Avoir les moyens de ses … ambitions ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 29 Août 2009 à 09:48

Le cul dans le pantalon ...

J’ai trou­vé hier une affiche élec­to­rale de mes amis de «la gauche».

Là, pas d’analyse. Pro­mis. Juste la tra­duc­tion : «Direc­te­ment : Hali­na Waw­zy­niak ! Avec le cul dans le pan­ta­lon au Bun­des­tag.»

Notes du tra­duc­teur :

  • Direc­te­ment : le sys­tème élec­to­ral alle­mand est un tan­ti­net com­pli­qué. L’affiche demande à l’électeur de cocher le nom de la «can­di­date», per­met­tant une élec­tion «directe», plu­tôt que par le vote de liste.
  • «avoir le cul dans le pan­ta­lon» se dit en fran­çais du même niveau «avoir des couilles»
  • Le Bun­des­tag est en Alle­magne l’équivalent de l’assemblée natio­nale fran­çaise
  • La can­di­date est une femme.

Le grimpeur et la muse …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Photo — le lun 24 Août 2009 à 20:19

Le grimpeur et la muse ... une fable ?

[Cet article avait dis­pa­ru lors d’un inci­dent de ser­veur. Le revoi­ci, moins le titre ori­gi­nal, que j’ai oublié…]

Je vais racon­ter la genèse d’une pho­to ratée.

Cette pho­to me plait beau­coup, en dépit du fait qu’elle est défi­ni­ti­ve­ment ratée. Ça ne se voit peut-être pas même pas au pre­mier regard, mais moi je sais qu’elle est ratée. Et le pire : je sais exac­te­ment pour­quoi, et com­ment j’aurais pu, et même du, la prendre cor­rec­te­ment. Mais dans ce genre de situa­tions, je perds la tête.

Le pro­blème : la sta­tue est floue. Pas énor­mé­ment, mais floue.

La rai­son : je suis avec mon DA* 60 – 250mm. À 25 mètres, et mon ouver­ture à F4, j’ai une pro­fon­deur de champ de 1,51m. Et il y a faci­le­ment trois mètres entre le grim­peur et la muse.

La solu­tion : c’était très simple : fer­mer. Avec un F8, j’avais 3 mètres de pro­fon­deur de champ.

La ques­tion : pour­quoi je n’ai pas fer­mé ? Pour­quoi est-ce que mon cer­veau s’est figé ? Pour­quoi est-ce que j’ai rai­son­né en terme de choix (entre avoir le grim­peur net et avoir la sta­tue nette) comme si la situa­tion était immuable ?

Tout ce que j’avais à faire était de tour­ner la molette avec le pouce. Ce n’était pas long à faire, le grim­peur n’allait pas s’envoler, la sta­tue non plus. Mais j’ai pani­qué. Entre la peur que le grim­peur me voie en train de le prendre, et la peur que la lumière se change, j’ai déclen­ché, et voi­là.

C’est le genre de cas où je vois le che­min qu’il me reste à par­cou­rir avant d’avoir une chance de deve­nir un “bon” pho­to­graphe.

Cela dit, même avec ma tête, c’était pas gagné d’avance. Les dis­tances que je vous donne (entre moi et le grim­peur, entre le grim­peur et la sta­tue) sont des esti­ma­tions. Si mes 25m s’avèrent être plu­tôt 23, et si mes 3m s’avèrent en être plu­tôt 4, alors même avec mon F8, je l’ai dans le baba.

Mais j’aime bien cette pho­to tout de même. Et tant pis.

Les couleurs de la «gauche» …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 15 Août 2009 à 22:41

Noir, blanc et rouge ... la «gauche» marron ?

Pauvres de nous. L’Allemagne est en cam­pagne élec­to­rale.

Non que je me plaigne de la presse, ou même des actua­li­tés télé­vi­sées, notez. Je les ignore super­be­ment. Mais les affiches, les affiches … com­ment ne pas le voir, alors que je passe tout mon temps exté­rieur le nez en l’air, à la recherche de pho­tos à prendre ?

