Heimat : la belle télévision…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 31 Oct 2009 à 09:04

Noir et blanc ... pour Eduard. :)

Il rentre chez lui. Il revient de la guerre. Dans la rue, à côté de chez lui. il regarde un cochon.

Et puis il arrive devant chez lui. Il colle son visage à la fenêtre. Il regarde son père tra­vailler une pièce de fer sur son enclume. Son père sort, et lui se pré­ci­pite. Il jette sa musette, empoigne une masse, et com­mence à aider son père. Pas un mot.

La scène dure au moins cinq minutes.

On sent pra­ti­que­ment les bat­te­ments de son cœur. L’image est tel­le­ment belle, presque machi­na­le­ment belle, qu’on peut l’oublier, et se consa­crer aux gens qu’on regarde, et sent vivre.

Hei­mat est une série de télé­vi­sion alle­mande. C’est une chro­nique. La chro­nique d’une famille, d’un vil­lage, ou d’un pays. Quelle dif­fé­rence ? En onze épi­sodes d’une heure et demie, on regarde l’Allemagne sor­tir de la (pre­mière) guerre, on la voit tra­ver­ser le nazisme, la (seconde) guerre, la recons­truc­tion et le «miracle» éco­no­mique qui a sui­vi, et tout ça sans pra­ti­que­ment sor­tir du vil­lage. Plus de soixante années. Sans conces­sions.

Hei­mat est constel­lée d’une série de por­traits *incroyables*. Les per­son­nages qui *sont* l’Allemagne sont pra­ti­que­ment des arché­types. C’est tout le génie de cette série, capable de nous expli­quer par exemple com­ment le nazisme a pu s’installer là, en Alle­magne, tout en nous sug­gé­rant tout de même qu’il ne serait pas inutile de faire atten­tion, par­tout, de façon d’être sûrs de ne pas recom­men­cer. Ce vil­lage alle­mand est au tout autant sus­cep­tible de suc­com­ber au nazisme qu’un vil­lage fran­çais, anglais, ita­lien, ou japo­nais. Pas plus, pas moins. Le vil­lage de Schab­bach (fic­tif) est arché­ty­pique, uni­ver­sel.

Le réa­li­sa­teur uti­lise sub­ti­le­ment l’image noir et blanc. Quand un per­son­nage vit un moment fort, il voit la vie en cou­leurs. Fugi­ti­ve­ment.

Les acteurs sont tel­le­ment bons qu’il est facile de les prendre pour des ama­teurs. On s’assied, et on regarde la télé comme si on venait de la décou­vrir. Je me suis sen­ti comme les vil­la­geois de Schab­bach quand ils ont orga­ni­sé un pique-nique au som­met d’une col­line, dans une ruine. Ce jour là, on les voit ins­tal­ler une antenne au som­met de la tour de la ruine, et on vit avec eux leur pre­mière émis­sion de radio.

Hei­mat ne nous épargne rien de ce que la vie de l’Allemagne a été, entre 1918 et 1982. Un vil­lage au bord de la rivière du temps. Une chro­nique. Les gens sont par­fois mau­vais, par­fois bons. Le nazisme, par exemple, dans un petit vil­lage, c’est pra­ti­que­ment Le petit monde de Don Kamil­lo, au point que le réa­li­sa­teur nous emmène en ville. Le jour de l’anniversaire du «Füh­rer», Kath quitte le vil­lage pour aller fêter l’anniversaire de son frère. Le maire lui dit qu’elle devrait res­ter, pour l’Anniversaire, jour de fête, jour de pompe. La Kath, 60 ans bien son­nés réplique qu’elle se sent beau­coup plus proche de son frère que du Füh­rer. Le maire est ridi­cule à sou­hait, et ses aco­lytes en fait de braves types. Pra­ti­que­ment une comé­die. Mais quand la Kath arrive en ville, c’est pour voir son frère arrê­té, et embar­qué dans un camion. Elle ne le rever­ra jamais plus. Elle ramè­ne­ra, sur son dos, sa petite nièce. On n’est plus en ambiance de comé­die.

