Fierté(s) …?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 28 Juin 2009 à 13:50

fiertés ...

Ici, à Ber­lin, les mots «Gay pride» ne sont qu’un sous-titre. Le défi­lé est la parade de Chris­to­pher Street day. On l’appelle sou­vent CSD. La fier­té n’est qu’un sous-titre. Comme si on n’avait pas besoin d’évoquer, ou invo­quer la fier­té homo­sexuelle. Ou bisexuelle. Ou Trans­sexuelle. J’ai eu, pen­dant les presque trois heures que je suis res­té là, mon appa­reil à la main, que la fier­té est acquise. Irré­vo­cable.

Pour la majo­ri­té des gens qui ont défi­lé, il ne s’agissait pas de s’affirmer. Juste d’être.

Ber­lin a eu la semaine der­nière la visite de Brü­no, le per­son­nage de l’humoriste Sacha Cohen, dont les péri­pé­ties n’ont pour tout but que de pro­vo­quer. À Ber­lin, devant la Bran­den­bur­ger Tor, habillé dans un cos­tume déli­rant dont le plus visible était un énorme sexe, il est pas­sé tota­le­ment inaper­çu. Cho­quer les Ber­li­nois avec des his­toires de mœurs n’est pas si facile. La com­mu­nau­té (impor­tante) homo de Ber­lin est géné­ra­le­ment tota­le­ment «inté­grée». Je vois depuis que je vis à Ber­lin un nombre cer­tain de trans­ves­tis.

Peut-être que le dan­ger, pour cette com­mu­nau­té, vient de l’intérieur. Il y a une «CSD» alter­na­tive, depuis quelques années, orga­ni­sée par et pour les homos musul­mans. Ils font bande à part. Voyant les pro­blèmes de Ber­lin, c’est en fait la para­doxale preuve que la com­mu­nau­té homo est tota­le­ment inté­grée, puisque le pire des pro­blèmes de la ville est un pro­blème … d’intégration, que toutes les mino­ri­tés subissent de la même façon. En clair, la radi­ca­li­sa­tion d’une par­tie de la popu­la­tion musul­mane de la ville.

Les ban­de­roles de la parade sont sou­vent poli­tiques. Sérieuses. Mais l’ambiance de la parade est tout sim­ple­ment «bon enfant». Les mani­fes­tants, car c’est ce qu’ils sont, quand ils dis­tri­buent des tracts(ou des pré­ser­va­tifs), les spec­ta­teurs n’ont pas la moindre réti­cence.

Je suis un Ber­li­nois.

Ni queue ni tête …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 26 Juin 2009 à 11:16

Va comprendre ...

Par­fois, à Ber­lin, un simple pro­me­nade peut te ren­voyer dans le temps. C’est sidé­rant que en choi­sis­sant de tour­ner à droite plu­tôt qu’à gauche tu puisses te télé­por­ter dans un autre monde.

Sidé­rant, indeed. On fête cette année les vingt ans de la réuni­fi­ca­tion de l’Allemagne. Et pour­tant, au cœur de la capi­tale, il reste des quar­tiers «d’avant» sans la moindre amé­lio­ra­tion. Qu’il reste des kilo­mètres d’égouts sus­pen­dus, par exemple, me sidère. Dans mon quar­tier (lire : «à l’ouest»), je n’ai jamais vu un câble. Ni de télé­phone, ni d’électricité. Il suf­fit de pas­ser la «fron­tière» pour en voir. Il y a des «lam­pa­daires» hon­teux, des trucs dont on se demande si ils ne les éteignent pas quand il pleut.

Il y a des immeubles en ruine. Lit­té­ra­le­ment. Des endroits où j’oserais à peine entrer. Et les gens y vivent.

Je me demande par moments ce que ça signi­fie, la «réuni­fi­ca­tion». Ho, il y a des quar­tiers de l’est qui ont été réno­vés, certes. Et des monu­ments. Le nou­veau Bun­des­tag, patin-couf­fin. La réuni­fi­ca­tions, c’est juste une his­toire de façade ? Est-ce qu’avant de refaire le Bun­des­tag est-ce qu’on n’aurait pas pu, je ne sais pas, moi, enter­rer les égouts ? La réuni­fi­ca­tion c’est juste une his­toire de pots de pein­ture ? Il suf­fi­sait de repeindre les tours à Mar­zahn ? Aujourd’hui, Mar­zahn vote «rouge», ten­dance «vert de gris». Sinon «mar­ron». Mar­zahn devient xéno­phobe, vio­lente. Il y a à l’est, des jeunes, nés après la réuni­fi­ca­tion, qui sou­haitent le retour de la RDA.

On a eu *vingt ans* pour faire la réuni­fi­ca­tion. Oh, c’est sûr : on s’est occu­pé de l’économie. Mais les gens ?

Et dans les champs …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 23 Juin 2009 à 18:35

Traverses des champs ...

Ha-ha !

C’est ce que j’ai eu dans la tête quand j’ai vu que la clô­ture était ouverte.

C’est la seconde fois que ça m’arrive. Les voies fer­rées ne sont nor­ma­le­ment jamais acces­sibles. Enfin à des gens comme moi. Et là, l’autre jour, alors que j’étais allé à la gare de Ost­kreuz (les tra­vaux de «réno­va­tion» étaient sup­po­sés com­men­cer lun­di) et que j’étais par une sor­tie dont j’ignorais l’existence, on a sui­vi la route quelques mètres sous le pont, et là –miracle – , il y avait un accès ouvert.

C’est le genre d’endroits que les graf­fi­teurs que me plaisent (ceux qui des­sinent, pas ce qui laissent leurs crottes sur les œuvres de leurs ainés, Toto-était-là-style) fré­quentent très sou­vent. Et je n’ai pas été déçu. Enfin si, il y a eu des crottes indé­si­rables, mais tout de même. Il y avait une fresque d’envergure inté­res­sante.

Et il y avait aus­si quelques tonnes de pierre. Je ne sais pas si elles ont été par­ties dans le chan­tier pré­cé­dent. Après tout, c’est un ter­rain de la Deutsche Bahn, et ça res­semble tout de même assez à des tra­verses.

