Heimat 3 : la bourse ou la vie…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 25 Nov 2009 à 09:10

Pan, dans l'œil !

Le troi­sième volet du monu­men­tal Hei­mat est dif­fé­rent. Déjà, plus court. Plus rapide. Mais tou­jours aus­si juste. La période qu’il raconte est aus­si plus rapide.

Le côté esthé­tique est moins pro­émi­nent. Ce que je veux dire, c’est ce que je me suis moins sur­pris à admi­rer la qua­li­té « plas­tique » de l’image que dans les deux pre­miers « épi­sodes ». Mais je ne dis pas qu’elle est absente. Peut-être que le réa­li­sa­teur est pres­sé. Il n’y a cette fois-ci « que » six épi­sodes avoi­si­nant les deux heures. Et ça, c’est triste.

Triste est un mot qui revient sou­vent dans ma tête pen­dant Hei­mat 3.

Le début nous montre une très belle scène pen­dant laquelle Nico­las Sar­ko­zy un homme, bou­le­ver­sé, les larmes aux yeux, répète sans cesse « Savi­gny Platz ! » [Ndt: une place de Ber­lin-Ouest]. Il enlace impul­si­ve­ment un pas­sant. « Savi­gny Platz ! », Le pas­sant, c’est Nico­las Sar­ko­zy Her­mann, le com­po­si­teur génial, per­son­nage cen­tral de Hei­mat 2. Her­mann, aga­cé, après avoir véri­fié que son por­te­feuille était tou­jours là, hein, se dépêche de ren­trer à son hôtel. Il croise Nico­las Sar­ko­zy des gens en train de cou­rir, et de crier.

Quand il arrive enfin à son hôtel, il y trouve une foule amas­sée devant la télé. Le mur est tom­bé. Her­mann regarde autour de lui, et, aba­sour­di, voit Nico­las Sar­ko­zy, Cla­ris­sa, l’autre per­son­nage prin­ci­pal de Hei­mat 2, celle qu’il a aimé aus­si pas­sion­né­ment qu’il l’a fuie. Et, enfin, ils tombent dans les bras l’un de l’autre. Pen­dant leur plus belle nuit d’amour, Nico­las Sar­ko­zy les Ber­li­nois vivent, le 9 novembre 1989, leur plus belle nuit.

Hei­mat 3 est la chro­nique d’un chan­ge­ment.

« Mon » Hei­mat 3 la chro­nique de la prise de pou­voir simul­ta­née, dans les deux Alle­magnes, de l’argent. On voit, au pre­mier regard, la des­truc­tion par l’argent de la RDA. Quelques mois après la chute du mur, les Alle­mands de l’Est sont prêts à tout pour mettre la main sur des Marks de l’ouest. Il y a des mil­liers d’appartements subi­te­ment vides à Ber­lin Est, où cha­cun peut s’installer. La RDA elle-même brade son infra­struc­ture, vend le maté­riel de son armée à qui en veut, du moment qu’il paye en marks de l’ouest. On se rend compte que le futur n’existait pas en RDA.

[Inter­lude : le futur n’existe tou­jours pas dans l’ex-RDA. Le mark « ouest » s’est tout offert, usines, entre­prises, et a tout sac­ca­gé. L’emploi, quand il existe, est trop sou­vent pré­caire et mal payé. La légende de la réuni­fi­ca­tion est très belle. La réa­li­té net­te­ment moins.]

Hei­mat 3 nous conte, après la chute bru­tale de la RDA, celle, moins évi­dem­ment visible, per­ni­cieuse, de l’Allemagne réuni­fiée. L’Allemagne est riche. Très riche. On suit les habi­tants de Schab­bach depuis le début de Hei­mat. Et ils ont chan­gé. L’arrogance de l’argent les a chan­gés.

Il y a de très chouettes scènes. Du bon­heur. J’aime ma télé quand je peux y voir ce genre de choses.

J’ai beau­coup aimé un des per­son­nages made in RDA, le Tobi. Tobi est un magi­cien. Il peut tout faire. Don­nez-lui un bou­lot impos­sible et une demi-dou­zaine de crics, et l’affaire est dans le sac. Il n’a jamais trop aimé la dis­ci­pline de la RDA, et spé­cia­le­ment celle de l’armée. Son pas­sage à l’armée ne s’est pas bien pas­sé. Suite à une envo­lée rocam­bo­lesque il est à nou­veau confron­té à un offi­cier qui l’avait vio­lem­ment bat­tu. Muni d’une liasse de Marks (de l’ouest…), il s’offre une sta­tue de Lénine (une paire de tonnes de métal, tout de même), et la fait dépo­ser dans le jar­din de l’officier. On sou­rit. Mais le len­de­main, à son réveil, Tobi trouve devant la fenêtre de sa chambre d’hôtel le visage de Lénine. Pen­dant la nuit, l’officier a trou­vé les moyens de lui ren­voyer son « clin d’œil ». Le sou­rire se glace. Tobi a peur.

La sta­tue de Lénine fini­ra dans le jar­din de Ernst, le frère de Her­mann, au bord de son petit aéro­port pri­vé, à Schab­bach. Tu parles d’un clin d’œil…

Hei­mat (1−2−3) nous dit qu’il faut res­ter soi-même.

Her­mann et Cla­ris­sa ont enfin trou­vé la réponse à la ques­tion « l’art ou la vie », face à laquelle Hei­mat 2 les avait lais­sés.

Hei­mat 3 laisse l’Allemagne face à la ques­tion « la bourse ou la vie ».

Je ne suis mal­heu­reu­se­ment pas très opti­miste en ce qui concerne la réponse.

Mais trêve de pes­si­misme. Hei­mat 1−2−3 est, je le répète, un monu­ment de la télé­vi­sion. Indis­pen­sable. Si vous en avez les moyens, faites-vous ce magni­fique cadeau.

