Sous les ponts …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 30 avr 2008 à 10:30

Yorcks­traße. À Kreuz­berg. Elle est tra­ver­sée par une série de ponts fer­ro­viaires, dont la plu­part sont désaf­fec­tés. Le quar­tier est dans le même état. C’est un ter­rain de chasse très inté­res­sant quand on chasse le graf­fiti. Mais pour long­temps ? Un des graf­fiti pré­vient : «Hier saniert der Senat», et en fran­çais ça peut approxi­ma­ti­ve­ment don­ner : «Le Sénat [de Ber­lin] rénove ici» …

L’Art, définitivement …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 30 avr 2008 à 08:59

Est-​​ce que se pro­me­ner avec un appa­reil photo est … dif­fé­rent ? Est-​​ce que j’aurais arrêté mon regard de la même façon sur l’entrée du U-​​Bahn Yorcks­trasse ? Est-​​ce qu’en cadrant dif­fé­rem­ment j’aurais pu mieux mettre en avant le mes­sage sous-​​jacent de ma photo ? Est-​​ce que Cartier-​​Bresson ? Est-​​ce que Brassaï ?

La vraie ques­tion, dans ma tête, et pas pour très long­temps, je peux vous le garan­tir, c’est : «et alors ?»

Sans rire.

Aaaaaaah, Bach !

Que rajouter …?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 29 avr 2008 à 19:04

Ça vient de fleu­rir sur un mur, à côté du Job-​​Center de Wedding.

Amu­sant, non ?

Il est des nô-​​ôtres .…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 28 avr 2008 à 19:16

Moins d’un Fran­çais sur trois (32%) a une opi­nion posi­tive de Nico­las Sar­kozy en avril, soit une baisse de huit points en un mois, selon le baro­mètre BVA Orange pour L’Express.

Source : L’Express

Tout ça pour ça ! Chan­ger de garde-​​robe, de voca­bu­laire, essayer de pas­ser pour un «bon» pré­sident, et il se reprend tout de même une man­dale. Il n’a vrai­ment pas de chance, le petit Nicolas …

Ou bien c’est nous qui ne l’aimons pas.

Aaaaaah, Bach …

Aaaaaah, Bach …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 27 avr 2008 à 19:17

À chaque fois que je suis confronté, sous à quelque forme que ce soit, à quelqu’un qui essaye qui, pour une rai­son ou une autre, de m’expliquer l’Art (majus­cule incluse) –ou même pire quand je me sur­prends à y réflé­chir– ça me fait pen­ser à une scène de M*A*S*H.

Dans cette scène, Radar prend une leçon de séduc­tion. On lui donne le conseil sui­vant : à la pre­mière occa­sion, s’exclamer «Aaaaah, Bach …» en pre­nant un air entendu.

Mais c’est parce que je suis un béo­tien mal dégrossi, hein. Il existe d’autres thèses sur la ques­tion. Par exemple :

Ni tra­di­tion ni avant-​​garde, l’art ne doit se sou­cier que de la forme juste, que de l’utilisation de tous les moyens dont il dis­pose pour viser l’expression la plus par­faite de l’émotion, pour maxi­mi­ser la joie, pour élever les spec­ta­teurs contem­po­rains qui actua­lisent sa rai­son d’être. Pas pour plaire aux morts.

Mon ami Sté­phane, à lire ici

C’est peut-​​être parce que je consi­dère ma «rela­tion» à l’art (majus­cule très volon­tai­re­ment omise) comme *très* per­son­nelle que réagis à ce genre de dis­cours par un «Aaaaah, Bach …» du meilleur effet, d’une façon ou d’une autre. L’art, c’est comme je veux, comme tu veux, comme ils veulent.

Point.

Aaaaah, Bach „,

La gare fantôme …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 27 avr 2008 à 10:30

Après le repas d’anniversaire que les parents de Viola nous ont offert hier (mmmmmmh, du foie de veau aux oignons et à la pomme, avec de la purée …), Viola et moi avons décidé de par­tir en balade. On a choisi une direc­tion, et on a mar­ché tout droit. Dans la mesure, etc. …

En fait on est arri­vés dans un petit parc qu’on connais­sait déjà. C’est un parc natu­rel pro­tégé, un refuge pour les oiseaux et les papillons. Et le parc est situé sur le site d’une ancienne gare de triage. Ça nous donne des images que j’adore.

Allez, je partage.

Bonne balade …

Plus que quarante-​​trois …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 26 avr 2008 à 21:34

… c’est pas une chouette bou­gie d’anniversaire, ça ?

À l’année prochaine !

Le dernier des Mohicans-​​sur-​​Spree …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 25 avr 2008 à 10:25

On a vu tom­ber aux pieds des visages pâles
Le der­nier cari­bou
Pen­dant qu’épuisé, il rêvait debout
Contre les murs de toiles
Je ne sais même pas ce que peuvent en pen­ser
Les grands mani­tous
Quand la nuit tombe, je perds mon che­min
Dans toutes ces étoiles
Toutes ces nou­velles étoiles

Le lac Huron, Fran­cis Cabrel

Monsieur Stallman …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 22 avr 2008 à 08:25

Les gens tiennent pour acquis que le monde des affaires ait une grande influence en poli­tique, mais tant que cela sera vrai nous n’auront pas de vraie démocratie.

Richard Stalll­man, dans cette inter­view (traduite).