Tra­verses en pierre. Enfin un maté­riau assi­mi­lé.

C’était une chouette jour­née ! J’ai pu prendre le châ­teau d’eau d’Ostkreuz sous un angle inha­bi­tuel. Et on a trou­vé une zone (à la «c’est la zone»), des ruines, des tuyaux, une chaise longue, un pont, des graf­fi­ti, des voies fer­rées… tout ce que j’aime à décou­vrir avec un appa­reil pho­to sous la main.

Vuvuzela !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 20 Juin 2009 à 23:57

La-la-la-la ...

J’aime le foot depuis … mmh … tou­jours. Même à la télé. La télé m’a par­fois per­mis d’assister à des scènes incroyables. Celle que j’ai en tête est la finale de la coupe du monde (de rug­by, certes..) en Afrique du Sud peu après la chute du régime de l’apartheid. Le public ce jour là était un bon­heur. Ils étaient des dizaines de mil­liers, et ils chan­taient.

Les fans de foot sont de deux races. Ceux qui braillent, et ceux qui chantent. Et en Afrique du Sud, j’aurais écrit chan­ter avec une majus­cule. C’était tout sim­ple­ment magni­fique. Ils chan­taient à deux, trois, par­fois quatre voix. Depuis ce jour, j’ai atten­du le jour où je pour­rais voir un match de foot à la télé, d’un stade d’Afrique du Sud.

Cette année, bon­heur. La coupe des confé­dé­ra­tions se passe en Afrique du sud. Bon­heur …?

Non. Pas de bon­heur. De la Vuvu­ze­la.

L’autre soir, j’ai allu­mé la télé, et après une minute j’ai véri­fié si ma télé était bran­chée cor­rec­te­ment. Une seconde plus tard, Vio­la me deman­dait, depuis la cui­sine, ce qu’il se pas­sait avec la télé.

C’était de la Vuvu­ze­la.

Essayez de vous ima­gi­ner la Vuvu­ze­la.

Fer­mez les yeux.

Ima­gi­nez le vol d’une mouche dans votre salle à man­ger. Même si vous essayez de l’ignorer, vous l’entendez. Vous la sui­vez de l’oreille. Non ?

Ensuite, seconde étape. Ima­gi­nez 50 mouches. Qui tour­ment, en per­ma­nence. C’est aga­çant, non ? Ça déclenche chez toute per­sonne saine d’esprit une envie de Bay­gon. Pas du vert, hein. Celui contre les mouches.

Alors pas­sez à la troi­sième étape. 5000 mouches. Toutes en train de voler autour de vous. Même si vous aviez sur la table devant vous le Bay­gon sal­va­teur, pour l’utiliser il vous fau­drait enle­ver vos mains de vos oreilles. Et ça, inen­vi­sa­geable. Car cha­cune des 5000 mouches qui est en train de tour­ner autour de vous est équi­pée d’une sono sur­puis­sante.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi je quitte la salle après la pre­mière minute de la *seconde* étape.

La Vuvu­ze­la, c’est une trom­pette en plas­tique. Existe en noir, en blanc, en jaune, en rouge, en vert, en bleu … Elle ne pro­duit qu’une note. Elle est longue, et donc puis­sante.

Dans le stade, il y a plu­sieurs dizaines de mil­liers de Vusu­ze­la.

Vous voyez où je veux en venir ?

La coupe du monde de l’année pro­chaine, en Afrique du sud, je la sens mal. Très mal. Plus de chants dans le stade. Juste un infer­nal essaim de mouches sous amphètes. Un bou­can insup­por­table. Per­ma­nent. Mono­tone.

L’horreur.

Mille vingt-quatre pixels …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le sam 20 Juin 2009 à 07:26

L'accordéoniste ...

J’aime la pho­to.

Ce jour­nal, que je décore de pho­tos est avant tout un jour­nal. J’aime écrire, aus­si. Mais le for­mat de ce jour­nal ne se prête pas vrai­ment à l’affichage de pho­tos.

J’aime la pho­to, et je vou­lais avoir un site où elle soit le centre de tout. Donc de la pho­to sans texte.

Donc j’ai ouvert un site de pho­tos. En «grand» for­mat. L’idée est simple : à l’écran, la pho­to «du jour», et c’est tout. On peut natu­rel­le­ment s’y «abon­ner» (RSS, etc.). On peut par­cou­rir le site pho­to après pho­to, ou mois par mois.

La pho­to du jour est dénuée de tout com­men­taire. Pas même un titre qui pour­rait détour­ner l’attention du spec­ta­teur. Sim­ple­ment une légende, pure­ment infor­ma­tive.

Le for­mat, c’est mille quatre-vingt pixels de large.

Le site, c’est Mille vingt-quatre pixels …

Cela dit, et *natu­rel­le­ment*, mon jour­nal conti­nue sa route.

Photographe amateur …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le ven 19 Juin 2009 à 12:56

Photo : passion ...

Avant-hier, on «errait» entre deux ren­dez-vous. On était par­tis de Wed­ding, et on avait mar­ché jusqu’à la fameuse Bran­den­bur­ger Tor. Et puis on est par­tis à flâ­ner sur Unter den Lin­den. Mal­gré les tra­vaux, Unter den Lin­den reste une allée magni­fique. Et c’est là qu’on a trou­vé une manif d’étudiants. Ces idéa­listes per­ma­nents qui se croient auto­ri­sés à poser des ques­tions imper­ti­nentes du genre  «Dis-donc, Ange­la, à chaque fois qu’une banque te fait un sou­rire avec les yeux humides, tu lui donne de l’argent. Pour­quoi tu n’en as plus pour nous ?»

Vous voyez le genre, j’imagine.

C’est là que j’ai attra­pé du coin de l’objectif le gars que vous avez sous les yeux.

C’est dans ces moments là que je me rends compte d’à quel point j’aime la pho­to. Un cli­ché comme celui-ci me sui­vra pen­dant des années. Je ne sais pas pour­quoi, et ça ne m’intéresse en fait pas. Il cor­res­pond exac­te­ment à l’expression «pho­to­graphe ama­teur». La pho­to n’est pas par­faite, mais elle trans­pire d’amour.

