La voiture de rêves …

Elle rêve de partout. Sur le toit, sur le côté, sur la capot arrière, sur le pare-chocs arrière … c’est presque autant une collection de cartes postales qu’une voiture.
C’est une Opel Kapitän, des années 50.

Elle rêve de partout. Sur le toit, sur le côté, sur la capot arrière, sur le pare-chocs arrière … c’est presque autant une collection de cartes postales qu’une voiture.
C’est une Opel Kapitän, des années 50.

Comment titrer, puis légender une photo comme celle-ci ? Ou, plutôt comment bien titrer et légender une photo comme celle-ci ?
Je me pose la question, parce que cette photo me touche, et que je ne voudrais pas la «rater».
La première idée, c’est le classique : «sans commentaire». C’est attirant. Ça permet de laisser la photo parler d’elle même. Mais à qui ? Je veux dire, et si celui / celle qui regarde la photo n’y voit pas ce que j’y ai vu ?
Alors je suis obligé de me poser quelques questions. En vrac : est-ce que mes photos doivent absolument être vues de la même façon que par moi, et plus particulièrement cette photo ?
Est-ce que mes photos, et par extension les photos viennent avec le commentaire, ou est-ce qu’il peut être laissé à la disposition du «lecteur» ?
La seconde idée, évidemment, c’est de tenter de trouver les mots justes pour laisse le lecteur dans l’état où j’étais quand il est arrivé, c’est à dire plus ou moins dans l’état dans lequel j’étais moi-même quand j’ai décidé de prendre la photo. Au risque d’essuyer un ricanement basé sur un commentaire genre «idée de chiottes» …
Je pourrais succomber à la tentation de me mettre à blablater au sujet des idées numéro un et deux. Ahum … trop tard …
Le «sujet» de la photo, c’est le monument dédié à la victoire de l’Armée Rouge face à l’Allemagne en 1945. Ou peut-être (je ne sais pas lire le russe) dédié aux victimes de la guerre.
Le «sujet» c’est la guerre.
Le «sujet» c’est l’idée d’un monument à la guerre et ses visiteurs.
Le «sujet» c’est une tâche ignoble, rouge. Dégueulis, couleur sang, couleur mort, couleur indifférence, couleur fiesta, couleur «à la prochaine».
Pas si facile …

Nous ne sortirons pas la France de la situation qui fait souffrir tant de femmes et d’hommes qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux et pas des guerres de partis. Nous n’en sortirons pas sans un changement profond. Ceux-là, ces millions de citoyens ont voulu qu’on ne raconte pas d’histoire au pays, que l’on ne fasse pas de fausses promesses, qu’on les regarde comme des citoyens c’est-à-dire comme des responsables. Cette espérance que nous avons fait naître, j’en ai la charge, je ne l’abandonnerai pas, ni une minute, ni une seconde pendant les jours, les semaines et les mois qui viennent. J’aime cette espérance. Je mettrai toutes mes forces à rénover la politique française. Je l’ai rénovée hier, je la rénoverai demain. Je n’abandonnerai aucune de ces convictions. Je ne reviendrai pas en arrière.
François Bayrou, au soir du premier acte de la farce républicaine
Sur cette photo, le centre est flou. Les gens au centre sont flous. Alors que le plan d’ensemble est, lui, parfaitement net.
Pourquoi ?
Ça s’explique très facilement. Je voulais la photo du beau bateau avec les voiles qui symbolisaient l’Europe. Et le tout était sur un bus. Et le bus bougeait. Alors j’ai bougé mon objectif à la vitesse nécessaire pour suivre le bateau. Le centre, lui, est resté immobile.
Vous voyez ce que je veux dire, je pense…
À la réflexion, j’ai, dans le temps, joué avec un culbuto. Quand on se tient debout, on a un meilleur équilibre quand on a les jambes écartées que quand on a les jambes serrées.
J’espère que voyez ce que je veux dire.