J’aime l’allégorie : «monde des affaires mar­chant tra­vaillant dans la rue.

Plus sérieu­se­ment, ce n’est bien­tôt pas seule­ment la démo­cra­tie que le fric nous enlè­vera. J’imagine faci­le­ment que dans quelques années on pourra même tra­vailler au lit. Il n’y aura plus de sépa­ra­tion entre la vie pro­fes­sion­nelle et la vie pri­vée. Il n’y aura plus de vie pri­vée du tout. La ques­tion de la démo­cra­tie ne se posera plus.

Stall­man est un grand bon­homme. Et, non. Ce n’est pas lui sur la photo.

J*O*B*C*E*N*T*E*R 4077

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 21 avr 2008 à 19:17

Pré­am­bule.
Je suis tout à fait dis­posé à croire que cer­tains de mes (oh, si nom­breux) lec­teurs vont s’interroger au sujet du titre de mon article du jour. À ceux de ces lec­teurs, je dirais nor­ma­le­ment : «va voir sur ce lien de Wiki­pe­dia, et ensuite on passe à la suite». Mais pour le coup, Wiki­pe­dia est inca­pable de ren­sei­gner mes lec­teurs chéris.

Donc, intro­duc­tion.
Mon titre (J*O*B*C*E*N*T*E*R 4077) est une réfé­rence au mythique M*A*S*H 4077. Les ini­tiales sont celles des mots (anglais) Mobile Army Sur­gi­cal Hos­pi­tal, en bon fran­çais «antenne chi­rur­gi­cale mobile de l’armée». Ces antennes ont été uti­li­sées par les armées amé­ri­caines pen­dant la guerre de Corée. Une de ces uni­tés a été choi­sie comme théatre (si j’ose dire) fic­tif pour la série télé­vi­sée la plus déli­rante jamais dif­fu­sée. Les «habi­tants» du M*A*S*H 4077, méde­cins, infir­mières, cuis­tots, agents admi­nis­tra­tifs, etc., qui n’ont en com­mun que l’uniforme qu’ils portent (quand ils le portent). Ces gens sont quo­ti­dien­ne­ment confron­tés à la guerre, dans ce qu’elle a de pire : les bles­sés. Ils qua­li­fient eux-​​mêmes leur métier de meat­ball sur­gery, mal (pro­ba­ble­ment) tra­duit par «abat­toir chi­rur­gi­cal». Ils vivent dans le car­nage ordi­naire. Toute per­sonne sen­sée y risque sa santé men­tale. Et cette équipe a trouvé l’antidote : la folie orga­ni­sée, enthou­siaste, le délire per­ma­nent. La série est fol­le­ment drôle, et rare­ment bête. Un des carac­tères récur­rents, le psy­chiatre Sid­ney Free­man (peut-​​être mon pré­féré) a des mots très justes pour expli­quer ma théo­rie : com­battre la folie par le délire. Lui, il a un divan blindé …

Best care anyw­here.
Ce matin nous sommes allés au Job Cen­ter. Nous avons une guerre lar­vée (jusqu’à ce matin) contre une fonc­tion­naire, dont le but semble être de nous refu­ser ce que la loi nous garan­tit. Elle nous bom­barde de demandes toutes plus tarées les unes que les autres, en espé­rant visi­ble­ment qu’il y en aura une à laquelle nous ne répon­drons pas, et qu’elle pourra donc se débar­ras­ser de nous. Notre nou­vel avo­cat (bien venue dans l’équipe) est entré dans la danse cette après-​​midi.
Après tout, c’est peut-​​être un méca­nisme de défense contre la détresse quo­ti­dienne, à la M*A*S*H. Les gens du Job Cen­ter ont prin­ci­pa­le­ment affaire à des gens anxieux, fati­gués, agres­sifs, qui ont fait deux (ou trois) queues avant d’arriver dans leur bureau … la dif­fé­rence c’est que le M*A*S*H 4077 a égale­ment une répu­ta­tion bien assise : meilleurs soins disponibles.

Alors que notre Job Cen­ter … sa devise pour­rait être : «Vous ima­gi­nez ce qui se pas­se­rait si on ouvrait les fron­tières, en Europe, hein ?», écrite par une employée, à laquelle Viola n’a pu répondre que : «Ahum … elles *sont* ouvertes, les fron­tières en Europe. Désolée.»

Sur ces bonnes paroles, je vous envoie une carte pos­tale en cou­leurs. Nous sommes allés nous pro­me­ner en sor­tant de chez l’avocat, il fai­sait beau.

Battez-​​vous pour votre droit au renseignement, gnan gnan gnan !!

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 19 avr 2008 à 21:52

Dans l’étape ber­li­noise de la grande caval­cade du cirque anti-​​médias orga­ni­sée par la Chine les étudiants chi­nois du monde entier (spon­ta­né­ment), j’ai pu admi­rer quelques slo­gans «non-​​officiels» allant du sur­réa­liste de base au vrai­ment à se taper le cul par terre. Une petite liste :

  • Le Tibet a tou­jours été et sera tou­jours une par­tie de la Chine
  • Tibet libre, comme l’Irak, non merci …
  • Tibet, on t’aime. Aussi.
  • Un boy­cott des jeux, c’est un nou­veau mur de Berlin
  • Battez-​​vous pour votre droit au renseignement

Les slo­gans offi­ciels spon­ta­né­ment choi­sis par les assem­blées des étudiants étaient faciles à iden­ti­fier. Quelle que soit la taille, ils étaient impec­ca­ble­ment impri­més. Natu­rel­le­ment. Après tout, ce sont très offi­ciel­le­ment des mani­fes­ta­tions spon­ta­nées (et simul­ta­nées dans le monde entier). Avec les mêmes slo­gans, j’imagine. Ici, ils se suivent, ver­sion alle­mande, ver­sion anglaise. Mon pré­féré : «Go China not google China, see Tibet not CNN Tibet». C’est pas à se taper le cul par terre, ça ?

