Heimat : la belle télévision…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 31 oct 2009 à 09:04

Noir et blanc ... pour Eduard. :)

Il rentre chez lui. Il revient de la guerre. Dans la rue, à côté de chez lui. il regarde un cochon.

Et puis il arrive devant chez lui. Il colle son visage à la fenêtre. Il regarde son père tra­vailler une pièce de fer sur son enclume. Son père sort, et lui se pré­ci­pite. Il jette sa musette, empoigne une masse, et com­mence à aider son père. Pas un mot.

La scène dure au moins cinq minutes.

On sent pra­ti­que­ment les bat­te­ments de son cœur. L’image est tel­le­ment belle, presque machi­na­le­ment belle, qu’on peut l’oublier, et se consa­crer aux gens qu’on regarde, et sent vivre.

Hei­mat est une série de télé­vi­sion alle­mande. C’est une chro­nique. La chro­nique d’une famille, d’un vil­lage, ou d’un pays. Quelle dif­fé­rence ? En onze épisodes d’une heure et demie, on regarde l’Allemagne sor­tir de la (pre­mière) guerre, on la voit tra­ver­ser le nazisme, la (seconde) guerre, la recons­truc­tion et le «miracle» écono­mique qui a suivi, et tout ça sans pra­ti­que­ment sor­tir du vil­lage. Plus de soixante années. Sans concessions.

Hei­mat est constel­lée d’une série de por­traits *incroyables*. Les per­son­nages qui *sont* l’Allemagne sont pra­ti­que­ment des arché­types. C’est tout le génie de cette série, capable de nous expli­quer par exemple com­ment le nazisme a pu s’installer là, en Alle­magne, tout en nous sug­gé­rant tout de même qu’il ne serait pas inutile de faire atten­tion, par­tout, de façon d’être sûrs de ne pas recom­men­cer. Ce vil­lage alle­mand est au tout autant sus­cep­tible de suc­com­ber au nazisme qu’un vil­lage fran­çais, anglais, ita­lien, ou japo­nais. Pas plus, pas moins. Le vil­lage de Schab­bach (fic­tif) est arché­ty­pique, universel.

Le réa­li­sa­teur uti­lise sub­ti­le­ment l’image noir et blanc. Quand un per­son­nage vit un moment fort, il voit la vie en cou­leurs. Fugitivement.

Les acteurs sont tel­le­ment bons qu’il est facile de les prendre pour des ama­teurs. On s’assied, et on regarde la télé comme si on venait de la décou­vrir. Je me suis senti comme les vil­la­geois de Schab­bach quand ils ont orga­nisé un pique-​​nique au som­met d’une col­line, dans une ruine. Ce jour là, on les voit ins­tal­ler une antenne au som­met de la tour de la ruine, et on vit avec eux leur pre­mière émis­sion de radio.

Hei­mat ne nous épargne rien de ce que la vie de l’Allemagne a été, entre 1918 et 1982. Un vil­lage au bord de la rivière du temps. Une chro­nique. Les gens sont par­fois mau­vais, par­fois bons. Le nazisme, par exemple, dans un petit vil­lage, c’est pra­ti­que­ment Le petit monde de Don Kamillo, au point que le réa­li­sa­teur nous emmène en ville. Le jour de l’anniversaire du «Füh­rer», Kath quitte le vil­lage pour aller fêter l’anniversaire de son frère. Le maire lui dit qu’elle devrait res­ter, pour l’Anniversaire, jour de fête, jour de pompe. La Kath, 60 ans bien son­nés réplique qu’elle se sent beau­coup plus proche de son frère que du Füh­rer. Le maire est ridi­cule à sou­hait, et ses aco­lytes en fait de braves types. Pra­ti­que­ment une comé­die. Mais quand la Kath arrive en ville, c’est pour voir son frère arrêté, et embar­qué dans un camion. Elle ne le reverra jamais plus. Elle ramè­nera, sur son dos, sa petite nièce. On n’est plus en ambiance de comédie.

