Le prie-dieu des Berlinois …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 27 Avr 2009 à 20:22

Je vous l'avais dit : Berlin est rouge ...

Vous sou­ve­nez-vous de ce que je vous avais racon­té du curieux mou­ve­ment «Pro Reli» ?

C’était dimanche, et il fai­sait beau. Le jour d’élection par défi­ni­tion. Eh bien les Ber­li­nois sont allés se pro­me­ner, et ont envoyé Pro Reli bal­la­der.

Et c’est très bien comme ça.

Mon Xenu à moi …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le dim 26 Avr 2009 à 13:34

Xenuéen, en plein effort ...

Je ne peux tout de même pas vous cacher cette infor­ma­tion. Non.

La cré­me­rie Xenu (dia­né­tique, tyrans galac­tiques et escro­que­ries pour tous les goûts), qui s’est ins­tal­lée à Ber­lin il y a en gros deux ans n’a pas de très bons résul­tats. D’après la chef du Ver­fas­sung­sschutz (lit­té­ra­le­ment : pro­tec­tion de la consti­tu­tion, par­tie de police), le nombre de pigeons membres de la com­bine l’église de Scien­to­lo­gie n’a pra­ti­que­ment pas aug­men­té. Corol­laire : pas beau­coup de gains finan­ciers non plus.

Ce n’est pas qu’ils ne s’agitent pas, hein, les Xenuéens. Ils sont sur le point d’ouvrir une nou­velle bou­tique mai­son à Span­dau.

On leur sou­haite beau­coup de plai­sir. Xenuéens, Xenuéennes, vous allez *ado­rer* Span­dau. Sisi.

Athos, pathos, et moi…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 26 Avr 2009 à 09:41

La mécanique tient ...

Il est sept heures du matin, on est dimanche, et je suis der­rière mon cla­vier. Ça va faire dix minutes que je me demande com­ment je vais trai­ter mon sujet du jour. Moi.

J’espère que vous goû­tez comme moi l’ironie de la ques­tion. Aujourd’hui, le sujet du texte est «moi». Parce que les autres jours je par­lais d’autre chose ? Quelle blague.

Ce matin, c’est à dire avant sept heures du matin, je lisais un article de Robert Fisk. Un jour­na­liste que je lis régu­liè­re­ment, c’est à dire quand j’en ai le cou­rage. Il fus­tige les «auteurs», ceux qui lit­té­ra­le­ment pol­luent l’air et acca­parent le temps de leurs contem­po­rains. Il craint que toute per­sonne qui s’achète un lap­top (par­don : un ordi­na­teur por­table) s’improvise auteur, et –pire– le fasse savoir. Il déplore que le mot «auteur» (les guille­mets sont de lui) soit uti­li­sé par tant de gens qui n’ont rien à dire et dont le talent créa­teur soit résu­mable à sa capa­ci­té d’acheter un lap­top et de s’autopublier.

Je res­pire, un petit peu : je n’ai pas de latop, et j’ai un édi­teur.

Reve­nons à nos mou­tons, et mon sujet du jour. Moi.

Le dimanche, sur­tout, est le jour rêvé pour un peu d’introspection [constante] consciente.

J’ai en mémoire une séance avec mon ortho­pho­niste. Elle avait dis­po­sé sur la table un magné­to­phone et, en face de «ma» place à table, un micro. Je ne sais pas si vous pou­vez vous ima­gi­ner à quelle dis­tance on se trouve du som­met de mon échelle des hor­reurs, mais je vais vous la décrire. Tout en haut, indé­trô­nable, il y a «répondre au télé­phone». L’aphasie live et sans rien à quoi se rac­cro­cher. Mais juste en des­sous, certes moins haut, dans l’absolu, mais tout de même *très* haut, il y a «par­ler avec un micro relié à un magné­to­phone». L’aphasie avec une mémoire.

Je devais lire (à voix haute : ima­gi­nez mon échelle des hor­reurs juchée sur une chaise mon­tée sur une table à laquelle il manque un pied) un texte où l’auteur par­lait d’un pro­ta­go­niste mineur du
Comte de Monte-Cris­to de Dumas. L’auteur devait avoir eu un acci­dent du genre du mien, il nous décri­vait le vieux Noir­tier, dans sa chaise rou­lante, et muet.

J’ai oublié depuis si le micro était déjà éteint ou pas, mais je me suis, à un moment ou un autre, trou­vé à par­ler de Dumas, et de mon «héros» (ou pro­ta­go­niste majeur) pré­fé­ré. Et pour moi, c’était, sans la moindre hési­ta­tion Athos. J’ai en tête cette scène ébou­rif­fante dans laquelle Athos écrase de son mépris un Louis XIV médu­sé auquel il vient de rendre son Ordre Du Saint Esprit.

D’Athos à pathos, il n’y a pas loin, mais je ne crois pas que ça mérite le détour.

Oui, peut-être que Robert Fisk a rai­son.

Donc, fai­sons court.

J’ai qua­rante-cinq ans aujourd’hui.

«Olivier aime les bancs, moi j’aime les canards …»

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 25 Avr 2009 à 06:58

Dépêche-toi, je ne peux pas tenir la pose !

C’est Paul qui écrit ça. Et oui, j’aime les bancs. Ça ne veut pas dire que je n’aime pas les canards, notez. Mais qui contre­di­ra Paul quand il écrit «Nous aimons tous les deux les trains –sur­tout lui.» ?

Vous savez quoi ? Dans une semaine, Vio­la, l’ami Gior­gio et moi nous pas­sons la jour­née en Pologne. À Wolsz­tyn. Pour assis­ter à la parade inter­na­tio­nale de loco­mo­tives à vapeur. 5 heures aller, 5 heures retour dans un wagon des années 20, tiré par mon amie la 52 8177. Il faut aimer la vapeur, non ? [sou­rire limite dément]

Une jour­née de folie, sans aucun doute. Une jour­née de bon­heur.

Dans une semaine…

La grenouille de le vie prend l’air l’encre …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 23 Avr 2009 à 11:58

Même pas en livre de poche ...

Et voi­là.

Ça fai­sait un moment que je tour­nais en rond devant mon écran. J’attendais la paru­tion de… mon livre.

Ça fait bizarre de dire ça. L’écrire. Le lire. Mon livre.

Les livres ont tou­jours fait par­tie de ma vie. J’en ai tou­jours trois ou quatre en cours. Et là, j’ai fran­chi la ligne invi­sible. Ça me fait vrai­ment drôle. Mais je suis vrai­ment *heu­reux*.

