Cryptonomicon …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 27 Août 2008 à 18:53

J’ai pro­mis, et pour une fois je tiens. Dans un délai rai­son­nable. Et toc.

J’avais déplo­ré de ne pas trou­ver une cri­tique de Cryp­to­no­mi­con. La fiche :
Auteur : Neal Ste­phen­son.
Le livre : paru en 1999. Le titre ori­gi­nal est le même : Cryp­to­no­mi­con. Il a été éga­le­ment publié en fran­çais divi­sé en trois tomes (Le code Enig­ma, Le réseau Kina­ku­ta, et Gol­go­tha).

Bon. On peut com­men­cer.

La ver­sion très courte :
Pen­dant la seconde guerre mon­diale, des col­lègues sont sépa­rés par (gnî) la guerre. Ils tra­vaillent pour leurs pays res­pec­tifs (Usa, Alle­magne, et Angle­terre). Ils sont des mathé­ma­ti­ciens. Ils feront la guerre qu’ils savent faire : des mathé­ma­tiques appli­quées, plus spé­ci­fi­que­ment du décryp­tage /​ cryp­tage. Ça les mène­ra (pro­duit déri­vé) à inven­ter les ordi­na­teurs. Sur le ter­rain, un sol­dat amé­ri­cain, et son ami (d’avant-guerre) un sol­dat japo­nais vont faire la guerre qu’ils savent faire. À la main. Et un homme curieux se retrou­ve­ra dans le coin. Cer­tai­ne­ment pas hasard. Tous ces pro­ta­go­nistes se retrouvent mêlés à une affaire extra­or­di­naire. Ils fondent une conspi­ra­tion pour pri­ver les Alle­mands et les Japo­nais (en gros : les mau­vais) de leurs tré­sors de guerre, des tonnes d’or volées dans les pays qu’ils ont occu­pés et pillés. Pour­quoi ? pour mettre cet or à l’abri des mau­vais, et pour si pos­sible l’utiliser pour le bien.

60 ans plus tard, un infor­ma­ti­cien amé­ri­cain par­ti­cipe à la créa­tion d’une entre­prise. Son par­cours l’amènera a ren­con­trer un vété­ran amé­ri­cain (du Viet­nam), un indus­triel japo­nais, et un homme curieux se retrou­ve­ra dans le coin. Cer­tai­ne­ment pas hasard. Le but de l’entreprise : créer un «para­dis de don­nées» (pen­sez «para­dis fis­cal», et ins­tal­lez à côté de votre fau­teuil de lec­ture un moni­teur infor­ma­tique comme lampe). Avec, en arrière pen­sée, de per­mettre à tous les peuples du monde des don­nées qui leur per­met­traient à résis­ter à tout régime qui essaie­rait de les réduire en escla­vage, ou pire.

D’accord, vu comme ça, il y a peu de chances que vous ayez envie de lire Cryp­to­no­mi­con.

D’accord, je recom­mence : la ver­sion (plus) longue …

Un amé­ri­cain, Law­rence Prit­chard Wate­rhouse, génie en puis­sance, se retrouve à l’université. Il se lie d’amitié avec d’autres génies en puis­sance, dont un anglais (Alan Turing) et un alle­mand : Rudy von Hackel­berg. Pour Law­rence, inca­pable de mémo­ri­ser les noms des gens, qui appelle Ein­stein «ce type avec la mous­tache», c’est le para­dis. On ne parle que de maths.

Sur­vient la guerre. Law­rence échoue dans la marine, où on l’utilise à jouer du glo­cken­spiel. À son enga­ge­ment dans la marine, on lui fait pas­ser un test d’intelligence. Pre­nez un bateau allant de la ville X à la ville Y à une vitesse Z, sachant qu’il y a un cou­rant de force T, à quelle heure le bateau arrivera-t’il. Ce genre de test. Natu­rel­le­ment, Law­rence voit immé­dia­te­ment qu’il s’agit d’une ques­tion piège. Le cou­rant est natu­rel­le­ment beau­coup plus fort en cas de virage si le bateau … etc. À la fin des quinze minutes, il a démon­tré une paire de théo­rèmes, et écrit sur son brouillon un article qui sera ensuite publié dans une revue scien­ti­fique renom­mée. Mais l’examinateur le juge tota­le­ment *idiot*, et l’affecte à la fan­fare. Sur un croi­seur. À la base de Pearl Har­bor.