En 1939, Paul, qui était par­ti aux USA dix ans aupa­ra­vant, sur une lubie, ne peut pas ren­trer chez lui. On lui demande son cer­ti­fi­cat. Le cer­ti­fi­cat qui confirme qu’il est aryen. Pur. Il ne peut pas débar­quer de son bateau. Au vil­l­lage, des membres de sa famille se penchent, inquiets, sur les archives. Simon, c’est pas un petit peu juif, comme nom ? Le nazisme vu de Schab­bach est en fait une tra­gi­co­mé­die.

Mais Hei­mat nous mène à tra­vers soixante ans de la vie à Schab­bach. Le nazisme, pas­sage impor­tant, n’est qu’un pas­sage. Les per­son­nages aus­si passent. Mais chez moi, ils res­tent.

Hei­mat c’est la meilleure émis­sion que j’aie vue. Point.

Clin d’œil à l’oncle Eduard. Un benêt qui voit sa vie entière à tra­vers le viseur de son appa­reil pho­to. Et un à Gla­sisch, un rustre, qui est le seul du vil­lage à ne pas écla­ter d’un rire gêné à l’écoute d’un concert radio­pho­nique de musique contem­po­raine, genre «concer­to pour un vio­lon­celle et huit aspi­ra­teurs».

Ça fait du bien …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le jeu 29 Oct 2009 à 12:40

Seigneur Xenu !!!

Je ne m’y inté­resse que rare­ment. Les sta­tis­tiques de fré­quen­ta­tion de ce site sont ce qu’elles sont, que je les regarde ou pas, de toute façon.

Mais quand on regarde … on peut consta­ter que 27 per­sonnes, dans les der­niers jours, sont arri­vés ici en tapant dans leur moteur de recherches favo­ri les mots sui­vants : «sei­gneur Xenu».

Encore plus fort : 57 per­sonnes, tapant «Chris­tine Bou­tin» arri­vaient .

C’est plus fort que moi. Je suis obli­gé d’en rire.

L’essentiel est invisible pour les yeux …?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le jeu 29 Oct 2009 à 09:35

On ne voit bien qu'avec le coeur ... ?

La nuit, les appa­reils pho­to mentent.

Ho, pas par malice, notez. Mais tout de même.

Le mien, par exemple, a obli­té­ré le pho­to­graphe, et m’a pré­ten­du que seul l’appareil était impor­tant.

Pentax : c’est plus fort que toi …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le mar 27 Oct 2009 à 12:10

En surface, ou souterraine ...

C’est une pho­to sym­bole. C’est le type de pho­tos qu’on prend pra­ti­que­ment machi­na­le­ment, et qu’on ne voit que plus tard.

Non, c’est pas bien expli­qué.

C’est le genre de pho­tos qu’on prend ins­tinc­ti­ve­ment, plu­tôt que machi­na­le­ment, et dont la signi­fi­ca­tion n’apparaît que plus tard.

Ce que je veux dire, c’est que quand j’ai pris cette pho­to, je n’ai «vu» que la grille qui fer­mait la sta­tion de métro. Au cours de la «revue» des pho­tos du jour, il a fal­lu tout de même pour­quoi, si je ne vou­lais pho­to­gra­phier *que* la grille, *pour­quoi* je n’ai pas sim­ple­ment des­cen­du. Quelques marches plus bas, j’avais une pho­to de grille. Il m’a bien fal­lu me deman­der *quelle* pho­to j’ai vou­lu prendre.

Reve­nons au moment où j’ai pris la pho­to. La sta­tion est fer­mée, il est 01:36. Mais quelques minutes plus tôt, j’avais *com­pris* qu’à l’heure de la fer­me­ture de la sta­tion, une ligne de bus entre en fonc­tion. Elle suit, en sur­face, le tra­jet sou­ter­rain du métro, s’arrêtant aux mêmes endroits. En gros, un petit peu avant 01:36, j’ai *com­pris* que la ville ne s’arrête jamais. En-des­sous ou au-des­sus. Mais sans jamais «sanc­ti­fier» cette com­pré­hen­sion. Je veux dire que je n’ai pas pris une seconde, pas une minute, pour jouer dans ma tête avec l’idée de la qui ne s’arrête jamais.