Mon livre s’appelle La gre­nouille de la vie. Et croyez-moi : la gre­nouille est née sous de bons aus­pices. Regar­dez donc les trois fées qui sont autour du ber­ceau : Vio­la, Pas­cale, et Paul. Vio­la m’a ins­pi­ré ces textes, ce mélange de pho­tos et de mots plus ou moins mal­trai­tés. Pas­cale a su me convaincre que ce que j’avais écrit était un livre, et pour m’en convaincre et a pris le risque de l’éditer. Paul… Paul lui l’a réa­li­sé, le livre. Il lui a don­né une forme, et deux ou trois dimen­sions sup­plé­men­taires.

Voi­là. Mon livre est paru. Il contient les six pre­miers mois de mon jour­nal apha­sique. Six mois de ma vie dans 164 pages. Tout en cou­leurs, pro­mis. Si vous pla­quez l’oreille sur la cou­ver­ture, vous pou­vez entendre le bruit de la mer. Ou le sif­flet d’une loco­mo­tive à vapeur. À moins que ce soit votre musique pré­fé­rée. Ou la mienne.

Mon livre est en vente depuis ce matin. Sur la site de l’éditeur : Cit’inspir

… dans la folie …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mar 21 Avr 2009 à 16:21

à la foulée ...

Nom d’un chien ! Je pen­sais que mon apha­sie, ou plus exac­te­ment la par­tie de mon apha­sie qui m’encombre l’élocution, était plus ou moins réser­vée à la zone «quatre syl­labes et plus», sur­tout en Fran­çais.

Et tout à l’heure, dis­cu­tant avec moi-même, comme je fais sou­vent, j’en arrive à une expres­sion du genre «dans la folie». Ça, pour ce que j’en ai com­pris, c’est de l’aphasie pure. L’expression cible était natu­rel­le­ment «dans la fou­lée». Deux tous petits pho­nèmes échan­gés, et je suis blo­qué. Il m’a fal­lu bien cinq secondes pour décou­vrir que quelque chose n’allait pas, et plus de cinq minutes pour com­prendre ce qu’il n’allait pas. Folie, fou­lée, c’était le même mot pour moi. Je n’arrêtais pas de répé­ter dans ma tête «dans la folie», sachant que quelque chose ne mar­chait pas rond, et à chaque fois que je disais «dans la folie», c’était avec le sou­rire d’un vain­queur. J’avais enfin trou­vé le mot cor­rect… attends une minute, là… non, ça va pas, là… non, c’est «dans la folie» ! … attends une minute, là…

En fait c’est le pro­ces­sus «tra­di­tion­nel» pour moi. À chaque fois que, devant mon cla­vier je me retrouve blo­qué, ce n’est pas vrai­ment par manque d’un mot, mais par (abus ! je l’ai … non c’est pas ça, c’est.… abus !) *abon­dance* de mots. Là. ça vient de me le refaire. Je suis blo­qué, mais pour la rai­son que j’invoque (invi­tuel­le­ment… invi­tuel­le­ment…) habi­tuel­le­ment.

C’est ça.

Quand je suis blo­qué, ce n’est pas qu’il me manque un mot. J’ai le concept dans ma tête, le sens du mot, et c’est tout natu­rel­le­ment que je com­mence à taper… autre chose. Taper me rend plus facile de me rendre compte quelque chose se passe. Ce qui me coince c’est l’apparition d’un mot *sem­blable* au mot auquel je pense.

La simi­li­tude me rend les choses dif­fi­ciles. C’est pour ça que pen­dant quelques minutes je tourne en rond. Et aus­si pour ça que ça m’agace. Par­fois, il faut que je quitte ces mots sem­blables tota­le­ment, pour y reve­nir plus tard. Pen­ser à quelque chose de tota­le­ment dif­fé­rent. Ça m’arrive cou­ram­ment au cours (en fait : après) de mes conver­sa­tions avec Vio­la. Corol­laire, je me trouve régu­liè­re­ment à brûle-pour­point à dire le mot que j’avais ten­té de dire quelques phrases, minutes ou même heures aupa­ra­vant. Hors contexte.

Vous vous deman­dez pro­ba­ble­ment pour­quoi je n’ai pas com­pris (lire : for­mel­le­ment, écrit, cata­lo­gué) ça depuis les années que je me trim­balle ce bou­let. Pour­quoi j’utilise ce mot «apha­sie» en don­nant l’impression que j’ignore sa défi­ni­tion exacte, pour­quoi je ne me suis pas fait expli­quer tout ça par un méde­cin ? Pour­quoi est-ce que je suis en per­ma­nence obli­gé de [réin­vi­ter] réin­ven­ter l’eau chaude ?

Je pour­rais pré­tendre que les méde­cins n’en ont pas été capables, mais ce ne serait pas hon­nête. Je crois que je n’ai jamais vrai­ment coopé­ré. Et je crois que je sais pour­quoi, main­te­nant.

Je peux «com­prendre» tout ce qu’on m’explique. Je ne suis pas idiot, en fait. Mais quand on m’a expli­qué, même si j’ai «com­pris», com­prendre ne me sert à rien. J’ai besoin de com­prendre les rai­sons. J’ai besoin de com­prendre la mala­die, pas les symp­tômes.

Peut-être que je me la joue, là. Mais j’ai peut-être aus­si mis le doigt sur un des méca­nismes basiques de mon apha­sie. Et si c’est ça, j’ai avan­cé.

L’étoffe des hérons …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 20 Avr 2009 à 21:03

L'étoffe des hérons ...

J’avoue volon­tiers un léger aga­ce­ment quand j’ai appris, au Job­Cen­ter, que «notre» inter­lo­cu­trice dési­gnée était absente aujourd’hui. Mais bon, on nous a don­né un ren­dez-vous pour demain matin, à l’ouverture. Grrm­bll.

Mais on n’a pas fait le che­min pour rien, tout de même. C’est rare que je sois en posi­tion pour pho­to­gra­phier un héron en vol. Nor­ma­le­ment, ils sont trop loin pour moi. Mais ce matin, il était à tout cas­ser à 15 mètres.

Je suis très content de cette pho­to. Natu­rel­le­ment, j’ai regret­té la «cour­teur» des jambes de mon zoom. J’aurais appré­cié d’avoir au moins un 300mm. Mais tout de même, j’ai une chouette pho­to.

Mon zoom (Pentax DA* 50 – 135mm) a l’étoffe des hérons. Je n’ai pas pu m’en empê­cher.

