Chaussure à son pied …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 31 Mar 2009 à 07:40

Camouflage urbain ...

Ma lec­ture de l’actualité change. En tout cas ce qui concerne la France. Je ne lis pra­ti­que­ment plus que les titres. Pour­quoi ? Mmmmh… je crois que la France, comme pays, a ces­sé d’être inté­res­sant. Pour moi, hein. Je suis convain­cu qu’il y a des gens que la France inté­resse. Mais pas moi.

Je vous trouve scep­tiques. Soit. Lais­sez-moi argu­men­ter un petit peu : ça va faire au moins un an que j’ai, comme page d’accueil sur mon navi­ga­teur «Google Actua­li­tés», en ver­sion «per­son­na­li­sée». Ce n’est pas la pana­cée : le pre­mier écran est com­po­sée par Google, qui s’imagine qu’il sait mieux que moi à quoi je vais m’intéresser (les rubriques «à la une» et «sélec­tion d’articles pour vous» sont «obli­ga­toires, c’est à dire que je ne peux ni le sup­pri­mer ni les modi­fier). Mais en-des­sous, ça s’améliore rapi­de­ment.

J’ai deux colonnes (je n’ai pas le choix). Je peux choi­sir pour chaque colonne les sujets aux­quels je suis sus­cep­tible de m’intéresser. Ça com­mence, colonne de gauche, par la rubrique «France». En face, dans la colonne de droite, c’est «Deut­schland». En Alle­mand, donc. Dans chaque colonne, neuf articles, c’est le nombre maxi­mum auto­ri­sé. Ensuite, donc neuf titres plus bas, on change de rubriques. De gauche à droite : «Inter­na­tio­nal», et «Inter­na­tio­nal» — l’actualité inter­na­tio­nale vue par la presse fran­çaise et la presse alle­mande (en fran­çais pour l’une, et en alle­mand pour l’autre, natu­rel­le­ment).

Neuf titres plus bas, on passe , de gauche à droite, à «World (u.s.)» à «u.s.». En anglais. ça va de soi.

Eh bien voi­là pour­quoi la France cesse len­te­ment mais sûre­ment à m’intéresser; déjà l’actualité fran­co-fran­çaise est… vous le savez comme moi. Et puis l’agenda de Nico­las, hein… pre­nons la page de ce matin :

  • inau­gu­ra­tion de la cité de l’immigration par Bes­son
  • résul­tats «moyens» pour les tests des élèves des classes de CM2
  • PS : Mon­te­bourg veut des pri­maires à l’américaine
  • Il menace un élève de lui cou­per le zizi: amende requise contre l’instituteur
  • Les repre­neurs de Sam­so­nite au tri­bu­nal
  • Qu’est-il arri­vé à l’avion pré­si­den­tiel?

Est-il vrai­ment utile que je m’étende sur le désastre ? Je vous ai épar­gné les chiens écra­sés, les chiens égor­geurs, et le dimanche télé­vi­sé de Mar­tine Aubry. On ne trouve que ça à lire dans la presse fran­çaise ? Ou (en fait c’est la même ques­tion) est ce que les Fran­çais ne s’intéressent que ça au sujet de la France ?

Je pense que dans quelques semaines, je sup­pri­me­rai cette rubrique «France» de ma page d’accueil. J’en sau­rai tou­jours au sujet de la Sar­ko­zie France en lisant la rubrique «inter­na­tio­nal» en ver­sion alle­mande. Car, même si la réci­proque est loin d’être vraie, la presse alle­mande parle très régu­liè­re­ment de la France.

Projet HERISSON

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 28 Mar 2009 à 22:47

Baromètre multicolore ...

Il y a des jours où je me demande si le ridi­cule ne devrait pas enfin tuer. Au moins méta­pho­ri­que­ment. Ça fait des années que les Amé­ri­cains me font rire avec leur manie qui les pousse à don­ner à chaque loi un nom déter­mi­né par un acro­nyme. Le plus célèbre de ces acro­nymes est «USA PATRIOT». Ce nom est tiré de : Uni­ting and Streng­the­ning Ame­ri­ca by Pro­vi­ding Appro­priate Tools Requi­red to Inter­cept and Obs­truct Ter­ro­rism Act of 2001.

Vous trou­vez ça ridi­cule ? Atten­dez : lais­sez-moi vous pré­sen­ter le petit der­nier du minis­tère de la défense fran­çais. Il s’appelle : Habile Extrac­tion du Ren­sei­gne­ment d’Intérêt Stra­té­gique à par­tir de Sources Ouvertes Numé­ri­sées. Le pro­jet HERISSON.

Ah, entre nous : c’est natu­rel­le­ment un pro­gramme espion. Et nous sommes –natu­rel­le­ment– tous espion­nés concer­nés. Quoi qu’il puisse se dire à ce sujet :

« On ne tra­vaille que sur les sources ouvertes, c’est-à-dire tout ce qui est acces­sible au com­mun des mor­tels. C’est d’ailleurs dans le nom même d’HERISSON : Sources Ouvertes Numé­ri­sées. On exclut tout ce qui concerne la sphère pri­vée. Ca n’a rien à voir avec Eche­lon comme j’ai pu le lire. »

« Le fait de recher­cher des infor­ma­tions sur POP 3 (pro­to­cole de mes­sa­ge­rie), ce n’est pas pour aller espion­ner les mails des gens mais pour pou­voir s’inscrire à des mai­ling-lists qui néces­sitent éga­le­ment POP3. »

un porte-parole de la DGA lisible ici

Tout ceci mis à part, sérieu­se­ment, «habile extrac­tion», quel l’imbécile qui a osé écrire un nom pareil ? Est-ce qu’il est vrai­ment deve­nu, en France, obli­ga­toire de pas­ser pour un con, juste pour pou­voir don­ner à un pro­jet quel­conque un nom qui «res­semble» à quel­que­chose ?