Main­te­nant, je re-regarde la pho­to, et je la *com­prends*. La pho­to que j’ai prise était en fait la pen­sée que j’avais en tête sans l’avoir for­ma­li­sée, alors que je croyais consciem­ment prendre la pho­to de la grille. La sta­tion est certes fer­mée, mais la rue ne l’est pas. Rien ne m’empêche de ma bala­der la nuit. C’est la vraie pho­to que j’ai prise, alors que je croyais avoir pris une pho­to de fer­me­ture.

C’est un petit comme si mon appa­reil pho­to pen­sait plus vite que moi…

Pré-post-scrip­tum : Dans ma tête, j’ai l’expression «c’est plus fort que toi». Je suis convain­cu que ça me vient d’une pub que j’ai vue quand j’étais plus jeune. Mais je ne sais pas laquelle. Et vous ?

Maison de fous …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 26 Oct 2009 à 16:31

Nos voisins de palier ont chaud ...

Hon­nê­te­ment, j’ai raté le début. Mais tout de même, quand je vois le cirque per­ma­nent qui s’est ins­tal­lé il y a des années avant dans l’immeuble, je m’interroge.

J’ai le droit.

Pre­nons hier, par exemple. Il fai­sait entre 6 et 8 degrés, dehors. Et à un moment, Vio­la se lève, s’habille, et sort sans dire un mot. Et après une minute, elle rentre. Elle avait eu froid, et donc elle est *natu­rel­le­ment* fer­mer la fenêtre. Du palier. Ouverte plus tôt par le voi­sin de palier.

Dix minutes plus tard, j’ai froid. J’interroge Vio­la du regard, puis je m’habille, et je sors. Et après une minute, je rentre. Je suis allé fer­mer la fenêtre du palier. Ouverte quelques minutes plus tôt par le voi­sin de palier.

Il faut savoir que la fenêtre du palier est à mi-étage. Donc je dois des­cendre, puis remon­ter.

Un petit peu plus tard, Vio­la se lève sou­dai­ne­ment, s’habille (on vit en tenue légère, nous…), sort. Et elle rentre après plu­sieurs minutes. Une fois ren­trée, elle me dit qu’elle a trou­vé les fenêtre de chaque palier, jusqu’au rez-de chaus­sée ouvertes. Je vous laisse devi­ner par qui.

Et, plus tard, Vio­la se lève, l’air aga­cé, s’habille, et sort.

Cette fois-ci, elle rentre immé­dia­te­ment. Elle a «ren­con­tré» la voi­sine du des­sous (pas la dingue qui est chauf­fée au gaz, mais une autre vic­time) sur l’escalier qui la menait à la fenêtre en ques­tion, pour la fer­mer.

Il y a des jours où j’adorerais avoir le droit d’assister aux réunions de co-pro­prié­taires… Ils ont plein de trucs à se racon­ter, je suis sûr.

Nature morte : une nouvelle vie ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 22 Oct 2009 à 10:11

nouvelle vie ?

On est pas sur ARTE, ce n’est pas un docu­men­taire en noir et blanc. Mal­gré l’image. Ce n’est pas même une ten­ta­tive de cap­tu­rer un moment. C’est un constat, noir sur blanc.

En ce moment, Vio­la et moi (sur­tout Vio­la) sommes en train de rem­plir des for­mu­laires. On en a pour deux jours pleins (y-com­pris la tour­née aujourd’hui chez trois de mes méde­cins). Des jour­née à vingt-quatre heures. On a jusqu’à demain minuit pour envoyer ces for­mu­laires à la caisse de retraite (celle qui s’occupe éga­le­ment des pen­sions d’invalidité). Ce que nous allons écrire dans ces mul­tiples (ô com­bien mul­tiples…) for­mu­laires va régir ma vie.

Constat.

