.

En bref : Deux procès…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 22 Juil 2010 à 10:51

Hier, il y avait deux inté­res­sants pro­cès en Alle­magne.

Thor Stei­nar contre Storch Hei­nar : le ver­dict sera ren­du au mois d’août, mais les obser­va­teurs ne se font pas de sou­cis pour Storch Hei­nar, la cigogne zal­dingue anti-nazie. Crée par un dépu­té SPD, la cigogne est épa­tante.

La cigogne figure sur t-shirts, tasses, sur tout ce qui s’imprime, décli­née sous diverses formes. La « prin­ci­pale » est en fait une cari­ca­ture du logo de la marque Thor Stei­nar (de la petite culotte aux blou­sons, tout pour les nazillons). Mais elle existe sous la forme Beni­to Stor­cho­li­ni (Mus­so­li­ni), Debi­ler Rudolf (Hess), etc. Le « logo » de Storch Hei­nar res­semble (vu de Mes­serch­mitt) au logo de Thor Stei­nar, lequel évo­lue (de ver­dict en ver­dict, la pre­mière ver­sion ayant été inter­dite par la jus­tice), com­po­sé de « runes » vague­ment ger­ma­niques. Ou nor­diques. Blanches, natu­rel­le­ment. Vous voyez le genre.

Il fal­lait que ça arrive (et c’est en fait déjà la deuxième fois), Thor attaque Storch en jus­tice. L’objet du litige : pla­giat et calom­nie. La marque de Thor pré­tend que Storch lui fait perdre des clients. Jugez donc vous-même :

Le juge appré­cie­ra. Il a, avant de clore la ses­sion, lais­sé peu d’espoir à Thor. Il a, parait-il, sou­ri. Et c’est très bien ain­si.

Bodo Rame­low contre Alle­magne (état)
Bodo Rame­low est poli­ti­cien. Il appar­tient au par­ti Die Linke (« la gauche »), la par­ti que la démo­cra­tie entière nous envie. Le motif : il est très offi­ciel­le­ment sur­veillé (per­son­nel­le­ment, ain­si que son par­ti comme orga­ni­sa­tion) par le Bun­des­ver­fas­sung­sschutz, l’organisation du gou­ver­ne­ment dédiée à la pro­tec­tion de la consti­tu­tion. Autres « vic­times » : les grou­pus­cules néo­na­zies, La Scien­to­lo­gie, etc. Comme vous pou­vez le voir, Bodo Rame­low est en bonne com­pa­gnie. Bodo pré­tend que c’est injuste. Bouh.

Hier, le Bun­des­ver­wal­tuns­ge­richt (le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif fédé­ral) a ren­voyé Bodo per­son­nel­le­ment et sa clique poli­tique au bac à sable. La sur­veillance conti­nue­ra. Le juge n’a cer­tai­ne­ment pas sou­ri. Et c’est très bien ain­si.

Et comme les bonnes nou­velles arrivent tou­jours par paquet de trois, hier on appris la mise en exa­men d’un autre poli­tique de Die Linke. Pour détour­ne­ment de fonds publics.

Film à voir : Berlin, symphonie d’une grande ville

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 22 Juil 2010 à 08:27

J’ai pris un plai­sir immense à décou­vrir ce film énorme. Vingt-quatre heures de Ber­lin. Le film est sor­ti en 1927. Muet. Le DVD l’accompagne de la par­ti­tion d’origine.

1927, c’est demain. Les tech­niques de mon­tage et de tour­nage étaient déjà là, rien de nou­veau depuis.

1927, c’est demain. À part de l’absence du phé­no­mène « télé­vi­sion » (et ses aco­lytes, wii, Plays­ta­tion, etc.) qui pha­go­cyte le temps « libre » des gens, la vie quo­ti­dienne est la même. Les riches sont tou­jours riches, et les pauvres pauvres.