Je pro­pose au ministre en charge du moral des Fran­çais mon concept : une Boite Intel­li­gente Ter­ri­ble­ment Equi­pée et Maniant Ordi­nai­re­ment Le Luxe comme Eupho­ri­sant (BITEMOLLE). Si avec ça je ne mérite pas de la patrie, hein…

L’éthique du capitalisme [allégorie]

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 25 Mar 2009 à 09:18

Danser ...

Excu­sez moi. ça m’a échap­pé. J’étais en train de m’informer quand je suis tom­bé sur les pro­pos de l’Inepte Natio­nal, Nico­las. Et quand sur ma rétine gauche s’est ins­crit la phrase :

Sar­ko­zy prône une «éthique du capi­ta­lisme»

alors tout natu­rel­le­ment j’ai vou­lu aider à réper­cu­ter ces sages pré­ceptes.

Mais les mots, c’est pas mon truc, hein. Sur­tout quand il s’agit d’écrire du sur­réa­lisme. Je sais pas faire ça. Je ne sais pas faire rimer «capi­ta­lisme» avec quoi que ce soit d’autre que des mots comme «arnaque», «dégoût», ou «pour­ri­ture». Il faut que je tra­vaille.

Mais j’ai trou­vé une chouette pho­to. C’est de l’art, sur un fond de capi­ta­lisme. C’est joli, non ?

Qu’on ne me dise pas que je ne suis que néga­tif, hein ! Moi aus­si, je par­ti­cipe du Grand Effort Natio­nal de Ré-Béa­ti­tude, et je pro­fesse que seul le capi­ta­lisme peut nous pro­té­ger du capi­ta­lisme qui vient de nous en mettre un plein wagon dans les gen­cives. C’est bien connu. On com­bat le feu par le feu, la misère par la misère, et donc le capi­ta­lisme par le capi­ta­lisme. Éthique.

Dédié à tous les gens qui croient au Père Noël, Ségo­lène Royal, ou au capi­tal éthique.

Et pourtant, je brille …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 24 Mar 2009 à 09:02

Sous tension ...

La ques­tion du génie ne m’intéresse pas, elle est en fait simple : c’est celle d’une dis­tri­bu­tion gaus­sienne. Si un indi­vi­du pro­duit des formes nou­velles (leur nou­veau­té est à l’extrême droite de la cloche) et si le talent requis pour les pro­duire, com­pa­ré à la norme de son temps, est aus­si à l’extrême droite de la cloche, si enfin ces nou­velles formes deviennent la réfé­rence créant le som­met des cloches ulté­rieures, alors on a affaire à un génie

C’est un ami qui dit ça. À cet ami me lient d’incontestables (à défaut d’expliquables) liens. Je le soup­çonne de par­ler de/​le génie en v.o.

Ah oui, il aime Bach.

Moi, j’astique mes réver­bères. Il faut de tout, pour faire un monde. Des génies, et des asti­queurs de réver­bères. Et hier soir Nürn­berg a bat­tu Frei­burg.

J’écoute, là tout de suite, un mor­ceau de Gilad Atz­mon (avec son groupe The Orient House Ensemble). Le mor­ceau s’appelle Jenin. Il est lan­ci­nant à force d’être mélan­co­lique. Est-ce que je l’aimerais autant si il s’appelait Leval­lois ? Pour être hon­nête j’ai aimé ce mor­ceau à la pre­mière écoute, sans connaître le titre. Est-ce lié aux incon­tes­tables (à défaut d’expliquables) qui me lient à Jénine ?

En ce moment je suis, comme sou­vent, très occu­pé à dépous­sié­rer mon pas­sé. Jénine est une par­tie impor­tante de mon pas­sé, comme Jéru­sa­lem. Je me suis enfin déci­dé à cou­cher sur le papier ce qui me pré­oc­cupe depuis main­te­nant sept ans. Tenez, voi­là ce que j’écrivais, mais pas sur papier, il y sept ans, jour pour jour :

[…] une des routes de contour­ne­ment abou­tit à exac­te­ment quatre mètres du check-point, et passe au pied du mira­dor qui assure la pro­tec­tion des sol­dats, avant de pas­ser devant un com­mis­sa­riat de police israé­lien. Qu’on ne vienne pas me dire qu’ils ne voient pas la file de véhi­cule qui défile là toute la jour­née. J’ai même *vu* un sol­dat engueu­ler un chauf­feur [de taxi] qui débou­chait de la route de contour­ne­ment… parce qu’il rou­lait trop vite. […]

Pour les curieux, c’est .

C’était le temps où mon quo­ti­dien sen­tait la ten­sion, la colère, et, trop sou­vent, la peur.

Un livre, avec du papier, ça a pro­ba­ble­ment une ver­tu cura­tive. J’ai été, fugi­ti­ve­ment, trai­té pour mon syn­drome post-je-sais-plus-quoi, le truc qui me fait encore, de temps en temps, me réveiller avec, dans les oreilles de la tête, le moteur d’un cer­tain APC israé­lien, celui qui m’a pour­chas­sé un soir dans les rues désertes de Jénine. Mais le psy-je-ne-sais-plus-quoi m’a expli­qué que mon syn­drome dépas­sait des cases dans les­quelles il avait l’habitude de les ran­ger. Donc je me débrouille tout seul.