En résumé, le slo­gan qui tue : ne poli­ti­quez pas les jeux !!

Je ne peux vous garan­tir l’accueil de la popu­la­tion locale. [sou­rire sardonique]

Je ne sais pas pour­quoi. Peut-​​être parce que les slo­gans étaient criés soit en chi­nois soit en … anglais. Ou peut-​​être à cause des fautes d’orthographe sur les ver­sions alle­mandes des ban­de­roles. On a vu une femme alle­mande (lire : une pas­sante) se voir pro­po­ser (et accep­ter) de l’argent avant de (natu­rel­le­ment très spon­ta­né­ment) sou­te­nir, au micro tenu par une chi­noise, les mani­fes­tants. Le ser­vice d’ordre est impec­ca­ble­ment ali­gné. À inter­valle régu­lier, méga­phones. Les mani­fes­tants chantent, crient, ou se taisent sur ordre. C’est presque déran­geant, un tel spon­ta­nisme. Ça me fait pen­ser à ce que j’ai lu de Lucien Bodard quand il décrit l’effrayant com­mu­nisme de l’Asie jaune.

Bah. Ça sera natu­rel­le­ment consi­déré comme un grand suc­cès. À Pékin.

Le nouveau monde : le choc …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 17 avr 2008 à 07:06

Le livre que je suis [encore …!] en train de lire me fait froid dans le dos. Ça parle du nou­veau monde.

C’est ahu­ris­sant com­ment, en un demi siècle, l’idée d’un nou­veau monde a changé. Pre­nez l’Allemagne, par exemple. Sur ma photo, aujourd’hui, on voit le Palais de la Répu­blique. Sym­bole d’un nou­veau monde s’il en était. Quand il a été construit, il était le sym­bole de l’État est-​​allemand. Et si on regarde encore un petit plus en arrière, au moment de la créa­tion des deux Alle­magnes, on voyait deux concep­tions très dif­fé­rentes, mais tout de mêmes appa­ren­tées : com­mu­niste ou pas, il s’agissait de deux états forts.

Oublions le modèle Est-​​allemand. Appe­lons ça une erreur. Au moins une erreur d’exécution, en lais­sant le béné­fice du doute au modèle lui-​​même. Mais l’Allemagne [de l’ouest], à sa créa­tion, était un état fort.

Mal­gré le Plan Mar­shall, et une inva­sion du modèle amé­ri­cain dans tous les com­par­ti­ments de la société alle­mande, l’Allemagne, comme état, était forte. Regar­dez les syn­di­cats alle­mands dans les années 70. Ils avaient leur mot à dire. Il n’y avait que rare­ment des grèves, car aucun patron sensé n’aurait com­mencé de son bon gré un conflit contre les syn­di­cats alle­mands. Et la pro­tec­tion sociale des alle­mands était excel­lente. Le moindre bache­lier alle­mand en savait plus sur l’histoire de France que n’importe quel bache­lier fran­çais. Ne riez pas. Posez-​​vous vous-​​mêmes la ques­tion : qu’est-ce que vous connais­sez de l’histoire *alle­mande* ? L’infrastructure alle­mande, rou­tière, fer­ro­viaire, quel que soit le domaine, était prise comme exemple.

Et tout ça était géré par l’état.

Com­pa­rons avec un état crée de fraîche date . l’Irak. Non, c’est trop facile. Pre­nons la Rus­sie. Elle a vingt ans, la Rus­sie d’aujourd’hui. La finance mon­diale est venue en Rus­sie, quand le «com­mu­nisme» est mort. C’était le modèle idéal pour faire un état moderne, à la mode de Washing­ton, état *libre* (le rideau de fer était tombé), et le «monde libre» vain­queur avait toutes les cartes en mains. Check-​​list :

  • démo­cra­tie : euh … non
  • sécu­rité sociale : … non !
  • syn­di­cats : [glous­se­ment] non
  • infra­struc­ture : naaaan
  • éduca­tion : pfff !

Notez que la vio­lence quo­ti­dienne, l’alcoolisme, la dégra­da­tion du niveau de vie et Pou­tine ne fai­saient pas par­tie des cri­tères fixés.

C’est ça, le nou­veau monde. Et plus j’avance dans ce livre, plus je me rends compte que ce n’est pas un acci­dent. Il y a des acci­dents dans l’exécution du plan, mais le plan du monde libre, c’est «plus d’état». À pro­non­cer «plu», hein, pas «pluss». D’accord. Disons «moins d’état», mais juste pour qu’on ne puisse pas confondre.

L’état vu par le «monde libre» n’est qu’une source de gains pour le sec­teur privé, dépourvu de tout autre attribut.