En 1939, Paul, qui était parti aux USA dix ans aupa­ra­vant, sur une lubie, ne peut pas ren­trer chez lui. On lui demande son cer­ti­fi­cat. Le cer­ti­fi­cat qui confirme qu’il est aryen. Pur. Il ne peut pas débar­quer de son bateau. Au vil­l­lage, des membres de sa famille se penchent, inquiets, sur les archives. Simon, c’est pas un petit peu juif, comme nom ? Le nazisme vu de Schab­bach est en fait une tragicomédie.

Mais Hei­mat nous mène à tra­vers soixante ans de la vie à Schab­bach. Le nazisme, pas­sage impor­tant, n’est qu’un pas­sage. Les per­son­nages aussi passent. Mais chez moi, ils restent.

Hei­mat c’est la meilleure émis­sion que j’aie vue. Point.

Clin d’œil à l’oncle Eduard. Un benêt qui voit sa vie entière à tra­vers le viseur de son appa­reil photo. Et un à Gla­sisch, un rustre, qui est le seul du vil­lage à ne pas écla­ter d’un rire gêné à l’écoute d’un concert radio­pho­nique de musique contem­po­raine, genre «concerto pour un vio­lon­celle et huit aspirateurs».

Ça fait du bien …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le jeu 29 oct 2009 à 12:40

Seigneur Xenu !!!

Je ne m’y inté­resse que rare­ment. Les sta­tis­tiques de fré­quen­ta­tion de ce site sont ce qu’elles sont, que je les regarde ou pas, de toute façon.

Mais quand on regarde … on peut consta­ter que 27 per­sonnes, dans les der­niers jours, sont arri­vés ici en tapant dans leur moteur de recherches favori les mots sui­vants : «sei­gneur Xenu».

Encore plus fort : 57 per­sonnes, tapant «Chris­tine Bou­tin» arri­vaient .

C’est plus fort que moi. Je suis obligé d’en rire.

L’essentiel est invisible pour les yeux …?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le jeu 29 oct 2009 à 09:35

On ne voit bien qu'avec le coeur ... ?

La nuit, les appa­reils photo mentent.

Ho, pas par malice, notez. Mais tout de même.

Le mien, par exemple, a obli­téré le pho­to­graphe, et m’a pré­tendu que seul l’appareil était important.

Pentax : c’est plus fort que toi …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le mar 27 oct 2009 à 12:10

En surface, ou souterraine ...

C’est une photo sym­bole. C’est le type de pho­tos qu’on prend pra­ti­que­ment machi­na­le­ment, et qu’on ne voit que plus tard.

Non, c’est pas bien expliqué.

C’est le genre de pho­tos qu’on prend ins­tinc­ti­ve­ment, plu­tôt que machi­na­le­ment, et dont la signi­fi­ca­tion n’apparaît que plus tard.

Ce que je veux dire, c’est que quand j’ai pris cette photo, je n’ai «vu» que la grille qui fer­mait la sta­tion de métro. Au cours de la «revue» des pho­tos du jour, il a fallu tout de même pour­quoi, si je ne vou­lais pho­to­gra­phier *que* la grille, *pour­quoi* je n’ai pas sim­ple­ment des­cendu. Quelques marches plus bas, j’avais une photo de grille. Il m’a bien fallu me deman­der *quelle* photo j’ai voulu prendre.

Reve­nons au moment où j’ai pris la photo. La sta­tion est fer­mée, il est 01:36. Mais quelques minutes plus tôt, j’avais *com­pris* qu’à l’heure de la fer­me­ture de la sta­tion, une ligne de bus entre en fonc­tion. Elle suit, en sur­face, le tra­jet sou­ter­rain du métro, s’arrêtant aux mêmes endroits. En gros, un petit peu avant 01:36, j’ai *com­pris* que la ville ne s’arrête jamais. En-​​dessous ou au-​​dessus. Mais sans jamais «sanc­ti­fier» cette com­pré­hen­sion. Je veux dire que je n’ai pas pris une seconde, pas une minute, pour jouer dans ma tête avec l’idée de la qui ne s’arrête jamais.