Donc, un jour, Brest-Jéru­sa­lem sera écrit.

Sur papier.

Pour solde de tout compte.

J’espère.

Génie ordinaire …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 23 Mar 2009 à 12:44

Pour vivre heureux ...

… ou génie pour l’initié ?

L’image m’amuse. Ne pre­nez sur­tout pas ce que j’écris au sérieux. Je ne suis dans aucun cas qua­li­fié pour répondre aux ques­tions évo­quées dans les para­graphes sui­vants, et peut-être même pas qua­li­fié pour poser les ques­tions sus-nom­mées et ci-lis­tées.

Figu­rez-vous qu’après consul­ta­tion des experts diso­nibles, je me rends compte que 

  1. seul l’initié a accès au génie
  2. l’initié est le seul juge de son état d’initiation
  3. je ne sais pas qui est un génie
  4. le génie n’est pas à la por­tée de tout le monde

1) seul l’initié a accès au génie
Je sais, ça peut paraître un petit peu dur. Mais il faut bien une défi­ni­tion du génie. Et qui peut juger ? Qui sinon l’initié ? Eh oui. Jusqu’à ce qu’on décerne des diplômes de génie, ce qui serait ter­ri­ble­ment «admi­nis­tra­tif», même peut-être par­fois gênant (élève New­ton, génie, avec men­tion pas­sable, par exemple), on est res­té à un sys­tème du type «peer review». C’est mieux que rien. Sinon, ça vous met le génie à por­tée toutes les mains, et ça, c’est dif­fi­ci­le­ment accep­table. Madon­na génie, par exemple.

2) l’initié est le seul juge de son état d’initiation
Ben oui. C’est un petit peu le maillon de la chaîne. Moi, qui ai com­men­cé le pia­no quand j’avais pas encore dix ans, ai étu­dié le sol­fège, par­ti­ci­pé à des concours, ai éga­le­ment joué de divers ins­tru­ments, et ai gagné ma croûte pen­dant une période de ma vie à la sueur de mes doigts sur les manches de mes basses, je ne suis pas un ini­tié. J’ai 46 ans, dont 35 de musique, et pour­tant je ne me sens pas du tout l’âme d’un ini­tié. Notez que si je l’avais, l’âme, je ferais par­tie du club. C’est facile. Il suf­fit d’oser. L’ouvrir. Et, natu­rel­le­ment, être du même avis que les ini­tiés qu’on fré­quente. Ce der­nier point n’est pas tech­ni­que­ment obli­ga­toire, mais ça rend la vie sociale plus agréable. Mais en un mot comme en cent, je ne suis pas un ini­tié. En musique. Ni, natu­rel­le­ment, en phy­sique, méta­phy­sique, lit­té­ra­ture, ciné­ma, pein­ture, etc.

3) je ne sais pas qui est un génie
À part prendre pour argent comp­tant l’expertise du com­mun des experts, je n’ai aucun accès au génie. Ni qua­li­fié, ni même aspi­rant. Quand j’y pense, je me dis que, fina­le­ment, je repren­drai deux fois des nouilles.

4) le génie n’est pas à la por­tée de tout le monde
Le génie est par défi­ni­tion anti-démo­cra­tique. Les mil­lions de gens qui se sont au cours des siècles agglu­ti­nés devant la Mona Lisa croient qu’ils ont vue le chef d’œuvre d’un génie. En fait ils ont sim­ple­ment aimé la Mona. Ils ont impro­pre­ment uti­li­sé le mot «génie», défi­ni­tion duquel ils n’ont aucune idée, leur voca­bu­laire (non qua­li­fié) se résu­mant à «j’aime» ou «j’aime pas». Je vous rap­pelle, pour mémoire, que je ne crois de toute façon pas à la démo­cra­tie, au moins au sens habi­tuel du terme.

En résu­mé, ma vie est beau­coup plus simple comme ça. Ma rela­tion au légen­daire génie va se résu­mer à un inter­mit­tent asti­quage de lampe, par l’intermédiaire de l’objectif de mon appa­reil pho­to.

C’est ça, ou ris­quer de finir cri­tique d’art, hein … Donc plus de génie pour moi. Je sup­prime, volon­tiers, ce mot de mon champ lexi­cal.

Une lumière …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 22 Mar 2009 à 13:53

Baisse de tension ..

Qui fait du génie ? Et au cas où ce ne serait pas la même ques­tion, qui est un génie ?

On a ten­dance à par­ler du génie à l’impératif.

Est-ce que le génie est «abso­lu» ? Dans ce cas, New­ton, Leib­niz, Ein­stein peuvent être des génies. Cha­cun des trois a *effec­ti­ve­ment* chan­gé la vie de cha­cun de ses contem­po­rains et leurs des­cen­dants, même si je ne connais per­sonne qui soit capable de com­prendre ce que ces trois «génies» ont dit, ou fait.

Et si le génie n’était pas abso­lu, mais rela­tif ? Pre­nons Bach, ou même Pat Methe­ny, tous deux fré­quem­ment trai­tés de génies. Ou Mozart, ou Molière. Choi­sis­sez votre génie pré­fé­ré. Pre­nons deux indi­vi­dus au hasard, appe­lons-les Oli­vier et Sté­phane. Pour Oli­vier, Pat Methe­ny est un génie, alors que Bach lui est, au mieux, indif­fé­rent. Alors que pour Sté­phane, c’est l’inverse. Dans ce cas là, ce serait la qua­li­té intrin­sèque du spec­ta­teur qui ferait le génie ? Com­ment est-ce qu’on véri­fie ? Si on prend cette voie, on finit avec Madon­na comme génie. Ben oui, hein. Allez dans la rue, et deman­dez à 100 per­sonnes au hasard laquelle entre ces trois per­sonnes (Methe­ny, Bach ou Madon­na) est à leur avis un génie, et après, pleu­rez.