Com­pa­rez, je vous dis. Les der­niers états crées. Par exemple l’Afghanistan, ou l’Irak. Même plan (l’état afghan est limité à Kaboul, et l’état ira­kien à la fameuse Zone Verte, un quar­tier de Bagh­dad). Dans ces deux pays, le monde libre se fait de l’argent comme jamais. Je n’ai pas entendu de par­ler de faillites aux États-​​Unis concer­nant les com­pa­gnies commes Hali­bur­ton un Bech­tel, char­gées de la recons­truc­tion de l’Irak. Elles vont *bien* ces socié­tés. L’Irak, en revanche n’a tou­jours pas d’électricité, notez bien. En moyenne deux heures par jour à Bagh­dad. Sauf dans la zone verte. Et je ne vais pas vous faire de coup en vache en par­lant des femmes afghanes, hein.

Acci­dent ?

Non. De San­tiago à La Nou­velle Orléans, avec étapes en Pologne, en Rus­sie, dans tout les pays dont on parle, c’est planifié.

La stra­té­gie du choc : Mon­tée d’un capi­ta­lisme du désastre. Par Naomi Klein.

Bien­tôt chez vous.

Une bulle de bonheur …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 16 avr 2008 à 22:13

Des moments «bon­heur», on ne peut pas tou­jours avoir la chance de les pho­to­gra­phier … et c’est pro­ba­ble­ment pas plus mal.

Mais celui-​​là, je l’ai eu.

Le train de la mémoire …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 15 avr 2008 à 13:25

La mémoire, ça se cultive. Mal­heu­reu­se­ment, ça se cui­sine aussi. À toutes les sauces. et pas tou­jours avec le meilleur goût.

Dans le cas de l’exposition iti­né­rante «Le train de la mémoire» (Der Zug der Erri­ne­rung, ver­sion ori­gi­nale de rigueur), le goût manque carrément.

Le train est consti­tué d’une loco­mo­tive à vapeur (celle-​​ci est de 1919, remise en état en Rou­ma­nie en 2001) et trois wagons de voya­geurs. Pour moi, c’est pas assez, ou trop. J’ai en mémoire d’une expo­si­tion sur le même thème, à Ber­lin, au musée de la tech­no­lo­gie. Et celle là m’avait glacé le sang. Un simple wagon (un four­gon), vide. Avec un pan­neau à l’entrée. Le wagon, en bois, d’époque, était suf­fi­sant. Je n’avais même pas envie de ren­trer dedans. Alors que le train de la mémoire, avec son cor­tège de jour­na­listes, de pho­to­graphes, et –natu­rel­le­ment– de poli­ciers m’a laissé de glace.

Il y a glace et glace. C’est une ques­tion de goût.

En Alle­magne, la mémoire est «lourde». Char­gée. Il y avait la queue, devant l’exposition du train de la mémoire. Naturellement.

Je n’ai pas voulu le visi­ter, ce train. Ce n’était tout sim­ple­ment pas assez. Et donc trop. Sur un sujet, comme la dépor­ta­tion, soit on donne aux gens de quoi voir, lire, apprendre et pen­ser pour la jour­née (si une jour­née peut suf­fire), ou bien tu choques les gens avec un sym­bole *fort*. Mais la tisane tiède, je ne la bois pas.

Le train a été égale­ment suivi par une per­ma­nent guerre contre la DB (la SNCF locale), pour une sor­dide d’argent. Mais comme on est en Alle­magne, et que la mémoire est char­gée, alors le patron de la DB, au lieu de se faire sim­ple­ment trai­ter de salop parce qu’il dit qu’il doit fac­tu­rer ce train comme tous les autres –et j’aurais com­pris qu’on le traite de salop [écono­mique] – , il se retrouve atta­qué par la com­mu­nauté juive au nom de la Mémoire (majus­cule incluse), qui lui rap­pelle que son pré­dé­ces­seur, celui des années 40, a fait payer le tra­jet aux dépor­tés. On l’a traité de «nazi inté­rieur». À moins que ce soit parce qu’il a refusé, pour rai­son tech­nique, que l’exposition ait lieu à la gare cen­trale. La rai­son tech­nique s’est trans­for­mée en apo­lo­gie du nazisme.

La mémoire alle­mande, ça se cui­sine vrai­ment à toutes les sauces.

Berlin d’hier, Berlin d’aujourd’hui …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Galerie,Journal — le mar 15 avr 2008 à 11:25

Une petite balade. à peine une heure, mais j’étais revenu 26 ans en arrière. À l’époque où j’ai connu Viola. Étrange. Ce mur dont je ne suis tou­jours pas cer­tain qu’il ait été abattu –et même plus cer­tain qu’il fal­lait l’abattre, en tout cas dans ces condi­tions– est tou­jours aussi impressionnant.

À moins qu’on soit un tou­riste –dans sa tête. Et encore.

Ce matin, on a éplu­ché le texte de loi qui concerne le titre de séjour. Il est clair : je n’ai pas besoin de titre de séjour. Et pour­tant, une «spé­cia­liste» du minis­tère des affaires étran­gères nous a affirmé hier [au télé­phone] qu’il m’en faut un. À son accent, il est évident que la dame vient de l’Est. Dans la vie de tous les jours [en ce qui concerne notre vie admi­nis­tra­tive], il y a réel­le­ment une dif­fé­rence entre les fonc­tion­naires made in the Ger­man Demo­cra­tic Repu­blic, les «ossies» et les «wes­sies». Deux dif­fé­rentes vision de la loi, et du monde.