Main­te­nant, je re-​​regarde la photo, et je la *com­prends*. La photo que j’ai prise était en fait la pen­sée que j’avais en tête sans l’avoir for­ma­li­sée, alors que je croyais consciem­ment prendre la photo de la grille. La sta­tion est certes fer­mée, mais la rue ne l’est pas. Rien ne m’empêche de ma bala­der la nuit. C’est la vraie photo que j’ai prise, alors que je croyais avoir pris une photo de fermeture.

C’est un petit comme si mon appa­reil photo pen­sait plus vite que moi…

Pré-​​post-​​scriptum : Dans ma tête, j’ai l’expression «c’est plus fort que toi». Je suis convaincu que ça me vient d’une pub que j’ai vue quand j’étais plus jeune. Mais je ne sais pas laquelle. Et vous ?

Maison de fous …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 26 oct 2009 à 16:31

Nos voisins de palier ont chaud ...

Hon­nê­te­ment, j’ai raté le début. Mais tout de même, quand je vois le cirque per­ma­nent qui s’est ins­tallé il y a des années avant dans l’immeuble, je m’interroge.

J’ai le droit.

Pre­nons hier, par exemple. Il fai­sait entre 6 et 8 degrés, dehors. Et à un moment, Viola se lève, s’habille, et sort sans dire un mot. Et après une minute, elle rentre. Elle avait eu froid, et donc elle est *natu­rel­le­ment* fer­mer la fenêtre. Du palier. Ouverte plus tôt par le voi­sin de palier.

Dix minutes plus tard, j’ai froid. J’interroge Viola du regard, puis je m’habille, et je sors. Et après une minute, je rentre. Je suis allé fer­mer la fenêtre du palier. Ouverte quelques minutes plus tôt par le voi­sin de palier.

Il faut savoir que la fenêtre du palier est à mi-​​étage. Donc je dois des­cendre, puis remonter.

Un petit peu plus tard, Viola se lève sou­dai­ne­ment, s’habille (on vit en tenue légère, nous…), sort. Et elle rentre après plu­sieurs minutes. Une fois ren­trée, elle me dit qu’elle a trouvé les fenêtre de chaque palier, jusqu’au rez-​​de chaus­sée ouvertes. Je vous laisse devi­ner par qui.

Et, plus tard, Viola se lève, l’air agacé, s’habille, et sort.

Cette fois-​​ci, elle rentre immé­dia­te­ment. Elle a «ren­con­tré» la voi­sine du des­sous (pas la dingue qui est chauf­fée au gaz, mais une autre vic­time) sur l’escalier qui la menait à la fenêtre en ques­tion, pour la fermer.

Il y a des jours où j’adorerais avoir le droit d’assister aux réunions de co-​​propriétaires… Ils ont plein de trucs à se racon­ter, je suis sûr.

Nature morte : une nouvelle vie ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 22 oct 2009 à 10:11

nouvelle vie ?

On est pas sur ARTE, ce n’est pas un docu­men­taire en noir et blanc. Mal­gré l’image. Ce n’est pas même une ten­ta­tive de cap­tu­rer un moment. C’est un constat, noir sur blanc.

En ce moment, Viola et moi (sur­tout Viola) sommes en train de rem­plir des for­mu­laires. On en a pour deux jours pleins (y-​​compris la tour­née aujourd’hui chez trois de mes méde­cins). Des jour­née à vingt-​​quatre heures. On a jusqu’à demain minuit pour envoyer ces for­mu­laires à la caisse de retraite (celle qui s’occupe égale­ment des pen­sions d’invalidité). Ce que nous allons écrire dans ces mul­tiples (ô com­bien mul­tiples…) for­mu­laires va régir ma vie.

Constat.