Là, on l’a écrit. Offi­ciel­le­ment. Ma vie «d’avant» est morte. Avant, au niveau pro­fes­sion­nel, ma capa­ci­té à m’exprimer, à convaincre, a été un fac­teur capi­tal. J’ai au moins quatre ou cinq exemples en tête dans les­quels j’ai «pas­sé» des exa­mens (des entre­tiens d’embauche, ou des négo­cia­tions impor­tantes) que mon bagage ne me pré­dis­po­sait pas à réus­sir. Une fois arri­vé au Dane­mark, il y a sept ans, mon bilan est simple : un entre­tien d’embauche, un job. Point. Et pareil à Ber­lin en 2005. Alors que dans les deux cas je n’avais en fait aucune com­pé­tence dans les domaines concer­nés (réseaux, etc.). Mais j’ai su convaincre que je sau­rais m’adapter rapi­de­ment.

Tout ça, c’est fini. Sans même men­tion­ner le type des deux der­niers jobs en ques­tion : je tra­vaillais dans des centres d’appel, dans plu­sieurs langues. Mon aisance m’a tou­jours ren­du la vie rela­ti­ve­ment facile.

Mais sur les for­mu­laires, il nous a fal­lu y renon­cer, à cette aisance. Offi­ciel­le­ment.

Par­lons donc futur, après avoir enter­ré le pas­sé. Il va fal­loir, dans le meilleur des cas(1), que je retourne à l’école. Pour apprendre quoi ? Dans le meilleur des cas(2) la pho­to­gra­phie.

Dans le pire des cas(2) : dans le pire des cas, la caisse de retraite m’imposera un autre cur­sus. Ça pour­rait m’amener à être fores­tier (c’est très cou­rant, il parait), ou dans un ate­lier pour fabri­quer des brosses. Avec une infi­ni­té d’autres pos­si­bi­li­tés dont j’ignore tout.

Dans le pire des cas(1
) : dans le pire des cas la caisse de retraite me décla­re­ra défi­ni­ti­ve­ment inapte à une vie pro­fes­sion­nelle quel­conque.

Constat. Après l’envoi de ces for­mu­laires, nou­velle vie. Mais laquelle ?

Cer­ti­tude. Je ne serai pas seul.

Sou­rire.

Faire partie de la solution. [‘solid].

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 21 Oct 2009 à 17:22

à la périphérie ...

Ma pre­mière réac­tion, c’est natu­rel­le­ment un sou­rire. La gamine avec son pis­to­let à eau et son nou­nours qui braque une banque, ça prête à sou­rire.

Ensuite, si je fais atten­tion à la péri­phé­rie de l’image, mon sou­rire se fige un petit peu. Je vais ten­ter d’expliquer pour­quoi, sachant qu’il est impro­bable que j’y par­vienne. Ma tirade va pro­ba­ble­ment être très décou­sue, mais ten­tez de me suivre …

Déjà, le «titre» est en anglais. C’est écrit gros, c’est pour ça que je l’ai lu avant de lire le reste. Même avant d’avoir lu le reste, je suis tou­jours un petit peu aga­cé quand quelqu’un s’affiche dans une langue qui n’est pas la sienne juste his­toire de don­ner l’impression qu’il est dans le vent.

Ensuite, le «titre», une fois tra­duit (faire par­tie de la solu­tion) m’inquiète un petit peu. S’attaquer à quoi que ce soit les armes à la main ne me parait pas un bon conseil. Même à une banque. Quant à faire par­tie de la solu­tion avec une vio­lence, même sym­bo­lique, j’ai des doutes. Et puis tout ça me parait *très* réduc­teur.

Après, j’arrive à l’adresse. Un .mobi, déjà. Je ne sais pas encore qui veut me racon­ter ses his­toire de solu­tions, mais visi­ble­ment il pense que je vais me connec­ter avec mon télé­phone. Est-ce que je vous ai déjà dit ce que je pense de l’idée de pas­ser du temps sur un écran ridi­cule dans le métro ? Mieux : est-il *utile* que je vous dise ce que j’en pense ? Les mobiles de tous calibres sont pour moi la der­nière géné­ra­tion d’armes crées pour la guerre menée contre l’intelligence. En Alle­mand j’appelle ça Ver­blö­dung­skrieg : la guerre de cré­ti­ni­sa­tion. Les textes plus courts, tou­jours plus courts, de plus en plus de vidéo, de moins en moins de textes. Je suis sou­la­gé d’apprendre que la mode des pod­casts est en train de capo­ter, mais je fais confiance aux tac­ti­ciens de la guerre de cré­ti­ni­sa­tion pour la suite.