Je continue à faire le pari de l’intelligence des français et je refuse de cultiver les peurs. Il s’agit de mettre la priorité sur l’éducation, de consolider les familles, d’épauler les plus fragiles et notamment nos anciens et les personnes en situation de handicap, dont les conditions de vie se sont gravement détériorées au cours de ces cinq dernières années.
J’entends instaurer des règles justes dans la mondialisation, maintenir en France nos centres de décision et notre tissu industriel, refuser la régression sociale qu’entraînerait l’abandon à un libéralisme effréné.
Nous ferons de l’emploi tous ensemble notre combat principal et nous le gagnerons avec des entreprises performantes et conquérantes, qui respectent les salariés, grâce à une démocratie sociale rénovée.Ségolène Royal, au soir du premier acte de la farce républicaine.
Avouez, tout de même, que le language visuel est plus clair. Si on compare la photo avec la précédente, la différence entre les deux acteurs de la farce républicaine est évidente : l’un des acteurs a plus de puissance de feu, et de la jolie couleur.
Mais au final, le discours est le même : ouvrir les vannes, et tout laver au jet.
La France lavera plus blanc, Plus rien à voir. Seuls ceux qui auront la force de résister au jet pourront continuer à vivre comme si ils n’avaient rien vu. Ceux qui n’auront pas réussi à résister, d’abord pas riches, puis pauvres, puis criminalisés au fil des lois à venir, seront escamotés de la vue des «citoyens».
Vous avez le droit, et même le devoir, de prendre leur place sur la scène de la farce républicaine. Mais n’oubliez pas : même les acteurs vedettes ne sont que des acteurs. Interchangeables. Le seul qui ne bouge, c’est le metteur en scène. Si vous avez envie de gueuler, c’est à lui qu’il faut s’en prendre.

Je veux parler à tous ceux que la vie a brisés, aux accidentés de la vie, à ceux qu’elle a usés, à ceux qui sont dans la détresse. Je veux parler aux malades, aux handicapés, aux personnes âgées, à ceux qu’une pression trop forte a épuisés, à ceux qui ont trop souffert. Je veux leur redonner de l’espérance. Je veux leur dire que la France dont je rêve est une France qui ne laisse tomber personne, une France qui est comme une famille où le plus faible, le plus vulnérable, le plus fragile a droit a autant d’amour, autant de respect, autant d’attention que le plus fort, une France où même dans celui qui n’a plus de force on reconnaît la dignité de l’homme et du citoyen.
Nicolas Sarkozy, au soir du premier acte de la farce républicaine.
Ne me remerciez pas. C’est tout naturel.

Non, mais sérieusement, ça vous fait vraiment rire ? Vous croyez que je n’ai que ça faire, de poser pour les touristes de l’Alexanderplatz ?
Notez que je ne suis pas la star, ici. Je serais plutôt un, disons … un détail. Un extra. Un figurant.
Mais ça ne va pas durer tout le vie, hein. Regardez, mon pote Xenu, qui est maintenant une star internationale, il a commencé ici aussi, hein. D’accord, il ne me parle plus depuis que ça marche pour lui, mais je peux comprendre. Quand je serai grand, moi aussi je serai Xenu !

Rien de personnel, hein, monsieur Touristaki. C’est juste que j’aime pas ce genre d’appareils. Pourquoi ? Parce que ces appareils changent le regard des gens qui les utilisent.
Imaginez qu’on ait la machine dont tout le monde rêve, la machine pour enregistrer les rêves, et qu’on puisse voir les rêves de vacances de ces gens là. On ne verrait que leur appareil photo. Pour moi, c’est presque l’inverse de la photo. On est fixé sur son écran a lieu d’utiliser le viseur de son appareil pour cadrer ce qu’on veut prendre en photo. Quand je prends une photo, je ne vois que le sujet. Pas l’écran.
J’y peux rien. J’aime pas.

Je l’ai photographié dans son jardin, à Pankow. Spidermann ! Il habite à côté d’une prison, ce qui est logique : tant qu’à passer la moitié de ses nuits à rechercher des malfaisants, au moins ne passer l’autre moitié de la nuit sur le trajet entre la prison de destination et la maison.
Je vais essayer de le suivre la nuit du 30 au 31 mai : on dit que c’est le seul jour de l’année où Xenu fera une apparition publique, et je pense que Spidermann essaiera de l’arrêter cette nuit là.
Encore un scoop, un !

Ça sonne comme une pub pour Stimorol.
Enfin, non. Ça sonne exactement comme ceci : clac clac clac clac (ad libitum). Il paraît que c’est bon pour le corps, le cœur, et même l’âme. Ça guérit tout. Mais surtout, ça a l’air cool.
Depuis deux ans, les parcs, les trottoirs, les quais de métro (notre photo), sont envahis de hordes de bipèdes brandissant des … des bâtons. Des bâtons profilés, marketingués, et, surtout, vendus.
Et ils marchent à l’air de leurs bâtons, comme s’ils avaient des skis de fond (en anglais, le ski de fond s’appelle «nordic skiing», d’où le nom de la mode du moment : «nordic walking», en français dans le texte) . Et ils font du bruit. Clac-clac. Clac-clac. Ils ont l’air de cons. Des cohortes de bizarres insectes qui marchent sans but, en groupe.
La mode, ça ne s’invente pas …
Ça se vend.