Le film dure un petit plus d’une heure. Pre­nez-vous une heure, et regar­dez. Regar­dez et com­pa­rez.

La pho­to qui illustre cet article n’est pas tirée du film. Appe­lons ça un clin d’œil.

Ah oui, il y a pas mal de Tchooo dedans.

La loi qui protège…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 14 Juil 2010 à 14:55

On se bala­dait, comme pré­vu, hier soir, dans le quar­tier du Bun­des­tag. Il y a une pro­me­nade qui longe la Spree —et un cer­tain nombre de bâti­ments offi­ciels. On peut s’asseoir, prendre le frais, c’est en fait très agréable. Aux alen­tours de minuit, il y avait encore pas mal de gens, dans une ambiance très déten­due.

En Alle­magne, enfin à Ber­lin, les bâti­ments offi­ciels ne sont pas vrai­ment inti­mi­dants. Je veux dire : je n’ai pas vu l’ombre d’un poli­cier, par exemple, aux alen­tours du Bun­des­tag depuis que j’habite Ber­lin. Contraste avec ma der­nière visite à Paris, où j’ai été lit­té­ra­le­ment ter­ri­fié par le nombre de poli­ciers, sol­dats en armes, et sup­plé­tifs divers. C’est comme dans une répu­blique bana­nière ou une dic­ta­ture. Sérieu­se­ment, débar­qué du train à la gare de l’est, je n’avais qu’une envie : repar­tir au plus vite. Sans rire, se trou­ver nez à nez avec un groupe de mili­taires équi­pés de fusils d’assaut, ça doit boos­ter les sta­tis­tiques du tou­risme…

Reve­nons à Ber­lin, sur le Bun­des­ta­gu­fer (la « rive du par­le­ment »), il y a un endroit que j’apprécie par­ti­cu­liè­re­ment la nuit : l’endroit où les droits fon­da­men­taux extraits de la « Loi fon­da­men­tale » (Grund­ge­setz, ver­sion locale de la Consti­tu­tion). C’est sobre à sou­hait, repo­sant. À lire ces articles, je me sens pro­té­gé par la loi. Les Alle­mands ont beau­coup pêché, en ce qui concerne des droits à l’époque nazie. En France, nous avons aus­si beau­coup pêché dans ce domaine, entre nous. Mais les Alle­mands ont appris, pas nous. Les articles qui énoncent les droits fon­da­men­taux sont les pre­miers articles du Grund­ge­setz. Par exemple l’article 4, titré « Liber­té de croyance, de conscience et de pro­fes­sion de foi », très court, nous dit au troi­sième para­graphe (plu­tôt troi­sième phrase) :

Nul ne doit être astreint contre sa conscience au ser­vice armé en temps de guerre.

Ce genre de trucs n’apparait pro­ba­ble­ment pas dans le texte de la consti­tu­tion fran­çaise. Les Alle­mands ont beau­coup souf­fert, et en ont tiré les consé­quences. Ça donne, quand on com­pare, l’impression que les Fran­çais n’ont, eux, pas vrai­ment réflé­chi. L’Article de la Consti­tu­tion de 1958 énonce :

Article 2 : La langue de la Répu­blique est le fran­çais

L’emblème natio­nal est le dra­peau tri­co­lore, bleu, blanc, rouge.

L’hymne natio­nal est la Mar­seillaise.

La devise de la Répu­blique est « Liber­té, Éga­li­té, Fra­ter­ni­té ».

Son prin­cipe est : gou­ver­ne­ment du peuple, par le peuple et pour le peuple.

L’article 2 du Grund­ge­setz lui, nous dit :

Article 2 [Liber­té d’agir, liber­té de la per­sonne]

Cha­cun a droit au libre épa­nouis­se­ment de sa per­son­na­li­té pour­vu qu’il ne viole pas les droits d’autrui ni n’enfreigne l’ordre consti­tu­tion­nel ou la loi morale.

Cha­cun a droit à la vie et à l’intégrité phy­sique.