Donc soit on rem­place une ques­tion de génie (ou pas) par une ques­tion de qua­li­té de spec­ta­teur, soit on requa­li­fie la ques­tion du génie.

Mmmmh. Il y a Sankt Pau­li contre Aug­sburg à la télé. On ver­ra ça demain, hein …

La loi des séries …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 21 Mar 2009 à 13:01

Quelle belle mécanique !

Rien de sur­pre­nant au fait que j’aie «quelques» pho­tos de réver­bères en stock. Et je vais vous en faire man­ger, du réver­bère en tech­ni­co­lor. J’adore ce modèle par­ti­cu­lier. On le trouve tout le long du Ku’damm (son vrai nom, à cette ave­nue ber­li­noise, c’est Kurfürs­ten­damm, ou «ave­nue du prince-élec­teur», comme on le tra­duit).

J’ai lu, ici ou que cette rue est la plus «chère» des rues des Mono­lo­py euro­péens. Mais je me demande si ça va durer.

Je me sou­viens de mes pro­me­nades lors de mon pre­mier séjour à Ber­lin. C’était en 1982. L’avenue était abso­lu­ment magni­fique. Mais au fur et à mesure des «res­tau­ra­tions» et nou­velles construc­tions, je le vois s’enlaidir au cours du temps. Elle se «nor­ma­lise». Les façades dis­pa­raissent, à nous le béton, l’acier, le verre, et les bureaux. Exit les théatres, des bou­tiques sécu­laires, et ils ont même ten­té de faire déga­ger le Kranz­ler, le café où tout Ber­lin (je n’ai pas dit «le tout Ber­lin», hein, mais «juste» tout Ber­lin) vient depuis des géné­ra­tions man­ger des gâteaux le dimanche.

Cela dit, les réver­bères, chers à mon cœur, per­durent. Pour le moment.

Ne me deman­dez-donc pas pour­quoi je pho­to­graphe tous ces réver­bères. Deman­dez-moi plu­tôt pour­quoi j’ai un titre qui s’appelle «La loi des séries …» avec un article qui n’a rien à faire avec une quel­conque loi des séries.

La réponse ? C’est simple. Entre le moment où j’ai écrit le titre et le moment d’écrire le reste, j’ai oublié de quoi je vou­lais par­ler.

Mais pas de page blanche.

Est-ce le prin­ci­pal ?

Improbables rencontres …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 20 Mar 2009 à 12:26

Did they ever tell Cousteau ?

J’ai déci­dé –enfin– déci­dé de re-lire Ana­them. J’en suis à la page 7.

Je par­cours des yeux la série de pho­tos que j’ai prises hier, et dans mes oreilles passe Did they ever tell Cous­teau ?, du Esb­jorn Svens­son Trio (E.S.T).

Avec tout ça en tête, je choi­sis sans hési­ter cette pho­to.

La ques­tion se pose-t’elle ? Si elle se pose, elle est évi­dem­ment : «pour­quoi ?»

Pour­quoi cette pho­to sur cette musique, dans cet état d’esprit ? Qu’est-ce qui se passe dans la tête ?

Je peux main­te­nant choi­sir de par­ler d’Anathem, de E.S.T, ou de cette pho­to, voire de Cous­teau –au point où j’en suis. Mais les trois (ou les quatre) ensemble… mais je peux par­ler du résul­tat de cette impro­bable ren­contre.

Je me sens bien.

Ailleurs…

Dans un hôtel, à Vienne, deux hommes se croisent. L’un se dirige vers l’ascenseur, l’autre en sort. Ils se saluent, briè­ve­ment, les doigts au bord du cha­peau.

Dr. Freud : «bon­jour, Herr Dok­tor Jung»
Dr Jung : «bon­jour, Herr Dok­tor Freud»

Sur ces entre­faites, les deux conti­nuent leur route. Dans leur tête, la même ques­tion, si elle se pose, est natu­rel­le­ment : «Qu’est-ce qu’il a bien pu vou­loir dire par là ?»

Main­te­nant, je com­prends pour­quoi je me sens bien.

Trois enfants et une femme : «Nous sommes en guerre …»

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 18 Mar 2009 à 09:59

Zulu Nation

J’ai vu aujourd’hui un film que j’ai trou­vé affo­lant. Et, pour­tant, je ne m’affole pas faci­le­ment.

Le film été nomi­né aux Oscars en 2007, caté­go­rie «docu­men­taire». C’est Al Gore qui a gagné cette année là.

Le film suit prin­ci­pa­le­ment trois «enfants» (je m’expliquerai plus tard au sujet de l’emploi de guille­mets) et une «femme» (pareil). Il s’appelle Jesus Camp.

La pre­mière scène donne le ton. Un spec­tacle d’enfants. Une comé­die musi­cale. On chante «Jesus», on danse, les parents dans la salle ont la larme à l’œil, ça pour­rait être nor­mal. Mais la vio­lence que ce «spec­tacle» dégage m’a cou­pé le souffle. Ces gamins ne sont pas qu’appliqués; ils sont trans­fi­gu­rés. Leurs regards sont vides. Leurs mou­ve­ments sont, à force d’enthousiasme, méca­niques. Ils sont des robots en transe. Des sol­dats. Ils entrent en guerre…

Contre qui ? Au nom de quoi ? Pour­quoi ?