On s’attendait pour­tant, après 20 ans,à ce que les dif­fé­rences s’estompent. Mais non. Les per­cep­tions s’estompent. Mais pas les dif­fé­rences. C’est le pire des dangers.

En atten­dant, je vous invite à une heure de marche le long du mur. Et vous êtes pré­ve­nus : «You’re ente­ring a world of pain» …

C’est nouveau, ça vient d’sortir …!

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 14 avr 2008 à 11:44

Je l’ai appris il y a une heure : depuis le pre­mier jan­vier, il est néces­saire, pour moi, de deman­der un titre de séjour. Et si on me le refuse …?

Tiens, la ques­tion, natu­rel­le­ment est pour quelle rai­son on devrait me refu­ser, à moi –citoyen euro­péen post-​​Schengen, citoyen fran­çais, vivant depuis deux ans et demi à Ber­lin avec une alle­mande, alors que j’ai tra­vaillé (jusqu’à mon acci­dent), alors que je paye mes impôts– un titre de séjour ?

C’est facile. J’ai pas de sous. Je ne peux pas tra­vailler. Si seule­ment j’avais pu attendre 5 ans avant de me cho­per mon attaque céré­brale, là, ça serait dif­fé­rent. Mais là … l’affaire s’annonce pas facile.

D’autant qu’on me le réclame dans la semaine, ce titre.

Sinon ?

Je ne sais pas encore. Après tout, je l’aurai peut-​​être, ce titre de séjour, hein …

Merci Richard !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 13 avr 2008 à 21:16

On a passé une soi­rée magique. Avec Richard Bona, et entre 300 et 400 dingues entas­sés dans le sous-​​sol, au Qua­si­modo Club.

On était dans une sorte de «box», assis à quatre. On a fini debout à 7 ou 8 dans le même box. C’était serré, mais magique quand même. L’ambiance n’a pas arrêté de mon­ter. La musique, même si il n’y avait pas trop de sur­prises –c’est de Richard Bona qu’il s’agit– la salle aurait pu explo­ser que les gens auraient conti­nué à dan­ser et chan­ter. Bona c’est un anti­dé­pres­seur sur pattes. Il ferait se tré­mous­ser même le mari de Madame That­cher s’il était dans la salle. Il a une joie de vivre com­mu­ni­ca­tive à souhait.

Mon bon­heur, à moi, ne fait que com­men­cer. J’avais mon appa­reil photo, comme vous pou­vez l’imaginer, et même si j’étais sans illu­sions sur le résul­tat, quand j’ai regardé les pho­tos, j’ai une nou­velle attaque de sou­rire béat.

Je vais vous faire une ‘tite gale­rie, un de ces jours …

N’hésitez sur­tout pas à cli­quer sur la photo, pour la voir en grand …

Berlin : peintures de guerre …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Galerie,Journal — le sam 12 avr 2008 à 11:53

Xénuphobes du monde entier …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Xenuphobe ... — le sam 12 avr 2008 à 07:43

Ano­ny­mous, réseau d’anonymes ayant décidé de se mettre en guerre contre la Scien­to­lo­gie, dans le monde entier, appelle aujourd’hui à sa troi­sième mani­fes­ta­tion internationale.

Comme le hasard fait bien les choses, voilà ce que j’apprends aujourd’hui, ici et là :

La police belge a per­qui­si­tionné puis mis des scel­lés sur le siège de l’Eglise de scien­to­lo­gie à Bruxelles dans le cadre d’une nou­velle ins­truc­tion contre la sec­tion belge de cette orga­ni­sa­tion, a annoncé ven­dredi le par­quet fédéral.

« Une enquête pour faux en écri­ture et escro­que­rie a été ouverte après que l’Office régio­nal bruxel­lois pour l’emploi eut porté des faits nou­veaux à notre connais­sance », a indi­qué à l’AFP la porte-​​parole du par­quet, Mme Lieve Pellens.

Trouvé dans Le Monde

Les «ano­nymes» parlent pas mal de langues. Exemple, l’allemand :

Verein gegen Scien­to­logy gegrün­det. Kom­pe­tenz­zen­trum in Ber­lin geplant.

trouvé ici

En fran­çais, pour nos rares lec­teurs qui ne com­prennent pas l’allemand, ça se dit : Créa­tion d’une asso­cia­tion contre la scien­to­lo­gie. Implan­ta­tion d’un centre de com­pé­tences pré­vue à Ber­lin. Et quand on va sur le site de l’association en ques­tion, on trouve donc «Mar­cab e.V.». Le nom de l’association est un acro­nyme. Mar­cab est consti­tué des ini­tiales de Menschenrechts-​​Arbeitschaft für Reli­gions­frei­heit und Chan­cen auf Bil­dung. Pêle-​​mêle, droits de l’homme, tra­vail, liberté de reli­gion, et chances de for­ma­tion. Ils lancent un pro­gramme d’aide aux scien­to­logues dési­rant de quit­ter la secte. Clin d’œil, Mar­cab est, dans la lit­té­ra­ture scien­to­logue une des plus puis­santes confé­dé­ra­tions galac­tiques (vous vous sou­ve­nez de Xenu ?).

Dans la guerre entre scien­to­lo­gie et ano­nymes, «They want to create chaos and we want to create order», ils veulent créer le chaos et nous vou­lons créer l’ordre, comme le dit l’un des res­pon­sables de la secte de scientologie.