Photo « de rue »…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le mar 24 Nov 2009 à 07:58

Attendre ... station Seestraße

Hier soir, comme on sor­tait, j’ai mon­té mon DA 15mm sur mon appa­reil. C’est le choix évident quand il fait nuit : en mode semi-auto­ma­tique (prio­ri­té ouver­ture, fixée à f/8.0), même en « pleine » nuit, c’est à dire dans le cas pré­sent dans le métro, j’ai pour une vitesse de 1/​30s –avec 1250 ISO – , ce qui, pour « cible » immo­bile est tout à fait assez. De plus, avec mon f/8.0 j’ai assez faci­le­ment à l’hyperfocale : net­te­té de 70cm à l’infini.

Tout ça est l’outil idéal pour faire de la pho­to « de rue ».

Cette pho­to est loin d’être « idéale ». Il y a beau­coup de bruit, déjà, et la mise au point est… euh… disons approxi­ma­tive.

Mais elle me plaît bien, cette pho­to. Pour une pho­to volée, prise –lit­té­ra­le­ment– de la hanche, et donc en fait à l’aveugle, c’est pas mal, je trouve.

Sinon, la nuit, quand je peux dis­po­ser d’un « sau­veur » (un truc quel­conque qui soit à peu près hori­zon­tal et stable sur lequel je puisse poser mon appa­reil), alors je peux tra­vailler avec 100 ISO, à condi­tion que seul le décor m’intéresse. Ben oui, hein, espé­rer que la vie se fige pour les pro­chaines 5 ou 10 secondes est au mieux illu­soire.

Je com­mence à aimer la pho­to de nuit, je me rends compte.

Les nouvelles libertés…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 23 Nov 2009 à 08:29

... seront-elles de nouvelles frontières ?

Aaaah, les chouettes réseaux « sociaux »… ces nou­veaux ter­rains d’aventure, ces magni­fiques espaces illi­mi­tés de liber­té, voire de démo­cra­tie. Tenez, un exemple : ima­gi­nez une femme souf­frant de dépres­sion « lourde ». Elle est natu­rel­le­ment en arrêt mala­die, ou plu­tôt elle était en arrêt mala­die. Figu­rez-vous que cette effron­tée avait sui­vi les conseils de son méde­cin, lequel lui avait recom­man­dé de ten­ter de prendre un petit peu de bon temps.

Et elle l’a fait. Et elle a même des pho­tos, prises par un ami un soir, où on la voit en train de sou­rire. Elle a elle-même publié ces pho­tos sur Face­book, magni­fique espace machin-truc, etc. Jusque là, tout allait bien.

Mais le mois sui­vant, son assu­rance mala­die (pri­vée, on est en Amé­rique ou pas, hein..) ne lui a pas viré ses indem­ni­tés jour­na­lières. Ben oui, quoi. Une nénette qui s’affiche sou­riant sur Face­book, elle ne peut pas être dépres­sive, m’enfin ! Et comme la pla­nète entière surfe sur Face­book, la com­pa­gnie d’assurances aus­si. Eh, si le petit Nico­las peut se le per­mettre, pour­quoi pas une com­pa­gnie d’assurances ?

C’est pas chouette, les nou­velles liber­tés ?

Vous allez me dire que c’est un cas iso­lé, j’imagine. Certes. Pour le moment. Mais consi­dé­rez une minute l’information sui­vante : la pho­to dont il est ques­tion était pro­té­gée par un mot de passe. Quelle que soit la méthode uti­li­sée (et j’y inclus natu­rel­le­ment une déla­tion par un « ami » Face­book de la cou­pable), c’est pour moi un signe qu’on est bel et bien en route direc­tion Sta­si 2.0.

Un an de bonheur …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le sam 21 Nov 2009 à 18:07

%

Impul­sive, la déci­sion, dans un sens. Elle ne s’imposait pas, finan­ciè­re­ment, mais on sor­tait du Job­Cen­ter avec une « bonne » nou­velle, et je vois cette déci­sion comme un défi aux mois de galère que nous avons tra­ver­sés. On s’est donc ache­té un an de bon­heur.

C’est pas *vrai­ment* cher, natu­rel­le­ment. Une année de bon­heur nous coûte vingt-cinq euros cha­cun. Nous avons échan­gé notre billet de cin­quante euros contre deux cartes d’entrée au zoo, valables un an. Et, avec un sou­rire à se déchi­rer le visage, on est entrés.

J’ai pris 600 pho­tos. J’en ai tiré pas mal de conclu­sions :

En l’absence de mon DA*60 – 250mm, j’ai remis en ser­vice mon bon vieux DA* 50 – 135mm. Dans les cas où j’ai pu « fer­mer » mon objec­tif (f 5.6), et que j’ai pu avoir une sen­si­bi­li­té jusqu’à 800, 1000 ISO, il est tou­jours fan­tas­tique. Mais quand, dans le cas par exemple des phoques, j’ai besoin d’une vitesse rapide (l’idéal aurait été au moins 1/​750s, mais je n’ai pas pu mon­ter au-delà de 1/​500s), là la conjonc­tion d’une ouver­ture « exces­sive » (f 4), des ISO entre 1000 et 1600, et pour finir des acteurs (les phoques et la dres­seuse) habillés de noir, je suis un petit peu déçu. Il fau­dra que je re-pho­to­gra­phie les phoques en avril, ou mai, his­toire d’avoir un maxi­mal de lumière.