En ce moment, mon quar­tier est lit­té­ra­le­ment inon­dé d’affiches de «gauche». Ou plus exac­te­ment d’affiches de «la gauche», tra­duc­tion lit­té­rale du nom du par­ti «die Linke».

Aujourd’hui, je vais, sous vos yeux, ten­ter d’oublier tout le mal que je pense de cette gauche. Je vais juste ten­ter de m’en faire une idée rien qu’à lire leurs affiches. Et vous allez aimer ça.

Le look de «la gauche»
Ça com­mence bien. Noir, blanc, rouge. Les cou­leurs du régime nazi. Faute de goût, ou aveux invo­lon­taires ? Sérieu­se­ment, est-ce que la direc­tion de «la gauche» est com­po­sée d’idiots igno­rants de l’histoire de leur pays ? Ou est-ce qu’il y a quelque part un mes­sage sub­li­mi­nal ? Je vous donne un indice. Il y a un autre par­ti qui s’affiche en noir, blanc et rouge : le NPD, le par­ti néo-nazi. Oh, com­pa­rez, n’hésitez pas.

Les affiches sont com­po­sées de la même façon. Les logos sont incli­nés de la même façon.

En gros, les affiches de ces deux par­tis me donnent la gerbe. De la même façon.

Le dis­cours de «la gauche»
Rien à redire. Ima­gi­nez : impo­ser les mil­lion­naires, pas les petits, de l’argent pour l’éducation plu­tôt que pour les banques, Les troupes hors d’Afghanistan, le salaire mini­mum tout de suite, etc. Qui peut être contre ça ? Démons­tra­tion brillante de popu­lisme appli­qué. Sur­tout quand on connait les patrons de «la gauche»… ah non, aujourd’hui j’ai théo­ri­que­ment tout oublié ce que je savais avant sur «la gauche». C’est pas grave, même hors contexte, pas de pro­blème. Il y a un type qui affiche sa tronche, avec comme seul texte : «la richesse pour tous». Nor­ma­le­ment, ça devrait faire rire, même si on ne sait pas que la tronche appar­tient à Gysi.

Bon, donc ils sont fou­tus, non ?
Aaaaah, c’est une bonne ques­tion. En fait, ce n’est pas gagné du tout. En tout cas au niveau des affiches. Les par­tis «clas­siques» sont appa­rem­ment en plein concours pour faire la cam­pagne la plus lamen­table de l’histoire. Le par­ti de la petite Ange­la affiche : «nous avons la force». La force de quoi ? Le rival «socia­liste», Stein­meier, évite de nous infli­ger sa tronche. Ses can­di­dats locaux n’ont pas ce scru­pule. Et en des­sous, cette parole his­to­rique : «empoi­gner, pour notre pays». Touche de bon goût, le verbe uti­li­sé (anpa­cken) est un syno­nyme en alle­mand de la rue pour «pelo­ter». Le troi­sième, la ver­sion alle­mande du Modem, affli­gé de la ver­sion alle­mande de Bay­rou (je n’invente RIEN), le remar­quable Gui­do Wes­ter­welle. Celui qui nie depuis deux ans qu’il veut deve­nir ministre des affaires étran­gères. Sur leurs affiches, des mots simples, écrits en gros : liber­té, etc.

Il reste les verts. Il faut oser lire leurs affiches. Ça com­mence par WUMSS (voum­ss, en fran­çais). Ah non, c’était pour les élec­tions euro­péennes, ça. C’était d’un ridi­cule… Les nou­velles, je ne les vois pas dans la rue.

Donc, face à une telle concur­rence, je crains un bon score pour «la gauche». Par défaut.

Et au fait, chez vous, ils sont com­ment, la «gauche» ? Comme «ça» ?

Complément au compliment : Pentax DA 35mm F2,8 Limited «Macro»

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Photo — le mer 12 Août 2009 à 15:37

Jardin d'enfants ...