La liber­té de la per­sonne est invio­lable. Des atteintes ne peuvent être appor­tées à ces droits qu’en ver­tu d’une loi.

L’article 2 d’une texte de loi quel­conque est (Dôh!) au debut, et donc devrait être proche du « coeur du sujet ». Les 19 pre­miers articles du Grund­ge­setz alle­mand consti­tuent les Droits Fon­da­men­taux. Lisez, his­toire de rire, les dix-neuf pre­miers articles de la consti­tu­tion fran­çaise. Ensuite, jetez un œil à la ver­sion (tra­duite en fran­çais) alle­mande.

Je me sens bien, à Ber­lin. La cour constu­tion­nelle alle­mande a tout pou­voir. Elle force régu­liè­re­ment le gou­ver­ne­ment à modi­fier des lois jugées illé­gales. Et cha­cun peut s’adresser à la cour constu­tion­nelle : c’est écrit dans l’article 17 du Grund­ge­setz (« Toute per­sonne a le droit d’adresser par écrit, indi­vi­duel­le­ment ou conjoin­te­ment avec d’autres, des requêtes ou des recours aux auto­ri­tés com­pé­tentes et à la repré­sen­ta­tion du peuple »). Chaque citoyen peut atta­quer toute loi.

Tiens, com­ment ça marche, ça, en France ?

Les marchés sont des cons salauds…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 13 Juil 2010 à 12:26

Rien ne semblent pou­voir faire flan­cher le moral des inves­tis­seurs à la Bourse de Paris ce mar­di. Après avoir ouvert à l’équilibre (+0,02 %), le CAC 40 accen­tue ses gains et gagne, à mi-par­cours 1,37 % à 3616,58 points.

Le jour­nal des Finances, ce jour vers 13:00

Impres­sion­nant !

Sérieu­se­ment !

Regar­dez :

Ça fait des mois qu’on nous serine que tout va bien (euuh… à la Bourse, hein…). Au jour le jour, tout est tou­jours rose.

Et pour­tant, si on lève la tête un tout petit peu…

L’économie n’est pas un science. Toute per­sonne pre­nant la parole en public et par­lant d’économie est par défi­ni­tion un char­la­tan.

J’ai, au mur, sur ma gauche, un tout petit article du Canard Enchaî­né qui me cite deux « experts » (prix Nobel d’économie 2006 et prix Nobel d’économie 2007). Les deux char­la­tans ont publié le même jour, et dans le même jour­nal, deux avis lit­té­ra­le­ment oppo­sés.

Pour­quoi devons-nous baser nos vies sur les avis de char­la­tans ?

Sous le soleil de Sarkozy Satan…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 13 Juil 2010 à 08:07

Ça va faire deux semaines que je ne fais rien que dégou­li­ner. Au point qu’on envi­sage d’aller pas­ser la jour­née dans le métro avec un livre, juste pour avoir un petit peu d’air.

Aujourd’hui, c’est déjà l’hiver, ou presque : seule­ment 28° à l’ombre. Hier soir, à 23 heures, on avait encore *32°*. Alors qu’il y avait des éclairs incroyables par­tout, pas de pluie, rien. Que de la cha­leur.

Hier soir, on est allés à la poste. Plu­tôt à Frie­drichs­traße, parce qu’elle ferme à 22 heures. Drôle de poste, Frie­drichs­traße. C’est la seule où chaque lettre est dûment tim­brée. Avec des timbres. Des petites fleurs, des bateaux. Pas des timbres de col­lec­tion, hein, juste des timbres « manuels ». Sur le comp­toir, il y a ces petites éponges humides sur les­quelles le pré­po­sé pose les timbres avant de les appli­quer sur les enve­loppes. C’est déli­cieu­se­ment sur­an­né.

Et puis ensuite on est allés se pro­me­ner.