Là, on l’a écrit. Offi­ciel­le­ment. Ma vie «d’avant» est morte. Avant, au niveau pro­fes­sion­nel, ma capa­cité à m’exprimer, à convaincre, a été un fac­teur capi­tal. J’ai au moins quatre ou cinq exemples en tête dans les­quels j’ai «passé» des exa­mens (des entre­tiens d’embauche, ou des négo­cia­tions impor­tantes) que mon bagage ne me pré­dis­po­sait pas à réus­sir. Une fois arrivé au Dane­mark, il y a sept ans, mon bilan est simple : un entre­tien d’embauche, un job. Point. Et pareil à Ber­lin en 2005. Alors que dans les deux cas je n’avais en fait aucune com­pé­tence dans les domaines concer­nés (réseaux, etc.). Mais j’ai su convaincre que je sau­rais m’adapter rapidement.

Tout ça, c’est fini. Sans même men­tion­ner le type des deux der­niers jobs en ques­tion : je tra­vaillais dans des centres d’appel, dans plu­sieurs langues. Mon aisance m’a tou­jours rendu la vie rela­ti­ve­ment facile.

Mais sur les for­mu­laires, il nous a fallu y renon­cer, à cette aisance. Officiellement.

Par­lons donc futur, après avoir enterré le passé. Il va fal­loir, dans le meilleur des cas(1), que je retourne à l’école. Pour apprendre quoi ? Dans le meilleur des cas(2) la photographie.

Dans le pire des cas(2) : dans le pire des cas, la caisse de retraite m’imposera un autre cur­sus. Ça pour­rait m’amener à être fores­tier (c’est très cou­rant, il parait), ou dans un ate­lier pour fabri­quer des brosses. Avec une infi­nité d’autres pos­si­bi­li­tés dont j’ignore tout.

Dans le pire des cas(1
) : dans le pire des cas la caisse de retraite me décla­rera défi­ni­ti­ve­ment inapte à une vie pro­fes­sion­nelle quelconque.

Constat. Après l’envoi de ces for­mu­laires, nou­velle vie. Mais laquelle ?

Cer­ti­tude. Je ne serai pas seul.

Sou­rire.

Faire partie de la solution. [’solid].

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 21 oct 2009 à 17:22

à la périphérie ...

Ma pre­mière réac­tion, c’est natu­rel­le­ment un sou­rire. La gamine avec son pis­to­let à eau et son nou­nours qui braque une banque, ça prête à sourire.

Ensuite, si je fais atten­tion à la péri­phé­rie de l’image, mon sou­rire se fige un petit peu. Je vais ten­ter d’expliquer pour­quoi, sachant qu’il est impro­bable que j’y par­vienne. Ma tirade va pro­ba­ble­ment être très décou­sue, mais ten­tez de me suivre …

Déjà, le «titre» est en anglais. C’est écrit gros, c’est pour ça que je l’ai lu avant de lire le reste. Même avant d’avoir lu le reste, je suis tou­jours un petit peu agacé quand quelqu’un s’affiche dans une langue qui n’est pas la sienne juste his­toire de don­ner l’impression qu’il est dans le vent.

Ensuite, le «titre», une fois tra­duit (faire par­tie de la solu­tion) m’inquiète un petit peu. S’attaquer à quoi que ce soit les armes à la main ne me parait pas un bon conseil. Même à une banque. Quant à faire par­tie de la solu­tion avec une vio­lence, même sym­bo­lique, j’ai des doutes. Et puis tout ça me parait *très* réducteur.

Après, j’arrive à l’adresse. Un .mobi, déjà. Je ne sais pas encore qui veut me racon­ter ses his­toire de solu­tions, mais visi­ble­ment il pense que je vais me connec­ter avec mon télé­phone. Est-​​ce que je vous ai déjà dit ce que je pense de l’idée de pas­ser du temps sur un écran ridi­cule dans le métro ? Mieux : est-​​il *utile* que je vous dise ce que j’en pense ? Les mobiles de tous calibres sont pour moi la der­nière géné­ra­tion d’armes crées pour la guerre menée contre l’intelligence. En Alle­mand j’appelle ça Ver­blö­dung­skrieg : la guerre de cré­ti­ni­sa­tion. Les textes plus courts, tou­jours plus courts, de plus en plus de vidéo, de moins en moins de textes. Je suis sou­lagé d’apprendre que la mode des pod­casts est en train de capo­ter, mais je fais confiance aux tac­ti­ciens de la guerre de cré­ti­ni­sa­tion pour la suite.