Je n’en reviens pas, j’y reviens régu­liè­re­ment.

Hier, on était tous les deux dans un jar­din d’enfants, en fait dans le Tier­gar­ten, ce pou­mon vert cou­leur gamins, de Ber­lin. On était en train de jouer sur une espèce de balan­çoire «à la Xenu» (ça tourne, ça penche laté­ra­le­ment et ver­ti­ca­le­ment, c’est vrai­ment venu d’ailleurs, et tu ne peux plus des­cendre), et les pho­tos que j’ai prises ont un déli­cat par­fum de ludique. C’est pas for­cé­ment l’objectif, notez.

Ça fait peut-être deux semaines que j’ai ce DA 35mm. Limi­ted. C’est écrit des­sus. Ce que j’aime, par­ti­cu­liè­re­ment, c’est la ver­sa­ti­li­té de cet objec­tif. Il ne peut natu­rel­le­ment pas rem­pla­cer un télé­ob­jec­tif, mais il me fait l’impression que j’avais, gamin, avec mon pre­mier cou­teau suisse dans la poche de mon pan­ta­lon, que j’étais équi­pé pour la vie. Même si je n’avais à l’époque aucune uti­li­té pour un tire-bou­chons.

C’est défi­ni­ti­ve­ment irra­tion­nel, mais cet objec­tif est amou­reux de moi. À moins que ce soit le contraire. Allez savoir…

Objet de concupiscence : Pentax DA* 60 – 250mm F4

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le dim 9 Août 2009 à 11:20

Concupiscence ...

J’en ai rêvé pen­dant plus deux ans. Cet objec­tif avait déjà été «annon­cé» avant que j’aie ache­té mon K10D. Dans ma tête, suite à la magni­fique année que j’avais pas­sée avec mon Lumix (FZ30), qui avait une focale (équi­va­lant) à 35 – 420 mm, sachant que je pas­sais le plus large de mon temps à 420mm, il était clair qu’il me fal­lait un zoom d’au moins 300mm (sachant qu’il y a un coef­fi­cient de 1,5 sur un Pentax).

Mais il était non moins clair que je vou­lais un objec­tif qui n’ait pas peur de l’eau. Donc, chez Pentax, le seul objec­tif appro­chant était le (à l’époque «mythique», c’est à dire inexis­tant) DA* 60 – 250mm.

Les forums le men­tion­naient régu­liè­re­ment. Mais il ne sor­tait jamais. Je m’étais donc «conten­té» de mon DA* 50 – 135mm, dont j’ai déjà dit tout le bien que j’en pense.

Et, un jour, il a fini par appa­raitre, cet objec­tif. Et un jour, j’ai eu l’occasion de mettre la main des­sus.

Depuis ce jour, mon 50 – 135 n’a plus vu la lumière du jour.

Le DA* 60 – 250mm F4 m’impressionne chaque jour. Il est deve­nu mon fiable che­val de labour. Comme tout che­val. il a quelques défauts, mais à che­val don­né, on ne regarde les dents de trop loin. Je vais les évo­quer, pour le prin­cipe :

  • le poids : il est lourd. Pas au point que ça puisse deve­nir pénible, mais il faut tout de même le savoir. 1,230 kg, tout de même.
  • la bague de zoom : «dure» entre 60 et 200mm, ensuite elle est un petit peu fla­ga­da jusque 250mm. Pas grave, par­fois un petit peu aga­çant.
  • le trom­bon­nage : quand on le tient ver­ti­cal, la tête en bas, il cou­lisse. Ça, c’est sérieu­se­ment aga­çant. Pas vrai­ment grave, mais tout de même.

Reve­nons à l’essentiel. Cet objec­tif est un bon­heur. Je ne suis pas un tes­teur. Je ne suis pas non plus un pro­fes­sion­nel. Je ne vais pas démon­trer les qua­li­tés de cet objec­tif. Je ne pour­rais peut-être même pas les nom­mer cor­rec­te­ment. Je sais qu’il y a des gens qui *savent*. Moi, je ne peux que décrire.