Confron­tés à une horde d’anonymes, la scien­to­lo­gie essaye de remettre un petit peu d’ordre là-​​dedans, et essaye de démas­quer les «meneurs» d’une col­lec­tif qui en est, jus­te­ment, tota­le­ment –et par défi­ni­tion– dépourvu. Ça donne par exemple ceci. Et ça nous montre la face cachée de la scien­to­lo­gie. Menaces, men­songes, insi­nua­tions, la totale.

Vous pou­vez lire ce qu’en dit le prin­ci­pal inté­ressé ici.

Tout ceci me remet en mémoire un des disques favo­ris de mon père. Her­bert Pagani, sur scène, nous expli­quait le fas­cisme comme «un fais­ceau de soli­tudes», auquel il oppo­sait («toi, donne la main à ton voi­sin, toi aussi, toi aussi») l’idée de réseau.

Ano­ny­mous, est un réseau. Définitivement.

Galerie de portraits urbains ..

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Galerie,Photo — le ven 11 avr 2008 à 19:02

Trou­vés sur les murs d’une cité HLM, Wil­helm­straße. Il faut que j’aille voir les autres bâti­ments de la cité, un de ces jours. Je les trouve chouettes, ces por­traits. Le reste du bâti­ment est abso­lu­ment dégueu­lasse, mais appa­rem­ment ces cou­leurs tiennent le cours du temps mieux que le blanc …

La tête à l’envers …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 11 avr 2008 à 15:06

Ce jour est un grand jour. Pour tout un tas de raisons.

La pre­mière : vous n’avez aucune rai­son de le savoir, mais moi je le sais, et c’est une date à mar­quer d’une photo ren­ver­sante. C’est la 500ème photo que j’ai publiée sur ce site. Et toc.

La seconde ? C’est la tech­nique que j’ai uti­li­sée pour la publier. C’est tel­le­ment plus simple que ce que je fai­sais avant …! Et en plus, dans le moteur de ce site (Word­Press, qui est en plus un logi­ciel «libre» *et* gra­tuit) est inclus un méca­nisme qui va pro­ba­ble­ment me per­mettre d’installer une gale­rie de pho­tos à mon goût.

Aaaaaah, ça me plait, ça me plait !!

Behala «DeLuxe», ou l’Ava d’Alain …?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le jeu 10 avr 2008 à 12:27

Aha.

Je sais, je l’ai écrit la der­nière fois, je ne tra­fi­cotte jamais mes pho­tos. Et toc, je balance une photo en noir et blanc alors que mon appa­reil photo est «cou­leurs». La photo en noir et blanc m’a tou­jours attiré. Par exemple, hier, nous avons regardé The Good Ger­man (il semble que le titre du film n’ait pas été tra­duit en fran­çais), qui est *très* inté­res­sant (au niveau visuel). Il est tourné en noir et blanc, avec des alter­nances de décors «made in Hol­ly­wood» (je veux dire : Hol­ly­wood des années 50, tout en carton-​​pâte) et d’images d’archives. Le film est évidem­ment en hom­mage aux films genre Casa­blanca, et il est même réa­lisé avec les tech­niques de l’époque.

Un film inté­res­sant, donc. (cri­tique)

Mais ce n’était pas mon (pro­blème, sujet) pro­pos. Mon pro­pos, c’était la photo.

Je pour­rais bla­bla­ter pen­dant des heures, en vain. Je pour­rais déba­ter débattre du pour­quoi, du com­ment, du bien, du mal, mais au bout du compte, ma conclu­sion serait : «je vou­drais avoir un appa­reil photo qui me donne direc­te­ment des pho­tos en noir et blanc».

Alors … gagnons du temps.

J’aime les regret­teurs d’hier
Qui trouvent que tout c’qu’on gagne, on l’perd,
Qui vou­draient chan­ger le sens des rivières,
Retrou­ver dans la lumière
La beauté d’Ava Gardner.

Alain Sou­chon, La beauté d’Ava Gard­ner

C’est dommage … ou pas …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le mar 8 avr 2008 à 13:07

J’ai fait cette photo (comme la pré­cé­dente) «à la main». J’aurais très volon­tiers eu une ouver­ture de dia­phragme net­te­ment plus petite (genre f8, ou f11), his­toire d’avoir aussi les verres nets. Mais j’avais déjà une vitesse «limite» (1/​13s, avec un objec­tif à 135mm !!). Et pas de pied sous … la main. Et au delà de 320 ISO, je n’ai pas vrai­ment envie.

Donc …

En plus j’avais la balance des blancs de la pré­cé­dente, et donc en fait un petit «froide». Mais je l’aime bien comme ça. Et celles que j’ai refaites (avec la bonne balance) n’avaient pas autant de vapeur.

Je ne «retouche» pra­ti­que­ment plus rien sur mes pho­tos. J’ai les logi­ciels qu’il faut, mais je n’y touche que si je suis obligé.

Toutes les approches se valent. Moi, j’essaye d’avoir au final ce que j’ai vu dans mon viseur, et comme outils j’ai en tout et pour tout mon appa­reil, et l’objectif qui se trouve dessus.