Ne prendre qu’un objec­tif (à focale fixe) pen­dant une période de temps défi­nie est une bonne idée, mais il faut savoir ne pas être trop rigide. Dès demain, je sor­ti­rai avec mon 35mm, mais pour hier c’était défi­ni­ti­ve­ment hors de ques­tion. Le but de l’opération (tra­vailler avec une focale fixe pen­dant un cer­tain temps) est d’apprendre à cadrer. Les zooms rendent « pares­seux ». Cela dit, après cette expé­rience, je recol­le­rai mon 60 – 250mm sur mon K20D. Pour le genre de pho­tos que je fais, c’est défi­ni­ti­ve­ment le type d’objectif qu’il me faut. Pares­seux ou pas.

Il faut savoir décol­ler les yeux du viseur. Quand on fait des pho­tos au zoo, le spec­tacle n’est pas seule­ment dans les cages.

On va y retour­ner régu­liè­re­ment, au zoo. C’est un endroit qu’on aime bien. On n’y allait que rare­ment, tout sim­ple­ment pour des rai­sons « éco­no­miques ». Main­te­nant, on n’a plus de ques­tion à se poser. On a eu rai­son de faire ça. Un an de bon­heur…

Noir, rouge… rien ne va plus !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 19 Nov 2009 à 22:23

Rien ne va plus ... vraiment rien...

J’ai vu cette affiche cette après-midi à Prenz­lauer Berg, le quar­tier à la mode du moment. C’est une étape de plus dans la guerre des pou­belles dont je vous par­lais il y deux mois. L’affiche dit : « Pas de nazis dans le quar­tier. Décla­rons la guerre au Jeton ». Le Jeton est une boîte de nuit, renom­mée pour être un endroit de ren­contre pour les jeunes d’extrême droite. Là-bas en juillet, le sang a cou­lé. Same­di, ils semblent vou­loir remettre ça. La police a auto­ri­sé la mani­fes­ta­tion à laquelle l’affiche appelle.

Sérieu­se­ment, ils com­mencent à me faire chier peur, ces « anti-fachistes ». Ce genre d’affiches, c’est presque de l’appel au meurtre. Quand on en arrive là, on se trompe de com­bat.

Les nouvelles du front photo

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le dim 15 Nov 2009 à 09:32

Une roue de cassée ...

Mon objec­tif prin­ci­pal (le DA*60 – 250mm) est tom­bé en rade ven­dre­di. Blo­qué. Plus de mise au point pos­sible, ni auto­ma­tique no manuelle. Je l’ai natu­rel­le­ment dépo­sé au SAV de Pentax (ils ont une annexe à Ber­lin, pas loin de chez nous). Il est hors cadre pour au moins trois semaines. Et c’est natu­rel­le­ment sans appel. Ils n’ont pas assez de per­son­nel, etc. De plus le SAV est délo­ca­li­sé. Je veux dire, ce ne sont pas des employés de Pentax.

Pro­fi­tant de cette visite, j’ai eu des nou­velles fraîches de mon K10D, les mythiques pièces de rechange sont enfin arri­vées du Japon. Ils me l’ont pro­mis pour cette semaine. Mal­gré l’arrivée de mon K20D, je n’ai pas l’intention de mettre le K10D à la retraite. Je pense l’équiper de mon DA 15mm à demeure. Avec en plus mon DA 40mm dans la poche du pan­ta­lon, ça me fera un «kit» light, pour les jours où je n’ai pas envie de me trim­bal­ler mon sac-pho­to.

J’ai déci­dé de pro­fi­ter de l’absence de mon 60 – 250mm pour suivre les conseils d’un pho­to­graphe que je lis régu­liè­re­ment sur l’Internet. Je ne suis mal­heu­reu­se­ment inca­pable de retrou­ver l’article auquel je pense, mais là il recom­man­dait à tout pho­to­graphe de n’utiliser qu’un seul objec­tif, à focale fixe, pen­dant un laps de temps fixé. Pour lui, c’est très béné­fique, et for­ma­teur. Je ver­rai bien. En tout état de cause, j’ai déci­dé de ne sor­tir qu’avec mon DA 35mm pen­dant les trois semaines à venir. Je vous racon­te­rai ce qu’il en res­sort.

Sinon, j’ai déci­dé d’animer un petit peu Mille vingt-quatre pixels. Je ne sais pas encore exac­te­ment com­ment. Peut-être avec des thèmes, genre «le noir et blanc du mer­cre­di», ou «la semaine des portes». Natu­rel­le­ment, c’est juste pour me for­cer à réflé­chir un petit peu. Le nombre de visi­teurs sur 1024 étant ce qu’il est, per­sonne ne va se plaindre de l’expérience. :)

Le temps des chiens …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 12 Nov 2009 à 11:59

le temps des chiens ...

- Tu sais pour­quoi les chiens se lèchent les couilles ?
 — Parce qu’ils peuvent …

Tra­di­tion­nel, tiré du réper­toire du cercle folk­lo­rique boud­dhiste de Neuilly

Le temps des chiens est arri­vé. Le temps où la prin­ci­pale moti­va­tion est le fait qu’on peut. On peut avoir un, deux, trois télé­phones por­tables. On peut don­ner à des gamins de six ans leur pre­mier télé­phone por­table. On peut jouer au golf dans son salon, avec une console de jeux. On peut à quinze ans tout savoir au sujet de toutes les armes à feu cou­rantes, et faire cou­ler le sang jusqu’à la fin de la nuit, avec un ordi­na­teur.

Suis-je vrai­ment le seul à m’inquiéter quand je vois dans le métro un gamin avec un por­table coin­cé entre l’oreille et l’épaule et les deux mains vire­vol­tant sur les com­mandes d’une console de jeux, tota­le­ment cou­pé du monde exté­rieur ? À me deman­der com­ment les gens font pour payer trois abon­ne­ments de télé­phone por­table dans une ville où un habi­tant sur trois vit avec comme seule res­source Hartz IV (le RMI + loge­ment) ? À me deman­der si, après le Dane­mark, la pla­nète entière va auto­ri­ser l’accès à l’Internet pen­dant les exa­mens ?