Ah, tiens. Qui sont-ils ? Dans le cas qui me pré­oc­cupe, c’est signé links­ju­gend [‘solid]. Bon. Jeu­nesses du par­ti «la gauche» (die Linke, vous savez…), ça je com­prends. [‘solid], là, je ne peux que haus­ser les épaules. Pour moi, les gens qui mélangent poli­tique et mar­ke­ting sont voués à l’échec. Dans le conflit conte­nu /​ conte­nant, ou fond /​ forme (que j’appelle moi «guerre de cré­ti­ni­sa­tion»), l’issue ne fait aucun doute. Si les gens qui font ça sont pro­mo­teurs du conte­nu, ils sont tel­le­ment nuls que c’est per­du d’avance. Par­fois je les soup­çonne de n’être même pas pro­mo­teurs du conte­nu, mais d’être cyniques ven­deurs du conte­nant. Mais c’est moi, ça. J’ai l’esprit tor­du. Cer­tai­ne­ment.

Quand on parle de solu­tion, il y a un pro­blème. Sur le .mobi, c’est clai­re­ment expli­qué. «Crise». Be part of the solu­tion. Et c’est accom­pa­gné d’une cita­tion de War­ren Buf­fet :

Il y a effec­ti­ve­ment une guerre de classes. Mais c’est ma classe, celle des riches, qui la mène, et qui est en train de la gagner.

Notez, il y a tout de même plus d’un pro­blème, dans le monde des jeunes de gauche mobiles [‘solid]. Pre­nez par exemple le cli­mat. L’illustration nous mon­trant com­ment faire par­tie de la solu­tion nous montre une (belle, natu­rel­le­ment) jeune fille, en train de chier (je ne plai­sante pas, hein, la ginette a la culotte sur les che­villes) dans l’aérateur d’une cen­trale (nucléaire ?), ou une usine, –absor­bée par son livre (à cou­ver­ture rouge –je dis ça comme ça, pour rien). Be part of the solu­tion.

Vous savez quoi ? Je n’aimerais pas être un jeune de gauche [‘solid] mobile, en fait.

Une séance de vaudou visite médicale …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie — le ven 16 Oct 2009 à 23:17

J'aime mes médecins. Si.

C’était pré­vu. Pla­ni­fié, même. Enfin, plus ou moins. Il faut que je rende à la caisse de retraite alle­mande avant la fin du mois des attes­ta­tions de cha­cun de mes (trop) nom­breux méde­cins. Je savais que j’allais devoir faire la tour­née des grands ducs, mais pour être tota­le­ment hon­nête, je pen­sais avoir un petit plus que deux semaines pour y arri­ver.

Notez, dans l’absolu, c’est facile. On prend le télé­phone, et on prend des ren­dez-vous.

Mais il faut éga­le­ment, et en fait sur­tout, avoir dans les mains les attes­ta­tions en temps. Et ça …

Mais bon. Les méde­cins et moi, hein. Le dia­logue est en fait rela­ti­ve­ment limi­té. Car, après trois ans de rela­tions diverses et variées, j’ai tout de même fini par faire mon tri. regar­dez, par exemple, sono­lo­gistes. Les gens qui à inter­valles plus ou moins régu­liers me jettent à la tête du gel pour me pas­ser sur la peau leurs sondes, les­quelles, comme pour les écho­gra­phies, trans­forment du son en images. Des tech­ni­ciens, en fait. Plus que des méde­cins, si vou­lez mon avis.

Hier matin, donc, j’avais ren­dez-vous.

J’arrive, je m’allonge, ils m’engluent, et com­mencent à tra­vailler. Et, comme d’habitude, après un moment, ils appellent le chef. Vous sou­ve­nez, le chef ? Celui qui a fini la der­nière séance en m’expliquant, très direc­te­ment, que j’avais désor­mais 10% de «chances» de me faire un nou­vel AVC chaque année.