Non, pas celui-ci non plus …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 19 Avr 2009 à 17:59

Le bocal ...

Dans notre série : «non, ce sera pas notre appar­te­ment», celui avait gagné le sur­nom de «bocal», éga­le­ment par­fois appe­lé «l’aquarium». En plein cœur du vieux Span­dau, idéa­le­ment situé dans une zone pié­tonne, il n’avait pra­ti­que­ment que des avan­tages. Une sur­face énorme, par exemple. Rela­ti­ve­ment bon mar­ché, aus­si.

Alors pour­quoi pas ? Parce que la pièce prin­ci­pale était en fait un aqua­rium. Que de la vitre sur deux façades. Vous pou­vez le consta­ter (au des­sus de petit pan­neau «Ber­li­ner Mie­ter­ve­rein»), de là on voit la façade de l’immeuble de l’immeuble d’en face dans la rue trans­ver­sale. À tra­vers les car­reaux.

Sachant qu’en plus, la sta­tue est ins­tal­lée à un niveau plus haut (6 marches), on s’est rapi­de­ment ren­du compte que les gens mar­chant dans cette ruelle pou­vait abso­lu­ment tout voir à l’intérieur, vu que l’appartement est au pre­mier étage. Deman­dez-moi pour­quoi cet appar­te­ment est encore vide, hein…

Natu­rel­le­ment, la pho­to n’a été prise pour mon­trer l’appartement. C’est une ques­tion de choix. Choi­sir entre un quar­tier com­mer­çant, agréable certes, mais tou­ris­tique, et un quar­tier un tout peu plus «péri­phé­rique»

Je vous ai fait une carte. Cli­quez sur le bou­ton «Satel­lite» pour avoir la cou­leur.

Feu vert … direction Spandau

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 18 Avr 2009 à 16:14

l'œilde la gare de Spandau ...

Aujourd’hui, on a reçu le feu vert. Offi­ciel. Ce docu­ment a un nom (tota­le­ment impro­non­çable, apha­sie ou pas, que nous rédui­sons à un sigle : WBS), et une his­toire. Ce docu­ment, [on l’a deman­dé] il y a pra­ti­que­ment [deux mois] qu’on l’a deman­dé. Il y aura deux mois demain. Alors au début, on a essayé de nous décou­ra­ger. On a insis­té, la dame est allée chez sa chef pour pleu­rer, et est reve­nue avec l’ordre de nous lais­ser tran­quille. Elle a rem­pli le dos­sier, et nous a dit qu’il fau­drait attendre au moins trois mois. Il fal­lait que le dos­sier passe par le Ver­sor­gung­samt (le bureau qui s’occupe des han­di­ca­pés). On a offert de l’emmener nous-mêmes là-bas, le dos­sier. Non, elle a refu­sé. Et elle nous a pro­mis de l’envoyer le jour même.

Une semaine plus tard, le dos­sier n’était pas encore arri­vé à sa des­ti­na­tion.

Une fois qu’on a été «sûrs» (le genre de mots qu’il faut pro­non­cer entre guille­mets) que le dos­sier était arri­vé, et voyant qu’il n’en res­sor­tait pas, on s’est dépla­cés. Là, on a appris que le dos­sier avait été mal aiguillé, et avons deman­dé à ce qu’il soit remis à son des­ti­na­taire pré­vu.

Après, on a atten­du.

Il y a deux semaines, on a appris que le dos­sier était reve­nu, avec une réponse favo­rable. Mais nous, le docu­ment néces­saire, on ne l’avait tou­jours pas sous la main. La dame nous a garan­ti qu’elle nous l’avait envoyé. Avant-hier, on a rap­pe­lé. Elle nous a confir­mé la date d’envoi du docu­ment. Avec cette confir­ma­tion, on a fait ce qu’elle nous a recom­man­dé : on s’est mis en contact avec la poste. Très offi­ciel­le­ment.

Ce matin, dans la boîte à poste, miracle, le docu­ment. Sur l’enveloppe, la date d’envoi : 16.04.2009. Aha.

Bref, nous sommes main­te­nant munis d’un WBS. En gros, ça veut dire qu’on va pou­voir, après deux mois de recherche d’appartements, [on passe] à l’étape sui­vante. Lun­di matin, on amène notre dos­sier au fameux Job­Cen­ter, et (en théo­rie, c’est juste une for­ma­li­té), on envoie tout ça au loueur, et le tour est joué. Car WBS signi­fie entre autres qu’on ne peut pas nous refu­ser comme loca­taires.

Avant lun­di matin, le plus dif­fi­cile : choi­sir l’appartement. On en a trois en vue. Les trois sont à Span­dau. C’est un arron­dis­se­ment remar­quable. Il y a des forêts et de l’eau. En bas des fenêtre de deux de [nous] nos trois appar­te­ments puta­tifs, il y a l’entrée d’un parc natu­rel immense.

On avance.

Enfin ! Géolocalisation sous Linux …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le ven 17 Avr 2009 à 21:34

Je sais où c'est ...

Ça fai­sait un moment que ça me tur­lu­pi­nait. Je ne connais­sais pas de sys­tème sous Linux qui me per­met­tait d’inscrire dans les donné[e]s de mes pho­tos les coor­don­nées (lati­tude et lon­gi­tude). J’ai eu accès un moment à ça avec le logi­ciel Digi­kam. Mais il y a quelques mois, ça avait ces­sé de fonc­tion­ner, sans que je puisse com­prendre pour­quoi. Le seul incon­vé­nient de Digi­kam, c’est qu’il est «lié» à KDE, qui n’est pas mon inter­face de pré­fé­rence pour Linux, et je soup­çonne que c’était à la base du pro­blème qui m’interdisait l’accès à la géo­lo­ca­li­sa­tion. Main­te­nant, avec leur der­nière ver­sion, elle fonc­tionne, mais pour une rai­son ou une autre, elle ne me convient pas.

Mais j’ai décou­vert geo­tag. C’est écrit en java, donc ça fonc­tionne par­tout, même sous Win­dows (si votre Win­dows fonc­tionne, natu­rel­le­ment) ou sous MacOS. Il a besoin d’un petit peu d’aide, notam­ment exif­tool. Tout ceci est «libre», sous licence GNU/​GPL. Et c’est gra­tuit.