  • l’ouverture de 4 mini­mum : je sais qu’il y a des gens qui hurlent à l’idée d’utiliser un objec­tif qui n’ouvre pas (au moins) jusque 2,8. Je peux com­prendre, en théo­rie. Entre 2,8 et 4, c’est la même dif­fé­rence que entre un 1250 et un 1125. Ou entre un 800 ISO et un 1600 ISO. Et je sais (main­te­nant) que quand on a un objec­tif de 250mm, ça compte. Mais il ne faut pas oublier un petit détail : Avec une ouver­ture à 2,8, sur un 250mm, on a une pro­fon­deur de champ de… quatre cen­ti­mètres. Quand on est à 5m de son sujet. Notez que à F4, on n’a pas encore beau­coup, dans l’absolu : 6 cen­ti­mètres. Mais à moins de pho­to­gra­phier des feuilles de papier (de face), avoir un petit peu de pro­fon­deur de champ, c’est utile. Donc, ne pas avoir l’ouverture jusque 2,8 ne me fait ni chaud ni froid.
  • l’affutage : c’est une expres­sion à moi. En anglais, on dit qu’un objec­tif qu’il est «sharp». Tran­chant. D’où «affu­tage». Ça décrit la capa­ci­té de mon­trer des détails. Le DA* 60 – 250 est, à mon goût, très affu­té. Même à F4 d’ouverture.
  • le «ren­du» : c’est par défi­ni­tion sub­jec­tif, même s’il existe des gens capables de s’étriper au sujet du ren­du de tel ou tel objec­tif com­pa­ré à tel autre objec­tif. Le ren­du du DA* 60 – 250 est (à mes yeux) très agréable.
  • le «bokeh» (c’est le mot à la mode pour par­ler de la tran­si­tion entre « net » et « flou », et c’est bien vu d’être à la mode…) est à mon goût, même si par­fois un petit peu ner­veux.

Je me suis moqué à m’en faire pêter la sous-ven­trière des gens qui hantent les forums sur l’Internet, ceux qui se font gref­fer des loupes, ne regardent les pho­tos que sous forme de pixels, tou­jours à la recherche de l’appareil pho­to qui leur per­met­trait de pou­voir enfin prendre des pho­tos à (au moins) 256 000 000 000 ISO, alors qu’ils ont géné­ra­le­ment des objec­tifs culmi­nant à 50mm. J’ai pris plus de 95% de mes pho­tos sur mon K10D entre 100 et 200 ISO, même avec mon DA* 50 – 135mm. Hiver comme été. Mais quand on arrive à plus de 200mm, il faut com­men­cer à sérieu­se­ment prendre en compte la vitesse. À 250mm, avec un objec­tif long et lourd (en pho­to­gra­phiant une « cible » fixe), il est impru­dent de pho­to­gra­phier en des­sous de 1/​250, sauf si on aime les pho­tos floues. Et pour tra­vailler avec ce genre de vitesses, pour un peu que le temps ne soit pas beau, il est impor­tant de savoir qu’on a un 1600 ISO *uti­li­sable*. Avec le DA* 60 – 250, le K10D n’est pas vrai­ment adap­té si le temps est maus­sade et qu’on n’a pas le cou­rage de se trim­bal­ler son tré­pied. Vive le K20D. Mais je n’avais pas fini :

  • la fini­tion : comme tous les DA*, la fini­tion est magni­fique. De la belle méca­nique. L’adaptateur pour pied est très bien conçu.
  • la pluie : on s’en fout. C’est très confor­table.