Et vous savez quoi ? Le même chef me déclare cette fois que je suis très pro­ba­ble­ment tiré d’affaire, en ce qui concerne un second AVC.

Et je suis sup­po­sé lui faire confiance ?

Sans rire ?

Pour ma pro­chaine séance, j’espère que j’aurai autour de moi non trois, mais vingt méde­cins. Mais tant qu’à pas­ser du temps dans leur sous-sol, je leur confis­que­rais leurs scan­ners et leur dis­tri­bue­rais des tam-tams, des masques, un cou­teau et un coq. Et je leur confis­que­rais aus­si leurs blouses, aus­si. Tant que faire un show, autant le faire bien. Au moins, je sau­rais que j’ai affaire à des char­la­tans. Ce serait offi­ciel, dans un sens.

D’autant que, une fois sor­ti, leur «diag­nos­tic», outre du fait qu’il pour­rait à nou­veau avoir chan­gé la pro­chaine fois, ne peut rien chan­ger dans ma vie. Ma caro­tide, ouverte ou fer­mée, ne chan­ge­ra jamais plus chan­ger le goût des nouilles.

Je sais. Il fau­drait que je cherche un autre endroit pour faire mes contrôles. Mais je pré­fère prendre deux fois des nouilles.

La mort heureuse, et le suppositoire …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 7 Oct 2009 à 14:03

Les ailes en fer blanc des anges ...

Comme pho­to­graphe, à défaut d’autres expres­sions dis­po­nibles pour décrire la rai­son qui me pousse à trim­bal­ler par­tout où je vais un sac à dos char­gé de maté­riel pho­to, un des mots impor­tants doit être le mot « contraste ». Allez, même au plu­riel : « contrastes ».

Hier soir, j’ai (re-)vu un épi­sode de Tatort. Le plus « fort » que j’aie jamais vu. Il s’appelle La mort heu­reuse. Dans la bri­gade cri­mi­nelle, on s’occupe des morts. Mais là, il va fal­loir s’occuper de la mort, pas seule­ment des morts. La vic­time d’origine tra­vaillait pour une asso­cia­tion qui s’occupait de mou­rants. Il s’agissait d’euthanasie. Et au cours de l’enquête, une enquête en fait banale, on découvre un tra­fic de médi­ca­ments. On découvre une famille. La mère, le père, et leur fils de six ans n’ont qu’un sujet de conver­sa­tion. La mort, inévi­table, pro­gram­mée, de la fille. Julia. Neuf ans, atteinte de muco­vis­ci­dose. Incu­rable. Qui dis­tri­bue à tous ses visi­teurs des objets, au moyen des­quels elle espère pou­voir les recon­naître, « plus tard ». On ne sait jamais…

L’enquête devient rapi­de­ment secon­daire, de mon côté de l’écran. Et pour les enquê­teurs aus­si. Se suc­cèdent une série de scènes toutes plus bou­le­ver­santes que les autres. La der­nière est le visage tour­men­té de la com­mis­saire (ça fait exac­te­ment vingt ans que la com­mis­saire Lena Oden­thal sévit dans Tatort, tiens…) quand elle sort de la mai­son. Julia est morte cette nuit là, dans les bras de son petit frère, après lui avoir confié son singe en peluche, Bru­no. On est très, très loin de la gen­dar­mette de la série «une femme d’honneur». La com­mis­saire, la jog­geuse éter­nelle, pèse vingt tonnes. La mort est un client dif­fi­cile, pour la crim’.

La fic­tion ne doit pas être relé­guée au devoir de dis­trac­tion. Sur­tout quand ce tra­vail est (magni­fi­que­ment) accom­pli par la «réa­li­té». J’aime Tatort pour ces épi­sodes là. Ceux où la camé­ra vise à tra­vers l’écran.

Bienvenue dans la «réalité» ...

Ah oui. Je vou­lais par­ler de contrastes…

Photographe à vapeur …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 3 Oct 2009 à 12:58

an-dro mécanique ...

