
Je chanterai la grandeur des réverbères berlinois. Sérieusement, les réverbères méritent notre respect.
Ça ne vous pas tape à l’œil ?

Comme souvent, c’est juste une question de perspective. Pourquoi est-ce qu’un réverbère ne pourrait-il pas prétendre au ciel, comme tout le monde ?
Marcher dans la rue, c’est pas forcement avec l’œil au raz du sol. En plus, on fait une bonne action, les réverbères sont contents. Si ça peut les aider à ignorer un peu les chiens …

Je ne sais pas toujours qui elle est. Après un réveil difficile, à peine un café, pas rasé, j’ai été tiré dehors pour m’occuper de cette affaire. Je me souviens de tout. L’horreur que j’ai éprouvée, mes remords à l’idée le tueur, la veille au soir, ça aurait pu être moi.
C’était il y a deux ans. J’ai interrogé des centaines de suspects. Et j’ai passé tellement de temps passé à parler aux anciennes collègues de la victime que j’ai pris 15 kilos.
Je vais demander à être dessaisi de l’affaire. Et je vais créer un club de soutien à pizzas anonymes.
Saleté de vie …

Pour ceux qui protestent (oui, protestent !) parce que je suis resté deux jours sans afficher quoi que ce soit, je tiens à déclarer, pour ma défense, que je n’ai jamais eu l’intention d’abandonner ce site.
Voilà.
J’étais très occupé à construire ma galerie de photos. Et elle n’est pas même encore finie. La galerie. J’ai découvert dans mes archives de chouettes photos que je vais pouvoir montrer. Parallèlement à ce site. C’est promis.
On fait la paix ?

Sur cette photo est dissimulé un navire furtif de la Bundesmarine (marine fédérale), dont on croit (c’est pour rire, hein …) qu’il est équipé des missiles nucléaires allemands clandestins, et qu’il a été baptisé dans le plus grand secret par Edmund Stoiber le «Angela Merkel» (on se demande laquelle de ces deux rumeurs est la plus effroyable).
Saurez-vous le reconnaître ?

Des fois que vous ayez des illusions à propos du temps du jour, cette photo est en fait du 5 septembre. Pour ceux qui auraient des illusions sur l’état de cette grue, sachez qu’elle va disparaître dans les mois à venir.
Il y en a six, des grues comme celle-ci, sur ce quai, et les entrepôts sont aussi voués à la disparation. Pour être remplacés … allons, je ne dois pas être méchante langue : je ne suis pas certain qu’ils seront remplacés par des programmes de logements de luxe.
C’est comme ça pour un immeuble que j’avais admiré l’année dernière, sur le Paul Lincke Ufer, à Kreuzberg. Il a laissé sa place à un truc qui ne ressemble à rien, mais où j’ai vu des photos des lofts, à l’étage, avec une place pour la voiture, tout aussi à l’étage.

C’est l’autre face. De la photo, de l’histoire, du photographe. Cinq petits pas en avant, et la photo raconte un histoire totalement différente.
En fait, ça me fait réfléchir. Oh, j’aimerais pouvoir dire que je savais que je photographiais des histoires différentes au moment où j’ai pris les photos. Mais non. C’est les regardant, à la maison. En fait, en repassant ce moment dans ma tête, je me rends compte que la première photo, c’est celle que j’avais vue. Celle-ci, dans ma tête, c’était seulement un autre angle de la photo d’origine. Et je n’avais pas vu l’histoire, plus forte, triste, presque violente.
On me demandait «où tu trouves ces photos ?». La question que je devrais me demander serait en fait «pourquoi est-ce que tu ne fais pas attention à ce que tu prends en photo ?».
Dans toute photo que je prends, il devrait y avoir une histoire, au moment où je la prends.
Si je ne me déplace pas, ne change de perspective, je peux prendre autant de photos que je veux (pour être certain que j’obtiens la photo que je vois dans ma tête). C’est bon, même. Mais si je fais ne serait-ce qu’un pas, il faut que j’apprenne à lâcher mon appareil, et que je regarde ce que je prends. Que j’écoute l’histoire que ma photo veut me raconter.
Ouais, je cause, je cause …

Est-ce qu’il n’est pas envisageable que je sois directement en contact avec Dieu ? Non, sérieusement. D’accord, je ne lui jamais directement parlé. Mais mes carreaux sont lavés chaque jour, et j’ai tous ses livres. Ces livres, ils ont été directement écrits pour moi.
Et puis il m’a crée directement à son image, non ?
Et puis après tout, tous les jours, par beau temps, il vient directement par la fenêtre. Vous voyez bien que je suis directement en contact avec lui.
Je vais faire laver mes carreaux encore une fois. C’est parce que j’ai les carreaux les plus propres que je suis l’Élu. Personne ne voit Dieu aussi clairement que moi.