J’aime la pho­to.

J’espère [car dans mes plans il y a une étape où j’aurai une carte de visite avec «pho­to­graphe» écrit des­sus] que je serai capable de gar­der mon regard et mon esprit d’amateur. Sans ça, la pho­to­gra­phie n’aura plus de goût, ce goût qui me hante depuis mes années en culottes courtes avec mon Lubi­tel autour du cou.

Au fait, en russe, où mon Lubi­tel a été fabri­qué, le mot «Lubi­tel» signi­fie : «ama­teur». [très large sou­rire]

Plus rien entre les oreilles …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 18 Juin 2009 à 07:53

Entre les oreilles ...

Je vous l’avais annon­cé, c’est fait.

C’est très bien, très noble, bla-bla-bla, de s’intéresser à la liber­té de l’Iran. N’en dou­tez pas.

Mais vous connais­sez l’histoire du cor­don­nier, des chaus­sures, etc. Non ? Ren­dez-vous sur France-Inter, alors. Et appre­nez à recon­naître l’histoire du cor­don­nier mal chaus­sé. Tant que vous pou­vez.

Les malheurs de Xenu …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le mar 16 Juin 2009 à 09:52

La soucoupe volante de Xenu ...

Ils pen­saient pour­tant y être arri­vés. Des années de pro­cé­dures (avec –entre autres– un dos­sier d’instruction entier mys­té­rieu­se­ment dis­pa­ru du Palais de Jus­tice de Paris, une pres­crip­tion en rai­son de la durée de l’instruction, et –der­nier ava­tar– un pro­cu­reur de la Répu­blique qui avait deman­dé … un non lieu !) et de lavage de cer­veau, de gémis­se­ments, de menaces, de cor­rup­tion de témoins retraits de plaintes et de témoi­gnages sus­pects sur­pre­nants. Et tout ça pour se retrou­ver avec dans les gazettes des hor­reurs du genre :

Le par­quet de Paris a requis lun­di la condam­na­tion sui­vie de la dis­so­lu­tion de l’association spi­ri­tuelle de l’Eglise de Scien­to­lo­gie-Cele­bri­ty Cen­ter et de la librai­rie SEL (Scien­to­lo­gie espace liber­té), jugées en tant que per­sonne morale par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Paris pour « escro­que­rie en bande orga­ni­sée », et a récla­mé une amende de deux mil­lions d’euros contre cha­cune de ces deux asso­cia­tions.

Article du Nou­vel Obser­va­teur, à lire ici

C’est trop injuste ! [Note de l’auteur : la simple image de Xenu, Sei­gneur Galac­tique et héraut de la Scien­to­lo­gie, por­tant un casque Cali­mé­ro-style, suçant son pouce et zozot­tant «c’est trop inzuste !» me fait fris­son­ner d’effroi.]

Non, sérieu­se­ment ! Si même le pro­cu­reur de la Répu­blique se met tra­vailler du coton-tige («Le mobile reli­gieux ne consti­tue pas une jus­ti­fi­ca­tion en droit pénal») et réclame de «ses» accu­sés autre chose que le chœur des pleu­reuses réci­tant l’ode du mar­tyre reli­gieux, où va-t’on ?

Notez que la même pro­cu­reur de la Répu­blique avait, à l’étape pré­cé­dente, requis un non-lieu. Il avait esti­mé que les scien­to­logues étaient de bonne foi. Mais appa­rem­ment, les trois semaines d’audience (le juge d’instruction avait insis­té et obte­nu un pro­cès) ont débou­ché des oreilles. Dont celles du pro­cu­reur. Il était temps. Le pro­cu­reur s’est fré­quem­ment cogné la tête contre la table («quel con ! [BOUM] mais quel con ! [BOUM] c’est pour­tant pas com­pli­qué : un coton-tige par jour ! [BOUM] quel con ! [BOUM]») à entendre les témoins et les experts.

L’un des deux pro­cu­reurs de la Répu­blique, a esti­mé que les tests de per­son­na­li­té réa­li­sés sur les futurs membres, la pra­tique de l’électromètre, « le har­cè­le­ment com­mer­cial » et la « cohorte de pro­grammes de for­ma­tion » ven­dus aux adeptes étaient autant de « manoeuvres frau­du­leuses » carac­té­ri­sant l’infraction d’escroquerie en bande orga­ni­sée.

La Scien­to­lo­gie est un « sys­tème de mar­ke­ting », un « sys­tème maniaque et para­noïaque » au « ser­vice d’un pro­jet d’une valeur reli­gieuse dont il ne convient pas de débattre » dans l’enceinte d’un tri­bu­nal, a-t-elle expli­qué. « Mais c’est cette valeur reli­gieuse qu’on a oppo­sé sans cesse à l’action légi­time de la jus­tice. Ce bou­clier reli­gieux, la liber­té de culte et de conscience, a été uti­li­sé sans cesse pour délé­gi­ti­mer d’entrée l’idée d’une sanc­tion pénale », a-t-elle sou­li­gné.

« Depuis le début du pro­cès, nous avons enten­du à maintes reprises que le bon­heur n’a pas de prix. Nous avons acquis la convic­tion au minis­tère public que s’il n’a pas de prix, il a un coût, un coût consi­dé­rable. Notre posi­tion a beau­coup évo­lué depuis l’instruction ».

Même article du Nou­vel Obser­va­teur, tou­jours à lire ici

Main­te­nant, pen­dant deux jours, la Scien­to­lo­gie va pré­sen­ter ses plai­doi­ries. Notez qu’on en a pour plus de deux jours à les entendre ulu­ler. «C’est un réqui­si­toire en héré­sie, une véri­table inqui­si­tion», etc. [Note de l’auteur : l’idée de la porte-parole de la Scien­to­lo­gie, éche­ve­lée, et menée au bûcher sous les quo­li­bets d’une foule moqueuse, me plait bien me parait un petit peu exa­gé­rée.]

