Heart Machine : Orchestrion
Encore. Encore, et encore.
C’est comme un voyage dans les tunnels de la ville. On est dans le métro, au chaud. Et à la fin du voyage, il faut monter. Sauf que là, nuit, jour, canicule, pluie, neige, ce n’a pas d’importance. On a envie de monter.
Pat Metheny est un musicien. Il a travaillé comme un fou, jusque 200 concerts par an, des vingtaines d’albums, jusqu’à maîtriser sa langue. Il passe directement de ses émotions aux nôtres. La technique utilisée n’a aucune importance, elle est irrelevante. C’est le plus grand compliment que je puisse faire à un artiste, quel qu’il soit.
Irrelevante, et fascinante à la fois. L’album que je découvre en ce moment, Orchestrion, est à la fois une évidence, et un tour de force. Un type tout seul avec sa guitare, entouré de machines. Je ne parle pas de synthétiseurs, mais de machines. Il est parti de l’idée du piano mécanique de son grand-père, et a développé tout un orchestre *mécanique*. On voit les marteaux et les ressorts.
Le dernier album qui m’avait impressionné était du même Pat Metheny. Il s’appelait The Way Up. Il avait là encore rendu la technique irrelevante. Personne ne s’était rendu compte que, tout le long des 68 minutes du morceau il y avait une séquence qui faisait tout le chemin. Le tour de force sans en faire un exercice de style est la démonstration de la maturité technique. De plus, The Way Up se voulait un message. En gros, il invitait ses collègues à travailler, et le public à apprendre à savoir discerner et apprécier plus.
« Good notes are good notes » est le message d’Orchestrion. J’ai l’impression de découvrir le second chapitre de The Way Up.
Un album bouleversant.