Erreur de mise au prise de vue, et la photo est la bonne. Je voulais une photo de la rame de métro à travers «le feuillage», et j’ai totalement sous-estimé la vitesse de prise de vue. Si je l’avais prise «correctement», la photo aurait été totalement différente. En regardant la photo, à la maison, je me suis rendu compte qu’elle était la seule à mériter le détour …
Heureusement que le «photographe» en moi sait prendre le dessus sur le «touriste» que j’ai la conscience d’être. Ou vice-versa. C’est juste une question de vocabulaire, de point de vue. Aujourd’hui je suis content d’être, quelque soit son nom, celui qui –même involontairement– sait voir le printemps plus clairement que les migrations quotidiennes des caravanes du travail.
Demain ? On verra bien.

On avance, on avance, on avance.
C’est une évidence :
On a pas assez d’essence
Pour faire la route dans l’autre sens.
On avance.
Le petit homme nous dit : «enfin, on monte !». La pente, c’est le logo de l’ANPE, version allemande. Et en voyant, j’ai immédiatement pensé à la chanson de Souchon, on avance. Le tout représente assez fidèlement la situation d’une partie toujours plus importante de la population.
Par exemple, Telekom, le France Télécom d’ici, annonce qu’ils vont virer 50 000 personnes. Pour les reclasser. Ils feront le même boulot, avec Telekom, simplement pour quelqu’un d’autre. Nouveau patron, nouveau salaire, naturellement. On estime que ces 50 000 personnes devront en moyenne perdre 12% de leur salaire.
Tu la voyais pas comme ça ta vie,
Tapioca, potage et salsifis.
On va tous pareils, moyen, moyen…
Le père Souchon (là avec Le bagad de Lann Bihouë) était un observateur précoce de notre société.

Je ne fais *presque* jamais de photos «de rue». J’ai peur des gens. C’est pas des gens que j’ai peur, c’est éventuellement de leur réaction. Les sites de photo sur le net consacrent des dizaines d’articles à ce problème.
Mais là, je me suis laissé aller. Ho, de loin. J’ai un zoom qui me donne du 420 mm. Donc j’étais à facilement 20 mètres, elles ne m’ont probablement pas vu. Mais moi je les ai vues, et j’adore cette photo.
Amusant : quelques minutes plus tard, alors que je marchais dans le rue, sur un pont, il y avait un type assis avec son appareil. Je ne l’aurais jamais vu, remarqué, s’il n’avait pas bougé. Son objectif me suivait. Je lui ai fait un grand sourire.
C’est vrai, quoi, ça ne coûte pas cher. Et si c’était moi de l’autre côté de l’objectif, j’aimerais «savoir» que la seule réaction d’une personne que je cadre sera un grand sourire …

Je suis désolé. Vraiment.
Sans rire, hein.
Comment voulez-vous que j’aie quoi que ce soit à dire au sujet de cet élection qui va nous tomber dessus ? Les candidats sont tous nuls. Plus que nuls, ou plus exactement *moins* que nuls. Ils ne savent pas parler, et n’ont de toute façon rien à dire. Si seulement il pouvait y en avoir un qui sache parler, parler comme les politiciens d’avant … Où sont les Blum, Mendès France, Jaurès, ou même De Gaulle par exemple, qui pouvaient s’adresser à des foules, à les passionner, sans notes, sans micros, sans prompteur. Ils avaient le feu ! La hargne, la foi, l’éloquence. L’humanité.
Et nos candidats, avec leur machinerie de «communication», leurs portes-paroles, leurs oreillettes, leurs audiences surfiltrées sont incapables de me dire quoi que ce soit. Nous ne parlons pas la même langue, nous ne partageons pas le même monde.
François, reviens !