Donc, main­te­nant, mes pho­tos vont à nou­veau être géo­lo­ca­li­sées. La pho­to du jour, par exemple, contient le code sui­vant :

# GPS Lati­tude Refe­rence = N
# GPS Lati­tude = 52/1,32/1,73779/6250 [degrees, minutes, seconds] ===> 52° 32′ 11.80464″
# GPS Lon­gi­tude Refe­rence = E
# GPS Lon­gi­tude = 13/1,12/1,77166/3125 [degrees, minutes, seconds] ===> 13° 12′ 24.69312″

Natu­rel­le­ment, c’est la ver­sion de géo­lo­ca­li­sa­tion du pauvre. Les riches peuvent avoir un GPS avec eux, et avoir les coor­don­nées de chaque pho­to auto­ma­ti­que­ment. Chaque pho­to me prend en moyenne un petit peu moins d’une minute pour trou­ver et sau­ve­gar­der la lon­gi­tude, la lati­tude, mais éga­le­ment la ville, et le pays. Non que je ne les connaisse pas, hein, le nom de la ville et du pays. Mais tant qu’à faire de la géo­lo­ca­li­sa­tion, autant la faire com­plè­te­ment.

Il y a encore quelques imper­fec­tions dans le sys­tème, mais l’essentiel est acquis.

En fait, ma «chaîne» pho­to sous Linux est com­plète. Raw­The­ra­pee me donne toute satis­fac­tion. Ce logi­ciel me per­met de «déve­lop­per» mes pho­tos. Le seul point sombre : ce n’est pas un logi­ciel «libre», mais il est tout de même gra­tuit. Si j’avais un besoin de retouche, j’ai natu­rel­le­ment Gimp. Géné­ra­le­ment sous-éva­lué, c’est un pro­gramme *très* com­plet. Libre, et gra­tuit, en plus. Au niveau cata­lo­guage, j’ai f-spot, livré (comme Gimp) par défaut dans Ubun­tu. Et main­te­nant Geo­tag.

La vie est belle.

Dans la série : «endroits où ne pas vivre» …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 15 Avr 2009 à 15:19

Vue sur ... whatever.

Nous sommes à la recherche d’un appar­te­ment. Mais pas celui-là.

Tête en l’air …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 14 Avr 2009 à 09:38

Tête en l'air ...

Sur la terre des dam­nés, tête en l’air,
Étran­ger aux véri­tés pre­mières énon­cées par des cons,
Jamais tou­ché le fond de la misère
Et je pleure, et je crie et je ris au pied d’une fleur des champs,
Éga­ré, insou­ciant dans l’âme du prin­temps, cœur bat­tant,
Cœur ser­ré par la colère, par l’éphémère beau­té de la vie.

Jacques Hige­lin, Tête en l’air

Je me demande com­ment j’ai fait pour oublier cette chan­son. Elle m’est reve­nue tout à l’heure, au moment où j’ai écrit «Tête en l’air» en haut de cette page. Et hop, cinq minutes de bon­heur.

Il y a tou­jours de la musique dans ma vie, mais en fait assez peu de chan­sons. Ou, plus exac­te­ment, peu de paroles de chan­sons. Il y a des tonnes de disques de chan­teurs, fran­co­phones ou non, que j’écoute avec plai­sir, mais sans prê­ter le moindre inté­rêt aux paroles. Mais celle là, de chan­son, a tou­jours eu des paroles.

Oublier, c’est tou­jours dom­mage. Mais retrou­ver, c’est magique.

Pour reve­nir à mon sujet ori­gi­nel, quand je par­cours ma col­lec­tion de pho­tos, c’est frap­pant de consta­ter que je passe beau­coup de temps la tête en l’air.

Devrais-je vrai­ment me deman­der pour­quoi ?

Pentax DA* 50 – 135mm 2,8 : MA star …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Photo — le lun 13 Avr 2009 à 21:54

SMC DA* 50-135mm 2,8 [IF] SDM

Un petit peu de jar­gon : sur mon K10D, for­mat APS-C, cet objec­tif a la même «vision» qu’un 70 – 200mm «clas­sique» sur un appa­reil FF. Il ne gran­dit pas quand on change de focale, muni du sys­tème SDM, il est tota­le­ment silen­cieux.

C’est l’objectif qui est le plus sou­vent mon­té sur mon appa­reil, et depuis les 18 mois que j’ai mon K10D, il a pris plus des deux-tiers de mes pho­tos. C’est ma bête de somme. C’est le meilleur objec­tif que j’ai. Si je ne devais en gar­der qu’un, ce serait celui-là. J’aime éga­le­ment le DA* 16 – 50, mais la qua­li­té d’image du 50 – 135 lui est défi­ni­ti­ve­ment supé­rieure. Je n’ai jamais de sur­prise avec cet objec­tif.

J’espère pou­voir, un de ces jours, l’associer avec un «conver­ter» (le Ken­ko Pz-Af 1,5 Tele­plus SHQ), si j’en trouve un. On ne le trouve que d’occasion, et rare­ment. Cet oiseau rare est… eh bien rare, jus­te­ment. J’en avais repé­ré un, mais quelqu’un l’a ache­té ce matin.

Mon DA* 50 – 135 est tou­jours sur la brèche. Et je me suis faci­le­ment habi­tué à son poids (685g).

Points faibles :

  • La taille de l’«abat-jour» qui va avec
  • En cas de situa­tions en contre-jour, il y a par­fois un «purple fringe» (aber­ra­tion chro­mique) qui se cor­rige faci­le­ment, mais qui est là.
  • Léger «vignet­tage» qui se cor­recte faci­le­ment.

Points forts :

  • Sa taille ne change pas.
  • Il est silen­cieux.
  • Il est «tro­pi­ca­li­sé», c’est à dire qu’il tra­vaille aus­si sous la pluie qu’au soleil.
  • Sa qua­li­té d’image est fabu­leuse
  • Il n’est pas trop grand (13,6 cm)

Défi­ni­ti­ve­ment un objec­tif qui, accou­plé à un K10D (plus fabri­qué, rem­pla­cé par le K20D), est vrai­ment un outil agréable à uti­li­ser. J’adore les temps où je vois des appa­reil pho­tos ayant coû­té trois à cinq fois le prix du mien ren­trer à l’abri, alors que le mien, avec mon 50 – 135, reste dehors, et conti­nue à tra­vailler.

Où voir des pho­tos prises par cet objec­tif ? : .

Un petit voyage à Berlin réunifiée en tram’ …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 13 Avr 2009 à 09:28

Dans l'angle ...

