Paranoïa … ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 31 juil 2007 à 09:22


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Mode nar­ra­tif : c’était samedi. Le 27 juillet. On ren­trait à la mai­son, tout tran­quille­ment. En entrant dans l’immeuble, on a ouvert la boite à lettres (du lundi au samedi, deux tour­nées par jour). La pre­mière lettre «inté­res­sante» me venait de la CRAMIF, laquelle m’indiquait qu’ils avaient enfin trouvé un inter­lo­cu­teur qua­li­fié pour trai­ter la demande de pen­sion qui avait été trans­mise en … novembre par l’Allemagne. Enfin bon, on avance. En 8 mois, la demande a trouvé le chemin.

Mode para­noïaque : HUIT MOIS ! Cette pen­sion était cen­sée prendre le relais de la caisse de sécu qui ne pou­vait me payer que pen­dant 72 semaines. Ce délai prend fin le 5 août ! Et avec un petit peu de chance, à cette date là, quelqu’un pren­dra pour la pre­mière fois mon dos­sier. Com­bien de temps pour trai­ter mon dos­sier, sachant que toute cor­res­pon­dance entre l’Allemagne et la France doit être traduite ?

Mode nar­ra­tif : tou­jours samedi 27 juillet. La seconde lettre. C’était … une fac­ture. De plus de 400€. Une fac­ture d’électricité.

Mode para­noïaque : FOURNISSEUR INCONNU AU BATAILLON ! Vous avez bien lu. La lettre qui accom­pa­gnait la fac­ture nous féli­ci­tait de la signa­ture du nou­veau contrat pour l’électricité. On avait avant ce jour JAMAIS même ENTENDU PARLER de cette boite. Après avoir appelé, nous avons appris que c’était une erreur, et ils sont natu­rel­le­ment déso­lés. Tout natu­rel­le­ment, vu que la fac­ture (reçue le 17) était à payer pour le pre­mier août, ima­gi­nez que (par manque de … para­noïa) on avait envoyé les sous … là encore ils étaient déso­lés, je suis sur.

Mode nar­ra­tif : aujourd’hui, avec Viola, on a tenté de faire une petite liste des gens qui nous doivent des sous.

Mode para­noïaque
: La liste est impressionnante …

  • La caisse de sécu : me doit au moins 20 000€. Tri­bu­nal social.
  • Mon ancien employeur : me doit au moins 5000€. A rééva­luer, voir Tri­bu­nal du tra­vail, ET tri­bu­nal social
  • L’avocat de Viola lui doit plu­sieurs cen­taines de mil­liers d’euros. Voir huis­sier surchargé.
  • L’assureur de Viola lui doit une poi­gnée de cen­taines d’euros. Voir huis­sier surchargé.
  • Le «job cen­ter» doit à Viola des mois de pres­ta­tions. Voir tri­bu­nal social.

Natu­rel­le­ment pas de rai­son de faire dans la parano, hein. Tout ça, c’est pas fait exprès. Même si la dame qui fait des pro­blèmes au Job Cen­ter porte le même nom qu’une dame qui en fait à la caisse de sécu. Même si l’avocat est réel­le­ment en train de faire un for­cing de folie pour obte­nir de l’huissier qu’il aille cher­cher l’argent. L’huissier y est allé une fois, mais cette fois-​​ci, il avait OUBLIÉ une signa­ture. Et main­te­nant, il est obligé de mettre ce dos­sier en bas de la pile, parce que sur sa pile, il y a des affaires très offi­ciel­le­ment prio­ri­taires. Et même si la caisse de sécu refuse d’accepter les papiers que lui donne, très offi­ciel­le­ment, mon ancien employeur. Le même ancien employeur que je dois revoir dans les divers tribunaux.

Je vous le dis : aucune de rai­son de don­ner dans la parano …

Comme un poisson dans l’eau …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 26 juil 2007 à 09:15


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Notez que j’ai de la chance. Entre deux migraines, j’ai du temps et un appa­reil photo. Et sur­tout j’ai du recul.

Ima­gi­nez : je pour­rais avoir une «des­ti­née», une «vision», sorte de dia­pa­son cos­mique qui vibre­rait en har­mo­nie avec la fré­quence du Talent. Mais non. Rien de tout ça. Que ce soit avec mon appa­reil photo ou avec le cla­vier de mon ordi­na­teur, je tra­vaille, je bûche­ronne. À chaque photo que je «publie» j’agrandis la liste des choses à apprendre, la liste des «si j’avais pensé à …», la liste des satis­fac­tions mitigées.

Notez que j’aurais rien contre d’avoir du talent. Mais j’ai peur du talent. Parce quand on en a (ou pire  quand on croit qu’on en a), le dan­ger est la cer­ti­tude. Oh, oui, je sais que le monde est plein de gens talen­tueux et de gens cou­ron­nés de succès.