Bon. Xenu, mon gars, il va fal­loir pas­ser un bra­quet, hein. Remon­ter les manches. Et peut-être même t’expatrier. Après tout, hein, avec une confé­dé­ra­tion galac­tique de 76 pla­nètes à ta dis­po­si­tion (ne riez pas comme ça, hein, vos frô­lez le blas­phème, là, vous savez ?), ça ne devrait pas être si com­pli­qué de se trou­ver une *autre* pla­nète habi­tée de pigeons à plu­mer, hein !

Allez zou, en sou­coupe, mon Xenu. Bon vent !

Sous les cieux satellites de géolocalisation …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le lun 15 Juin 2009 à 09:36

Paix ...

La pre­mière fois que je m’étais ren­du au musée anti-guerre, il fai­sait nuit. Pas sur­pre­nant, donc, que j’aie raté la sculp­ture, qui est pla­cée à une dizaine de mètres de la façade, sur une petite place.

Il y en pas mal, en Europe, des musées anti-guerre. Comme pou­vez le consta­ter, il n’y en a pas à Paris.

Elle est curieuse, cette sta­tue. Mais elle a au moins l’avantage d’exister.

Par contre, je sais où elle est. Exac­te­ment.

GPS Lon­gi­tude : 13° 20′ 54,542″
GPS Lati­tude 52° 32′ 45,737″

Ah ! Je vous en ai déjà par­lé, de ma marotte. La géo­lo­ca­li­sa­tion de mes pho­tos. J’ai ça depuis un moment, en fait. Mais j’ai raf­fi­né le pro­ces­sus. Enfin, raf­fi­né, ce n’est peut-être pas le mot juste. Disons que je l’ai sys­té­ma­ti­sé.

En fait, j’ai inves­ti. Ho, pas beau­coup, hein. 43€. À peine de quoi jus­ti­fier le terme. J’ai ache­té un «GPS log­ger». Un boî­tier de la taille de deux mor­ceaux de sucre, avec un bou­ton, et c’est tout. Quand je sors, je le mets en marche, et à chaque fois que je prends une pho­to, j’appuie sur le bou­ton.

Une fois à la mai­son, je le connecte à mon ordi­na­teur, et je récu­père un fichier .gpx à par­tir duquel je peux avoir les coor­don­nées de chaque pho­to.

Pour le moment, je dois encore un petit peu tri­pa­touiller ça. Jusque ce matin, j’étais obli­gé de pas­ser par Win­dows. La honte. Mais quelqu’un a écrit un dri­ver pour Linux, et depuis ce matin, il marche. Linux est magni­fique : quand on a un pro­blème, on écrit à l’auteur du pro­gramme, il répond, et à la fin, le pro­blème est (ou non, mais géné­ra­le­ment oui) réglé.

Le deuxième «pro­blème» avec ce log­ger, c’est sa pré­ci­sion. Il se «plante» d’une dizaine de mètres. Et il s’envoie tota­le­ment en l’air au niveau de l’altitude. Je pré­sume que c’est le genre de cas où il fau­drait prendre le terme «inves­tir» au pied de la lettre. Mais sinon, rien de vrai­ment grave. Je règle tout ça en deux minutes avec le logi­ciel geo­tag dont j’ai déjà par­lé.

En tâton­nant, je fini­rai par avoir un «pro­cess» sys­té­ma­tique. Je vous tien­drai au cou­rant

Ah, le log­ger : i-gotu GT-120. Ah, il sup­porte la pluie.
Le dri­ver pour Linux (Ubun­tu) : c’est

Français de souche : direction nulle-part …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 13 Juin 2009 à 21:37

Direction : nulle-part ...

Je sais, en par­ler, c’est les faire mous­ser, etc.

En théo­rie.

En pra­tique, je ne suis pas du tout convain­cu. Les fameux «buzz», ça n’aide pas tou­jours. Regar­dez par exemple le site des «fran­çais cons de souche», la star de la galaxie des gens nés quelque part, en résu­mé, le site des cons.

Le site des cons s’est trou­vé une cause. Ça va faire bien­tôt une semaine qu’ils ont décla­ré la guerre à Cohn-Ben­dit. La rai­son, les écrits «pédo­philes» qu’il a écrits dans Le grand bazar, en 1975. J’ai mis des guille­mets autour du mot «pédo­philes», et d’ailleurs ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est les cons.

Les cons, comme je vous l’ai dit, sont en guerre. Sur Inter­net, hein. Ça ne mange pas de pain. Donc, armés d’une vidéo (datée de 1981…) et d’une poi­gnée de cons poly­glottes (col­lec­ti­ve­ment) jouant aux tra­duc­teurs, ils se sont lan­cés. Leur stra­té­gie : créer un «buzz» autour des excès pédo­philes (sup­po­sés) de Cohn-Ben­dit.

Donc ils ont envoyé leurs vidéos à tout ce qui bouge, aux cons d’Angleterre, aux cons d’Allemagne, aux cons du Que­bec, en gros à tous leurs contacts cons de la pla­nète Con.

La chasse au porc est ouverte…

com­men­taire du con «ora­dour» sur le site des cons fdesouche.com

Ce qui me fas­cine, c’est regar­der les cons. Ils montent en mayon­naise nau­séa­bonde. «J’attends des retom­bées média­tiques», nous confie un con qué­bé­cois, lequel a, glo­rieu­se­ment, au péril de sa fac­ture de télé­phone, trans­mis l’information à une feuille de chou de son pays. Des retom­bées média­tiques. Woaw.

Ils en sont à plus de huit cent com­men­taires. Je pré­sume qu’une poi­gnée d’entre eux est déjà aux soins inten­sifs, tom­bés d’excitation. Ils font mon­ter les sta­tis­tiques des ven­deurs de cla­viers, car la bave de con, ça colle.

Mais comme résul­tat concret, rien. J’ai qua­drillé Google News, et Yahoo News, en ver­sion fran­çaise. Rien. Nibe. Queue de balle. Peau de zébi. Que­dalle.

Alors vous com­pren­drez que je n’ai pas peur d’alimenter un quel­conque «buzz» en par­lant des cons. Ces fran­çais «de souche», ou FDS, comme ils se nomment eux-mêmes, ne sont que des cons. Rien de plus que ça.