Je fré­quente les trans­ports publics- Assi­dû­ment. Et ça va bien faire quatre ans que ça dure. Et, donc, je pen­sais avoir une idée assez juste des Ber­li­nois. Ben oui, hein, c’est une ques­tion de nombres et de temps. Nombre de gens qu’on voit, entend, observe, et temps pas­sé à faire ça. Mais bon …

Et hier, on a pris le tram. Le tram, en fait on le prend assez rare­ment. Parce que là où on va, il y a géné­ra­le­ment assez de métro, S-bahn, et bus. Et –dans les faits– on voyage prin­ci­pa­le­ment «à l’Ouest». Et le tram, on ne le prend pra­ti­que­ment que quand on va «à l’Est», c’est à dire rare­ment.

Je m’interroge régu­liè­re­ment sur ces his­toires Est /​ Ouest. On va bien­tôt fêter les 20 ans de la réuni­fi­ca­tion de l’Allemagne, en célé­brant ce qui a été fait. Mais, en me pro­me­nant dans Ber­lin, en tant qu’étranger, moi ce qui me marque, c’est plu­tôt ce qu’il reste à faire. Même pour moi, étran­ger, Ber­lin-Est existe encore. Ou Ber­lin-Ouest, hein, comme vous vou­lez. Même si je ne com­pre­nais pas la langue, je m’en ren­drais compte. Com­pre­nez-moi bien; ils parlent tous la même langue, tech­ni­que­ment. Mais sou­vent les conver­sa­tions per­mettent de situer les Ber­li­nois sur la carte.

Mais rien de plus visible, en matière de «à faire» au niveau de la réuni­fi­ca­tion alle­mande que le réseau de trams à Ber­lin. En gros le tram n’existe pas à l’Ouest, et consti­tue l’épine dor­sale des trans­ports à l’Est. Visi­ble­ment. Les rails s’arrêtent à la fron­tière, à part pour deux lignes, je crois. Alors qu’il y a 22 lignes de tram à Ber­lin.

Encore plus visible, quand on, comme nous hier, prend une ligne de tram jusqu’à son ter­mi­nus, c’est le «pay­sage urbain». De Schwartz­kopff­straße jusqu’à Ahrens­felde, c’est à dire du centre jusqu’à la péri­phé­rie, on passe de bâti­ments «anciens» à l’état de réno­va­tion que je décri­rais géné­reu­se­ment comme «inter­mit­tent», puis à des ruines, des friches indus­trielles, et on finit par une mer de barres d’au moins douze étages. Ce genre de pay­sage n’existe tout sim­ple­ment pas à l’Ouest.

Je ne dis pas que ce n’est jamais joli à l’Est, hein. Mais je vous garan­tis que c’est *rare­ment* joli. Là où j’habite, et c’est un quar­tier pauvre (de l’Ouest), avec ma fenêtre qui culmine au cin­quième étage, je vois à des kilo­mètres, ou au pire jusqu’au pro­chain immeuble de cinq étages. Alors que quand on suit le tram ou le S-Bahn vers l’Est, on voit des immeubles d’au moins douze étages pen­dant des *kilo­mètres*. Nous qui recher­chons un appar­te­ment, à chaque fois qu’on affaire à l’administration, on nous recom­mande de cher­cher à l’Est. Le nom qu’on nous indique le plus sou­vent : Mar­zahn. Les barres.

Certes, les barres ont été repeintes. Jaune, bleu, ce que vous vou­lez. Mais ce sont des barres. Et pour en sor­tir, juste une sta­tion de Tram en bas. Sauf pour ceux qui ont la chance d’habiter au bord de la voie fer­rée du S-Bahn.

Et je nous vous parle des lam­pa­daires, hein…

Hier, un poli­tique évo­quait une modi­fi­ca­tion de la consti­tu­tion. Son motif : il a l’impression que les Alle­mands de l’Est se sentent oubliés par la réuni­fi­ca­tion. Entre nous, je ne vois pas ce que la consti­tu­tion pour­rait arran­ger. Encore une fois, je suis étran­ger, moi. Je n’ai jamais connu la RDA. Mais le fait que, vingt ans après sa dis­pa­ri­tion j’aie encore une idée pré­cise d’à quoi elle res­sem­blait me fais m’interroger au sujet de la fameuse «réuni­fi­ca­tion». Aujourd’hui, le fer de lance de la réuni­fi­ca­tion alle­mande semble être l’arsenal légis­la­tif, et spé­cia­le­ment Hartz IV. On pra­tique la réuni­fi­ca­tion par le bas. Et ce n’est bon que pour les pho­to­graphes fêlés de lam­pa­daires, si vous me deman­dez mon avis.

Détails :

  • un conces­sion­naire qui arbo­rait en façade le logo de «Tra­bant»
  • un gamin, maigre, avec des tatouages d’une qua­li­té dis­cu­table, avec des pier­cings colo­rés, qui «chat­tait» sur son ordi­na­teur por­table, dans le tram, musique en ban­nière. Quand il a quit­té la tram, on l’a vu mar­cher, por­tant son por­table ouvert avec une main, et en train de taper un mes­sage de l’autre.
  • deux gamins, gras, voi­sins, qui n’ont pu que par­ler de leur vie vir­tuelle. Ils ont com­pa­ré leurs points et leurs hauts faits, dans un Alle­mand au plus rudi­men­taire (c’est la pre­mière fois que j’ai l’impression d’entendre des gens *par­ler* en langue SMS). Pen­dant toute la conver­sa­tion, l’un des deux avait au télé­phone sa fian­cée vir­tuelle. Dra­gonmä­del. Quand il a enten­du son nom, celui qui ne l’avait pas au télé­phone, il s’est excla­mé : «Dra­gonmä­del ? oh, L é chaude, L D-chir sa rasse !».
  • c’était Pâques. Familles en dimanche.
  • un gamin, enca­pu­chon­né, jouait du pia­no des doigts sur la paroi du tram
  • sou­vent, seule­ment les trois der­niers étages avaient le soleil

Vive la France !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 10 Avr 2009 à 08:28

Aiguillage démocratique ...

Vio­la, en pro­non­çant ces paroles his­to­riques («Vive la France !»), avait dans les yeux les larmes carac­té­ris­tiques des len­de­mains de fous-rires. En d’autres termes, elle se gon­do­lait de rire à entendre ce que je venais de lui racon­ter.

Et comme les occa­sions de rigo­ler sont, au fond, rela­ti­ve­ment rares, je me suis déci­dé à vous racon­ter la même his­toire, celle qui a mis Vio­la en joie.

C’est l’histoire du rejet en pre­mière lec­ture de l’assemblée natio­nale de la loi sur­nom­mée Hado­pi. Et cette his­toire n’a a prio­ri pas en stock les ingré­dients néces­saire à la fabri­ca­tion d’une tarte à la bou­tade, hein.