Pen­dant ce temps là, le duo à la mode, David et Jona­than Nico­las ont fait leur show sur France2. Cer­tai­ne­ment un grand moment de télé-véri­té. La presse alle­mande s’amuse, depuis. Même Bild [la ver­sion alle­mande de Le Pari­sien des grandes époques] s’offre des com­men­taires du genre :

Manche Zuschauer mögen es bedauert haben, dass sein Inter­view­part­ner auf Nach­fra­gen ver­zich­tete.

En « bon » fran­çais : quelques spec­ta­teurs auront peut-être regret­té que son par­te­naire ait renon­cé à lui poser des ques­tions gênantes.

J’ai bien aimé les pho­tos que j’ai prises hier. Mais il faut que je revienne avec mon tré­pied.

Ren­dez-vous ce soir, même endroit, même heure. Même lumière ?

La RDA, comme si vous y étiez…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 8 Juil 2010 à 10:23

Voya­ger dans le temps ? C’est facile.

La tech­nique n’a (natu­rel­le­ment) pas beau­coup évo­lué depuis qu’elle a été mise au point, dans les années 70, en RDA. Le seul chan­ge­ment, c’est qu’on se rend aujourd’hui compte que la machine à voya­ger dans le temps n’est pas exac­te­ment ce qu’on croyait à l’époque. La machine à voya­ger dans le temps ne peut vous envoyer que dans une seule période : les années 70 de la RDA. C’est la rai­son pour laquelle la RDA n’a pas su com­mer­cia­li­ser cette magni­fique inven­tion. Et, sérieu­se­ment, qui vou­drait visi­ter la RDA dans les années 70, hein…

J’ai pu tes­ter cette machine hier.

C’est Vio­la qui nous a eu un ticket. Elle l’a reçu de sa caisse de san­té.

On s’est ren­dus à l’adresse indi­quée : le centre de l’hôpital de Ber­lin. Cet hôpi­tal s’appelle « Hôpi­tal Uni­ver­si­taire Cha­ri­té ».

Quand on arrive, on est immé­dia­te­ment écra­sé, impres­sion­né par l’énorme bâti­ment. Enfin tant qu’on approche. Parce que dès qu’on le voit de près, l’ambiance change.

Il fait beau, le temps est magni­fique, et pour­tant, quand on longe le bâti­ment, il fait froid. Les lam­pa­daires sont made in RDA. Le porche de l’entrée des urgences me fait l’impression d’un jouet gon­flable. Il y a des câbles élec­triques par­tout, qui tiennent avec des ficelles. Les murs sont véro­lés de par­tout. On voit par­tout les struc­tures métal­liques qui affleurent du béton. On voit des filets de sécu­ri­té qui emballent des sec­tions entières. Je ne suis pas à l’aise.

On rentre. Le mur du fond est cou­vert de pan­neaux. On cherche la sec­tion que Vio­la doit visi­ter. On cherche pen­dant une dizaine de minutes, et on aban­donne. Alors je par­viens à convaincre Vio­la de s’adresser à l’accueil. L’accueil, il est facile à trou­ver. Il y a un énorme pan­neau « Infor­ma­tion » des­sus. C’est un cube. Je veux dire : on peut faire le tour. Dedans, il y a quatre agents.

Vio­la leur demande : « elle est où, la sec­tion gyné­co ? »

Les quatre agents (trois hommes et une… euh… femme, je crois) se regardent, l’air ahu­ri. La réponse tarde à venir. Et quand elle vient, elle est… bizarre. « Vous avez une prise en charge ? » Le second embraie immé­dia­te­ment, pra­ti­que­ment par réflexe : « C’est le papier rose ». Puis le troi­sième sur­saute : « Vous avez un ren­dez-vous ? »

Moi, j’ai peur, là. Alors, his­toire de me ras­su­rer, je chu­chotte à Vio­la, en fran­çais ? « Où est la camé­ra ? ». J’invoque l’esprit de la camé­ra invi­sible, his­toire de me convaincre que c’est un gag. Du coup, je com­mence à m’intéresser aux quatre agents. Je regarde leurs che­mises d’uniforme : des­sus, il est écrit « sécu­ri­té ». Oh, ils portent un uni­forme.