Un de mes amis a une approche tota­le­ment dif­fé­rente, que ce soit tech­ni­que­ment ou intellectuellement :

En pho­to­gra­phie, le réel importe peu. La photo, c’est com­ment déve­lop­per le réel pour faire sur­gir une forme qui, autre­ment, est noyée, grise, étouf­fée par la médio­crité de l’optique ocu­laire humaine, une forme dégra­dée par une spé­cia­li­sa­tion dar­wi­nienne néo­li­thique et un auto­fo­cus continu non débrayable.

Com­ment les fleurs

Mon approche «intel­lec­tuelle» s’écrit entre guille­mets, et c’est très bien comme ça. Enfin, moi, ça me va.

Et puis, après tout, je ne suis pas un artiste. Ça facilite …

Juste pour le plaisir …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le lun 7 avr 2008 à 08:53

L’homme de l’année …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 6 avr 2008 à 08:10

L’autre jour nous avons vu un film que j’ai adoré. L’homme de l’année (Man of the Year, en v. o.). Je ne n’en avais jamais entendu par­ler, donc tout ce que j’avais c’était la recom­man­da­tion de Viola –laquelle n’avait jamais vu non plus le film– et l’affiche : Robin Wiliams et Barry Levin­son. Ce sont les deux dingues aux­quels on devait Good Mor­ning Viet­man. Avec une réfé­rence comme celle-​​là, c’est facile de se planter …

Ce film est fas­ci­nant à plu­sieurs niveaux, en tout cas au moins deux. C’est une comé­die, elle est drôle, d’accord. Mais en fait ce n’est abso­lu­ment pas ce que j’en ai retenu. C’est un film poli­tique déguisé en comé­die. Pro­ba­ble­ment trop caché, d’ailleurs. Connais­sant le public ciblé (les USA …), j’imagine très faci­le­ment com­ment un Robin Williams déchaîné peut être l’arbre cachant la forêt.

Tom Dobbs (Wiliams) est un comique. Il a une émis­sion télé de satire poli­tique. Les élec­tions arrivent. Leurs can­di­dats aussi. Et leur public en a déjà marre. Un jour, pen­dant le rodage de l’émission, une femme recom­mande à Dobbs de se décla­rer can­di­dat. Le len­de­main, des mil­lions de mails de sou­tien. Et Dobbs se lance … et le film aussi.

Je ne vais pas vous racon­ter le film, mais je vou­drais vous dire ce que j’en ai retenu. Deux ques­tions, en fait :

  • Faut-​​il être démo­crate aujourd’hui ?
  • Quand on est le «bon» can­di­dat et qu’on est élu sans avoir gagné, que faire ?

Quand j’y pense, c’est deux angles de la même ques­tion. Amusant.

Le film, natu­rel­le­ment ode à la démo­cra­tie [cla­que­ment des talons], a tout de même le cran de poser (même indi­rec­te­ment) la pre­mière de mes ques­tions. Et même d’y répondre. On voit Dobbs pas­ser de réunion élec­to­rale à réunion élec­to­rale où il répète inlas­sa­ble­ment à des audiences bla­sées proches de l’ensommeillement son pro­gramme. Un pro­gramme ins­piré, un pro­gramme auda­cieux, mais récité de façon «insi­pide», sans aucun pas­sage en télé. Et un peu plus tard, on voit une foule en délire, enthou­siaste, accla­mer le même can­di­dat, avec le même pro­gramme. La dif­fé­rence ? Dobbs fait un show. Un putain de show. Ima­gi­nez un Robin Williams sous amphètes avec en plus un sujet facile : les can­di­dats démo­crates et répu­bli­cains en tant que cibles (en amé­ri­cain dans le texte –aucun des deux n’est plus ni moins répu­bli­cain ni démo­crate que l’autre, si on prend le sens de ces mots en français – ).

C’est déjà une par­tie de la réponse à ma pre­mière ques­tion. Faut-​​il être démo­crate *aujourd’hui* ? La réponse est évidente : Non. Être un démo­crate ne peut mener à rien aujourd’hui, puisque les gens se foutent du pro­gramme, et se décident en fonc­tion de l’image des can­di­dats (quelle est la dif­fé­rence entre les pro­gammes de Nico­las et de Ségo­lène ?). Les élec­teurs flinguent Sar­kozy en fonc­tion des fringues qu’il porte ou de la façon dont il parle, mais per­sonne ne lance de débat de fond sur le *fond* (et pour cause : *quel fond* ?). Le public du film «adhère» au pro­gramme de Dobbs, lequel les enjoint de se méfier des «armes de dis­trac­tion» mais ils tom­be­ront dans le pan­neau, ne l’ayant même jamais vu.

Dobbs répond, à sa façon, à ma seconde ques­tion. Mais on est natu­rel­le­ment au cinéma.

Tout de même, dans un des shows de Dobbs, j’ai trouvé le pre­mier can­di­dat pour lequel je pour­rais voter sans scru­pule : il s’adresse à la foule et leur dit son idée de la démo­cra­tie. Il explique que la démo­cra­tie n’a rien à faire avec les élec­tions, et il pro­pose que les dépu­tés soient choi­sis par tirage au sort. Et là, j’applaudis.