Mis au chô­mage tech­nique par le cou­lage de son bateau par les japo­nais, il assiste à une confé­rence. De tous les gens qui y assistent, il est le seul à com­prendre de quoi le confé­ren­cier parle. À la fin de la confé­rence, le confé­ren­cier demande qu’on donne à Law­rence une pro­mo­tion, un bureau à côté du sien, et du café. Law­rence vient de ren­trer dans le monde du cryp­tage.

Pen­dant ce temps là, Bob­by Shaf­toe, des US Marines, après son affec­ta­tion en Chine (avant la guerre), au cours de laquelle il s’est lié d’amitié avec un offi­cier japo­nais, pro­ces­sus un petit peu dou­lou­reux pour Shaf­toe qui apprend de son ami Goto Den­go, et à son corps défen­dant, l’art du Judo, Shaf­toe arrive à Manille. La guerre le prend des bras de l’amour de sa vie. De débar­que­ment en débar­que­ment, il finit par se retrou­ver griè­ve­ment bles­sé sur une plage. Il fait là la ren­contre d’un étrange lieu­te­nant «néo-zélan­dais», Enoch Root. Bob­by sera rapa­trié, sera inter­viewé par le lieu­te­nant Ronald Rea­gan, où, de son dis­cours (mor­phi­né à sou­hait), on appren­dra qu’il a, à un moment ou un autre, eu affaire à un lézard géant, image qui le marque à vie, dont il parle sans cesse, au point qu’on renonce à l’idée de l’utiliser comme ser­gent recru­teur. Mais on lui pro­pose une affec­ta­tion «inté­res­sante» …

Law­rence, est main­te­nant en Angle­terre. Il a com­pris, et théo­ri­sé, l’utilisation du décryp­tage du tra­fic radio enne­mi. Si on abuse des infor­ma­tions qu’on recueille à l’insu de l’ennemi, l’ennemi fini­ra fata­le­ment par s’en rendre compte, et chan­ge­ra son code. Donc plus d’information. Avec Alan, Law­rence tra­vaille sur la façon de cacher à l’ennemi (et Law­rence recon­naît la patte de son ami Rudy dans les cryp­to­sys­tèmes alle­mands) qu’on a déco­dé ses mes­sages. D’où la créa­tion d’une uni­té «inté­res­sante» …

L’interaction de Law­rence avec Shaf­toe les mène­ra dans des situa­tions incroyables. Shaf­toe ira (entre autres) en Algé­rie où il décon­gè­le­ra un sol­dat amé­ri­cain (qui a un tatouage en alle­mand), et le lar­gue­ra d’un avion à proxi­mi­té d’un convoi alle­mand, il ira ensuite en Ita­lie où il col­ti­ne­ra des barils de merde, puis il ren­con­tre­ra Law­rence dans une épave alle­mande. Son étape sui­vant le condui­ra dans un bateau (anglais) qui va per­cu­ter (sur ordre) la côte nor­vé­gienne. Le temps de for­cer son pas­sage à tra­vers les alle­mands vers la Suède, il finit sur un bateau (tri­ni­ta­dien) dans les tro­piques, dégui­sé en noir, à attendre qu’un sous-marin alle­mand voie le bateau et le coule. Une uni­té défi­ni­ti­ve­ment inté­res­sante. Dans l’unité en ques­tion, on retrouve Enoch Root. Après un pas­sage *dans* un sous-marin alle­mand, les deux échouent en Fin­lande. Où ils seront rejoints par Rudy (en fuite, l’Allemagne ne lui plait pas dans cet état).

Tout ce petit monde (Law­rence étant entre temps pas­sé en Aus­tra­lie, le temps de ren­contre la femme de sa vie, avec laquelle il va se marier, et avec laquelle il va choi­sir la vais­selle pour la céré­mo­nie, laquelle fini­ra sur la liste de mariage qu’il dis­tri­bue­ra à ses amis) décide de sub­ti­li­ser aux forces de l’Axe les tré­sors de leurs rapines. Tout cet or est en route vers les Phi­li­pines, et vers Kina­ku­ta où tra­vaille Goto Den­go, où il construit la cachette gigan­tesque.