Ah, tiens. Qui sont-​​ils ? Dans le cas qui me pré­oc­cupe, c’est signé links­ju­gend [’solid]. Bon. Jeu­nesses du parti «la gauche» (die Linke, vous savez…), ça je com­prends. [’solid], là, je ne peux que haus­ser les épaules. Pour moi, les gens qui mélangent poli­tique et mar­ke­ting sont voués à l’échec. Dans le conflit contenu /​ conte­nant, ou fond /​ forme (que j’appelle moi «guerre de cré­ti­ni­sa­tion»), l’issue ne fait aucun doute. Si les gens qui font ça sont pro­mo­teurs du contenu, ils sont tel­le­ment nuls que c’est perdu d’avance. Par­fois je les soup­çonne de n’être même pas pro­mo­teurs du contenu, mais d’être cyniques ven­deurs du conte­nant. Mais c’est moi, ça. J’ai l’esprit tordu. Certainement.

Quand on parle de solu­tion, il y a un pro­blème. Sur le .mobi, c’est clai­re­ment expli­qué. «Crise». Be part of the solu­tion. Et c’est accom­pa­gné d’une cita­tion de War­ren Buffet :

Il y a effec­ti­ve­ment une guerre de classes. Mais c’est ma classe, celle des riches, qui la mène, et qui est en train de la gagner.

Notez, il y a tout de même plus d’un pro­blème, dans le monde des jeunes de gauche mobiles [’solid]. Pre­nez par exemple le cli­mat. L’illustration nous mon­trant com­ment faire par­tie de la solu­tion nous montre une (belle, natu­rel­le­ment) jeune fille, en train de chier (je ne plai­sante pas, hein, la ginette a la culotte sur les che­villes) dans l’aérateur d’une cen­trale (nucléaire ?), ou une usine, –absor­bée par son livre (à cou­ver­ture rouge –je dis ça comme ça, pour rien). Be part of the solution.

Vous savez quoi ? Je n’aimerais pas être un jeune de gauche [’solid] mobile, en fait.

Une séance de vaudou visite médicale …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie — le ven 16 oct 2009 à 23:17

J'aime mes médecins. Si.

C’était prévu. Pla­ni­fié, même. Enfin, plus ou moins. Il faut que je rende à la caisse de retraite alle­mande avant la fin du mois des attes­ta­tions de cha­cun de mes (trop) nom­breux méde­cins. Je savais que j’allais devoir faire la tour­née des grands ducs, mais pour être tota­le­ment hon­nête, je pen­sais avoir un petit plus que deux semaines pour y arriver.

Notez, dans l’absolu, c’est facile. On prend le télé­phone, et on prend des rendez-​​vous.

Mais il faut égale­ment, et en fait sur­tout, avoir dans les mains les attes­ta­tions en temps. Et ça …

Mais bon. Les méde­cins et moi, hein. Le dia­logue est en fait rela­ti­ve­ment limité. Car, après trois ans de rela­tions diverses et variées, j’ai tout de même fini par faire mon tri. regar­dez, par exemple, sono­lo­gistes. Les gens qui à inter­valles plus ou moins régu­liers me jettent à la tête du gel pour me pas­ser sur la peau leurs sondes, les­quelles, comme pour les écho­gra­phies, trans­forment du son en images. Des tech­ni­ciens, en fait. Plus que des méde­cins, si vou­lez mon avis.

Hier matin, donc, j’avais rendez-​​vous.

J’arrive, je m’allonge, ils m’engluent, et com­mencent à tra­vailler. Et, comme d’habitude, après un moment, ils appellent le chef. Vous sou­ve­nez, le chef ? Celui qui a fini la der­nière séance en m’expliquant, très direc­te­ment, que j’avais désor­mais 10% de «chances» de me faire un nou­vel AVC chaque année.

Et vous savez quoi ? Le même chef me déclare cette fois que je suis très pro­ba­ble­ment tiré d’affaire, en ce qui concerne un second AVC.