Je sais. Les temps changent. Aha. La ques­tion qui me tur­lu­pine, c’est pour­quoi les temps changent. Pour­quoi les gens regardent-ils plus volon­tiers L’allemagne cherche la super star (une nième res­su­cée de la Sta­rAc) que Hei­mat ? Pour­quoi est-ce qu’à la télé les docu­men­taires sont pro­gram­més à par­tir de minuit ? Pour­quoi est-ce que les télé­vi­sions « musi­cales » nous montrent que du por­no soft ?

Pour­quoi les états ont-ils renon­cé ? Pour­quoi les usa­gers ont-ils renon­cé ? Pour­quoi les parents ont-ils renon­cé ? Aujourd’hui les banques, après avoir dila­pi­dé l’argent de leurs clients trouvent tota­le­ment nor­mal que les états les ren­flouent. Le tri­bu­nal social de Ber­lin croule sous l’avalanche de pro­cès entre­pris contre son admi­nis­tra­tion, mais on estime que seule­ment un usa­ger vic­time sur dix porte plainte. On trouve régu­liè­re­ment dans les rues de Ber­lin des gamins de douze ans saouls comme des bar­riques. Et je suis tota­le­ment convain­cu que c’est pareil chez vous.

Les temps changent. Je sais. La ques­tion qui me tur­lu­pine c’est de savoir si je suis obli­gé de chan­ger aus­si. Est-ce que la pers­pec­tive d’une régres­sion doit vrai­ment m’intéresser ? Dois-je accep­ter de m’exprimer par paquets de 140 carac­tères (c’est l’espace dis­po­nible sur Twit­ter, le top du top, l’arme secrète de la démo­cra­tie, alors que l’antédiluvien Mini­tel nous on per­met­tait jusqu’à 880)  ? Suis-je obli­gé de dire à la pla­nète entière que j’ai trop man­gé et que je bal­lonne, ou que « ttro twa, mdr » ?

J’écris, plus ou moins régu­liè­re­ment, dans ce jour­nal. Ça me prend du temps. C’est pro­ba­ble­ment du temps que je vole à des acti­vi­tés beau­coup plus béné­fiques, telles que Coun­ters­trike, ou World of War­craft. Et ça m’oblige à réflé­chir. C’est fati­gant.

Le temps des chiens est arri­vé. Les chiens appètent à des tou­jours nou­velles laisses. Il y a 60 ans, on se fai­sait impo­ser des dic­ta­teurs. Aujourd’hui, on les élit. Il y a vingt ans, en Alle­magne, on virait les dic­ta­teurs. Aujourd’hui, leur demande de reve­nir.

Le temps des chiens, c’est la régres­sion orga­ni­sée et accep­tée.

L’art ou la vie ! (Heimat 2)

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 11 Nov 2009 à 14:16

Avant-garde, garde-fou, fou-rire ...

Je vous ai décrit récem­ment mes impres­sions au sujet de la série de télé­vi­sion Hei­mat. J’ai main­te­nant vu Die zweite Hei­mat — Chro­nik einer Jugend (1960 — 1970) La seconde patrie — chro­nique d’une jeu­nesse. Et, je cherche mes mots.

Hei­mat 2 prend un des pro­ta­go­nistes du Hei­mat d’origine, et l’amène à Munich. Il s’appelle Her­mann. L’indécis. Il est le lien avec la pre­mière série Hei­mat. Il est le seul à avoir quit­té le vil­lage. On le suit tout au long de la série, à Munich. Pia­niste, com­po­si­teur, gui­ta­riste. Bri­sé par la déci­sion de sa mère et son frère quand il avait seize ans, il se jure de ne jamais plus aimer. Il fait du mal à toutes les femmes (nom­breuses) qui s’intéressent à lui. Lui ne s’intéresse qu’à une seule, et passe sa vie à la fuir. À la fin du der­nier épi­sode, dans la der­nière scène, il répond à la ques­tion : l’art ou la vie ?

Com­ment en arri­ver à de telles ques­tions?

Hei­mat 2 est à la fois tel­le­ment dif­fé­rente de Hei­mat et tel­le­ment évi­dem­ment sem­blable… La filia­tion est claire : l’image. L’image est magique. Le détail, la finesse, déjà dans la pre­mière série je pou­vais par­fois oublier qu’il y avait une his­toire, fas­ci­né que j’étais pas l’image. Mais dans Hei­mat 2, c’est encore «pire» ! Il y a tel­le­ment de scènes pré­sen­tant des artistes, qu’on se croi­rait par moments dans un Fame d’avant-garde sous amphètes. Un vir­tuose inter­pré­tant Bach sur un Marim­ba, une dan­seuse se contor­sion­nant dans un com­par­ti­ment de train, qua­si­ment nue, avec aux pieds une paire d’invraisemblables palmes, une scène de concert avec une impos­sible diva hon­groise chan­tant un duo avec 6 aspi­ra­teurs, ou encore un «concer­to pour un vio­lon­celle absent», où quatre musi­ciens, tenant en mains des métro­nomes asyn­chrones, entourent une femme nue sur le dos duquel les ouïes d’un vio­lon­celle sont peintes…

Tout semble abso­lu­ment impos­sible. Sauf si on est en Alle­magne dans les années 60, car là tout ça est… nor­mal. Her­mann se consti­tue rapi­de­ment un groupe d’amis, tous –ou presque– issus du conser­va­toire. Ils gra­vitent tous autour de la «Renar­dière», une mai­son habi­tée par une mécène han­tée par son amie juive dépor­tée et assas­si­née, accom­pa­gnée par un ancien SS «caché». La Renar­dière est la tanière d’une bande d’artistes révo­lu­tion­naires. Ils veulent révo­lu­tion­ner la musique, le ciné­ma, la lit­té­ra­ture, tout.