Un petit peu plus tard, en gros 60 ans, on fait la connais­sance de Ran­dall Wate­rhouse. Le petit fils de Law­rence. Avec son asso­cié, Avi, juif, et obsé­dé par l’Hocolauste, Ran­dy monte une com­pa­gnie. Ça le mène aux Phi­li­pines, où il ren­contre Dou­glas Shaf­toe (le fils de Bob­by) et sa fille Amy, dont il tom­be­ra amou­reux, le jour où il aura le temps. Au cours de ses aven­tures, il fera une ren­contre dou­lou­reuse avec une pile de lin­gots d’or (choc au tibia), le Den­tiste (en fait le gérant d’un fonds de retraite de den­tistes), une geôle phi­lip­pine, et –natu­rel­le­ment Enoch Root. Et aus­si Goto Den­go. Ah,et dans une épave alle­mande, il trou­ve­ra un papier écrit de la main de son grand-père. Sur la papier, le modèle de vais­selle choi­si pour son mariage.

Tou­jours pas ?

J’insiste : ver­sion non allé­gée

Ste­phen­son est infor­ma­ti­cien. Entre autres. Le livre a fait sa répu­ta­tion sur les des­crip­tions détaillées des tra­vaux de Law­rence et Alan. Ça en a fait un livre «culte» pour tous les dingues d’informatique. Le code Enig­ma, et sur­tout les ordi­na­teurs uti­li­sées pour le cas­ser, font par­tie de la légende infor­ma­tique. Au pré­sent Ran­dy uti­lise (et Ste­phen­son décrit lon­ge­ment) FINUX, sys­tème d’exploitation d’ordinateurs (non, ce n’est pas LINUX, mais ça y res­semble très fort).

Mais Ste­phen­son nous parle aus­si d’économie. De l’information. Du voyage de l’information. Natu­rel­le­ment de cryp­to­lo­gie. De résis­tance. D’argent. Et tous ces thèmes sont liés de façons qui trans­fi­gurent le genre. Il nous décrit la par­tie d’échecs entre le «mal» et le «bien», entre les bour­reaux et les vic­times, entre Athé­na et Arès. Pour cette par­tie, il est utile de suivre l’éternel Enoch Root.

Et Ste­phen­son écrit magni­fi­que­ment. Le livre, docu­men­té béton, inté­res­sant, pas­sion­nant, est en plus hila­rant. Shaf­toe se dégui­sant en noir (por­tant pull-over et gants noirs sous un soleil acca­blant, sans oublier le cirage sur le visage), Ran­dy ren­trant enfin chez lui pour se faire per­cu­ter par un camion conduit pas Amy qu’il croyait aux anti­podes, et qu’il trouve accom­pa­gnée par deux petits Shaf­toe gardes du corps qu’elle n’a jamais vus, mais envoyés par une tante éloi­gnée à la récep­tion d’un mail d’Amy (qu’elle n’a jamais vue non plus) sur la «liste Shaf­toe», Law­rence las­sant à genoux une équipe de sté­no et de pho­to­graphes, tous recou­verts de craie, et hal­lu­ci­nés après les cinq heures que Law­rence vient de pas­ser au tableau pour une démons­tra­tion … il y a des dizaines de scènes fabu­leuses. Des per­son­nages secon­daires tous incroyables. Et com­ment ne pas tom­ber amou­reux d’une île aus­si atta­chante que Qwghlm, peu­plée d’hommes comme Ghn­xh qui s’éclairent avec un Gal­va­nick Luci­pher ?

Ce livre peut être lu et aimé pour tant de dif­fé­rences rai­sons (et pas exclu­sives l’une de l’autre), que c’est immé­dia­te­ment deve­nu pour moi un des quelques livres que je relis «régu­liè­re­ment».

Le livre sui­vant de Ste­phen­son («Le cycle Baroque», qui se situe au 17ème siècle) nous parle de Daniel Wate­rhouse (tiens ?), des frères Shaf­toe (hein ?!?) et d’un homme curieux se retrou­ve­ra dans le coin. Cer­tai­ne­ment pas hasard. Nom­mé Enoch Root. Il parle aus­si de New­ton, de Leib­niz, de Louis XIV, de Guillaume d’Orange …

Un de ses livres pré­cé­dents (Snow Crash, ou en fran­çais Le Samou­raï vir­tuel) a fon­dé des pans entiers de la culture «cyber». Touche à tout génial, le gars Neal.