Je passe souvent sur cette ligne (le Ring), et je me suis dit des dizaines de fois que je voulais prendre cette photo. Je l’ai fait.
Pour la faire, ça n’a pas été aussi simple que je l’avais pensé. C’était en théorie facile : sortir de la gare, à gauche, et encore à gauche. Sauf que la première rue à gauche était l’entrée d’un centre commercial, et la seconde était un cul de sac. On est rentrés dans le parking de service du centre, et j’ai pris la photo au-dessus d’une clôture, seule solution pour avoir la vue de cet angle là.
Cet poste d’aiguillage (si c’en est un …) me fait penser au château d’un cargo. Et dans la révolution immobilière de Berlin, il y a de quoi rouler et tanguer … j’ai une nostalgie à chaque fois quand je passe dans ou à travers ces quartiers chamboulés, sans âme, sans caractére … c’est le bâteau ivre …

Le château de Charlottenburg a un parc magnifique. Sauf quand la pompe qui fait «marcher» la rivière ne marche pas …
Le question est : «pourquoi la pompe ne marche pas ?», et le drame est que la réponse est probablement : «c’est un problème d’argent …»
Et dans tout ça, Noisette a des problèmes d’hygiène …

Je vous présente Albert «au grand pied».
Peut-être était-il un fils bâtard de Berthe. De lui on ne sais pas grand-chose. Il est représenté armé d’une épée totalement anonyme. C’est tout vous dire. Tout héros digne de ce nom a une épée qui s’appelle, je sais pas, moi, «Trancharde», ou «Terreur».
Albert «au grand pied» a, en revanche un bouclier célèbre. Ce bouclier se nomme «Poularde».
Pour une raison ou une autre, Albert «au grand pied» n’est pas passé à la postérité. Il est remisé sur la façade d’une bibliothèque. C’est long, l’éternité, quand on a un bouclier qui s’appelle «Poularde» …

Voilà une petite balade garantie sans Xenu et sans aphasie. Mon pote Noisette m’a fait visiter son quartier. Dans le parc du château de Charlotte (Charlottenburg). C’est à deux pas du mausolée de la reine Louise, celle dont tout Berlin était (est encore) amoureux.

Noisette m’a montré le chemin de son appartement. Il m’a guidé pas à pas. Sérieusement, je n’ai jamais vu des animaux aussi familiers. Viola m’a dit que, pendant que j’étais accaparé par Noisette, une mésange s’est posée sur moi !

Bon, quand Noisette en a eu marre, il m’a fait «au revoir», et s’est couché dans son nid, là.

Pendant ce temps là, une mésange (la mésange ?) m’a suivi. Pas facile à photographier, elle. Mais j’ai fini par l’avoir …

En bas de l’arbre de Noisette, à un mètre de moi, il y avait un autre oiseau (modèle exact non connu), qui a très gentiment pris la pose.
Une chouette balade. [grand sourire]
Un petit bonus ?

Viola, surnommée «Idéfix», en plein bonheur. Je vous laisse deviner le pourquoi du surnom …

Il faisait beau, et j’avais le regard baladeur.
Mais j’ai rien à raconter. Pas même une quelconque Xenurie.
Tiens, je pourrais parler de mon aphasie …
Je pourrais en parler au passé, par exemple. Ça donnerait quelque chose du genre : «Il beau, et j’étais le raccord balllapeur baladeur.» C’était le bon temps. Le temps où j’étais tellement évidemment malade que personne ne s’inquiétait quand je massacrais un mot, ou une phrase.
Je pourrais en parler au présent, aussi. Je pourrais dire que ça fait près d’un quart d’heure que je sèche devant cette page, parce que je n’arrive pas à me souvenir à quoi j’ai pensé quand j’ai préparé cette photo, il y a –ah ah– un petit quart d’heure, et que, du coup, je fais du remplissage. Je pourrais aussi faire la part des choses, et vous dire que je n’hésite pas beaucoup pour écrire ce que vous lisez. J’ai fait des progrès impressionnants, en fait, et en plus ce matin, ils sont encore là. Ce n’est pas toujours le cas : régulièrement je me lève le matin sans savoir si je serai capable de dire (par opposition à «capable d’écrire», à l’écrit, le temps ne compte pas, alors mes phrases sont plus ou moins toujours –grammatiquement– parfaites) une phrase sans risquer de passer comme un … malade.
Tiens, je ne vous ai pas raconté ça. L’autre jour à la boulangerie, j’ai fait mon come out. J’ai expliqué à la vendeuse que j’étais étranger et aphasique. Elle, pas démontée, me répond : «ah, c’est un dialecte !»
Je pourrais vais devoir en parler au futur, de mon aphasie. Mais un autre jour … J’aime pas l’aphasie au futur.
Et j’ai toujours pas retrouvé mon idée de départ.