Ils sont tous tel­le­ment pleins de cer­ti­tudes, et pour­tant tel­le­ment per­dus… une géné­ra­tion concen­trée dans une dou­zaine de por­traits fas­ci­nants. Comme, dans Hei­mat, le vil­lage de Schab­bach était un arché­type de vil­lage, j’ai l’impression, dif­fuse par­fois, que cha­cun de ces artistes est éga­le­ment, dans un sens, un arché­type.

Le titre qui m’était venu en tête pour le texte que vous lisez était le clown blanc du des­tin, et en l’écrivant j’avais en tête le plus ouver­te­ment arché­ty­pique des per­son­nages décrits par la série : Juan. Une sorte de clown blanc. Doué pour tout. Meilleur que tous, dilet­tante du génie. Mais il est aus­si un archange. Il parle peu, mais ses phrases sont lourdes comme du plomb. Du béton à se fra­cas­ser l’espoir. Ses réponses sont sou­vent défi­ni­tives. Au milieu de cette tri­bu, il n’en fait jamais vrai­ment par­tie. L’Observateur. L’Étranger. Il renonce rapi­de­ment à se prendre au sérieux, au déses­poir de ses amis, tous jaloux de son incroyable talent. Mes scènes pré­fé­rées avec Juan :

  • Juan musi­cien. Pour le concours d’entrée au conser­va­toire, il joue une pièce de Bach sur un marim­ba. Épous­tou­flant.
  • Juan oracle. Quand Rena­ta lui demande si il croit à sa car­rière d’actrice, il flashe son drôle de sou­rire, et répond : «non».
  • Juan déco­ra­teur. Il crée une mosaïque sur l’allée de la mai­son. Il est coif­fé d’un invrai­sem­blable cha­peau en papier.
  • Juan sor­cier. Après la céré­mo­nie funé­raire orga­ni­sée par ses amis pour «fêter» la des­truc­tion de la Renar­dière, il reste seul. Avec sa kena, il joue, accrou­pi sur sa mosaïque, pour apai­ser les esprits.

Juan sera, à la fin de la série, enfin là où on l’a confu­sé­ment rêvé : dans un cirque. Cla­ris­sa, après avoir été l’espoir du vio­lon­celle inter­na­tio­nal fini­ra chan­teuse, accom­pa­gnée par son amie trom­bon­niste. Rhei­nardt, cinéaste, après avoir écrit un scé­na­rio qui fini­ra pri­mé au fes­ti­val de Venise, dis­pa­raî­tra, au milieu d’un lac. Ste­fan, l’envieux, obtien­dra le prix après avoir fil­mé le script de son ami la série le lais­se­ra à l’hôpital, après qu’il ait été abat­tu par la police. La police était à la recherche d’Helga, poé­tesse, que le déses­poir amè­ne­ra sur les affiches qui ornaient les gares d’Allemagne : ter­ro­riste. Renate, à l’origine étu­diante en droit, empor­tée par la tor­nade artis­tique de la Renar­dière, après avoir, nue dans un aqua­rium géant, réci­té –en apnée– des poèmes, fini­ra «dan­seuse» pour des congrès de gyné­co­logues. Alex, le phi­lo­sophe, après avoir enfin rêvé son œuvre en sept volumes, meurt, alcoo­lique, sur le trot­toir. Vol­ker, pia­niste, com­po­si­teur, sui­vi de son ami Jean-Marie, chef d’orchestre, trou­ve­ra le suc­cès avec un spec­tacle qu’il renie­ra avant même de l’avoir vu joué.

Au milieu de tout ça, Her­mann l’indécis, Pas au milieu, au centre. L’œil du cyclone. Génial, cer­tai­ne­ment, mais per­du de soli­tudes. Il se marie, sans amour, aime sans jamais le dire. Her­mann trou­ve­ra –peut-être– la réponse à *sa* ques­tion à Schab­bach. Arri­vant là, il croise le vieux Gla­sisch, qui lui dira seule­ment : «tu n’as abso­lu­ment pas chan­gé, mon petit Her­mann.»

Je sais main­te­nant pour­quoi je ne suis pas un « artiste ».

Je sais aus­si pour­quoi je m’en contente.

Hei­mat 2 est, comme Hei­mat, un monu­ment de la télé­vi­sion. J’ai aimé éper­du­ment cette série magni­fique. Treize épi­sodes dont le plus court doit avoi­si­ner les deux heures, mais qui passent comme treize minutes de vie essen­tielle.

Berlin, au présent …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 10 Nov 2009 à 13:20

garanti sans sponsor ...

Hier c’était la fête de la liber­té. J’ai regar­dé la céré­mo­nie à la télé. Dis­trai­te­ment. D’une main, comme on dit. Je vous fais part de mes obser­va­tions :

  • les «domi­nos» étaient spon­so­ri­sés. La came­ra ne trie pas : elle s’attarde à quelques endroits « stra­té­giques », où j’ai pu voir le logo de la Deutsche Bahn, et je ne sais com­bien d’adresses de site inter­net.
  • après la céré­mo­nie, la Bran­den­bur­ger Tor est res­tée fer­mée au public. Pour rai­son de sécu­ri­té.
  • on a pu entendre deux (sud-)coréens par­ler au sujet de « leur » mur, j’ai vu des images évo­quant Chypre, et d’autres endroits souf­frant de sépa­ra­tions diverses. Dans la liste des murs, un man­quant de marque : le mur de Pales­tine n’existait hier soir pas. Un oubli, cer­tai­ne­ment.

Ce matin, j’ai lu un petit peu la presse. Bla-bla à lon­gueur de colonnes, tous heu­reux, les yeux humides, la cha­leur humaine mal­gré la pluie, etc. Je n’ai trou­vé qu’un article inté­res­sant. Un des jour­na­listes de la Süd­deutsche Zei­tung devait avoir oublié les lunettes tein­tées rose.