Incompétence cyclopèdique …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 4 avr 2008 à 10:11

Notre der­nière visite (lire : la plus récente) au Job Cen­ter a été le cadre de scènes inté­res­santes, comme sou­vent. En début de mois, natu­rel­le­ment, il y a «un petit peu» de queue. En fait la queue s’allongeait sur plus de 50 mètres dans la rue. Encore une fois, mon atout m’a épar­gné cette par­tie de l’épreuve. Rassurez-​​vous : on a eu droit à presque deux heures d’attente …

On allait là, munis des pré­cieux sésames issus par les deux autres pro­ta­go­nistes de notre grande pièce à suc­cès Trois agences publiques, deux citoyens et un auteur. L’Agentur für Arbeit nous confir­mait qu’elle n’était pas com­pé­tente dans mon cas, et le Sozia­lamt aussi. Donc …

Donc, avant tout, on avait deux heures à tuer. On était au deuxième étage, nor­ma­le­ment calme. Mais ce jour là, c’était plein. Ça par­lait toutes les langues, les télé­phones son­naient égale­ment dans toutes les langues, et ma tête était pas loin de l’explosion. Le stress, c’est défi­ni­ti­ve­ment pas ma tasse de thé. Au point que, alors que j’avais dans mon sac un ther­mos plein d’un excellent thé lequel n’attend que moi pour le boire, je n’en avais même pas envie.

Il y avait der­rière nous (les sièges sont dis­po­sées en deux ran­gées dos à dos) trois noirs que je décri­rais comme bruyants. Je crois qu’ils par­laient wolof.
À gauche de Viola, il y avait une gamine chi­noise (euh … disons asia­tique) que sa mère avait éten­due sur deux places, avec les man­teaux sous la tête. La gamine dor­mait. La mère, accrou­pie à côté était occu­pée à lui intro­duire sous le pull un ther­mo­mètre jusqu’à l’aisselle.

Mais mêmes les meilleures choses ont une fin, et on nous a appelés.

Nous sommes entrés, nous sommes assis (fina­le­ment pas la meilleure idée …), Viola a donné à la dame nos deux docu­ments (résul­tats de deux semaines de démarches, tout de même …), et envi­ron une minute plus tard on nous invi­tait, à peine poli­ment, à déguerpir.

Pour­quoi ?

Après avoir regardé les deux papiers, la dame a émis son ver­dict : elle (lire : La Glo­rieuse Filiale De L’Administration Sécu­laire, et Éter­nelle Dont Elle, Qui Nous Par­lait, Avait Le Pri­vi­lège d’Être Une Employée Sans Peur Ni Reproches) était incom­pé­tente. Majus­cules comprises.

Dans la minute sui­vante, Viola, (Bon­jour, ma colère ! Salut, ma hargne ! Et mon cour­roux, cou­cou !) a égale­ment émis son ver­dict : elle (lire : La Ginette Fago­tée Comme Une Vic­time De La Mode Et Qui De Plus Tra­vaillait Au Job Cen­ter, Reje­tant Les Tra­di­tions Sécu­laires De l’Administration Qui Demandent Qu’on Puisse Au Moins Lire Avant De Dire n’Importe Quoi, pas l’Admirable Admi­nis­tra­tion Sus-​​Citée) était incom­pé­tente. Et Siou­plait, appe­lez votre chef, parce que nous on n’a pas que ça à faire. Et vos Majus­cules, tant que vous y êtes.

La dame, fâchée, après nous avoir mis dehors, s’est ruée, notre dos­sier sous le bras, trem­blant d’indignation, chez la chef.

Entre temps, les noirs de der­rière avaient été rem­pla­cés par deux jeunes rigolos.

Après un moment, la dame est reve­nue. Elle m’a demandé mon pas­se­port, et, ahu­ris­se­ment géné­ral garanti, mon titre de séjour.

Si vous ne par­lez pas cou­ram­ment l’administratif, je vais vous tra­duire ça. Ce qu’elle nous a dit vou­lait, en langue vul­gaire, ceci : «bande d’enfoirés, ma chef vient de me col­ler une avoine parce que j’ai dit une conne­rie, et je vais *tout* ten­ter pour vous plom­ber votre dossier».

Quand on a entendu ça, après les quelques secondes d’ahurissement garan­ties, Viola a com­mencé à expli­quer à la dame que moi, citoyen fran­çais, et donc euro­péen, n’avais pas de titre de séjour, vu qu’il n’existe plus, ce docu­ment pour les res­sor­tis­sants euro­péens. J’ai tendu mon pas­se­port, et la dame est repar­tie vers son bureau, sous les rires et les com­men­taires des deux jeunes assis der­rière nous, qui lui recom­man­daient en gros de regar­der son calen­drier et se faire confir­mer par les auto­ri­tés idoines qu’on est main­te­nant en 2008.

Après un moment, la dame est reve­nue, nous a tendu sans un mot un docu­ment nous don­nant (par­tiel­le­ment, mais on va reve­nir) rai­son. Elle ne s’est natu­rel­le­ment pas excusée.

Le plus incroyable, c’est qu’elle nous avait condam­nés à vivre sans un rond, sans nous don­ner aucune expli­ca­tion, le tout à tort, et en une minute.

Si ma Maman avait été là, elle m’aurait demandé si la dame n’avait pas «un petit vélo qui va tourne pas rond» dans sa tête à elle …

Clic-​​clac : merci Kodak madame la gardienne !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 1 avr 2008 à 18:15

Voilà. C’est la photo dont je vous avais parlé hier soir. Le cou­loir de la «pri­son», du ser­vice social de Berlin-​​Wedding.

Vous me comprenez ?

Moteur du site : wordpress 3.4 - Thème : «Back in Black 2» crée par Frederic de Villamil (traduit en français par amnesix)