Pauvres de nous. L’Allemagne est en campagne électorale.
Non que je me plaigne de la presse, ou même des actualités télévisées, notez. Je les ignore superbement. Mais les affiches, les affiches … comment ne pas le voir, alors que je passe tout mon temps extérieur le nez en l’air, à la recherche de photos à prendre ?
En ce moment, mon quartier est littéralement inondé d’affiches de «gauche». Ou plus exactement d’affiches de «la gauche», traduction littérale du nom du parti «die Linke».
Aujourd’hui, je vais, sous vos yeux, tenter d’oublier tout le mal que je pense de cette gauche. Je vais juste tenter de m’en faire une idée rien qu’à lire leurs affiches. Et vous allez aimer ça.
Le look de «la gauche»
Ça commence bien. Noir, blanc, rouge. Les couleurs du régime nazi. Faute de goût, ou aveux involontaires ? Sérieusement, est-ce que la direction de «la gauche» est composée d’idiots ignorants de l’histoire de leur pays ? Ou est-ce qu’il y a quelque part un message subliminal ? Je vous donne un indice. Il y a un autre parti qui s’affiche en noir, blanc et rouge : le NPD, le parti néo-nazi. Oh, comparez, n’hésitez pas.
Les affiches sont composées de la même façon. Les logos sont inclinés de la même façon.
En gros, les affiches de ces deux partis me donnent la gerbe. De la même façon.
Le discours de «la gauche»
Rien à redire. Imaginez : imposer les millionnaires, pas les petits, de l’argent pour l’éducation plutôt que pour les banques, Les troupes hors d’Afghanistan, le salaire minimum tout de suite, etc. Qui peut être contre ça ? Démonstration brillante de populisme appliqué. Surtout quand on connait les patrons de «la gauche»… ah non, aujourd’hui j’ai théoriquement tout oublié ce que je savais avant sur «la gauche». C’est pas grave, même hors contexte, pas de problème. Il y a un type qui affiche sa tronche, avec comme seul texte : «la richesse pour tous». Normalement, ça devrait faire rire, même si on ne sait pas que la tronche appartient à Gysi.
Bon, donc ils sont foutus, non ?
Aaaaah, c’est une bonne question. En fait, ce n’est pas gagné du tout. En tout cas au niveau des affiches. Les partis «classiques» sont apparemment en plein concours pour faire la campagne la plus lamentable de l’histoire. Le parti de la petite Angela affiche : «nous avons la force». La force de quoi ? Le rival «socialiste», Steinmeier, évite de nous infliger sa tronche. Ses candidats locaux n’ont pas ce scrupule. Et en dessous, cette parole historique : «empoigner, pour notre pays». Touche de bon goût, le verbe utilisé (anpacken) est un synonyme en allemand de la rue pour «peloter». Le troisième, la version allemande du Modem, affligé de la version allemande de Bayrou (je n’invente RIEN), le remarquable Guido Westerwelle. Celui qui nie depuis deux ans qu’il veut devenir ministre des affaires étrangères. Sur leurs affiches, des mots simples, écrits en gros : liberté, etc.
Il reste les verts. Il faut oser lire leurs affiches. Ça commence par WUMSS (voumss, en français). Ah non, c’était pour les élections européennes, ça. C’était d’un ridicule… Les nouvelles, je ne les vois pas dans la rue.
Donc, face à une telle concurrence, je crains un bon score pour «la gauche». Par défaut.
Et au fait, chez vous, ils sont comment, la «gauche» ? Comme «ça» ?