Auf der Brücke ste­hen die Men­schen noch in Trau­ben zwi­schen den Stahl­stre­ben und an den Abs­perr­git­tern. Vor ihnen alle paar Meter ein Poli­zist. Die ganze Brücke ent­lang, wie eine Mauer. Damit kei­ner rüber kommt, auf die andere Seite. Merkwür­diges Bild. Das war vor 20 Jah­ren ähn­lich. Dies­mal aber ist der Weg von Ost nach West frei. Nur die andere Straßen­seite bleibt ges­perrt.

Si je tente de tra­duire, ça nous donne : « Sur le pont les gens sont agglu­ti­nés entre les pou­trelles d’acier et les clô­tures. Devant elles, un poli­cier tous les deux mètres. Tout le long du pont, comme un mur. De façon qu’aucun ne puisse pas­ser de l’autre côté. Image remar­quable. Ça fait pen­ser à il y a vingt ans. Cette fois, le pas­sage de l’Est à l’Ouest est libre. L’autre côté de la rue est bar­ré. » Quelques mots d’explication : le pont est le Born­hol­mer Brücke. Et hier, Angie, Mikhail et Lech ont, comme les pre­miers ber­li­nois il y vingt ans, tra­ver­sé ce pont. Seuls. La gare épo­nyme de S-Bahn est res­tée fer­mée, pour rai­son de sécu­ri­té.

Un petit peu plus tôt dans la jour­née, le jour­na­liste est pas­sé Ber­nauer Straße. Vous avez très pro­ba­ble­ment vu des tou­chantes images de roses dépo­sées dans les inter­stices du mur conver­sé là.

Tou­ris­ten­busse lan­den an. Einer nach dem ande­ren. Rote, weiße, gelbe Busse. Sie ent­las­sen Trau­ben von Men­schen. Einige haben Rosen in der Hand, andere bekom­men sie von Ord­nern in die Hand gedrückt. Fern­seh­re­por­ter ste­hen parat, Stim­men zum Denk­tag ein­zu­fan­gen. Fotoap­pa­rate kli­cken, Men­schen lachen. Passt irgend­wie nicht zum trü­ben Ber­li­ner Herbst­wet­ter.

Je m’essaye encore une fois à un exer­cice de tra­duc­tion free-style : « Les bus à tou­ristes accostent. L’un après l’autre. Rouges, blancs, jaunes. Ils déchargent des grappes de gens. Cer­tains d’entre eux ont des roses dans la main, d’autres les reçoivent des mains des orga­ni­sa­teurs qui les leur mettent dans la main. Les équipes de télé sont prêtes à rece­voir des témoi­gnages pour ce pèle­ri­nage. Les appa­reils pho­to cli­quettent, les gens rient. D’une façon ou d’une autre, tout ça ne passe pas vrai­ment avec le temps triste de l’automne ber­li­nois. »

Un petit peu plus loin, il nous raconte le «Tra­bi-Safa­ri» orga­ni­sé le long du mur. Le cir­cuit passe au pied du mira­dor dédié aux morts du mur, et par­ti­cu­liè­re­ment Gün­ter Lit­fin. Le chauf­feur invite ses pas­sa­gers à venir voir ce qui se passe sous le capot, plu­tôt que mon­ter au mira­dor pour apprendre ce qui est arri­vé à Gün­ter Lit­fin. Le der­nier modèle de Tra­bant, ou Gün­ter Lit­fin. Mais main­te­nant il faut qu’on y aille…

Tout ça me laisse un drôle de goût dans la mémoire. L’Allemagne n’est tout de même pas fau­chée au point de *devoir* faire de la pub pen­dant la com­mé­mo­ra­tion de la jour­née la plus incroyable de son his­toire. Le sym­bole, la Bran­den­bur­ger Tor est fer­mée. L’émotion est orga­ni­sée, live.

Je ne sais pas.

Est-Ouest ? Naaan, j’ai pas grand-chose à dire…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 8 Nov 2009 à 22:33

Ost-West ? Nee, da fällt mir nicht viel ein...
Ça va faire vingt ans, demain, que le mur de Ber­lin est tom­bé.

Ça se fête, tout de même !

Non ?

Beeeen, oui. tenez, on aura Hil­la­ry, Mikhail, et même le petit Nico­las à la Bran­den­bur­ger Tor. Et puis mille domi­nos géants qui vont tom­ber. On a eu U2, tiens. Je me demande où Jesse Jack­son est res­té, tiens.

Une grande fête donc. Popu­laire. Sisi.

Notez, il n’y aura pas de mani­fes­ta­tions spon­ta­nées. Ima­gi­nez que des Ber­li­nois veulent se mêler de La Fête… Ça, c’est pas pos­sible. La fête a été confiée à deux agences, avec exclu­si­vi­té. Donc le petit bal pour la fête au mur, beeen… non.

On aurait pu faire la fête au mur par­tout. Mais comme il n’y a pas de Latte Machiat­to, et pas d’hôtels de luxe à, disons, près de chez moi, à Wed­ding, les agences ont fait l’impasse.

Mais les domi­nos, grande idée. L’idée que le Mur De Ber­lin ait été le pre­mier domi­no qui, tom­bant a fait tom­ber le com­mu­nisme, ça va faire de chouettes images. Sym­bo­liques.

Donc, demain, on est tous frères. Cham­pagne pour Hil­la­ry, Mikhail et le petit Nico­las (si il n’a pas oublié sa carte d’identité). Pour les autres, bière, j’imagine.