Ce oui­kende a lieu au dépot de Ber­lin-Schö­ne­weide la Ber­li­ner Eisen­bahn­fest. Thoo-tchoo Par­ty, pour ceux qui ne parlent pas la langue. En fait ça s’étendait sur trois jours, puisque hier soir il y avait une séance pho­to. C’est bien vu, car prendre des pho­tos dans une foule n’est pas néces­sai­re­ment facile. Hier soir, on était peut-être une tren­taine. Confort.

En arri­vant à la gare du S-Bahn qui des­sert le dépot, je me suis deman­dé pour­quoi je ne voyais aucune loco à l’extérieur. On a grim­pé l’escalier qui mène à la pas­se­relle d’où, en 2006, j’avais pris des dizaines de pho­tos des 7 ou 8 locos qui para­daient fiè­re­ment. Et là j’ai vrai­ment eu un choc. Sueurs froides et tout. Un goût d’apocalypse dans la bouche. Comme si on m’avait arra­ché un organe, à moi l’homme che­min-de-fer.

Démembré ...

À l’heure où j’écris, j’ai encore les larmes qui poussent au por­tillon. Pas de parade cette année. Enfin pas le genre de parade à laquelle j’avais assis­té il y a trois ans. J’étais un petit peu déçu. Je le suis encore. Oh, pas vrai­ment pour moi. Je les ai vues, au moins, ces machines ali­gnées. Et je les rever­rai. Et j’ai pour tou­jours au cœur les concerts de sif­flets, je vois les sou­rires com­plices des chauf­feurs pen­chés à la fenêtre avec la main accro­chée à la chaîne du sif­flet. Les nuages de vapeur d’où les machines sur­gissent. Mais quand je pense aux gamins qui ne ver­ront pas ça aujourd’hui, ou demain.

Pour moi, pas ques­tion d’être déçu après la soi­rée que je viens de pas­ser.

Cela dit, à tête repo­sée, je décide de cou­cher sur «papier» les remarques que j’ai faites hier. Auto-péda­go­gie, en quelque sorte.

  • Quand on «tra­vaille», les zooms règnent. C’est irré­vo­cable. Au moins jusqu’à la pro­chaine fois. On ne peut pas deman­der à un chauf­feur de recom­men­cer jusque parce qu’on a dû chan­ger d’objectif. Les zooms donnent des pos­si­bi­li­tés beau­coup plus impor­tantes. J’aime mon DA 15mm, mais après quelques minutes, je suis pas­sé au DA* 16 – 50mm. Sans regrets. Et sans oublier qu’à ma pro­chaine balade, c’est mon DA 15mm qui sera sur mon appa­reil. Mais hier soir, le choix était évident.
  • Quand on uti­lise le pied, enle­ver le «grip». Je me suis ren­du compte que le lien appa­reil /​ grip n’est tout sim­ple­ment pas assez fort pour sup­por­ter les mani­pu­la­tions : j’ai pas mal de pho­tos floues pour manque de sta­bi­li­té. Le DA* 16 – 50 est lourd, ça ajou­té à la hau­teur sup­plé­men­taire don­née par le grip, on risque des mou­ve­ments para­sites. Sans appel : le grip est inter­dit de séjour sur le pied.
  • Le DA* 60 – 250 est magni­fique. Je l’ai uti­li­sé tant que j’ai pu. Entre autres, le col­lier est un acces­soire *indis­pen­sable* — à la condi­tion d’avoir une plaque (uti­li­sée pour éta­blir la liai­son avec le pied) sur le col­lier. Je déplore qu’il n’y ait pas un sur le DA* 16 – 50 ou le DA 50 – 135.
  • Ins­tal­ler les plaques (appa­reil, col­lier, etc.) à l’avance. Perdre du temps sur le lieu du crime juste parce qu’on a une vis qui gène est tout sim­ple­ment idiot.
  • Se ren­sei­gner. Le fait que les pro­jec­teurs ins­tal­lés sur le bâti­ment me donnent à l’image une lumière *verte* m’a troué (et conti­nue à me trouer) le… euh… fon­de­ment.

Bon, je crois que je n’ai rien oublié

Ah si ! C’est bien de pen­ser au ther­mos.

Viola à la rescousse !

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