Mais sont ils les mêmes ?

Pour la sépul­ture ano­nyme
Que tu fis à Mon­sieur Mozart
Sans croix ni rien sauf pour la frime
Un chien, croque-​​mort du hasard
[…]
Thank you Satan …

Léo Ferré, thank you Satan

L’idée n’est natu­rel­le­ment pas d’avoir du suc­cès, mais seule­ment de se recon­naître dans ce qu’on a fait. La cer­ti­tude, ou la cer­ti­tude du talent, seule, c’est l’ennemi. Le truc, c’est que cer­ti­tude et doute ne sont pas anta­go­nistes. Ce sont les deux jambes sur les­quelles on peut mar­cher long­temps. Sans l’un des deux, on est condamné à la béquille, ou à la gamelle. Sur­tout quand l’idée est le succès.

Je me suis long­temps demandé pour­quoi j’avais écrit «Brest-​​Jérusalem». Dans ma pire période, je m’étais ima­giné que je l’avais écrit parce que j’avais le talent pour le faire. Vous voyez ce que je veux dire ?

- pour­quoi est-​​ce que les chiens se lèchent les couilles ?
 – parce qu’ils peuvent …

Ano­nyme, la morale racon­tée aux artistes

Pen­dant des mois je me suis vu comme écri­vain. Par­fois je me suis même vu, assis­tant à l’horreur, pen­ser à com­ment j’allais pou­voir la racon­ter, plu­tôt que faire quelque chose contre l’horreur.

Hier, j’ai pris près d’une cen­taine de pho­tos dans un cime­tière. La photo que vous venez de voir, c’est un monu­ment funé­raire. Une tombe. Il y avait une tombe à côté d’un arbre. Dans l’arbre, il y avait un carillon à vent. Quelques pas plus loin, il y avait un banc en guise de tombe, avec le nom gravé un petit peu comme un graf­fiti. Au banc était accro­ché un gant de boxe.

En face, il y avait des tombes de gamins. Il y avait un «à mon frère jumeau» Jimmy. Il y avait des tor­tues ninja, des mou­lins à vent, des petites voi­tures. Et après ce quar­tier du cime­tière, j’ai eu envie de ren­trer à la mai­son. La plu­part des pho­tos que j’ai faites, à par­tir de moment où les larmes me sont venues, que j’avais ima­gi­nées émou­vantes et belles, ne sont pas celles que j’avais dans la tête au moment où je les ai prises.

Il faut que je travaille.

Je sais. Ce que vous lisez n’a ni queue ni tête. Sur­tout pour moi. C’est la preuve que je n’ai pas encore besoin de rap­pel contre la cer­ti­tude. C’est pro­ba­ble­ment une bonne nouvelle.

Aujourd’hui, si j’ai le cou­rage, entre deux migraines, j’irai faire des pho­tos avec mon appa­reil. Comme un pois­son dans l’eau …

Le fournisseur citoyen …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 20 juil 2007 à 19:05


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Pré­am­bule : la photo montre le bâti­ment du ser­vice «clien­tèle» de la société Vat­ten­fall, qui est main­te­nant la ver­sion pri­va­ti­sée de l’ex BEWAG, qui dis­tri­buait à Ber­lin, entre autres choses, l’électricité. Vat­ten­fall contrôle (par dif­fé­rentes fusions) une par­tie de l’électricité natio­nale, et gère entre autres plu­sieurs cen­trales nucléaires.

Aaah, le ser­vice clien­tèle de Vattenfall …

Main­te­nant que l’électricité est pri­va­ti­sée, on a le choix entre plu­sieurs four­nis­seurs. Mais en ce moment, une vague de fac­tures «Vat­ten­fall» s’abat sur les clients d’autres four­nis­seurs. L’histoire que je vais vous racon­ter s’est pro­duite, se pro­duit, et va se pro­duire chez des mil­liers de gens à Ber­lin et dans le land de Brandenburg.

Oups.

Donc : nous avons reçu il y a quelques semaines de Vat­ten­fall une fac­ture pha­ra­mi­neuse. Nous n’avons pas de compte chez Vat­ten­fall. Dans notre cas, c’est un petit peu com­pli­qué, mais essayez de suivre. Pour tout un tas de rai­sons, c’est l’avocat de Viola qui est titu­laire de notre contrat d’électricité, et qui le paye tout à fait régu­liè­re­ment, chez «Yello Strom».