Vio­la insiste : « la sec­tion gyné­co­lo­gie, s’il vous plait ? ».

Palabres. Après consul­ta­tions, l’un des quatre nous dit : « Je ne sais pas de quoi vous par­lez. Allez à l’accueil du bâti­ment 3. Pour y aller, c’est facile : vous sor­tez, vous allez à droite, vous tra­ver­sez la route, vous pas­sez sous le porche, ensuite vous pre­nez la pro­chaine à gauche, et ensuite vous tour­nez à droite. Le numé­ro 3, vous ne pou­vez pas le rater. Il y a des portes auto­ma­tiques ».

Haaaa, sa voix quand il a par­lé des portes auto­ma­tiques. Je pou­vais y per­ce­voir quelque chose comme de la fier­té. Vous vous ren­dez compte ? Des portes au-to-ma-tiques !!

On est sor­tis, on a retrou­vé le soleil. On s’est regar­dés tous les deux, inter­dits, et on s’est mis en route pour trou­ver le numé­ro trois.

Notez, on a fini par le trou­ver, le numé­ro 3. Il y a eu un petit peu de confu­sion, car par exemple sur la façade du numé­ro 5, il y avait une énorme plaque qui disait « amphi­théatre 4 », et sur la façade du numé­ro 4, une non moins énorme plaque qui annon­çait fiè­re­ment « amphi­théâtre 3 ». Mais une fois éli­mi­née la confu­sion entre « bâti­ment » et « amphi­théâtre », on a eu la force néces­saire de conti­nuer à cher­cher. Et effec­ti­ve­ment, nous avons trou­vé une bâti­ment qui por­tait le numé­ro trois. Et il y avait effec­ti­ve­ment des portes auto­ma­tiques.

Des doubles portes auto­ma­tiques, même.

Pas­sée la pre­mière, dans le sas, il y avait là quatre ou cinq chaises à rou­lettes. Mais dans un état ! J’hésite entre les mots « reliques » et « ruines ». Le mot « relique » a une conno­ta­tion peut-être un petit peu trop posi­tive. C’était des ruines. Des machins rouillés, des trucs sur les­quels je ne m’assoirais sous aucun pré­texte.

Nous sommes regar­dés.

Nous avons pas­sé la seconde porte auto­ma­tique. Nous étions dans un hall. Béton, métal et verre. Et vide.

On est là, tous les deux, un petit peu comme des cons, devant un petit gui­chet « infor­ma­tion » (je pré­sume que c’est l’accueil) vide. De der­rière, une voix  « je peux vous aider ? »

Ho, oui !

La dame (pas d’ambiguité) demande à Vio­la le papier de la caisse de san­té, l’examine lon­gue­ment, et le pose sur le gui­chet. « Atten­dez-moi une minute, il faut que j’aille cher­cher mes lunettes ». Et, elle fait le tour du gui­chet, far­fouille dans ses tiroirs, et en sort des (ses, j’espère…) lunettes. Sur sa che­mise d’uniforme, le mot magique : « sécu­ri­té ».

Elle nous envoyés à l’accueil d’un ser­vice voi­sin. La dame nous a ren­voyé au second étage. Là… per­sonne. Des cou­loirs vides. Avec à droite comme à gauche un pan­neau annon­çant « Besu­cher­schleuse », avec un bou­ton. Pas facile à tra­duire, ça. Si je fais du mot à mot, ça donne « écluse à visi­teurs ». En tant que visi­teur, je pense qu’on doit son­ner, et ren­trer pour s’asseoir pour attendre que quelqu’un vienne pour s’occuper de lui. À gauche, « Besu­cher­schleuse » de la « sec­tion 147 » (ne me deman­dez pas ce que c’est), alors qu’à droite, il y avait la « Besu­cher­schleuse » de la « sec­tion 148 ».