Ben voilà. Tout ce que je peux faire, c’est d’attendre.
Oui, je sais : l’éternité. L’ineffable. Et tout le toutim.
Seulement, figurez-vous, j’en ai plein l’auréole. Si j’ose dire.
C’est vrai, quoi.
Bon, alors ? Ça vient ?
GABRIEL, TU DESCENDS, OUI OU NON ?

Détail d’un bas-relief. Ce sont deux soldats. Sortis de la Grande Boucherie. Avec tant d’autres, ils ont erré pour tenter d’apprendre à revivre.
Ces deux-là nous sont montrés dans l’allégorie de la révolution.
Avec tant d’autres, ils ont erré …

Qui veut un morceau de l’Authentique Palais de la République : ? Qui en n’veut : ? Quiiiii n’en veut : ?
Il y a, en face du chantier, une tribune, à laquelle on peut monter pour regarder la destruction du siège de l’ancienne RDA. Il y a deux sortes de gens sur cette tribune : les touristes (on les reconnaît à l’appareil photo), et les nostalgiques. J’en ai regardé un. Il était visiblement fâché. Au début des chantiers, il y avait eu un vague mouvement de protestation, mais jamais rien de sérieux.
Cet immeuble était abominable (je ne parle pas du contenu), et je suis bien content de le voir dégager. En échange, on va reconstruire le palais du roi (puis empereur) de Prusse, lequel avait été démoli par les communistes («kaboom», comme dit Viola) qui n’avaient pas apparemment trouvé d’autre monument à détruire pour mettre cette merde bouse remarquable réalisation architecture à la place.
Il semblerait que si la RDA, comme idée, a la vie dure, son symbole ne laissera pas beaucoup de regrets.

Je suis le Guetteur. Je dois protéger celui qui l’a mis là. Je reste. Je ne connais pas la nuit du jour, ni la pluie du soleil. Je suis seul. Je suis l’oublié, ou celui dont on se moque.
Je suis le Guetteur. Lorsque le temps finira, je serai encore là. Lorsque la terre mourra, je serai encore là.
Je suis le Guetteur. Ça fait tellement longtemps … j’ai oublié mon nom. Le nom de mon maître. Mais je reste là. Je ne sais plus au nom de quoi ou qui.
Je suis le Guetteur. Du haut de ma tour, je n’ose pas tourner le regard. Je ne vois pas les enfants qui jouent dans la pelouse en bas. Je les entends. J’entends aussi parfois des amants, ou des vieux.
Je suis le Guetteur. Et, quand j’y pense, j’ai un petit peur d’être mort depuis trop longtemps …

Petite promenade. On est passés devant le chantier de destruction du «palais de la république», la maison de l’ancienne RDA. Ils sont en train de le découper au chalumeau. Bon vent. C’était d’un laid, ce truc …
À défaut de faire disparaitre la RDA dans la tête des gens, ils sont en train de la rayer des cartes touristiques.
De l’autre côté de la rue, définitivement, la révolution prend la poussière.

Une des nombreuses plages de Berlin. En pleine forêt, une plage de rivière. Il y en a beaucoup.
À cette heure (et à cette date de l’année, peut-être), elle est vide. Il y a juste un héron qui fait un circuit entre la plate-forme, un embarcadère, et un endroit où il aime se baigner les pattes.
Mais il y a l’heure.
C’est une minute de vacances, visiblement. À savourer.

J’ai bu ? Ou quoi … je suis là à faire la fête pour la vapeur, et passe une fanfare avec les bottes, et les casques à pointes. Du coup, j’étais tellement scié que j’ai raté la photo.
Cela dit, je ne suis pas le seul à voir flou. Imaginez : j’ai appris hier que seulement 39% des berlinois pensent que Berlin est une ville unifiée. Il en reste donc 61% à prétendre qu’il y a bel et bien, malgré la disparition du mur, la frontière –au moins dans la tête– existe encore. Entre Berlin Ouest et Berlin Est.
Ça fout les foies. Sérieusement.

Je n’ai pas encore exactement atterri. Une journée tellement belle… le tout dans une ambiance absolument fabuleuse.
La fin de ma journée : un voyage (inattendu) dans un autorail (une micheline, si vous avez connu ça, en version allemande) conduite (et rénovée) par une association de fanatiques. Il faisait la nuit, on roulait sans lumières (dans la rame; il y avait des phares, hein…), ça donnait une impression très … «voyage». À chaque poste, il y avait des cheminots qui nous saluaient, on répondait «tchooooo!». On a contourné Berlin (du sud-est jusqu’au nord), et on nous a déposés au terminus du S-Bahn. À refaire …
Rendez-vous pris le 11 novembre, pour un tour autour de Berlin, à la vapeur.