Lorsque nous avons reçu la pre­mière fac­ture, nous nous sommes ren­dus chez Vat­ten­fall, his­toire d’essayer de leur expli­quer qu’il y avait erreur. Le mon­sieur que nous avons vu nous a expli­qué que nous avions tort, que nous avions bel et bien un contrat chez eux, et qu’on leur devait des sous. Tiens, à la réflexion, un type de Vat­ten­fall s’était bien pré­senté chez nous vers décembre pour rele­ver le comp­teur. Natu­rel­le­ment, nous avons reçu une seconde fac­ture, mise à jour (lire : plus chère), avec une mise à demeure.

Après quelques coups de fil, on a envoyé toute cette merde chez l’avocat qui s’est déplacé en per­sonne pour arran­ger le fourbi avec Vat­ten­fall. Il a reçu toutes les assu­rances que cette erreur n’aurait pas de consé­quences pour nous. On a conti­nué à rece­voir des lettres, mais sur le conseil de notre avo­cat, nous les avons conscien­cieu­se­ment ignorées.

Et mer­credi, en ren­trant de chez le juge (depar­te­ment «social»), on a trouvé l’électricité coupée.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGL !

Du coup, Viola s’est «un petit peu» fâchée, et a appelé Vat­ten­fall. Elle était d’autant fâchée parce que Vat­ten­fall avait omis de nous pré­ve­nir. La loi leur impose d’écrire deux semaines (sur carte pos­tale) avant de venir. Comme ils n’avaient pas écrit, à la base, ils étaient en tort. En plus on était pas là, et ils n’avaient pas le droit de cou­per. On aurait du trou­ver dans la boite à lettres une autre carte postale.

Donc Viola, au télé­phone, a uti­lisé la mitrailleuse, sans pré­avis, et pour net­toyer le ter­rain, a aussi uti­lisé le napalm. Elle a obtenu qu’on noue envoie «immé­dia­te­ment» quelqu’un pour nous remettre le cou­rant. Dans la fou­lée, Viola a appelé son avo­cat lequel, fou de rage, est parti chez Vattenfall.

Ça aurait s’arrêter lá.

Mais non : le type qui est venu le cou­rant était celui qui était venu le cou­per. Et il s’est enquis auprès de Viola si elle savait par hasard ou il pour­rait trou­ver mon­sieur B. Et «B.», c’était le mari de Viola, dont elle a divorcé. Et du coup, curieuse, Viola demande au type pour­quoi il demande ça…

Et il nous raconte sa vie. Lui, il tra­vaille dans une boite d’encaissement. Il a un contrat avec Vat­ten­fall. Il cher­chait mon­sieur «B.», et il est entre autres allé le cher­cher sur son der­nier domi­cile connu (il est recher­ché). C’est la mai­son que le juge a fait vendre au fin de l’année der­nière. Le type, quand il s’est pré­senté, mer­credi matin, a là-​​bas trouvé des ouvriers en train de réno­ver la mai­son. Le chef de chan­tier lui a mon­tré les papiers expli­quant que le pro­prié­taire de la mai­son était main­te­nant la «Deutsche Bank». Mais il ne s’est pas dégon­flé, ce con : il leur a coupé le cou­rant aussi.

On peut sup­po­ser que les avo­cats de la Deutsche Bank ont trouvé ça très moyen­ne­ment drôle …

Pour nous, ça c’est fini rapi­de­ment (deux heures) et sans frais. Mais comme Vat­ten­fall a envoyé des mil­liers de fac­tures à des gens chez les­quels ils n’avaient pas de compte, les boites d’encaissement ont coupé, coupé, et coupé.

Natu­rel­le­ment, pour remettre le cou­rant, Vat­ten­fall réclame de l’argent, qu’il est géné­ra­le­ment impos­sible de récu­pé­rer. C’est une petite arnaque qui marche bien rond.

Non ?

Berlin, la ville qui réfléchit …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 8 juil 2007 à 18:39


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Le «centre» de Ber­lin (j’ai envie de dire «les centres» de Ber­lin) se cherche. Le «ton» archi­tec­tu­ral ne se trouve pas par­tout. Le long de la Spree, une des nom­breuses voies d’eau qui tra­versent Ber­lin, le ton com­mence à se don­ner. Je ne peux pas dire que je suis un fan du ton en ques­tion, mais au moins il y a un ton. C’est très vitré, si vous voyez ce que je veux dire.

Par­fois je m’entends à par­ler en «vieux con», avec comme leit­mo­tiv «c’était mieux avant».

Le pro­blème, c’est qu’en géné­ral, c’était vrai­ment mieux avant. Le «moderne», des fois c’est réussi, des fois c’est raté. Par exemple, à Paris, le Louvre nou­veau me plait beau­coup. Alors que le déjà «ancien» Beau­bourg … bon, je vous laisse ima­gi­ner ce que j’en pense.

Ber­lin se cherche …

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