Tiens, au fait, vous savez quel domi­no a fait tom­ber le mur de Ber­lin ? Ben oui, hein, les sym­boles c’est bien joli, mais le pre­mier domi­no est tom­bé à l’étranger. En Hon­grie, en fait. Il est tom­bé le jour où la Hon­grie a déci­dé d’ouvrir sa fron­tière avec l’Autriche. Dans les heures qui ont sui­vi, des mil­liers d’Allemands de l’Est se engouf­frés dans cette brèche. Après quelques jours, c’est deve­nu défi­ni­ti­ve­ment inte­nable. L’édifice vacillait déjà. Ces dizaines mil­liers d’Allemands, tenaces, cou­ra­geux, qui mani­fes­taient depuis des semaines, semaine après semaine, avaient déjà miné la mai­son RDA. Et le 9 novembre, elle est tom­bée, dans la confu­sion totale.

La fête sera très bien orga­ni­sée, j’en suis sûr.

Le Mur n’a pas fini sa car­rière. Une petite por­tion devient un musée. Édu­ca­tif, donc, le mur. Il y a un petit champ de mines (maaaais non, pas des vraies !) avec un mira­dor et tout. Pour voir ça, il faut grim­per à la ter­rasse. Et tant qu’a édu­quer, on fait des pan­neaux qui montrent des pages d’une BD (en vente…) bilingue. Alle­mand, Anglais.

Il y a des gens qui ne res­pectent vrai­ment rien. Le pan­neau que j’ai pho­to­gra­phié aujourd’hui est «déco­ré» d’une petite affiche qui célèbre l’anniversaire de… la RDA. Avec un extrait d’un dis­cours du chan­ce­lier Kohl (RFA), et une cita­tion de la consti­tu­tion de la RDA.

Notez que tout les ex-Est-Alle­mands ne sont pas nos­tal­giques. Bon, on en a vu un l’autre jour (en fait moi je ne l’ai pas vu, mais Vio­la l’a vu). Il se fai­sait pas­ser pour un membre de la Ber­li­ner Tafel (en fran­çais ça se dit les Res­taus du Cœur). Il fai­sait la quète à Wed­ding (pas vrai­ment un quar­tier riche). Il a été arrête par la police et a décla­ré qu’il trou­vait nor­mal que les «Wes­sis» (c’est le petit nom gen­til que les gens de l’allemagne de l’est donnent à ceux de l’ouest) payent pour sa situa­tion éco­no­mique. Il y en a eu aus­si 1 500 pour mani­fes­ter hier, pour pro­tes­ter contre la chute du mur, à Ber­lin.

Il y en a quelques uns qui se sont bien adap­tés, aus­si. Pre­nez Wolf­gang Tie­fen­see, par exemple. Il est né à l’Est. Il est entré en poli­tique (du bon côté, natu­rel­le­ment) à l’age de 34 ans. En 1989, donc, il a com­men­cé à mili­ter. Bon timing. Donc, avec ces mil­liers d’anonymes (pas pour tout le monde, natu­rel­le­ment, la STASI était là aus­si), il a scan­dé «Wir sind das Volk !», le peuple, c’est nous. Eh bien, his­toire de mon­trer qu’il a bien évo­lué avec son temps, il a dépo­sé, le 12 mars 2002, la marque «Wir sind das Volk». Il a per­du son minis­tère la semaine der­nière, mais ne vous inquié­tez pas pour lui : il est encore dépu­té.

Le per­son­nage qui nous raconte, sur le pan­neau que j’ai pho­to­gra­phié, nous dit : Est-Ouest ? Naaan, j’ai pas grand-chose à dire…

Moi non plus.

Ils m’agacent …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 6 Nov 2009 à 12:30

En ce moment, il y a un tas de gens qui m’agacent. Et, comme je suis de mau­vaise humeur, Je cafte :

L’architecte qui détruit Ber­lin

C’est un nom géné­rique, hein. Je ne connais pas les noms des archi­tectes indi­vi­duels qui n’ont rien de mieux à faire de leur vie que de faire construire des car­tons à lapins et des immeubles de bureaux tous plus laids les uns que les autres dans Ber­lin. Genre la bouse qu’ils sont en train de finir à la gare de Frie­drichs­traße. En rive de Sprée. Serait-il tel­le­ment dif­fi­cile de conce­voir des immeubles qui res­semblent à quelque chose ? Ber­lin a-elle *besoin* de plus de tours de bureaux alors qu’il y en a des cen­taines de vides ?

Hil­la­ry Clin­ton
Ça se passe de tout com­men­taire.

Les Alle­mands «de l’ex-Est»

Ils étaient, il y a vingt ans, des héros. À force de mani­fes­ta­tions paci­fiques, obs­ti­nés, cou­ra­geux, ce sont eux qui ont fait tom­ber le mur. Pas Gor­bat­chev, pas Rea­gan, pas David «Loo­king for free­dom» Has­sel­hoff. Aujourd’hui, ils rêvent du pas­sé. De plus en plus pré­tendent que leur vie dans la RDA était en fait meilleure. Je vote­rais sans hési­ter si il était pos­sible de remettre le mur à sa place, avant qu’ils conta­minent le reste du pays.

Hil­la­ry Clin­ton
Comme dit le pro­verbe, elle, elle sait pour­quoi.

Le petit homme fâché
Je suis inca­pable de me sou­ve­nir de son nom. Il est pré­sident de l’Iran. J’aime pas sa tête, j’aime pas la façon dont il s’habille. Mais ce qui m’énerve vrai­ment c’est son talent pour incar­ner le méchant. Je n’aime pas qu’il donne du grain à moudre à ceux qui pensent qu’une nou­velle guerre est inévi­table.

Hil­la­ry Clin­ton

Ne me deman­dez pas pour­quoi.