Ils sont peut-être en train de crée une nou­velle Inte­na­tio­nale. Je pro­pose le sigle IDC : Inter­na­tio­nale Des Cons. Leur régime sera, dans leurs rêves les plus glo­rieux, une Idio­cra­tie au car­ré.

Salade de perpendiculaires

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le sam 13 Juin 2009 à 01:33

Salade de perpendiculaires ...

Je ne peux pas (me) l’expliquer. Je n’arrête pas de m’attarder sur cette pho­to. Je la regarde, et je me dis que je l’adore. Mais je ne sais pas vrai­ment pour­quoi.

La com­po­si­tion est curieuse. Il y un paquet de ver­ti­cales, mais les immeubles nous donnent, nous imposent presque, des hori­zon­tales. La cou­leur est très chouette, pra­ti­que­ment bico­lore, avec juste trois toutes petites tâches de «cou­leur». Mais rien de tout ça ne porte la marque «chef d’œuvre».

Sérieu­se­ment, je n’ai pas d’argument a décharge, mais c’est une de mes pho­tos pré­fé­rées du moment.

Pour le bus, rien à faire : il était garé là. Je regrette un petit peu de n’avoir pas recu­lé un tout petit peu pour avoir la pen­dule en entier. C’est le genre de pen­sées que j’aimerais avoir quand je suis sur place, et non trop tard. Mais d’un autre côté j’aurais, fai­sant ça, tota­le­ment occul­té le pan­neau de la Bis­marcks­traße. Or, j’aime avoir les deux pan­neaux, qui me donnent encore deux per­pen­di­cu­laires. Essayons de les comp­ter, les per­pen­di­cu­laires de cette pho­to :

  • Hori­zon­tales /​ ver­ti­cales dans l’axe de la rue : les immeubles, le bus et le pan­neau du métro
  • Dans le plan hori­zon­tal : les pan­neaux de rue, la trans­ver­sale du feu tri­co­lore, le lam­pa­daire et le pan­neau du métro

En prime, une dia­go­nale avec la flèche de la grue

Défi­ni­ti­ve­ment, l’exégèse, ça ne me va pas du tout. La géo­mé­trie non plus, en fait. Je devrais vrai­sem­bla­ble­ment en res­ter à faire des pho­tos.

La RDA, ça va être vachement chouette !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 11 Juin 2009 à 09:37

Façade d'immeuble à détruire

Moi, bonne pomme, quand je suis arri­vé (pour la troi­sième fois) à Ber­lin, j’étais per­sua­dé que la RDA [Répu­blique Démo­cra­tique Alle­mande, éga­le­ment appe­lée «Alle­magne de l’est». régime «socia­liste» que ses habi­tants eux-même ont viré en 1989] était le pas­sé. Mais comme la troi­sième fois que je suis arri­vé à Ber­lin c’était tout de même il y a pra­ti­que­ment quatre ans, j’ai eu le temps de regar­der un petit peu autour de moi. Et, vous allez rire, la RDA, c’est l’Allemagne du futur.

Der­nier signe en date : à Ber­lin, au cas où il y aurait un manque de places au lycée, les places seront doré­na­vant tirées au sort. Au nom de l’égalité des chances, 10% des places au lycée seront réser­vées aux «cas sociaux», 30% seront dis­tri­buées par tirage au sort, et 60% attri­buées «nor­ma­le­ment», c’est à dire au mérite.

À Ber­lin, le gou­ver­ne­ment (je rap­pelle, l’Allemagne est un état fédé­ral, Ber­lin est à elle toute seule un «état»[Land, en ver­sion ori­gi­nale] et son gou­ver­ne­ment a la haute main sur l’éducation) est dans les mains d’un «socia­liste», lequel dirige la coa­li­tion «rouge-rouge», consti­tuée du Par­ti Socia­liste (SPD) et de La Gauche (Die Linke, en ver­sion ori­gi­nale). La SPD n’ayant *aucune* chance de res­ter au pou­voir seul, et le patron ayant hor­reur de l’idée de devoir des­cendre ache­ter ses Bröt­chen à la bou­lan­ge­rie comme tout le monde –*sans* voi­ture de fonc­tion, il est col­lé aux très sym­pa­thiques de Die Linke. Les­quels, petit bout par petit bout, mettent en œuvre leur pro­gramme. Et leur pro­gramme, c’est la RDA.

La réforme de l’éducation, c’était, tout de même, res­té un petit peu tabou. Le SPD s’accommode, bon gré mal gré, de la RDA «new look», mais il ne faut pas que ça se voie trop. Et là, le coup des places de lycée tirées au sort, le gène RDA se voit. Aucun rap­port, natu­rel­le­ment, avec la reten­tis­sante baffe que le SPD vient de se prendre dans les mâchoires lors de l’élection euro­péenne, hein. [À Ber­lin, le SPD est arri­vé *après* les Verts].

Oh, il y a, et il y aura, de la résis­tance. Mais avec le temps, j’envisage, lit­té­ra­le­ment sans rire, de vivre un jour en RDA.

Ça va être vache­ment chouette.

Carte postale : ciel d’orage à Spandau …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Cartes postales,Photo — le mer 10 Juin 2009 à 20:17

Ciel d'orage à Spandau

Star Trek, Star Trek (2009), et moi …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 9 Juin 2009 à 13:34

Aïe-Kong !

J’ai très long­temps igno­ré Star Trek. La ver­sion ori­gi­nale, celle avec Spock, le grand maigre aux oreilles poin­tues qui por­tait un pyja­ma bleu à toute heure du jour, et qui pas­sait tout son temps à regar­der d’improbables écrans. Pen­dant ce temps là, ses amis, habillés de pyja­mas jaunes ou rouges, pas­saient éga­le­ment pas mal de leur temps à scru­ter de non moins impro­bables écrans, les com­men­tant dans une langue truf­fée de mots… euh… étranges.

Je suis très long­temps pas­sé à côté, pour être hon­nête. En fait je n’avais jamais pris le temps de regar­der ni la série TV, ni les films.