On a fait preuve d’initiative, et on a avan­cé un petit peu plus loin. Les portes sont toutes numé­ro­tées, et sur l’étiquette on trouve le nom et la fonc­tion de la per­sonne qui tra­vaille à l’intérieur. Ah, il y a aus­si la sur­face exacte de la pière. 16,21 m2, la pièce à la porte de laquelle Vio­la a déci­dé de frap­per. Ça disait « secré­ta­riat ».

« Vous avez une prise en charge ? Et un ren­dez-vous ? ».

La dame était, curieu­se­ment, en civil. Elle est allée consul­ter ses col­lègues, et après plu­sieurs minutes de palabres, elle a ren­du à Vio­la ses papiers, et lui a recom­man­dé d’aller à l’accueil prin­ci­pal.

Une fois dans la rue, Vio­la décide de ten­ter sa chance dans le bâti­ment d’en face, se fiant à la plaque « cli­nique ambu­la­toire ». Pour­quoi pas. L’accueil prin­ci­pal, on le connais­sait déjà.

Là, pour la pre­mière fois, nous avons affaire à du per­son­nel médi­cal. La dame s’interroge, et nous donne —enfin !!— l’adresse du ser­vice gyné­co. C’est facile à trou­ver. Troi­sième étage, à gauche de l’ascenseur.

Radiants, après un petit bisou dans l’ascenseur, on arrive au troi­sième étage.

Vide.

Plus que vide. Les éti­quettes des portes com­pre­nant le numé­ro, la fonc­tion, le nom, et la sur­face exacte, sont dégui­sées. Recou­vertes de scotch opaque. On est dans un cou­loir fan­tôme. En levant les yeux, vic­toire :! Un pan­neau, avec une flèche, indi­quant le ser­vice gyné­co. On avance, jusqu’à la fin du cou­loir. Rien. On revient à l’ascenseur, et on entend quelqu’un. On court, et on voit un gamin, peut-être 19 ans, en tongs, en train de fer­mer à clé une des portes fan­tômes. Il n’a pas la réponse à la ques­tion, mais nous dit de le suivre. Il va jusqu’à là où nous étions. En pas­sant, je note qu’il y a une éti­quette qui n’a pas été cachée. Elle indique fiè­re­ment « cou­loir ». Le gamin trouve (com­ment, je ne sais pas) deux infir­mières (euh… deux femmes avec des blouses blanches). Après un court palabre, une des deux se lance dans une expli­ca­tion insui­vable. Tout ce que j’ai pu en com­prendre, c’est que, bien qu’on était en des­sous du pan­neau « ser­vice gyné­co », il fal­lait aller dans un autre bâti­ment. Enfin je crois. La dame ayant à plu­sieurs reprises mon­tré du doigt à tra­vers la fenêtre un bâti­ment, dehors, j’en ai au moins tiré ça.

Voyant nos visages, le gamin nous dit : « sui­vez-moi ».

On est allés à la cave. On a sui­vi des kilo­mètres de cou­loirs sou­ter­rains à la « X-Files ». Machi­na­le­ment, je me suis deman­dé si je n’aurais pas, par hasard, une lampe de poche dans mon sac. Et, après je ne sais com­bien de portes, on se retrouve dehors. Et le gamin nous montre du doigt un bâti­ment, et, sui­vi du bruit de ses tongs, il est par­ti.

Nous ren­trons dans le bâti­ment. Il y a un pan­neau « infor­ma­tion »… le gui­chet est fer­mé. Il y a des stores véni­tiens fer­més, et un pan­neau annon­çant « pas d’informations dis­po­nibles ».

Donc, pas de trace d’un ser­vice gyné­co. Mais un petit peu plus loin, dans le cou­loir, il y a un papier, manus­cript, indi­quant que le ser­vice gyné­co avait démé­na­gé, et qu’il se trou­vait au troi­sième étage.