Hado­pi, c’est la mau­vaise tra­duc­tion d’une mau­vaise loi amé­ri­caine, sup­po­sée régler le pro­blème des Gen­tilles Indus­tries Du Disque, Du Ciné­ma, De La Culture, De Tout Ce Qui Fait Une Magni­fique Civi­li­sa­tion, mena­cées qu’elles sont par les méchants inter­nautes qui piratent (c’est pire que de bête­ment copier) Les Œuvres Immor­telles pour pas un rond.

Sur le fond, j’ai natu­rel­le­ment une idée, mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est les condi­tions du rejet de cette pan­ta­lon­nade légis­la­tive, c’est à dire une pan­ta­lon­nade au sujet d’une autre pan­ta­lon­nade.

Et quand je dis «pan­ta­lon­nade», hein, je fais dans la gau­driole. Alors qu’au fond l’affaire relève pour moi beau­coup plus de la tra­gé­die que de la bouf­fon­ne­rie, même s’il de bouf­fons qu’il s’agit.

Sans tran­si­tion, je laisse la parole à un des acteurs de cette lamen­table affaire :

Lorsque j’ai accou­ru à l’hémicycle, j’ai consta­té que plu­sieurs dépu­tés socia­listes res­taient grou­pés der­rière la porte de l’hémicycle ou plus exac­te­ment der­rière le rideau qui sépare le sas d’entrée du bas de l’hémicycle. J’ai évi­dem­ment com­pris qu’il s’agissait d’attendre là, la fin de l’intervention de la ministre pour faire une entrée grou­pée. Ain­si le groupe UMP se croyant majo­ri­taire, sur la foi du décompte des dépu­tés effec­ti­ve­ment ins­tal­lés à leur siège, n’allait pas ten­ter d’ultimes manoeuvres de pro­cé­dures pour retar­der le vote et «rameu­ter» à leur tour des dépu­tés UMP dis­per­sés dans leur bureau…

A notre grande sur­prise, cette petite pré­cau­tion de der­nière minute a mar­ché. Comme quoi le vote d’un texte tient par­fois à un rideau qui se lève ou se baisse au bon moment !

Si vous y tenez vrai­ment, le texte de cette pan­ta­lon­nade en un acte est lisible ici.

Faut-il vrai­ment en rire ? En fait non. Là, ce serait le moment de se deman­der où sont les dépu­tés, à quoi ils servent, se deman­der si il ne serait pas temps de prendre les choses au sérieux, et pas­ser le lance-flammes balai révo­lu­tion­naire au Palais Bour­bon.

Ima­gi­nez les grands sou­rires de ces grands enfants riant de la bonne blague qu’ils viennent de faire, laquelle va pro­ba­ble­ment pas­ser pour une *vic­toire* (pour éphé­mère qu’elle soit) de… la démo­cra­tie.

Je vous rap­pelle, pour le prin­cipe, les règles du jeu :

  • vous éli­sez un dépu­té
  • il fait des trucs *en votre nom*
  • dépu­té, c’est un bou­lot à plein temps, gras­se­ment rému­né­ré
  • vous avez le droit et même le devoir de rap­pe­ler à votre dépu­té qu’il n’est qu’un dépu­té, et ce que dépu­ter veut dire
  • vous avez le droit et même le devoir lui deman­der à quoi il passe son temps avec votre argent
  • vous avez le droit et même le devoir de vous deman­der si le sys­tème exis­tant a un sens autre que sa propre pré­ser­va­tion, et si c’est le sens ori­gi­nel

Et tant que vous y êtes, si vous, comme moi, déci­dez d’interpréter le texte comme une tra­gé­die plu­tôt que comme une farce éphé­mère, deman­dez-vous qui en est au bout du compte l’auteur. Les dépu­tés, ou leurs élec­teurs.

Dépu­ter sans contrôle, c’est dan­ge­reux. Dépu­ter sans contrôle, c’est le renon­ce­ment à la démo­cra­tie.

Je suis une locomotive …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 8 Avr 2009 à 07:55

Tchoo-tchoo...

La recherche d’un appar­te­ment peut mener à tout. Natu­rel­le­ment. Sur­tout quand on a une heure à tuer et que l’appartement à visi­ter est en lisière de forêt. Non qu’on quitte la ville, hein. On est tou­jours dans Ber­lin.

On a pas­sé une heure en forêt.

Il y a des voies fer­rées désaf­fec­tées. Vous me connais­sez.

On a trou­vé le petit en train de jouer au train. Appa­rem­ment, lui aus­si s’est cho­pé le virus à vapeur.

En fait on était par­tis de la mai­son pour visi­ter *un* appar­te­ment, et on a fini la jour­née dix heures sui­vant après notre sep­tième visite. On a déci­dé d’arrêter de cou­rir. On a main­te­nant notre sélec­tion. Le plus dur va être de choi­sir.

Mais pas mécon­tent d’en avoir fini. On est, l’un comme l’autre, *fati­gués*. On va chan­ger de sport, et on va arpen­ter les admi­nis­tra­tions. Ce qui va nous chan­ger d’arpenter les rues.

Ou bien ?

Vous n’aurez pas de son …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 6 Avr 2009 à 11:15

Faire l'âne pour avoir du son ...

Il m’avait dit ça un petit peu comme on met à la bouche un cara­mel qu’on vient de piquer à la librai­rie du coin. Avec un sou­rire gour­mand. ll avait com­men­cé avec : «Oli­vier, il ne sert de rien de faire l’âne …», puis, élar­gis­sant encore son sou­rire, il a conti­nué avec : «… pour avoir du son. Vous n’aurez pas de son.»

Je ne me sou­viens pas de quoi on par­lait, et je n’ai aucune idée de ce qu’il avait en tête avec son son. Mais je me rap­pelle exac­te­ment de son sou­rire ce jour là. Il était visi­ble­ment très fier de lui.

C’était un client. Un client à ran­ger dans la case «très chiant». Mais par moments, il était capable de sou­rires comme celui-là. Alors je l’ai gar­dé comme client pen­dant plu­sieurs années.

Le non-Tatort du dimanche …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 5 Avr 2009 à 21:01

Bienvenue, camarades ...

J’ai eu un choc. Déjà, bien qu’on soit dimanche et qu’il soit 20:15, il n’y avait pas d’épisode de Tatort au pro­gramme. Ça ne m’a que très moyen­ne­ment plu. J’ai eu maintes fois l’occasion de vous expli­quer que le Tatort du dimanche, c’est impor­tant.