Et un jour j’ai pris le temps. Si j’ai tou­jours des doutes en ce qui concerne leurs goûts ves­ti­men­taires, je me suis atta­ché à cette bande. En fait, mais pour ça le recul est bien­ve­nu, la série était éton­nam­ment moderne. Une femme noire dans les pre­miers rôles (en 1966, alors que Mar­tin Luther King a été assas­si­né en 1968), par exemple. Le racisme a été un thème maintes fois évo­qué, et tou­jours com­bat­tu. Reli­gion, oppres­sion, escla­va­gisme sont éga­le­ment men­tion­nés. Le dis­cours est, certes conve­nu *aujourd’hui*, mais par­fois har­di à l’époque. On y a vu le pre­mier bai­ser entre une femme noire et un homme blanc, par exemple.

Les per­son­nages sont deve­nus pra­ti­que­ment des arché­types. J’aime le ton des dia­logues du trio Kirk — McCoy — Spock. Les scé­na­rii sont le point fort de la série. Les effets spé­ciaux sont… de leur temps.

J’ai vu la semaine der­nier le qua­trième film (ciné­ma) tiré de la série. Qua­trième ava­tar visi­ble­ment d’origine éco­no­mique, réa­li­sé par Spock (Leo­nard Nimoy, contri­buable), conte­nant tout l’équipage ori­gi­nal. Les acteurs ont vingt ans de plus, mais jouent avec plai­sir, se paro­diant eux-mêmes à l’occasion. Le scé­na­rio nous place devant la des­truc­tion de la terre par un mys­té­rieux vais­seau qui tente de ren­trer en contact avec des baleines. Et, au 23ème siècle, hein, les baleines… Allez zou, voyage tem­po­ral, il s’agit de récu­pé­rer des baleines. Et à la fin du 20ème siècle, hein, les baleines… Mais tout s’arrange à la fin. L’ébahissement de Spock devant l’extinction des baleines vaut le détour.

Ce qui m’amène à ma soi­rée d’hier où j’ai subi le *onzième* ava­tar éco­no­mique de la série.

Vous vous sou­ve­nez peut-être de ce dont je par­lais il y quelques jours, où je me deman­dais pour­quoi la moder­ni­té *devait* être mariée à un total manque de goût, de res­pect et de carac­tère ? Eh bien la ques­tion est appa­rem­ment plus uni­ver­selle que je ne le pen­sais.

Le scé­na­rio : déjà, ce n’est pas là que le pro­duc­teur a inves­ti. Dans le genre, il y a plus de vingt ans, Ter­mi­na­tor parait, en com­pa­rai­son, être un film d’art et essai psy­cho­lo­gique. Le méchant (Néro…) menace la terre pour une rai­son… pas vrai­ment claire, mais il est le méchant. Vous n’avez qu’a voir : il s’habille en noir. Et nos futurs strek­kies (le film est une «pre­quel», nous pré­sen­tant nos héros «avant»), n’écoutant que leur cou­rage, etc. La seule ficelle du scé­na­rio, usée jusqu’à au bout du monde, est un voyage tem­po­rel, avec (baille­ment) la ren­contre entre Spock (jeune, plein de peps) avec Spock (Leo­nard Nimoy, contri­buable serial). Voiiiiiiiiii­là. Pour le reste : bas­ton.

la bas­tonl’action : c’est un film de jeunes pour des jeunes. On n’a même pas pu se pas­ser d’une scène avec un Kata­na. Les scènes se suc­cèdent, se suc­cèdent, et (baille­ment) se suc­cèdent. Voiiiiiiiii­là.

Les carac­tères : Même si je n’avais pas vu la serie, je n’aurais très vrai­sem­bla­ble­ment pu échap­per à un baille­ment. Sex, no drugs, and Rock’n Roll. Les rela­tions entre les carac­tères des per­son­nages de la série qui a ser­vi de modèle ont été… disons gen­ti­ment sim­pli­fiées. Le mot «cari­ca­ture» m’est venu en tête entre deux crises de som­meille­ments.

La goutte : le jeune Kirk, au volant, a son télé­phone NOKIA (en grosses lettres d’origine)…

le résu­mé : plus, plus vite, pour moins cher. Les effets «spé­ciaux» sont de leur temps, rien de plus, et le film aus­si.

On s’est plantés …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 8 Juin 2009 à 18:49

Quai désaffecté de la gare de Ostkreuz

Notez que je le savais déjà. Et, comme sou­vent, c’était ins­tinc­ti­ve­ment. Je le disais déjà l’autre jour : «Tou­jours plus vite, tou­jours plus, tou­jours moins cher.». Je par­lais de la recette au gâteau à l’AVC, mais la recette est natu­rel­le­ment uni­ver­selle. Éco­no­mie, cli­mat, tout ça…

Il reste, tout de même, qu’on s’est plan­tés. Indi­vi­duel­le­ment, et col­lec­ti­ve­ment. Et main­te­nant, on est comme des voya­geurs, char­gés d’innombrables valises, ali­gnés sur un quai désert. Un quai désaf­fec­té. Parce qu’on sait qu’on doit par­tir. On sait que la mai­son brûle.

Enfin on sait… sans savoir, hein. Si vous deman­dez à quelqu’un ce qu’il pense de la pol­lu­tion, de l’économie, du fait que deux conti­nents meurent de faim, du fait qu’il n’y a plus rien à pêcher, qu’on devrait tous se dépê­cher d’apprendre à nager, et je pour­rais conti­nuer comme ça des heures, on vous répon­dra : «je sais, c’est ter­rible».

Mais mal­gré le fait que cha­cun sait, et le fait que cha­cun sait que c’est ter­rible, per­sonne ne fait rien.

Le film que je vous invite à voir, Home, nous oblige à *regar­der* la mai­son brû­ler. Et à se deman­der si, plu­tôt ten­ter de par­tir, direc­tion du quai désaf­fec­té, des­ti­na­tion nulle-part, il n’y aurait pas une recette pour éteindre l’incendie.

Pour être hon­nête, j’ai des doutes. Je pense que la mai­son est mal bar­rée. Mais si il reste une chance…

Tiens, Home est dis­tri­bué gra­tui­te­ment sur Inter­net. D’intérêt géné­ral.

À rénover …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le dim 7 Juin 2009 à 23:19

Rénover ...