Ben tiens…

Arri­vés à l’ascenseur (en fait il y en a deux, mais un des deux est en panne, avec un papier annon­çant la remise en ser­vice fin 2023…), nous trou­vons une note manus­cripte nous indi­quant que pour aller au qua­trième étage, il faut des­cendre au troi­sième et finir l’ascension à pieds. Et, en effet, il n’y a que trois étages sur le pan­neau de com­mande. Appa­rem­ment, le rez-de-chaus­sée est au bou­ton « 1 ». En des­sous, ça passe direc­te­ment de « 1 » à « -1 ».

Une fois arri­vés au troi­sième étage, le champ de dis­tor­tion tem­po­rale com­mence à se dis­soudre. La vie com­mence à reprendre un cours « nor­mal ». J’avoue d’avoir hési­té à deman­der pour­quoi je ne pou­vais pas trou­ver de toi­lettes pour hommes, juste par peur d’une réponse du genre « ce ser­vice est un ser­vice gyné­co », et pour­quoi les deux clientes et le méde­cin qui dis­cu­taient par­laient russe, mais sinon, le reste était visi­ble­ment nor­mal. On a du attendre, rem­plir des for­mu­laires, tout ça. On était heu­reux d’être sor­tis de ce piège.

La sor­tie de la machine à explo­rer le temps la RDA des années 70 est donc située à la porte du ser­vice de gyné­co. Si vous la cher­chez…

Et dire que je me deman­dais pour­quoi j’avais lu qu’il existe des visites gui­dées de la Cha­ri­té…

Économie(s) sélective(s)…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 5 Juil 2010 à 09:50

C’est bien connu : l’Allemagne doit éco­no­mi­ser. Encore que, per­son­nel­le­ment, j’ai encore un petit peu de mal à com­prendre pour­quoi, mais c’est un autre débat…

Donc, puisque nous par­lons d’Économie (syno­nyme d’économies…), par­lons chiffres. Juste des chiffres, sans com­men­taire :

Bud­get pro­vi­sion­nel de l’Allemagne pour 2011 (par rap­port à 2010)

Pré­si­dence de la répu­blique +5,1%
Assem­blée natio­nale (Bun­des­tag) -0,8%
Sénat (Bun­des­rat) -0,2%
Chan­cel­le­rie -1,4%
Affaires étran­gères -3,0%
Inté­rieur -1,9%
Jus­tice -0,5%
Finances -1,2%
Éco­no­mie -1,1%
Agri­cul­ture et pro­tec­tion des consom­ma­teurs -6,1%
Affaires sociales et tra­vail -7,9%
Construc­tion, tra­fic et déve­lopp­ment des villes -5,0%
Défense +1,5%
San­té -2,1%
Envi­ron­ne­ment +3,1%
Familles, « anciens », femmes et jeu­nesse -1,6%
Cour « suprème » (« consti­tu­tion­nelle ») +7,6%
Cour des comptes +6,1%
Coopé­ra­tion 0%
For­ma­tion et recherche +7,2%
Dette natio­nale -1,9%

Voi­là. Comme pro­mis, sans com­men­taire.

Bon, d’accord : juste un petit. Le minis­tère le plus tou­ché est le minis­tère des affaires sociales.

À dada sur mon bidet de « gauche »…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 1 Juil 2010 à 17:11

J’ai déjà dit, ici ou là, tout le mal que je pense de Die Linke, « La Gauche ».

Non, pas tout le mal que j’en pense. Le meilleur reste tou­jours à venir.

Hier, j’ai vu le cama­rade Gysi faire live Hara-Kiri. En d’autres termes, un sui­cide poli­tique. Aidé par le récem­ment retrai­té Oskar Lafon­taine.