En échange, j’ai eu droit au pire polar que j’aie vu depuis que j’habite Ber­lin. C’est aus­si une série poli­cière, héri­tée de la RDA. Ça s’appelle Poli­zei­ruf 110. Et cet épi­sode était une catas­trophe.

Déjà, la musique du géné­rique m’a fait pen­ser au géné­rique du 20h de France2 des années 1990. Le mon­tage est du même aca­bit. La mise en scène est affli­geante. La musique est pitoyable. Et ne me lais­sez pas vous par­ler du conte­nu, hein.

Parce que le conte­nu …

La RDA est offi­ciel­le­ment morte il y a bien­tôt 20 ans, et pour­tant, le temps d’un épi­sode, je m’y suis cru.

Ne nous mécom­pre­nons pas : qui me connaît sait ce que je pense des riches, des assu­rances, du pou­voir, des bou­lots au rabais, etc. Mais je n’ai jamais enten­du de tels dia­logues. Un fourgue qui explique aux poli­ciers que voler, c’est pas très grave, que le voleur n’a pas besoin d’argent des ser­vices sociaux, et que tant que seule­ment les assu­rances y perdent, tout va bien. Le voleur et l’état y gagnent. Ça sonne tel­le­ment «fabri­qué». Et les deux poli­ciers n’arrêtent pas de prê­cher. Tout ça dégou­line de bons sen­ti­ments, ça se veut «péda­go­gique», mais on les voit venir de tel­le­ment loin, avec leurs gros sabots, qu’on a envie de rire, mais on n’ose pas.

Même l’image nous parle. Les plans dans les cités de Halle (dans l’es RDA) sont nim­bés d’une lumière triste. La mère d’un gamin qui a tué une vieille est *tel­le­ment* humaine, mais *tel­le­ment* acca­blée par l’économie qui écrase *tel­le­ment* les pauvres tra­vailleurs, qu’on a envie que ça cesse, d’éteindre la télé. On entend quelqu’un expli­quer, tout sim­ple­ment, que les parents qui vivent de Hartz IV (le RMI alle­mand) ne sont pas capables d’élever leurs enfants. Sans nuance, ni contra­dic­tion.

Ce n’est pas le sujet qui est en cause. J’ai vu récem­ment un épi­sode de Tatort dans lequel on plon­geait dans le monde des super­mar­chés pour pauvres. Mais la méthode rend la série cré­dible. Alors que ce soir …

Hon­nê­te­ment, j’aime bien de temps en temps me taper un navet. Ça me fait rire. De bon cœur. Mais l’épisode de ce soir ne m’a fait rire : il m’a fait peur. Il m’a mis mal à l’aise.

Je vous l’avais dit, de ne me pas lais­ser vous par­ler du conte­nu.

Trabi, saloperie de bagnole mon amour …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 4 Avr 2009 à 11:01

Heia, Safari !

Je pour­rais vous dire : «c’est la crise…», mais en fait tout ça a com­men­cé bien avant. Il y a des gens qui, nos­tal­giques ou pas, ont déci­dé de ren­ta­bi­li­ser la catas­trophe. La RDA. Rien de ce qui a été construit à l’époque de la RDA ne vaut un radis. Les bâti­ments, les infra­struc­tures, et natu­rel­le­ment le voi­tures, étaient –à l’époque de la chute du mur– dans un état tel qu’il a fal­lu inves­tir des sommes colos­sales. Mais le recy­clage a com­men­cé, et prend main­te­nant des pro­por­tions énormes.

À Ber­lin, le tou­risme est pra­ti­que­ment entiè­re­ment basé sur la RDA. Les bou­tiques à tou­ristes vendent des tasses, des t-shirts, des sacs, des cartes pos­tales, tout ça déco­ré avec le logo de la RDA. Et natu­rel­le­ment on nous vend du mur. Le $mur$ de Ber­lin est *très* lucra­tif. Très lucra­tifs, éga­le­ment, les Ampelmänn­chen, les petits bon­hommes rigo­los qu’on pou­vait voir sur les feux rouges du Ber­lin-Est au temps de la RDA. Main­te­nant ils se géné­ra­lisent dans toute la ville de Ber­lin. Et, mar­ke­ti­sés à outrance, ils sont en train de deve­nir l’emblème de Ber­lin. Indis­pen­sables à tout tou­riste.

Recy­clage pro­fi­table. Même les Tra­bant.

Aaaah, les Tra­bant. Je me sou­viens de ma pre­mière ren­contre avec une Tra­bant. C’était en mai 2000, à Ber­lin. Elle est arri­vée der­rière moi. J’ai cru, à l’oreille que c’était une moby­lette, et qu’elle était sur le trot­toir, au point que je me suis pla­qué contre le mur. Ima­gi­nez le moteur. Et ima­gi­nez ma tête quand je me suis ren­du compte que cette moby­lette avait quatre roues, un toit, et qu’il y avait trois per­sonnes dedans ! Oui, en 1957, c’était une voi­ture sur­pre­nante, presque inno­vante. Mais la même voi­ture, construite dans les années 1990, ça fait peur. C’est un cla­pier à rou­lettes, avec un moteur de ton­deuse à gazon. Une catas­trophe indus­trielle. Une honte logis­tique. Une honte tout court.

Mais aujourd’hui, c’est chic. On peut louer une «Tra­bi». Notez la conno­ta­tion presque tendre du sobri­quet choi­si pour la Tra­bant. Il y a une boite qui s’appelle Tra­bi Safa­ri. On peut même pas­ser un «per­mis Tra­bi», que l’on obtient après avoir pas­sé les obs­tacles d’un par­cours «typique» d’un auto­mo­bi­liste de la RDA. Sur des routes (lire : sur les routes «à plaques» garan­ties RDA d’origine).

La Tra­bant de la pho­to, qui orne un par­king, est per­chée sur un … authen­tique mira­dor du mur. J’entends d’ici le bruit de la caisse enre­gis­treuse…

Dans mes oreilles : Dodge the Dodo, Esb­jorn Svens­son Trio

Pour ceux qui ont avaient quelque chose entre les oreilles

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 2 Avr 2009 à 21:40

Désemparé ...

Quand je suis ren­tré, cette après-midi, de notre bal­lade à Span­dau, je me suis ser­vi une tasse de thé. Et j’ai ouvert mon ordi­na­teur.

Le titre m’a sau­té à la gorge. J’ai eu un haut de cœur. J’ai relu.