Je crois que Ste­phen­son est la ver­sion mutante de Umber­to Ecco. Quand j’y pense, c’est pro­ba­ble­ment un sacré com­pli­ment.

Alors … vous le lisez main­te­nant, ou tout de suite ?

V’là que ça m’reprend …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 17 Août 2008 à 08:38

C’est cyclique.

Non, natu­rel­le­ment. Pas cyclique. Si seule­ment les auteurs pou­vaient publier de façon cyclique …

Ça ne vous arrive jamais, à vous, alors que la date de publi­ca­tion du «pro­chain» approche, d’avoir envie de replon­ger dans les livres pré­cé­dents ?

Ce matin, j’étais en train d’écouter Art of the Duo de NHØP et Phi­lip Cathe­rine. Un petit joyau, garan­ti sans Bach dedans. Que du bon­heur.

Et comme le bon­heur ce n’est jamais assez, je suis tom­bé sur un «résu­mé» du pro­chain livre de Neal Ste­phen­son. Lui (l’auteur), je vous en ai déjà par­lé. Son pro­chain livre s’appelle «Ana­them» (ver­sion anglaise : il est incon­cep­tible que je doive attendre, voire –on ne sait jamais– subir la tra­duc­tion). Notez que je le savais depuis long­temps, que la date de publi­ca­tion approche, mais ça fai­sait que l’idée qu’Anathem est proche ne m’était pas pas­sée dans la tête.

Et donc, pata­tras, j’ai envie de relire du Ste­phen­son.

Vu qu’Anathem sort au début du mois de sep­tembre, il ne serait pas sérieux que je me lance dans le pré­cé­dent. 3 volumes de 900 pages (The Baroque Cycle, consti­tué de Quick­sil­ver, The Confu­sion, et The Sys­tem Of The World), c’est pas jouable. Mais celui d’avant, c’est *un seul* volume de 910 pages. ça s’appelle Cryp­to­no­mi­con. Je vous indi­que­rais volon­tiers un lien avec une cri­tique fran­co­phone, mais je n’en trouve pas qui mérite le clic. Je vais peut-être me l’écrire moi-même, tiens …

J’ai le sou­rire …

Bien­tôt Ana­them.

Camouflage urbain de rigueur …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 16 Août 2008 à 10:15

C’est pas que je suis un frous­sard. Mais je sais quand avoir peur témoigne d’un mini­mum de réa­lisme. Qua­li­té appa­rem­ment rare en ce moment. Et puis ça aide : on n’est pas trop sou­vent sur­pris.

Sans rire, vous avez vu la sara­bande hys­té­rique qu’on nous exé­cute ? Junior, Condi, Tusk, Sas­ka­ma­chin, Nico­las, Ange­la, se tenant la main, en train de dan­ser autour de Putin (Un deux trois, Putin est méchant — quatre cinq six, il faut qu’il arrête — sept huit neuf, sinon nous on crie !), ça ne vous fait pas rire, vous ? D’autant que Putin s’en bat les val­seuses, affi­chant un dédain suprême.

Les dan­seurs réclament des russes qu’ils arrêtent de faire ce qu’ils sont en train de faire, quoi que ce soit, vu qu’en fait per­sonne ne sait réel­le­ment ce qu’ils sont en train de faire. Les menaces fusent. Curieu­se­ment floues. On ges­ti­cule, on bave, on tré­pigne, et on espère que le cro­que­mi­taine russe va obéir.

Et hier, à la suite de la signa­ture de l’accord entre les USA et la (pauvre) Pologne, le chef d’état major adjoint russe, lui ne fait pas dans la menace voi­lée :

Selon le géné­ral Ana­to­li Nogo­vit­sine, chef d’état-major adjoint, que cet accord «ne peut pas res­ter impu­ni» et que la Pologne «s’expose elle-même à une frappe». Le géné­ral Nogo­vit­sine n’y va pas de main morte. Il n’exclut pas que Mos­cou use pour cela de l’arme nucléaire.

Tiré du … argl … Figa­ro, ici.