Il y a des gens qui me disent que ma pho­to­gra­phie s’est modi­fié récem­ment. C’est un petit peu déran­geant, car ça cor­res­pond en gros à la période à laquelle j’ai com­men­cé à uti­li­ser le DA* 60 – 250. Et je fais par­tie de ceux qui croient que la pho­to vient du pho­to­graphe, pas de son maté­riel. Donc je vais, sous vos yeux, chan­ger d’avis. Oh, pas radi­ca­le­ment, hein, tout de même. Mais tout de même : le maté­riel uti­li­sé compte. Mais, cela dit, je crois que c’est le chan­ge­ment de focale dis­po­nible qui a chan­gé mes pho­tos. Pas le ren­du (le 50 – 135 n’est pas exac­te­ment pour­ri), ni l’affutage. Sim­ple­ment l’optique change le regard. Je n’aurais pas pu prendre la pho­to du jour *sous cet angle là* avec mon 50 – 135. Le télé­ob­jec­tif, ça change les angles de prise de vue. Si on prend l’exemple d’une grande sta­tue, le télé­ob­jec­tif per­met de prendre la pho­to «à plat», parce qu’on est plus loin. Avec un 35mm, on est obli­gé de s’approcher, et de tour­ner l’objectif vers le haut, en contre-plon­gée, si on veut avoir la pho­to en plein cadre.

Donc que je crois que si cet objec­tif a chan­gé quelque chose à ma pho­to­gra­phie, c’est le regard qu’il me per­met d’avoir. La qua­li­té intrin­sèque de l’objectif influe natu­rel­le­ment aus­si, mais pas autant que la plage de focale uti­li­sable. Le regard est tout. D’accord : presque tout. J’ai beau­coup tra­vaillé. Et j’ai du bon maté­riel. Dans cet ordre là.

Je dois cette pho­to (et son titre : «concu­pis­cence») à l’ami Gior­gio. Et à mon DA* 60 – 250mm. Elle gagne à être regar­dée en grand.

Six victimes et un coupable …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 4 Août 2009 à 10:11

Christopher Street Day à Berlin

Ma mère m’a écrit. Je la cite :

ce qui me trouble, c’est la publi­ca­tion de la pho­to — je suis tout à fait convain­cue que tu n’en n’avais pas le droit et que la per­sonne en ques­tion pour­rait être en droit de t’attaquer et de gagner de quoi ne plus devoir men­dier!!!! — com­ment as-tu pu com­mettre une telle impru­dence !!!! ne peux-tu brouiller au moins le visage!!!

La ques­tion se pose. Pas exac­te­ment dans ces termes, soit, mais elle se pose

Il paraît qu’on n’a pas le droit de pho­to­gra­phier les gens. Et je n’ai ni le talent séman­tique néces­saire (que le pre­mier qui a ten­té de com­prendre quoi que ce soit dans un texte de loi me jette la pre­mière pierre si il l’ose) ni le temps maté­riel –et hon­nê­te­ment ni l’envie de me prendre la tête avec ce genre de trucs. Mais il fau­drait. Connais­sant la langue fran­çaise, et muni d’un cer­veau moyen, il doit être pos­sible de trou­ver la réponse à la ques­tion à la source…

Sans rire : ten­ta­tive de trou­ver le texte de loi idoine. J’utilise le site legi­france, site offi­ciel, etc.

J’ai cher­ché le mot « pho­to­graphe » : trou­vé 12 fois dans 6 codes de lois.

  • code géné­ral des impôts (3 fois)
  • code de l’éducation (1 fois)
  • code du tra­vail (2 fois)
  • code de la san­té publique (1 fois)
  • code de la sécu­ri­té sociale (1 fois)
  • Code de l’aviation civile (4 fois)

Ques­tion : un seul de ces codes contient des infor­ma­tions « utiles » dans le cas qui me pré­oc­cupe. Je vous laisse vous poser la ques­tion, ou je vous gra­cie et vous dis lequel :? Allons, soyons géneu­reux : le gagnant de notre grand concours « le code de loi utile » est… le *code de la san­té publique*. Lequel m’apprend qu’il est inter­dit de pho­to­gra­phier des malades (je pré­sume qu’ils parlent malades dans les hôpi­taux publics) sans une auto­ri­sa­tion du direc­teur. Ce que je peux com­prendre.