Je vous le disais, hein, je peux com­prendre qu’on veuille réno­ver la gare d’Ostkreuz- Vous voyez ce que je veux dire. Pour la petite his­toire, ce banc a été ins­tal­lé en 1936, pour les jeux olym­piques d’Adolf.

Mais venons donc à mes mou­tons : mes pho­tos.

Prendre des pho­tos, c’est «facile». Les cata­lo­guer, par contre…

Déjà, j’ai *deux* col­lec­tions de pho­tos. J’ai mes «RAW», disons les néga­tifs, et mes «JPG». Celui que vous avez sous les yeux est un fichier JPG. Vous ne pour­riez pas voir le fichier RAW. Mais le pro­blème est que le RAW me per­met de faire des JPG net­te­ment meilleurs que les JPG qui sortent direc­te­ment de mon appa­reil. Ce n’est pas par­ti­cu­lier à mon K10D.

Moi, au début, je me suis occu­pé du cata­lo­gage à l’époque où je ne fai­sais pas encore de RAW. Et l’avantage du RAW, comme son équi­valent néga­tif ana­lo­gique, c’est que je peux faire plu­sieurs ver­sions de la même pho­to. Et je peux, plus tard, en faire encore d’autres. Donc, à force, j’en ai eu marre de devoir cata­lo­guer la même pho­to autant de fois que de ver­sions. Il y a des élé­ments du cata­logue qui ne changent pas. Genre les infor­ma­tions de géo­lo­ca­li­sa­tion. Le titre.

Je m’en suis ren­du compte à force de regar­der des pho­tos de presse, le titre, et sur­tout la des­crip­tion des pho­tos sont le meilleur outil de recherche. Beau­coup plus que les fameux «tags». Si je don­nais à chaque pho­to une des­crip­tion suc­cincte, je pour­rais la trou­ver sim­ple­ment par une recherche sur texte.

Donc, main­te­nant (depuis aujourd’hui de façon for­melle), mes pho­tos contiennent dans les en-têtes IPTC quelque chose du genre :

Façade d’hôtel éclai­ré par le soleil sous un ciel ora­geux
S-Bhf War­schauer Straße
Ber­lin

En résu­mé, il faut que je recom­mence mon cata­logue à par­tir des fichiers RAW, et non à par­tir des
fichiers JPG.

Misère … mon disque dur com­mence déjà à res­sem­bler à la gare d’Ostkreuz. :)

Une petite page d’histoire …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 5 Juin 2009 à 23:54

S-Bhf Ostkreuz

À Ber­lin, on fait dans la pho­to his­to­rique tous les jours. Tout change, tel­le­ment si vite… La gare que vous voyez sur la pho­to aura ces­sé d’exister d’ici un an. À sa place, natu­rel­le­ment, du béton, de l’acier, et du verre. Et sans âme, natu­rel­le­ment, Mais qui se fout de l’âme des gares …?

Je com­prends très bien qu’on ait envie, voire besoin de moder­ni­ser la gare de Ber­lin-Ost­kreuz. Mais pour­quoi faut-il tou­jours construire de la merde sous cou­vert de faire du neuf ? Est-il en fait impos­sible de construire moderne *avec* un mini­mum de goût, un mini­mum de res­pect pour la bâtisse qu’on rem­place, et sur­tout *sans* la moindre trace de carac­tère ?

Il y a deux ans, c’était la gare de Pap­pes­traße, main­te­nant nom­mée Süd­kreuz (la croix du sud). Avant c’était le tour de Gesund­brun­nen, main­te­nant Ost­kreuz. Trois gares pra­ti­que­ment iden­tiques, moches.

Je vais retour­ner faire quelques pho­tos à West­kreuz, avant qu’un cré­tin diplô­mé de l’école à faire les cabanes à lapins mette les mains des­sus, his­toire d’encercler Ber­lin avec quatre gares iden­tiques à sou­hait, tiens…

Pentax K10D : à la longue …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le ven 5 Juin 2009 à 12:26

Photo de famille ...

J’ai écrit, en octobre 2007, avant de l’avoir ache­té, un article dans lequel je racon­tais le pro­ces­sus de pen­sée qui m’a ame­né à la déci­sion d’acheter mon appa­reil pho­to du moment : le Pentax K10D.

Main­te­nant, pra­ti­que­ment quinze mille pho­tos plus tard, je relis ça et, du coup, je com­mente.

La pre­mière chose qui je vou­drais dire, c’est que j’ai eu rai­son, mais comme sou­vent, pas tou­jours pour les bonnes rai­sons. En fait, je me suis ren­du compte que la qua­li­té prin­ci­pale du K10D –pour moi– n’est pas la qua­li­té des pho­tos qu’il fait. En fait, vous pou­vez faire des pho­tos de qua­li­té avec n’importe quel appa­reil pho­to équi­valent. Même avec les appa­reils «bas de gamme» de toutes les marques (je pré­cise tout de même : je parle d’appareils «reflex» digi­taux), on a un poten­tiel de qua­li­té très lar­ge­ment suf­fi­sant.

Je pré­tends que pour plus de 95% de la popu­la­tion mon­diale il est tout sim­ple­ment impos­sible de faire la dif­fé­rence entre deux pho­tos, une prise par un appa­reil à 500€ et une prise par un appa­reil à 30000€. Et quand je dis 95%… le der­nier «blind test» que j’ai vu, sou­mis à des «spé­cia­listes» (lire : la popu­la­tion d’un forum sur l’Internet com­po­sée de fana­tiques capables de s’étriper à lon­gueur de jour­née sur telle ou telle autre fonc­tion d’un appa­reil pho­to, et qui vivent appa­rem­ment avec des loupes vis­sées à l’œil) m’a fait mou­rir de rire. À taille de cap­teur égale, qua­li­té d’image égale, point. Le jour où on cesse de se concen­trer sur des agran­dis­se­ments de frag­ments de pho­tos et qu’on prend un pas de recul et qu’on regarde des pho­tos, le pro­blème «qua­li­té d’image» dis­pa­raît –sauf pour (peut-être) 5% de la popu­la­tion (des pho­to­graphes) les­quels ne seront de toute façon jamais contents.