Il est temps de s’intéresser à cette «femme». Tous sou­rires, elle nous explique ce qu’elle fait, et pour­quoi. Très natu­rel­le­ment. Elle nous montre sur la télé de son salon un gros plan de gamin visi­ble­ment en transe. Elle, elle pleure de joie. Pour elle, les enfants sont les plus mal­léables. Ce qu’on leur apprend reste acquis pour la vie. Elle veut faire de ces enfants les sol­dats de dieu. L’armée qui déli­vre­ra les USA, et les ren­dra à dieu.

Pour­quoi les guille­mets ?

Car je ne recon­nais pas là une femme. Une femme donne de l’amour, de la cha­leur. Elle, elle cal­cule. Elle pré­pare ses «ser­mons», les opti­mise. Elle cherche l’image qui sera la plus forte. Elle a des éta­gères pleines d’accessoires. Dieu expli­qué aux enfants, avec des peluches, des pou­pées Bar­bie et des épées de plas­tique.

On voit un de ces ser­mons. Ça com­mence par quelques plai­san­te­ries, c’est sym­pa, la bonne grosse ména­gère sou­riante qui s’occuppe des gamins. Et d’un coup, elle se tait. De la musique arrive. C’est tri­bal, pro­fond, très pro­fond. Elle revient à l’avant de la scène. Elle a en main un lion­ceau en peluche. Elle explique aux enfants ce que c’est que le pêché. L’arme de satan. Le pêché est comme cette peluche. C’est doux, on envie de la cares­ser, de la prendre dans ses bras. Et plus tard, explique-t’elle, le lion­ceau se trans­forme en lion, un pré­da­teur, qui les dévo­re­ra s’ils n’apprennent pas à aimer Jésus. La musique est plus forte, elle crie. Les gamins pleurent, tremblent, et quand elle les y invitent, ils se mettent à hur­ler : «Jésus, Jésus». Un des gamins se roule par terre. Les parents, il y en a, ont la larme à l’œil. Ils sont fiers de leurs gamins. Sur­tout quand ils com­mencent à, sui­vant les ins­truc­tions, explo­ser en incan­ta­tions chan­tées dans la «langue des anges» («bala-bala», pour ceux qui ne sont pas fami­liers avec le phé­no­mène «glos­so­la­lie»).

Pour­quoi les guille­mets ?

Que croyez-vous qu’il reste des gamins, après des scènes de ce genre ? Les trois qu’on suit ne vont pas à l’école. Ils sont «homes­choo­led». Je ne sais pas com­ment tra­duire ça, le concept n’existe pas chez nous (enfin… j’espère). Les gamins apprennent «à la mai­son». Ils apprennent que l’évolution n’a aucune valeur scien­ti­fique, par exemple. Ils prient, aus­si. Tou­chante réci­ta­tion de leur «cre­do». L’un avec un dra­peau amé­ri­cain dans la main, l’autre avec une sorte de ban­nière blanche avec une croix mauve. Le troi­sième ? Le dra­peau israé­lien, natu­rel­le­ment.

On voit un des gamins s’entraîner. Il répète les argu­ments qu’on lui a appris. Les réponses à faire si on leur pose une ques­tion, par exemple, sur l’évolution, le Pré­sident Bush (majus­cules incluses), ou (fré­mis­se­ment) l’avortement.

On voit des dizaines de gamins en larmes, se pres­sant à genoux, ten­dant la main pour pou­voir tou­cher l’effigie de Bush qu’on leur a ame­née sur la scène. On les voit scan­der «les bons juges» (ceux qui feront sau­ter la loi qui per­met l’avortement). On les voit fra­cas­ser à coups de mar­teau des tasses sym­bo­li­sant le gou­ver­ne­ment, tou­jours en larmes. Ils font la queue pour rece­voir un mor­ceau de scotch sur lequel est écrit «life» (le slo­gan de ceux qui com­battent l’avortement). Ils le collent sur leurs lèvres.

La «femme» exulte : «nous sommes en guerre, nous sommes en guerre, es-tu avec nous ?»

Après le sor­tie du film, le camp a été fer­mé. La dame sévit ailleurs.

Elle n’est pas seule.

Ils sont encore là.

Ils seront les Tali­bans de Jésus.

Le cri de l’intermittent de la page blanche …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 15 Mar 2009 à 09:28

Le vide ...

Quand on déam­bule dans les cou­loirs de la mai­rie de Wed­ding, il est par­fois dif­fi­cile de ne pas avoir peur.

Mmmmh… «peur» est peut-être un petit exa­gé­ré. Disons qu’il n’est pas dif­fi­cile de ne pas se sen­tir bien dans les cou­loirs de la mai­rie de Wed­ding.

Oui, c’est mieux.

J’aimerais bien être un écri­vain. Je veux dire : pour de vrai. N’avoir rien d’autre à faire, gagner des sous à la sueur de mes doigts tor­tu­rés par mon nou­veau cla­vier ergo­no­mique, mais d’un autre côté… j’ai peur de la page blanche.

Enfin : je crois.

Parce qu’au fond, je ne sais pas vrai­ment ce que c’est, la page blanche de l’écrivain. Déjà, je ne suis pas écri­vain, au sens «gagner sa croûte avec son sty­lo» du terme. Et dans mon cas, digi­cri­vain occa­sion­nel, la page blanche n’existe en fait pas.

Mmmmh… «n’existe pas» est peut-être un petit peu exa­gé­ré. Disons que dans mon cas la page blanche n’a pas de vraies consé­quences. Je crois.

Oui, c’est mieux.