Et je suis sup­posé lui faire confiance ?

Sans rire ?

Pour ma pro­chaine séance, j’espère que j’aurai autour de moi non trois, mais vingt méde­cins. Mais tant qu’à pas­ser du temps dans leur sous-​​sol, je leur confis­que­rais leurs scan­ners et leur dis­tri­bue­rais des tam-​​tams, des masques, un cou­teau et un coq. Et je leur confis­que­rais aussi leurs blouses, aussi. Tant que faire un show, autant le faire bien. Au moins, je sau­rais que j’ai affaire à des char­la­tans. Ce serait offi­ciel, dans un sens.

D’autant que, une fois sorti, leur «diag­nos­tic», outre du fait qu’il pour­rait à nou­veau avoir changé la pro­chaine fois, ne peut rien chan­ger dans ma vie. Ma caro­tide, ouverte ou fer­mée, ne chan­gera jamais plus chan­ger le goût des nouilles.

Je sais. Il fau­drait que je cherche un autre endroit pour faire mes contrôles. Mais je pré­fère prendre deux fois des nouilles.

La mort heureuse, et le suppositoire …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 7 oct 2009 à 14:03

Les ailes en fer blanc des anges ...

Comme pho­to­graphe, à défaut d’autres expres­sions dis­po­nibles pour décrire la rai­son qui me pousse à trim­bal­ler par­tout où je vais un sac à dos chargé de maté­riel photo, un des mots impor­tants doit être le mot « contraste ». Allez, même au plu­riel : « contrastes ».

Hier soir, j’ai (re-)vu un épisode de Tatort. Le plus « fort » que j’aie jamais vu. Il s’appelle La mort heu­reuse. Dans la bri­gade cri­mi­nelle, on s’occupe des morts. Mais là, il va fal­loir s’occuper de la mort, pas seule­ment des morts. La vic­time d’origine tra­vaillait pour une asso­cia­tion qui s’occupait de mou­rants. Il s’agissait d’euthanasie. Et au cours de l’enquête, une enquête en fait banale, on découvre un tra­fic de médi­ca­ments. On découvre une famille. La mère, le père, et leur fils de six ans n’ont qu’un sujet de conver­sa­tion. La mort, inévi­table, pro­gram­mée, de la fille. Julia. Neuf ans, atteinte de muco­vis­ci­dose. Incu­rable. Qui dis­tri­bue à tous ses visi­teurs des objets, au moyen des­quels elle espère pou­voir les recon­naître, « plus tard ». On ne sait jamais…

L’enquête devient rapi­de­ment secon­daire, de mon côté de l’écran. Et pour les enquê­teurs aussi. Se suc­cèdent une série de scènes toutes plus bou­le­ver­santes que les autres. La der­nière est le visage tour­menté de la com­mis­saire (ça fait exac­te­ment vingt ans que la com­mis­saire Lena Oden­thal sévit dans Tatort, tiens…) quand elle sort de la mai­son. Julia est morte cette nuit là, dans les bras de son petit frère, après lui avoir confié son singe en peluche, Bruno. On est très, très loin de la gen­dar­mette de la série «une femme d’honneur». La com­mis­saire, la jog­geuse éter­nelle, pèse vingt tonnes. La mort est un client dif­fi­cile, pour la crim’.

La fic­tion ne doit pas être relé­guée au devoir de dis­trac­tion. Sur­tout quand ce tra­vail est (magni­fi­que­ment) accom­pli par la «réa­lité». J’aime Tatort pour ces épisodes là. Ceux où la caméra vise à tra­vers l’écran.

Bienvenue dans la «réalité» ...

Ah oui. Je vou­lais par­ler de contrastes…

Photographe à vapeur …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 3 oct 2009 à 12:58

an-dro mécanique ...

Ce oui­kende a lieu au dépot de Berlin-​​Schöneweide la Ber­li­ner Eisen­bahn­fest. Thoo-​​tchoo Party, pour ceux qui ne parlent pas la langue. En fait ça s’étendait sur trois jours, puisque hier soir il y avait une séance photo. C’est bien vu, car prendre des pho­tos dans une foule n’est pas néces­sai­re­ment facile. Hier soir, on était peut-​​être une tren­taine. Confort.