La prin­ci­pale qua­li­té du K10D, c’est peut-être le fait qu’on n’a jamais besoin du menu. Le bou­ton «menu» de mon K10, j’y passe peut-être une fois par mois. L’interface du K10 est vrai­ment bonne. On recon­naît une bonne inter­face au fait qu’on n’y pense jamais. Je vous le rap­pelle  pour prendre une pho­to, il n’y a que trois para­mètres objec­tifs sur les­quels on peut agir. Et sur mon K10, ces trois para­mètres sont tou­jours acces­sibles sans pas­ser par le moindre menu. Cela dit, il m’est évident que sur tous les autres appa­reils, on a accès à ces trois para­mètres. Plus ou moins aisé­ment. La dif­fé­rence entre un «bon» appa­reil et un «mau­vais» appa­reil est la même que celle qui sépare «plus aisé­ment» et «moins aisé­ment». Donc c’est en par­tie sub­jec­tif.

Mais à inter­face «égale» et à qua­li­té d’image «égale», tous les appa­reils sont-ils égaux ?

Là, la réponse est sans appel, et la réponse est : non.

Pour­quoi ?

Vio­la a vu, der­niè­re­ment, un père de famille près d’éclater en larmes quand sa fille a ren­ver­sé son verre de coca sur le sac qui conte­nait l’appareil pho­to et les objec­tifs. Il était en mode «épon­geage fré­né­tique», jurant et hur­lant, et en effet, pour beau­coup d’appareils, ce serait pro­ba­ble­ment la douche de la mort. Et moi, si ça m’arrivait ? Moi, je pren­drais mon appa­reil pho­to et je le pas­se­rais sous le robi­net. Point.

C’est un exemple. Un autre ? Le jour où on est allés à Ham­bourg, il pleu­vait. Il y avait des pho­to­graphes de presse (on crai­gnait une inon­da­tion) et des cen­taines de pho­to­graphes ama­teurs dans la ville et sur les quais. On s’est bala­dés pen­dant des heures, sous cette pluie. Mon appa­reil était sor­ti. J’ai vu des pho­to­graphes de presse avec des appa­reils cou­verts de sacs plas­tique. J’en ai vus ren­trer dans l’urgence leurs appa­reils dans les sacs. Le mien était tou­jours là.

Ce genre de confort (psy­cho­lo­gique autant que phy­sique) n’a pas de prix. Façon de par­ler, hein.

Sinon, la sta­bi­li­sa­tion, en ce qui concerne Pentax, ne réside pas dans les objec­tifs, mais dans les boî­tiers. Consé­quence, tout objec­tif avec une mon­ture «K» (Pentax) béné­fi­cie de la sta­bi­li­sa­tion. C’est *très* confort.

Peut-être que mot, «confort» résume tout ce que j’aime à pro­pos du K10D. Bien qu’il com­mence à yoyot­ter un petit peu en ce moment. Je vais pro­ba­ble­ment l’envoyer en répa­ra­tion, his­toire de béné­fi­cier de la garan­tie (laquelle expire dans quatre mois).

Au fait, tant que je suis là : je parle de MON emploi de MON appa­reil pho­to. Je sais qu’il y a des gens qui ne peuvent vivre sans 6400 ISO, sans les mil­lions d’effets qu’on peut uti­li­ser dans l’appareil, sans la pos­si­bi­li­té de faire de la vidéo, faire de la vinai­grette, prendre des pho­tos d’une main sur la tête en pleine nuit, etc.

Mais, moi, je me contente de prendre des pho­tos. Des 172 pho­tos qui figurent dans mon livre, seules 7 ont été prises avec mon K10D, et tout le reste avec un Lumix (FZ30), lequel est très offi­ciel­le­ment dans une autre caté­go­rie d’appareils «infé­rieurs». Comme quoi …

Je n’ai jamais regret­té d’avoir ache­té mon K10D. Et je pense le gar­der encore quelques années. Donc j’avais rai­son.

Carte possible : Vue sur l’orage à venir…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Cartes postales — le mer 3 Juin 2009 à 22:58

Vue sur l'orage à venir...

Carte postale : Mekhanik Troubadour …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Cartes postales,Journal — le mar 2 Juin 2009 à 20:01

Mekhanik Troubadour ...

La vie comme en conserves …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 2 Juin 2009 à 10:35

Dans la boîte ...

Hier on est allés se bala­der. Tran­quille, sous le soleil, les orteils à l’air dans mes san­dales, ça sen­tait l’été. Mais ce bâti­ment (sur la pho­to) m’a jeté un coup de froid dans la tête. Pour être hon­nête, je n’aime pas beau­coup le futur, en ce moment. Et je ne parle même pas des «nou­velles».

Je vois Ber­lin chan­ger, et hon­nê­te­ment ce que je vois ne me plait pas. Il y a des gens qui disent qu’il y a 50 000 arbres de trop dans les rues (sur 410 000), par exemple. Les théâtres popu­laires ferment, les ciné­mas de quar­tier ferment, les petits com­merces ferment. On en échange des dizaines de mil­liers de bureaux vides, et de plus en plus d’appartements «de luxe». Gros boom pour les hôtels, aus­si. Et les ciné­mas sont tous les mêmes, passent les mêmes films.

On vit dans des bocaux de conserves. Le pro­me­neur peut voir les «spor­tifs» cou­rir, ali­gnés, sur leurs machines. La «culture» est aus­si en conserves, comme du beurre de caca­huète. Les façades des hôtels sont tou­jours plus impres­sion­nants, avec des grooms, des por­tiers, tous plus obsé­quieux que les autres.

J’ai vu hier un gamin sor­tir de voi­ture. Il était énorme, tenait dans ses mains deux télé­phones por­tables et une console de jeux. Il n’avait pas quinze ans. J’imagine qu’une fois chez lui, il avait une autre console de jeux, plus grosse. Et, fran­che­ment, il n’avait pas la tête à s’intéresser aux livres.

Et, dans ma tête, le futur, c’est lui.

Moteur du site : wordpress 4.9.3 - Thème : «Back in Black 2» crée par Frederic de Villamil (traduit en français par amnesix)