Les gens qui vote­raient DSK contre Sar­ko­zy en 2012
, c’est trop. On a le droit d’être con. C’est même écrit dans la consti­tu­tion, et mal­gré la ten­dance fâcheuse de la modi­fier à tout bout de champ, je crains que cet article là reste. Mais au point de voter DSK, de *pen­ser* à voter DSK, même contre Sar­ko­zy ? Tous les gens qui s’agacent contre Sar­ko­zy (à part la par­tie cari­ca­ture, les talon­nettes, sa femme, ses montres, son reje­ton) devraient en fait être fâchés contre le FMI, qui depuis 40 ans détruit le monde à force de pri­va­ti­sa­tions, à force à impo­ser la dés­in­té­gra­tion des états, les ren­dant impuis­sants face à la force de l’argent. Le FMI dont le pré­sident du moment est DSK. Ne vous mépre­nez pas : je déteste Sar­ko­zy. Mais de là à offi­cia­li­ser l’abdication des états, hein… Il ne fau­drait pas confondre «éco­no­mie» avec «argent réser­vé aux riches».

Hil­la­ry Clin­ton
Et en plus… non.

Les gens qui veulent payer moins d’impôts
Il y a quelques années, il y avait à Logon­na-Daou­las une poste. Il n’y en a plus. De même que, dans l’ensemble du monde «occi­den­tal», il y a des écoles, des postes, des com­mis­sa­riats, des hôpi­taux qui dis­pa­raissent. Aux USA, il y a des états qui doivent renon­cer à entre­te­nir les routes. Plus sym­bo­lique que ça, je ne vois pas. Plus clair non plus. On a l’infrastructure qu’on se donne. Il fau­drait peut-être se deman­der pour­quoi les entre­prises béné­fi­cient d’exemptions fabu­leuses, et pour­quoi les gens qui y tra­vaillent doivent se ser­rer la cein­ture. À force de se ser­rer la cein­ture, les gens demandent des baisses d’impôts. Mais quand, par exemple, on vire ne rem­place pas un pos­tier qui part en retraite et qu’on ferme une poste, ses uti­li­sa­teurs sont obli­gés de se dépla­cer jusqu’à la pro­chaine poste. C’est gra­tuit, de se dépla­cer ? Il faut régler les pro­blèmes à la base, plu­tôt que se conten­ter de réac­tions épi­der­miques.


Hil­la­ry Clin­ton

Elle m’agace.

La grippe du cochon
En Alle­magne, le gou­ver­ne­ment et cer­taines caté­go­ries de fonc­tion­naires (l’armée notam­ment) ne rece­vront pas le même vac­cin que le reste de la popu­la­tion. Est-ce que je dois expli­quer pour­quoi ça m’agace ?

Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa. Ça fait du bien !

Les travailleurs du pratique …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le dim 1 Nov 2009 à 09:44

Logement garanti !

J’ai trou­vé ça dans un article du site qui s’appelle «Linux pho­to­gra­phy». C’est un petit article, qui m’a don­né accès à un petit pro­gramme. Pas grand-chose, à la base. Mais sym­bo­lique. L’auteur me confirme dans ce que je pense des pro­gram­meurs qui tra­vaillent pour Linux.

This is a tru­ly unix-phi­lo­so­phy tool: one tool for one pur­pose, but do it well.

En fran­çais : c’est un outil vrai­ment tiré de la phi­lo­so­phie unix; un outil pour ne faire qu’une chose, mais la faire bien. C’est la phi­lo­so­phie qui s’oppose aux usines à gaz style (par exemple) Ligh­troom, un outil pour (entre autres) impor­ter, cata­lo­guer, déve­lop­per, modi­fier, expor­ter, «show­case» (quoi que ce soit), etc. Le genre de pro­grammes qui vient avec une valise pleine de «pre­sets», et qui encou­rage la paresse de ses uti­li­sa­teurs, les noyant dans le flot. Je suis conscient que ce genre de logi­ciels ont des mil­lions d’utilisateurs heu­reux. Mais bon, 90% de ceux-là sont tout autant heu­reux avec leur Win­dows, hein… (75€ pour la mise à jour de la der­nière ver­sion de Win­dows, mer­ci bien, plus 250€ pour le pro­gramme lui-même)

Dons, ce petit pro­gramme s’appelle Rapid Pho­to Down­loa­der. On le trouve ici. Après l’avoir ins­tal­lé (un petit peu moins d’une minute) et de l’avoir confi­gu­ré (peut-être deux minutes, je ne suis pas vrai­ment rapide pour ce genre de trucs), il est opé­ra­tion­nel. Main­te­nant que fait-il ?

Pour vous expli­quer ça, il faut que je reparte vingt-quatre heures en arrière. Hier, en ren­trant à la mai­son, avant de pou­voir tra­vailler sur mes pho­tos, il fal­lait que je fasse un cer­tain nombre de choses :

  • bran­cher le câble usb à mon appa­reil
  • ouvrir le ges­tion­naire de fichiers
  • copier les fichiers à l’endroit idoine
  • renom­mer le réper­toire conte­nant mes pho­tos (pas­ser de 100_​1031 à 091031-RAW)
  • renom­mer les fichiers indi­vi­duels (pas­ser, par exemple de K20D_0159.PEF à 091031-K20D-0159.PEF)
  • «démon­ter» l’appareil (je suis de la vieille école, je ne suis en pas obli­gé de faire ça)
  • enle­ver le câble

Main­te­nant, avec ce pro­gramme, tout ce que j’ai à faire est de bran­cher et débran­cher le câble. Le pro­gramme crée lui-même le réper­toire, et change le nom du réper­toire et des fichiers. Ne faire qu’une chose, mais la faire bien. Et gra­tui­te­ment. Oh, et il trie les fichiers selon leur ori­gine : K10D, et K20D.

Tiens, j’ai fait en gros 4000 pho­tos avec mon K20D, entre le 18 juillet et hier.

Moteur du site : wordpress 4.9.3 - Thème : «Back in Black 2» crée par Frederic de Villamil (traduit en français par amnesix)