J’ai décidé m’acheter, quand les finances seront rétablies, un appareil photo. Je vous raconte pourquoi, non que ça puisse intéresser qui que ce soit, mais parce que ça pourrait aider quelqu’un à choisir un appareil, le jour venu.
Pourquoi veux-je acheter un nouvel appareil photo ?
J’en ai un, après tout. Un *excellent* appareil, qui me comble dans au moins 75% des cas. C’est un Panasonic Lumix FZ30. Je n’ai qu’un seul *sérieux* défaut à lui reprocher : dès que la lumière baisse, je ne peux plus travailler. Dès que je dépasse une sensibilité de 100 ISO, la qualité des photos est … mauvaise. Vraiment mauvaise. Ça fait un an que je l’ai, et ça fait un an qu’il m’agace dès que la lumière baisse un tant soit peu. Sinon, il a quelques défauts, mais aucun qui fasse que je doive acheter un autre appareil. En plus, je n’ose pas l’utiliser sous la pluie.
Donc, mon nouvel appareil, je le veux aussi bon, sinon plus.
Check list :
– prise de vue stabilisée
– 8 Mo
– objectif 35mm — 420 mm
– des contrôles faciles à utiliser (c’est très relatif)
Tout ça, c’est mon Lumix.
Définition de mon appareil de rêve :
- Je veux un DSLR. Un reflex numérique. Parce que j’envisage une utilisation professionnelle de mon appareil.
- Je veux un appareil qui ne craint pas la pluie.
- Je voudrais un appareil avec la prise de vue stabilisée, parce que ça fait un an que je l’ai, et que je ne m’imagine pas m’en passer.
- Je veux un système de commandes et de menus *intelligent*, intuitif, pratique.
- Je veux un viseur clair, qui puisse me permettre de savoir ce que je fais.
- Je veux avoir les objectifs «qui vont bien», de qualité «professionnelle».
Et pour conclure tout ça, je veux que ce soit pas cher !
Etat des lieux :
Les appareils répondent à mes critères, plus ou moins, il n’y en a pas tant que ça. Inventaire :
Canon : 1DS Mark II et III — 1D Mark II et III
Nikon : D2XS, D200, D300, D3 (dans quelques semaines)
Pentax : K10
Deux de ces appareils sont hors cours pour des raisons pécuniaires : 1DS Mark II et III (7000, sans objectifs), et D2XS (4500 sans objectifs). Je précise que je ne compte le(s) Sony appareil(s), principalement pour cause de manque de protection contre la pluie.
Le 1D Mark III, coute 4000, et *a priori* c’est le candidat idéal. Sauf qu’il n’est pas équipé de la prise de vue stabilisée (À part le Pentax, aucun appareil n’est équipé). Ça m’obligerait à acheter des objectifs avec stabilisation (pour Canon, ça s’appelle IS, chez Nikon, c’est VR). Et ça, ça double pratiquement le budget.
Le choix des objectifs :
C’est très personnel. On a les objectifs dont on a besoin. Je «travaille» pratiquement tout le temps au zoom. Mon Lumix me donne 420mm. Dans l’absolu, que j’aie un Canon (1,3), un Nikon (1,5) ou un Pentax (1,5), je veux au moins un «naturel» 300mm, qui me donnera donc un 450mm. En plus, je veux travailler avec des zoom, pour la flexibilité que ça donne. Les zooms ont généralement une qualité optique moins bonne que les objectifs à focale fixe. Il faut chercher, et trouver. Et payer, naturellement.
Naturellement («…»), je veux des objectifs à ouverture maximale constante.
Pourquoi le Pentax K10 ?
C’est en prenant une vue large du problème que j’en arrive à cette décision. Le Pentax est tout simplement le seul appareil qui me permette à atteindre tous mes souhaits à un prix relativemet bas, surtout en comparaissant avec les Nikon et Canon.
- prise de vue stabilisée : le fait qu’il en soit équipé «en propre», sur le boitier, me permet d’acheter des objectifs non stabilisés (50% minimum du budget avec Canon ou Nikon, en fonction de ce que je veux, avec la qualité que j’exige)
- «tropicalisation» (un mot magnifique que j’ai trouvé sur les sites qui parlent de photo : ça veut dire qu’il ne craint pas trop l’eau ou la poussière).
- il est équipé d’un truc qui nettoie le capteur (unique. N’existe pas pour Nikon, vient de sortir avec Canon)
- a un système de «preview» permettant de ne jamais se planter pour les balances de blanc (unique. vient de sortir sur Canon, sous une autre forme, moins adaptée à ce que j’imagine)
- l’interface : je la trouve intelligente, intuive, et pratique. Sur le papier. (Depuis que j’ai l’ai manié dans les boutiques, je confirme.)
- le fait que Pentax nous propose *deux* formats de fichier pour les images au format «RAW», le .PEF (Pentax), et aussi le .DNG, fichier de Adobe, «universel»
- le système de «bracket» très élaboré
- le système de multi-exposition permet des choses *très* intéressantes
Et demain ?