Je ne sais pas exac­te­ment pour­quoi, mais cette menace là me fait peur. Peut-être parce que j’habite à même pas une heure de char voi­ture de la fron­tière polo­naise. Ou peut-être parce que j’ai un mini­mum de réa­lisme.

Les russes vont faire ce qu’ils vou­dront. À leur rythme. Et cer­tai­ne­ment pas à celui des comp­tines «occi­den­tales».

Jaune, et ciel bleu-tirant-au-gris-voire-plombé sur Pékin …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 15 Août 2008 à 10:19

Haaaaa, les jeux olym­piques …

Avant, il y a quelques années, j’aurais écrit ça avec des majus­cules. Ça m’a défi­ni­ti­ve­ment quit­té le jour où j’ai écrit ça. Juste his­toire d’avoir une date, hein…

Cette année, on touche le fond.

Je passe, pudi­que­ment, sur les «affaires de la céré­mo­nie d’ouverture». Ça ne devrait pas, mais ça me fait rire. Sauf l’histoire de la gamine. Ou plu­tôt les gamines. Sinon, les divers tri­pa­touillages d’images m’amusent. On ne me refe­ra plus.

Mais les affaires de doping m’agacent. Quand je vois un record du monde (en nata­tion, et ce n’est même pas le nou­veau Super­man, hein …) bat­tu, au cours des *séries*, de plus de *5 secondes*, j’ai envie de véri­fier si quelque part je n’ai pas oublié une majus­cule quelque part. Gomme à la main. Je ne sais pas chez vous, mais en Alle­magne, la télé est fâchée. Hier soir, sur ZDF, le troi­sième titre du jour­nal [après la blague de Géor­gie et la fias­co à répé­ti­tion de l’affaire Ypsi­lan­ti et son idylle pla­to­ni­co-poli­tique avec mes amis de Die Linke] c’est au sujet du doping aux jeux. *Avant* de par­ler des 3 médailles d’or du jour, si vous voyez ce que je veux dire. Et dans le show «comique» du soir, Super­Phelps en a pris pour son grade.

Mais pour moi, l’image des jeux, elle n’est pas sur les ter­rains /​ stades /​ patau­geoires olym­piques. Elle est dans les gra­dins. Depuis hier, les gra­dins sont pleins. Sur ordre. Et, depuis que j’ai pu voir le visage tota­le­ment ahu­ri d’un «sup­por­teur volon­taire» essayant de com­prendre com­ment il devait agi­ter ses deux dra­peaux comme les autres, tous habillés en jaune, les jeux sont morts.

Oh, pas pour tou­jours, hein …
Hier, une tireuse de ball-trap alle­mande, après avoir vu la médaille d’or, puis la médaille d’argent lui pas­ser sous le nez, a ensuite réagi à chaud devant la camé­ra. Avec un sou­rire Kolos­sal, aus­si large de celui du Togo­lais qui a gagné le bronze en kayak, elle a expli­qué qu’elle, elle n’avait pas per­du l’or, pas per­du l’argent. Elle avait *gagné* le bronze…

C’est où, les jeux, la pro­chaine fois ? Et le ciel sera bleu ?

Pendant ce temps là …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 12 Août 2008 à 08:18

Il s’en passe, des choses, hein „,

Tenez, la guerre en Géor­gie. Ça me dépasse. C’est nor­mal que ça me dépasse, vous me direz. Et j’en conviens faci­le­ment. Ce qui l’est un petit peu moins –nor­mal – , c’est que ça dépasse éga­le­ment le pre­mier inter­res­sé : le type qui a déclen­ché cette salo­pe­rie. Sas­ka­quel­que­chose. Atten­dez … Saa­ka­sh­vi­li, voi­là.

Et puis il y a les «Jeux» «Olym­piques». Purée, je ne sais même plus où pla­cer des guille­mets tel­le­ment les mots sont sor­tis par leur contexte de leur sens ori­gi­nal.

Et puis il y a Nico­las. Pour l’ensemble de sa car­rière. Qu’on ne peut que sou­hai­ter courte.

À ce stade, je devrais déve­lop­per tout ce que je dis là. Et dans un monde idéal il y aurait même quelque part des gens qui aime­raient en dis­cu­ter.