Haaaaaaaaaa.

Bon.

C’est pas gagné. Essayons avec « pho­to­gra­phie ».

  • code du com­merce (4 fois)
  • code le la pro­prié­té intel­lec­tuelle (4 fois)
  • code des impôts (7 fois !!!)
  • livre des pro­cé­dures fis­cales (ne pas confondre  — 1 fois)
  • code de l’entrée et du séjour des étran­gers et du droit d’asile (4 fois)

Aucun de ces 20 men­tions du terme « pho­to­gra­phie » dans 5 codes ne peut m’aider à quoi que ce soit. Dom­mage.

Per­sis­tons.

Je vais m’attaquer au L’expression à la mode : « droit de l’image »

  • code de com­merce (4 fois)
  • code de la pro­prié­té intel­lec­tuelle (4 fois)
  • code de la consom­ma­tion (1 fois)
  • code géné­ral des impôts (6 fois)
  • code de l’entrée et du séjour des étran­gers et du droit d’asile (2 fois)
  • code de pro­cé­dure pénale (1 fois)
  • code de l’éducation (1 fois)

La recherche n’a don­né aucun résul­tat inté­res­sant. Une recherche avec l’expression « droit à l’image » a don­né le même résul­tat.

Admet­tons-le : trou­ver un texte de loi *direc­te­ment* est pra­ti­que­ment impos­sible dans le cas qui m’intéresse. Je vais main­te­nant ten­ter d’utiliser Gøøgle. Et donc Wiki­pé­dia.

Hor­reur ! Je n’ai pas le droit de pho­to­gra­phier qui que ce soit. Au moins sans auto­ri­sa­tion expresse. Et le code pénal peut me condam­ner sans même uti­li­ser dans l’article idoine le mot « pho­to­gra­phie », ni « image ». Il y a quelque chose de pour­ri au royaume de Légis­la­tive.

Vous avez pho­to­gra­phié la tour Eif­fel ? Le Louvre ? Vous êtes cou­pable si des gens appa­raissent sur votre pho­to. Et moi, avec mon men­diant, vous ima­gi­nez à quel point je suis cou­pable. Mais si j’avais cadré ma pho­to dif­fé­rem­ment, en pre­nant soin que mon men­diant n’était pas seul dans la pho­to, j’étais peut-être exo­né­ré. Pour­quoi ?

Dans le cas de telles images, vous devez uni­que­ment obte­nir une auto­ri­sa­tion de la ou des per­sonnes qui sont iso­lées et recon­nais­sables. A défaut, vous n’aurez pas à recueillir l’autorisation de toutes les per­sonnes qui figurent sur la pho­to.

Trou­vé .

Devant une telle hypo­cri­sie, et un tel fou­toir, je décide de m’en remettre à mon ins­tinct. Je laisse la pho­to là où elle est, dans le contexte où elle se trouve, où je ne me sens pas cou­pable.

C’est la seule réponse *rai­son­nable* que je suis capable de don­ner.

Le témoin et l’objectif …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le dim 2 Août 2009 à 10:33

Berlin mendie, je vole ...

Je porte mon appa­reil pho­to sur la hanche droite plu­tôt qu’autour du cou. Pour ceux qui veulent tout savoir, je porte mon appa­reil accro­ché à une RS-4 de Bla­ckRa­pid. Mais ce n’est pas le sujet.

Quand je suis en ver­sion « light » (avec juste l’appareil, sans le grip, et avec un objec­tif léger –typi­que­ment ces jours-ci mon DA 35mm Ltd), l’objectif a ten­dance à poin­ter à l’horizontale. Sur ma droite. Ce n’est tou­jours pas le sujet, mais on s’en approche.