Un écri­vain est condam­né à être «bon», ou au moins constant à chaque page. Quand il com­mence à écrire un livre, il a déjà un cadre, une poi­gnée de fils rouges. On peut trou­ver ça ras­su­rant, mais en fait non; il ne peut pas se per­mettre de chan­ger de style, de sujet, d’humeur chaque jour. Je peux –peut-être– m’imaginer l’angoisse quo­ti­dienne de l’écrivain.

Mais moi, je ne suis qu’un inter­mit­tent de la page blanche. Déjà, à l’évidence, je ne suis pas tenu à un quel­conque résul­tat. Le côté éphé­mère de mes écrits, qui dis­pa­raissent de la page au fil du temps, me pro­tège. Si lun­di j’entame une page sans pro­jet défi­ni, non seule­ment ça n’a aucune impor­tance pour le lec­teur, mais de plus il n’est même pas incon­ce­vable de s’imaginer que le lec­teur ne s’en ren­dra jamais compte. Je suis même cen­sé chan­ger de ton, d’humeur, de sujet, entre le lun­di et le mar­di.

C’est ça, la grande dif­fé­rence entre moi, digi­cri­vain du dimanche, et un écri­vain.

La preuve ? Quand j’ai cli­qué sur le bou­ton «nou­vel article», je n’avais aucune idée de quoi j’allais par­ler. Et ça n’a, au final, aucune impor­tance. Et je ne suis pas cer­tain que l’existence d’un «plan» direc­teur me serait une aide. Au contraire. Ça crée des contraintes.

Le «blog», c’est le for­mat idéal pour les gens qui ont peur d’avoir peur de la page blanche.

Er-go-no-mique !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 14 Mar 2009 à 07:44

Le Cri ...

Et ça recom­mence.

De quoi est-ce que je vais par­ler ? Misère …

Je pour­rais par­ler de mon nou­veau cla­vier. Ça fai­sait un moment qu’il fal­lait le chan­ger. Et tant qu’à faire, autant ache­ter intel­li­gent, ou en d’autres [termes], ache­ter un cla­vier «ergo­no­mique». L’état de ma main droite me ren­dait ça, à plus ou moins [court] terme, obli­ga­toire. Moi, ces trucs là, je les regarde de tra­vers. Je suis comme ça : tout objet me rap­pe­lant mon état m’agace.

Vio­la vou­lait aus­si un cla­vier ergo­no­mique. Elle a tra­vaillé avec ce genre de cla­viers pen­dant des années. Elle tape déjà vite avec un cla­vier «plat» clas­sique, mais avec la tor­pe­do qu’on vient d’acheter, elle tape vrai­ment à toute allure. Et moi qui vous raconte ça, dans ma période «avant», je me trou­vais rapide. La bonne blague ! Depuis l’arrivée du monstre, je sais *réel­le­ment* ce que «taper vite» veut dire.

Rien que vu le temps que Vio­la passe dans une semaine à taper, (on est en guerre contre trois –ou quatre– admi­nis­tra­tions, une caisse de mala­die, etc., affaires impli­quant six ou sept avo­cats et autant de juges) le cla­vier ergo­no­mique se jus­ti­fie. Et de mon côté, ça va me per­mettre de me mettre enfin à vrai­ment apprendre à taper. J’espère que ça va m’aider à reprendre le contrôle de ma main droite. Le cla­vier ergo­no­mique, ça ne par­donne pas quand on prend des posi­tions «olé-olé».

Dans les autres pays où j’ai rési­dé, j’avais tou­jours ache­té ou trim­bal­lé des cla­viers fran­çais. Le bon vieux AZERTY. Mais depuis mon arri­vée à Ber­lin, j’ai adop­té un cla­vier alle­mand. Les accents sont faci­le­ment acces­sibles, donc rien de vrai­ment han­di­ca­pant. Sauf pour les cédilles, et pour les «e dans l’o». Et pour les guille­mets, tant que j’y suis. Ah, les tré­mas, aus­si. Sale­té de langue, quand on y pense …

Mais comme je tra­vaille sous GNU-Linux (par­fum Ubun­tu), il y a une fonc­tion épa­tante : la touche «Com­pose». Com­pose me per­met de, lit­té­ra­le­ment com­po­ser les carac­tères dont j’ai besoin et qui ne figurent pas sur mon cla­vier. Par exemple, une cédille, ça se com­pose de la façon sui­vante : un appui sur la touche «Com­pose» de mon cla­vier (en l’occurrence, j’ai décla­ré à mon Ubun­tu que je vou­lais que la fonc­tion «Com­pose» s’active en pres­sant sur la touche «Win­dows» de droite) sui­vi d’une vir­gule et d’un «c». Ou d’un «C». Pour l’«e dans l’o», c’est -logi­que­ment- «com­pose», sui­vi de «o» puis de «e». En majus­cules ou pas. Je me suis très rapi­de­ment habi­tué.

En bon linuxien, j’évite la sou­ris autant que je peux. Encore que j’étais déjà dans cet état d’esprit bien avant d’installer mon pre­mier Linux il y a … hou­la … neuf ans déjà. Mon cla­vier est l’essentiel de l’interface entre moi et mon ordi­na­teur. J’utilise un nombre cer­tain de «rac­cour­cis-cla­vier». Et pour ça, Linux est bien fait : je peux en créer autant que j’en veux.

Là, c’est la pre­mière fois que j’utilise un cla­vier ergo­no­mique pour «écrire», c’est à dire pour plus que quelques mots. C’est *extrê­me­ment* impres­sion­nant. C’est un bes­tiau *énorme*. Il prend une place folle sur le bureau. La posi­tion des bras est sur­pre­nante, mais il ne m’a fal­lu que quelques minutes pour juger du [bien fon­du] bien-fon­dé de l’affaire.