Mais le monde idéal, hein … vous avez lu Can­dide ? Et vous savez cer­tai­ne­ment ce que je pense de la phi­lo­so­phie.

Il y avait dans le voi­si­nage un der­viche très fameux, qui pas­sait pour le meilleur phi­lo­sophe de la Tur­quie; ils allèrent le consul­ter ; Pan­gloss por­ta la parole, et lui dit : «Maître, nous venons vous prier de nous dire pour­quoi un aus­si étrange ani­mal que l’homme a été for­mé».

– De quoi te mêles-tu ? dit le der­viche, est-ce là ton affaire ?
 — Mais, mon Révé­rend Père, dit Can­dide, il y a hor­ri­ble­ment de mal sur la terre.
 — Qu’importe, dit le der­viche, qu’il y ait du mal ou du bien ? Quand Sa Hau­tesse envoie un vais­seau en Égypte, s’embarrasse-t-elle si les sou­ris qui sont dans le vais­seau sont à leur aise ou non ?
 — Que faut-il donc faire ? dit Pan­gloss.
 — Te taire, dit le der­viche.
 — Je me flat­tais, dit Pan­gloss, de rai­son­ner un peu avec vous des effets et des causes, du meilleur des mondes pos­sibles, de l’origine du mal, de la nature de l’âme et de l’harmonie pré­éta­blie.

Le der­viche, à ces mots, leur fer­ma la porte au nez.

Et à la fin du livre, Can­dide pro­nonce ces paroles désor­mais célèbres : «Cela est bien dit, répon­dit Can­dide, mais il faut culti­ver notre jar­din.»

Dans mon jar­din sur mon bal­con, il y a un tour­ne­sol. Il y a aus­si du basi­lic en fleurs, de la menthe, un ficus, et divers aro­mates. Le miracle du tour­ne­sol, c’est que ce n’est pas nous qui l’avons plan­té. Un matin, on l’a vu.

Et puis on l’a regar­dé pous­ser.

Et puis on l’a regar­dé fleu­rir.

Et je n’ai défi­ni­ti­ve­ment pas besoin de «com­prendre» quoi que ce soit.

Les yeux oreilles du diable …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 8 Août 2008 à 11:16

Ber­lin, années pas­sées …

Les deux tri­bus indi­gènes de Ber­lin (les Ossies, tri­bu de l’est, et les Wes­sies, tri­bu de l’ouest) ne s’aimaient pas, on leur avait dit que l’autre était l’ennemi. De chaque côté, des gens en kaki les «pro­té­geaient». Contre ceux d’en face. Côté ouest, les kaki étaient par­ta­gés en trois tri­bus : les Coca­co­la, les 5o’clocktea, et les Pinard. Mais la seule tri­bu qui comp­tait, à l’ouest, était les Coca­co­la.

Les Coca­co­la ne ména­geaient pas leurs efforts pour expli­quer aux Wes­sies à quel point les Wes­sies devaient leur être recon­nais­sants, parce que les Coca­co­la défen­daient la liber­té des Wes­sies.

Les Coca­co­la avaient éri­gé la liber­té en reli­gion. Et ils avaient un temple en haut de la mon­tagne du diable. Teu­fels­berg. La zone était natu­rel­le­ment inter­dite aux wes­sies. Mais on leur expli­quait que en haut de la mon­tagne du diable étaient les yeux de la liber­té. Des radars.

Et puis un jour, c’était la paix. Les Wes­sies et les Ossies s’aimaient comme des frères. Et puis même les Coca­co­la ont fini par quit­ter la mon­tagne du diable.

On s’est ren­du compte que les ins­tal­la­tions du Teu­fels­berg (mon­tagne du diable) étaient en fait bien plus des oreilles que des yeux. Les Coca­co­la, avec leur prêtre ECHELON, sous pré­texte de scru­ter les cieux des Ossies, en fait espion­naient les 5o’clocktea et les Pinard. Et tous leurs voi­sins et alliés. Tout le monde, en gros.

C’est beau, la liber­té … non ?

Hier, on est allés visi­ter le Teu­fels­berg. C’est à 20 minutes du centre-ville en bus.

Natu­rel­le­ment, l’entrée est encore inter­dite. Mais bon …

Les graf­fi­teurs de tous styles ont squat­té l’endroit.

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