Phi­lippe Val choi­si par l’Elysée pour diri­ger l’antenne de France Inter

Depuis, ça bouillonne dans ma tête. J’oscille entre une tris­tesse sans fond et une rage brû­lante.

J’ai gran­di avec France Inter. Ma mère était pra­ti­que­ment inac­ces­sible à l’heure de Radio­sco­pie. J’ai appris le rock avec Feed-back et Loup-garou. J’écoutais Le jeu des mille francs à chaque fois que je le pou­vais. Tard, la nuit, j’écoutais même Allô Macha. Le dimanche matin, j’ai décou­vert les mots «irré­vé­rence», «dif­fé­rence», «res­pect», «curio­si­té» avec des gens comme Claude Vil­lers, Pierre Des­proges, Laurent Ruquier, Daniel Mer­met, Kriss, Pierre Bou­teiller, José Artur. J’ai vécu le foot avec Jacques Ven­droux, et même avec Jo Dona. J’ai pas­sé des cen­taines d’heures devant mes suc­ces­sifs postes de radio, tou­jours sur fond de curio­si­té. Je me sou­viens encore de la voix de Gérard Klein à l’heure du petit-déjeu­ner. J’entends encore les colères d’Anne Gaillard. Patri­cia Mar­tin, Julien Del­li Fio­ri aus­si.

Je ché­ris un sou­ve­nir rare : une soi­rée dans la cara­vane des vacances, avec toute la famille, où nous avons écou­té Le masque et la plume.

J’étais fier d’être ceux que cette sta­tion dif­fé­rente. D’avoir «quelque chose entre les oreilles».

J’ai quit­té France Inter quand j’ai quit­té la France. Mais pas parce que je vou­lais. Je me dou­tais bien qu’elle ne pour­rait plus être la même, mais je l’attendais tou­jours dif­fé­rente. Les gens qu’on perd de vie, tant qu’on n’a pas de nou­velles, on les voit à l’image de ce qu’elles étaient quand on les voyait. Pour moi, donc, France Inter était encore là. Quelque part. Une pré­sence amie.

Et aujourd’hui, je sais que France Inter est mort. Je vais res­ter avec mes sou­ve­nirs. Avec les his­toires que Claude Vil­lers me racon­tait le soir, avant de dor­mir. Je dois beau­coup à France Inter, et je vais la pleu­rer comme on pleure un proche.

La colère n’est plus loin… un jour il fau­dra que je solde mes comptes. Et on sera nom­breux.

Défilé …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Galerie,Journal,Photo — le jeu 2 Avr 2009 à 09:51

Au pas ...

On s’est bal­la­dés de Kreuz­berg jusqu’a la gare de Frie­drichs­traße, en pas­sant par la (trop) fameuse Wil­helm­straße. Un chouette temps de prin­temps.

Je vous pré­sente la nou­velle col­lec­tion, inti­tu­lée : Les seize lampes

Ce qui me frappe, c’est la varié­té. Et l’adéquation entre les formes des réver­bères et le quar­tier dans les­quels ils vivent.

Mécanique onirique [traité de la mémoire choisie] …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 1 Avr 2009 à 06:26

Rose et gris ...

La scène me fait peur. J’étais au volant d’une ambu­lance. Mon ambu­lance était pleine de gens. Je ne sais pas exac­te­ment com­bien de gens. On était en train de grim­per une côte. Une côte très dure. J’étais en pre­mière. On appro­chait du som­met. Je connais­sais la route, j’attaquais la der­nier lacet. Il y avait tel­le­ment de gens dans l’ambulance, qui par­laient très fort pour s’entendre au des­sus du bruit du moteur qui hur­lait en pre­mière, que je n’ai pas enten­du le monstre arri­ver.

Et d’un seul coup, il a enva­hi l’ensemble de mon champ visuel. Tel­le­ment haut, tel­le­ment large. Il pre­nait toute la lar­geur de la rue, et me cachait le ciel. Et il vou­lait des­cendre. Et il était pres­sé. Et il n’allait pas s’arrêter.

Dans l’ambulance, mes pas­sa­gers se sont tous tus. Mon moteur s’est noyé dans le vacarme infer­nal du moteur du monstre. Une voix grave, que j’avais l’impression de per­ce­voir par mes pieds, mon der­rière et mes mains, tout ce qui me connec­tait à la rue qui trem­blait.

Alors il a fal­lu que je redes­cende la rue. Mais pas le temps de faire demi-tour. Le monstre était à deux ou trois mètres de moi. J’ai donc com­men­cé à des­cendre la côte en marche arrière. Je suais de peur. J’avais peur que les freins de mon ambu­lance, sur­char­gée qu’elle était, nous lâchent.

Ça n’a pas duré long­temps. Peut-être trente, qua­rante secondes, jusqu’à ce que je trouve une rue trans­ver­sale, et que je quitte la rue et échap­per au monstre. Après, j’ai éteint le moteur. Per­sonne n’a plus rien dit. Jusqu’au moment où le moteur du monstre, à force de s’éloigner, se soit tu.

Heu­reu­se­ment qu’il n’y a pas dans la salle un psy pour me deman­der ce que je pen­sais que ce rêve signi­fie, car je serais bien en peine de répondre à la ques­tion. Condam­na­tion par défaut.

En fait, cette scène, je ne la rêve pas. Je m’en sou­viens. C’était il y a 7 ans.

Le monstre était sui­vi d’un char et deux trans­ports de troupes blin­dés.

Ce n’est pas le pire de mes sou­ve­nirs, mais de mes sou­ve­nirs «dan­ge­reux», c’est celui qui me revient le plus sou­vent. J’ai pro­ba­ble­ment caché les pires. Ils sont tou­jours là, mais il y a tel­le­ment de bazar à démé­na­ger avant d’y accé­der que ma ren­contre avec Kill­do­zer (une nou­velle de Stur­geon), si facile d’accès, me sert sou­vent de mémoire tam­pon. Ça me per­met de «par­ler» avec cette période de ma vie, sans me faire trop de mal. La vio­lence de cette scène n’est que «vir­tuelle». Ça me per­met de la «fré­quen­ter» sans trop me com­pro­mettre.

Par­fois, c’est tout de même invo­lon­taire. Aujourd’hui, par exemple. Je suis tom­bé sur cet article… évo­ca­teur.

Il est presque quatre heures du matin. Je pense que je vais pou­voir dor­mir, main­te­nant.

Moteur du site : wordpress 4.9.3 - Thème : «Back in Black 2» crée par Frederic de Villamil (traduit en français par amnesix)