J’ai ten­dance à gar­der une main sur l’appareil quand je marche. Sur­tout quand il y a du « tra­fic » : je n’ai pas envie d’accrocher les pas­sants avec mon appa­reil. Et il m’est arri­vé plu­sieurs fois de déclen­cher invo­lon­tai­re­ment. Clic. Et par­fois les pho­tos se sont prou­vées inté­res­santes. Le sujet est tout proche.

La ten­ta­tion est forte. On se dit que ça per­met­trait de prendre des pho­tos « dis­crètes ». Haaa : intro­duc­tion de mon sujet.

Hier je suis pas­sé devant une bouche du métro Leo­pold­platz. Et il y avait un gars accrou­pi là. Il men­diait. Et moi, je suis pas­sé.

Pire : j’ai appuyé sur le bou­ton. Au lieu de m’arrêter, de lui don­ner une pièce –nous sommes rela­ti­ve­ment cou­tu­miers du fait– j’ai pris volé une pho­to.

Depuis, j’y pense.

J’ai déci­dé hier soir que j’allais publier cette pho­to « hon­teuse ». Pour­quoi, je ne sais pas encore. S’agit-il de bri­ser un tabou, ou d’en ins­ti­tuer un ? S’agit-il de me débar­ras­ser de la culpa­bi­li­té que je res­sens à chaque fois que je vois un men­diant, ou de l’assumer ? S’agit-il d’établir mon code de déon­to­lo­gie pho­to­gra­phique ?

Cer­ti­tude : Ber­lin s’appauvrit. Il y a net­te­ment plus de men­diants que quand je suis arri­vé il y a 4 ans.

Doute : est-ce seule­ment révol­tant ? En ce qui me concerne, la dou­leur s’atténue. Je me rends compte de l’indifférence en moi. Par­fois, voir un men­diant me révolte. J’en veux à la ville entière. Je ne par­viens pas à me convaincre que le sort de ces gens est une fata­li­té, et que la ville, l’état, ou je ne sais pas qui, ne peut rien faire. C’est sain, pro­ba­ble­ment, mais d’une ça ne règle rien, et de deux ce n’est même pas per­ma­nent : sou­vent, l’indifférence en moi règne.

Cer­ti­tude : je n’aime pas cette époque. Je sais : ça ne mange pas de pain. Mais je suis cer­tain que je n’aime pas cette époque. À chaque fois que je vois une femme coin­cée en bas d’un esca­lier avec une pous­sette, tour­nant la tête pour ten­ter de croi­ser un regard, espé­rant que quelqu’un va s’arrêter et l’aider, je hais cette époque égoïste, et je me hais pour mon égoïsme. Pour chaque men­diant. J’ai pas­sé assez de temps dans les cou­loirs du Job­Cen­ter pour savoir pour­quoi je hais cette époque. La méca­nique happe et déchire. Et nous res­tons témoins. Seule­ment témoins.

Doute : est-ce que la révolte suf­fit ? Je me suis posé la ques­tion lors de mon séjour en Pales­tine. Je pas­sais du temps avec un groupe d’étudiants danois, et ils étaient aga­cés par ma révolte per­ma­nente, celle qui me pre­nait à chaque bar­rage, contrôle, check­point. Au point que j’avais fini par prendre dis­tance avec ce groupe. Mais, quand le groupe est ren­tré chez lui, il y en a une qui m’a écrit. Elle m’a remer­cié, et s’est excu­sée de ses reproches. Elle m’a féli­ci­té d’avoir gar­dé la capa­ci­té de me révol­ter. Mais j’ai fini, moi aus­si, par par­tir. Que j’aie été révol­té ou pas, le pro­blème est res­té. Est-ce que la révolte est « meilleure » que l’indifférence ? Sans doute. Est-ce qu’elle suf­fit ?

Je peux essayer de m’exonérer en tra­ves­tis­sant ces ques­tions en termes de pho­to­gra­phie. Était-ce une bonne pho­to, avais-je le droit de la prendre, de la publier, etc. Mais ça ne suf­fit pas.

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