Je n’attends pas de miracles en ce qui concerne ma main droite, mais je pense que ma rapi­di­té de tape va rapi­de­ment aug­men­ter.

Pentax SMC-DA* 16 – 50mm 2,8 : un cadeau !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le ven 13 Mar 2009 à 06:27

Pentax SMC-DA* 16-50mm 2,8

Ça fait main­te­nant plus de deux mois que ce zoom est mon­té pra­ti­que­ment en per­ma­nence sur mon K10D.

Cet objec­tif m’a été offert par un ami. Par­fois, le mot «mer­ci» est tout sim­ple­ment insuf­fi­sant.

Tra­vailler avec ce zoom a chan­gé mon rap­port à mes sujets. Oh, ce n’est pas sur­pre­nant : avant, j’avais le choix entre mon superbe, magni­fique et ché­ri DA* 50 – 135mm et le mor­ceau de plas­tique (DA 18 – 55mm 3,5 – 5,6) qui m’avait été ven­du avec le K10D. Et lui, je ne l’aimais pas du tout. Du coup, j’ai pra­ti­que­ment pas­sé un an avec mon 50 – 135mm. Et donc, j’avais une dis­tance mini­mum d’un peu plus d’un mètre. Pas tou­jours facile, comme com­bi­nai­son. Là, je n’hésite plus à m’approcher. C’est une sen­sa­tion curieuse, mais pas inin­té­res­sante.

Les pre­miers jours avec le DA- 16 – 50mm ont été dif­fi­ciles. Mais depuis, je suis obli­gé de consta­ter qu’il ne quitte mon appa­reil que quand j’ai un besoin criant d’une focale plus grande, ou quand j’ai une crise et que je sors muni de, comme on dit, mon slip et mon DA 40mm Limi­ted.

Pour­tant, j’ai des choses à lui repro­cher, à mon 16 – 50 :

  • Il est trop grand : je ne peux pas l’utiliser avec le flash «inboard» sans devoir sup­por­ter l’ombre
  • Il est un petit peu trop court : je l’aurais adu­lé en taille 16 – 70mm
  • Par moments, sans que je puisse exac­te­ment pré­voir quand, il est *mou*. L’image manque de détail(s)
  • Il est obs­cène : quand on passe de la focale 16mm à 50mm, la *taille* de l’objectif passe de 10 à 14 cen­ti­mètres. Mon 50 – 135mm reste lui de taille constante.

Mais, encore une fois, c’est avec lui que je sors. Peut-être plus par défaut que par pas­sion, pour être hon­nête. Mais j’ai tout de même beau­coup de plai­sir à tra­vailler avec cet objec­tif. Il ne faut pas oublier qu’il est silen­cieux, qu’il ne rechigne pas à tra­vailler sous la pluie, et qu’il béné­fi­cie de la sta­bi­li­sa­tion de mon K10D. Ça fait quand même beau­coup de qua­li­tés, ça.

Décalage …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 12 Mar 2009 à 17:25

Par procuration ...

Ça fait des année que ça dure. Aux États-Unis, on a d’innombrables his­toires d’hommes qui, un jour, pètent les plombs. Leur vie cas­sée, pour une rai­son pas tou­jours évi­dente, ils attrapent un flingue, et com­mencent à tirer. C’est regret­table, mais je m’y suis habi­tué. Les Amé­ri­cains me sont mal­heu­reu­se­ment de plus en plus étran­gers. Une des rai­sons est le culte de la vio­lence qu’ils pra­tiquent et répandent. Au point, encore une fois, que je m’habitue à ces inutiles tue­ries domes­tiques.

Le pro­blème, avec la «culture» amé­ri­caine, c’est qu’elle est appa­rem­ment d’ordre virale. Oh, c’est un virus arti­fi­ciel. Il est ter­ri­ble­ment effi­cace. La culture amé­ri­caine (ou au moins une grande par­tie de la culture amé­ri­caine) est main­te­nant le seul point com­mun entre les habi­tants de Tokyo, Reyk­javík, Bag­dad, Paris, ou Tom­bouc­tou. Quand je parle de culture, j’inclus natu­rel­le­ment l’économie, la pub, les marques, etc. La totale.

Der­nière trace d’inoculation : hier, un Alle­mand de 17 ans a chi­pé le 9mm de son père, et a tué 15 per­sonnes. Il est mort aus­si.

Je me suis éga­le­ment habi­tué à l’omniprésence amé­ri­caine à Ber­lin. Je n’ai pas le choix. J’ai un petit peu voya­gé, et je sais l’étendue des dégâts. Je sais que la «nou­velle Ber­lin» res­semble comme une sœur jumelle à la «nou­velle» Paris, la «nou­velle» Copen­hague, et la «nou­velle» Jéru­sa­lem. J’y ai vu les mêmes enseignes, les mêmes pro­duits, la trans­for­ma­tion du pay­sage urbain. Je me vante régu­liè­re­ment de vivre à l’étranger, mais au fond de moi j’ai sim­ple­ment chan­gé de pro­vince. Les lois sont en cours de nivel­le­ment. Les pro­tec­tions sociales dégagent, les lois du tra­vail aus­si. Pri­va­ti­sa­tion et éla­gage de la «fonc­tion publique». Paris, Ber­lin, Copen­hague, même poli­tique. Comme à Londres, etc.

Mais la tue­rie, ça ne passe pas.

C’est bon signe, dans un sens. Ça me prouve que mon orga­nisme se défend encore un petit peu contre le virus.