Je vous résume l’affaire : hier, il était arith­mé­ti­que­ment pos­sible de faire capo­ter l’élection pré­si­den­tielle alle­mande. Le can­di­dat « de droite » avait en théo­rie la majo­ri­té abso­lue (l’élection pré­si­den­tielle ne se joue pas au suf­frage uni­ver­sel, mais dans une assem­blée de « super-élec­teurs » —dont les dépu­tés, etc.), mais au pre­mier tour, il lui a man­qué plus de 40 voix. Ces voix se repor­tées sur un can­di­dat « a-poli­tique », lequel béné­fi­cie dans le pays d’une cote *très* haute. À côté de ces deux can­di­dats « prin­ci­paux », une can­di­date de « la gauche » (Die Linke), et un trou­du­cul­dex­tre­me­de­droite, lequel a eu 3 voix (sur 1245 votants).

Le second tour néces­si­tait éga­le­ment une majo­ri­té abso­lue, que le can­di­dat de droite n’a tou­jours pas reçue, mal­gré le savon pas­sé aux « traîtres » (ceci étant du temps per­du, le suf­frage étant secret…).

Mais au troi­sième tour, une majo­ri­té rela­tive suf­fi­sait.

C’était donc enfin l’heure de véri­té pour « la gauche ». Ils avaient les moyens de faire élire le can­di­dat pré­sen­té par le par­ti socia­liste et les verts. Pour ceci, il fal­lait que leur can­di­dat se désiste (ce qu’elle a fait), et que les voix de « la gauche » se reportent sur le can­di­dat res­tant de l’opposition. « La gauche » est dans l’opposition.

Résul­tat des choses, le can­di­dat de droite a gagné *avec la majo­ri­té abso­lue*, et on sup­pose que des voix de « la gauche » lui ont per­mis ça.

La ques­tion, natu­rel­le­ment, est : « pour­quoi » ?

La réponse est simple. Le can­di­dat des socia­listes et des verts s’appelait Gauck. Gauck était cré­di­té dans les son­dages d’entre 75 et 85% d’opinions posi­tives. Mais pour « la gauche », le slo­gan est « tous, sauf Gauck ». Gauck a des prin­cipes, et une morale. Et « la gauche » s’oppose à ça. Une bonne par­tie de ses cadres et de ses élus est mouillée de par les rela­tions avec la Sta­si à l’époque de la RDA. La can­di­date de « la gauche » a décla­ré qu’elle ne pou­vait pas cau­tion­ner les décla­ra­tions de ceux qui disent que la RDA était une dic­ta­ture. Il faut oser, tout de même. Lafon­taine a dit, au jour de l’élection, à la télé, que Gauck n’était pas un « can­di­dat accep­table ».

Donc « la gauche » était accu­lée. Elle ne vou­lait pas voter pour Gauck, mais ne pou­vait natu­rel­le­ment pas dire pour­quoi. Donc le cama­rade Gysi est mon­té, comme un brave, sans filet, et a décrit Gauck comme un « deuxième can­di­dat de droite » (effet comique garan­ti), et a lais­sé ses grands-élec­teurs libres de leur choix. Mais il lui fal­lait une vic­toire nette du can­di­dat de droite, espé­rant que l’on ne puisse pas l’accuser. D’où, très pro­ba­ble­ment la sur­pre­nante vic­toire à la majo­ri­té du can­di­dat de droite. Gysi a accu­sé les socia­listes d’avoir eux-mêmes sabo­té l’affaire, disant qu’ils auraient « pu l’appeler avant ». Aha.

Au bout du compte, « la gauche » peut pro­ba­ble­ment oublier tout pro­jet de coa­li­tion avec les socia­listes et les verts. Je leur sou­haite une mort poli­tique lente et dou­lou­reuse. Les 80% d’Allemands qui appe­laient de leurs vœux l’élection de Gauck ne seront pro­ba­ble­ment pas tom­bés amné­siques à la pro­chaine élec­tion.

Appa­rem­ment, « la gauche » prend les Alle­mands pour des cons.

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