En arri­vant à la gare du S-​​Bahn qui des­sert le dépot, je me suis demandé pour­quoi je ne voyais aucune loco à l’extérieur. On a grimpé l’escalier qui mène à la pas­se­relle d’où, en 2006, j’avais pris des dizaines de pho­tos des 7 ou 8 locos qui para­daient fiè­re­ment. Et là j’ai vrai­ment eu un choc. Sueurs froides et tout. Un goût d’apocalypse dans la bouche. Comme si on m’avait arra­ché un organe, à moi l’homme chemin-​​de-​​fer.

Démembré ...

À l’heure où j’écris, j’ai encore les larmes qui poussent au por­tillon. Pas de parade cette année. Enfin pas le genre de parade à laquelle j’avais assisté il y a trois ans. J’étais un petit peu déçu. Je le suis encore. Oh, pas vrai­ment pour moi. Je les ai vues, au moins, ces machines ali­gnées. Et je les rever­rai. Et j’ai pour tou­jours au cœur les concerts de sif­flets, je vois les sou­rires com­plices des chauf­feurs pen­chés à la fenêtre avec la main accro­chée à la chaîne du sif­flet. Les nuages de vapeur d’où les machines sur­gissent. Mais quand je pense aux gamins qui ne ver­ront pas ça aujourd’hui, ou demain.

Pour moi, pas ques­tion d’être déçu après la soi­rée que je viens de passer.

Cela dit, à tête repo­sée, je décide de cou­cher sur «papier» les remarques que j’ai faites hier. Auto-​​pédagogie, en quelque sorte.

  • Quand on «tra­vaille», les zooms règnent. C’est irré­vo­cable. Au moins jusqu’à la pro­chaine fois. On ne peut pas deman­der à un chauf­feur de recom­men­cer jusque parce qu’on a dû chan­ger d’objectif. Les zooms donnent des pos­si­bi­li­tés beau­coup plus impor­tantes. J’aime mon DA 15mm, mais après quelques minutes, je suis passé au DA* 16-​​50mm. Sans regrets. Et sans oublier qu’à ma pro­chaine balade, c’est mon DA 15mm qui sera sur mon appa­reil. Mais hier soir, le choix était évident.
  • Quand on uti­lise le pied, enle­ver le «grip». Je me suis rendu compte que le lien appa­reil /​ grip n’est tout sim­ple­ment pas assez fort pour sup­por­ter les mani­pu­la­tions : j’ai pas mal de pho­tos floues pour manque de sta­bi­lité. Le DA* 16 – 50 est lourd, ça ajouté à la hau­teur sup­plé­men­taire don­née par le grip, on risque des mou­ve­ments para­sites. Sans appel : le grip est inter­dit de séjour sur le pied.
  • Le DA* 60 – 250 est magni­fique. Je l’ai uti­lisé tant que j’ai pu. Entre autres, le col­lier est un acces­soire *indis­pen­sable* — à la condi­tion d’avoir une plaque (uti­li­sée pour établir la liai­son avec le pied) sur le col­lier. Je déplore qu’il n’y ait pas un sur le DA* 16 – 50 ou le DA 50 – 135.
  • Ins­tal­ler les plaques (appa­reil, col­lier, etc.) à l’avance. Perdre du temps sur le lieu du crime juste parce qu’on a une vis qui gène est tout sim­ple­ment idiot.
  • Se ren­sei­gner. Le fait que les pro­jec­teurs ins­tal­lés sur le bâti­ment me donnent à l’image une lumière *verte* m’a troué (et conti­nue à me trouer) le… euh… fondement.

Bon, je crois que je n’ai rien oublié

Ah si ! C’est bien de pen­ser au thermos.

Viola à la rescousse !

Moteur du site : wordpress 3.4 - Thème : «Back in Black 2» crée par Frederic de Villamil (traduit en français par amnesix)