La mathé­ma­tique made in USA nous réduit len­te­ment mais inexo­ra­ble­ment au ter­rible PPCM. Plus Petit Com­mun Mul­tiple.

Il serait peut-être temps de regar­der un petit peu dans le rétro­vi­seur …

Aimez-vous les papillons ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 11 Mar 2009 à 18:34

Papillonicus Berlinensis

La ques­tion peut sur­prendre, j’imagine. Mais ima­gi­nez mon dilemme : ça fait au moins deux jours pleins que je regarde cette pho­to, qui me plaît, et que je me gratte la tête à me deman­der quel texte je pour­rais écrire pour l’illustrer.

Le seul truc qui me passe en tête (ou plus exac­te­ment le seul *mot* qui me passe dans la tête) quand je regarde cette pho­to, c’est le mot «papillon». J’aimerais bien pou­voir me lan­cer dans une saga, où je chan­te­rais les louanges des papillons urbains, évo­quant ce moment déli­cat de l’envol, quand les ailes se déploient. Mais c’est pas dans la poche.

C’est pro­ba­ble­ment le genre de pho­tos que je devrais publier seules, sans texte.

Mais c’est pas le moment. En ce moment, il fau­drait que j’écrive. Je suis sale­ment en réces­sion. Et je ne parle pas d’économie, hein.

Heu­reu­se­ment que la gre­nouille arrive …

Tam-tam …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 8 Mar 2009 à 21:54

Tam-Tam ...

Vous vous sou­ve­nez de «Tam-Tam» ? Aux débuts du por­table. Du télé­phone por­table. Qu’en Alle­magne on nomme curieu­se­ment «Han­dy».

Tam-Tam, donc. J’ai connu ça. Façon de par­ler, hein. Je n’en ai jamais eu, ni connu quelqu’un qui en avait un. Mais je me sou­viens des affi­chettes sur les réver­bères de Paris. Ou était-ce les affi­chettes de «bi-bop» ? Les réver­bères nous par­laient de com­mu­ni­quer.

Ici, à Ber­lin, les réver­bères, ou tout poteau acces­sible sur la rue, servent à com­mu­ni­quer. Par­fois, il y a tant de couches d’affiches col­lés sur le poteau qu’il en perd sa forme. Il enfle. Il bou­dine. C’est fas­ci­nant. Cours, appar­te­ments, manifs, yoga, démé­na­ge­ments, fer­railleurs, coif­feurs … on y parle de tout ce qui est néces­saire (par­fois entre guille­mets, par­fois au natu­rel) dans la vie de la rue.

Ce n’est pas comme ça dans tous les quar­tiers. Chez moi, à Wed­ding, c’est déjà quelque chose. Mais celui-là, je l’ai pho­to­gra­phié dans le der­nier futur quar­tier à la mode de Ber­lin : Prenz­lauer Berg. À moins que ce concept ce soit déjà dépla­cé. Jusqu’au mois der­nier, Prenz­lauer Berg était le quar­tier où il fal­lait habi­ter si on vou­lait être (ou/​surtout paraître) «artiste», ou même tout sim­ple­ment «quelqu’un». Les ruines se vendent à prix d’or, et habi­ter dans un ancien squat est un «plus» appré­cié de tous les gens pour les­quels une «légende» peut se mon­nayer.

À Prenz­lauer Berg, les res­tau­rants sont chers, mais natu­rel­le­ment bon­dés. Les gens s’habillent «bohème», parlent «com’», trop fort. Comme à Kreuz­berg l’année der­nière, et à Neukölln l’année pro­chaine. Les mêmes gens, pro­ba­ble­ment.

La semaine der­nière, la mai­rie de l’arrondissement de Pan­kow, dont Prenz­lauer Berg font par­tie, a publié une liste d’une ving­taine de res­tau­rants de Prenz­lauer Berg. Les jour­naux la nomment la «Ekel-Liste». La liste dégueu­lasse. La liste a été éta­blie par une série d’inspecteurs sani­taires. Quelques fuites, et sur la «une», des pho­tos de cui­sines de res­tau­rants à vomir. Vomi pré-inclus.

Le Tam-tam va-t’il fonc­tion­ner ? Les gens vont-ils enfin réagir ?

Royales excuses …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mer 4 Mar 2009 à 17:04

Royale ...

Ho, j’en ai plein, en fait, des excuses. Des bonnes, des moins bonnes, des incroyables, des tirées-par-les-che­veux, des tu-m’en-diras-tant …

Il y en a que je n’ai pas encore essayées, hein. Par exemple : «c’est la faute à Sar­ko­zy». Ce qui vous prouve tout de même que je ne suis pas encore prêt à tout pour me faire excu­ser.

C’est inex­cu­sable. Je n’écris plus du tout. Je fais peu de pho­tos, et c’est seul mon amour de la véri­té m’empêche de dire que je n’en fais pas du tout. J’en ai fait *une* cette semaine.

Bien sûr, je vou­drais avoir plein de choses à racon­ter.

Des bonnes, des moins bonnes, des incroyables, des tirées-par-les-che­veux, des tu-m’en-diras-tant …

Je pour­rais ten­ter de vous racon­ter, je sais pas, moi, que je viens de finir mon pre­mier livre et que je tra­vaille d’arrache-pied sur mon second. Notez que l’idée me caresse. Main­te­nant que j’y pense …

C’est ten­tant. C’est une excuse en béton.

C’est un seule­ment un tout petit peu pré­ma­tu­ré …

Pas beau­coup, cepen­dant …

La grenouille de la vie

… mais je vais me remettre au tra­vail, tout sim­ple­ment. Mer­ci pour votre patience.

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