Depuis que je réfléchis à mon appareil futur, la donne a changé. Notamment le Nikon D300, dans une moindre mesure le Sony A700, ou même l’Olympus E3, à annoncer dans quelques jours apportent du «sang neuf» (surtout le D300). Et maintenant chez Pentax, il y a des utilisateurs qui râlent (fort), se plaignant que Pentax est à la bourre, et pourquoi aucune nouveauté, etc.
Mais il faut lever un petit peu la tête. Après tout, le K10 est sorti en novembre 2006. Ça ne fait pas même un an. Nikon et Canon prennent en général près de deux ans, voire pire, pour sortir un nouveau modèle (dans ce genre d’appareils; il va de soi que les «petits» appareils ont une durée de vie beaucoup plus courte). Partant de là, en imaginant que Pentax sorte un nouveau modèle aussi «révolutionnaire» que le K10, on pourra se délecter des jérémiades des utilisateurs de Nikon et Canon, qui se plaindront qu’ils sont à la bourre. Et ça jusqu’au prochain modèle. Et ainsi de suite.
Le K10 a, à sa sortie, changé la donne. Ne pas perdre de vue que cet appareil est (au jour où je vous parle) est vendu 699€. Relisez la liste des fonctions proposées. 699€. Le Nikon D200, en fin de vie, et donc à la baisse, est à 1200€.
Le K10 est un appareil «hors cadre». Il est différent. Oh, il a quelques défauts, sur lesquels je vais revenir. Mais pas beaucoup, surtout on met sur la même page ses points forts. Laissez-moi citer un testeur :
The Pentax K10D is unique. It’s easily Pentax’s most capable SLR yet. But it’s not for everyone. Tuned for the advanced photographer, or anyone wanting to discover Photography’s basics, the K10D has no true « easy » mode. […] The K10D was thoughtfully designed with the photographer in mind, and it uses the advantages of digital technology to reach beyond the boundaries of long-accepted boundaries.
Traduit à ma sauce, ça donne : «Le Pentax K10D est unique. C’est largement le DSLR de Pentax le plus abouti. Mais il n’est pas pour tout le monde. Destiné à un photographe d’un bon niveau, ou à celui qui veut explorer les bases de la photographie, le K10D n’a pas de mode «facile». […] Le K10D a été soigneusement conçu avec le photographe en vue, et il utilise les avantages de la technologie digitale pour dépasser les frontières traditionnelles.»
Les testeurs du K10, souvent, lui «reprochent» les réglages par défaut, qui font des images «molles». Les gens lisent ça, et il y a deux genre de lecteurs. Ceux qui sortent de là avec les mots «images molles», et qui vont chez Canon / Nikon, et les gens qui prennent au sérieux les mots «par défaut» et donc oublient ça, sachant qu’ils se feront *leurs* réglages. Sinon, la deuxième grande catégorie de reproches qu’on peut faire au K10, c’est la (très relative) faiblesse à partir de 800 ISO. C’est vrai que ça peut être un problème. Dans l’absolu.
Mais moi je viens d’un monde où mon appareil est déjà «bruyant» à 100 ISO. Alors imaginez comment je ris quand je lis que le niveau de bruit du K10 au delà de 800 ISO est un petit plus grand que ce à quoi on s’attendait.
Quand on regarde les menus de Canon ou Nikon, le truc qui me frappe c’est le nombre effrayant de «styles». Photos avec couleurs vives, plus vives, beaucoup plus vives, un petit moins vives, mode ceci, mode cela … Moi ça me fait peur. Et si je choisis pas le bon mode, hein ? Est-ce que ce banc public doit être photographié avec le mode «pastel» ou bien avec le mode «fusain» ? Ou bien avec le mode trucmuche ?
Le K10 en a *deux*, des modes. Ça me parle, ça. Ça m’indique très clairement qu’il faut travailler en mode RAW (j’en ai parlé l’autre jour, il faut suivre …). C’est pour ça qu’on s’en fout des réglages par défaut. Le K10 a été conçu pour le photographe, quand un appareil qui a un mode trucmuche, il a été conçu pour le consommateur. Un photographe peut travailler avec n’importe quel appareil. Y compris avec un appareil «consommateur», du moment qu’il y a accès au format RAW. Le K10 a concédé *deux* modes. Je ne sais pas lequel de ces deux modes est là par défaut. Et je ne regarderai probablement jamais.
Je ne sais pas quel est *votre* appareil photo, mais je soupçonne fortement que le mien est un Pentax K10D.
Cette page est mise à jour, de temps en temps.
À lire :
Un test en français :
http://www.clubic.com/article-67964 – 1-d80-k10d.html
Un autre test en français :
http://www.erenumerique.fr/reflex_pentax_k10d_beaucoup_pour_peu-art-1566 – 1.html
Des tests en anglais :
http://www.imaging-resource.com/PRODS/K10D/K10DA.HTM
http://www.dcresource.com/reviews/pentax/k10d-review/index.shtml
Un test en allemand :
http://www.digitalfotonetz.de/PentaxDSLR/K-Reihe/K10D-Test/1.htm