Au fond, il reste quoi ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le lun 31 Juil 2006 à 15:06

Il fai­sait chaud. L’endroit était désert. J’aimais bien la «cha­leur» de la cou­leur. J’ai regar­dé le cadre, j’ai tâté les machins pour tes­ter la lumière, choi­si mon ouver­ture, ma vitesse. Et puis j’ai pris la pho­to.

Sur le moment, les mots : «soli­tude», «attente», ou «ennui» ne me sont pas venus à l’esprit. Ma pho­to était tout aus­si déserte que l’endroit que j’ai pho­to­gra­phié.

Et aujourd’hui, au moment de publier la pho­to, je me sur­prends à me deman­der si je n’aurais pas pu faire une pho­to plus belle, en pen­sant à celui ou celle qui avait aban­don­né son gobe­let de café, avait peut-être atten­du quelqu’un, ou lu un livre.

Le pire : je ne pour­rai jamais véri­fier.

Mais je crois que je devrais essayer de peu­pler mes pho­tos. Lais­ser les gens vivre dedans. Même les absents. Sur­tout les absents.

Le train déshumanisé …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 30 Juil 2006 à 10:57

Je me suis déci­dé, hier soir, à aller voir la nou­velle «Haupt­bahn­hof», gare prin­ci­pale de Ber­lin. À l’origine, elle était une magni­fique gare prus­sienne, et a «souf­fert» pen­dant la der­nière guerre. Elle s’appelait «Lehr­ter Bahn­hof». Elle sera fina­le­ment démo­lie en 1958. Il res­tait une annexe, la gare de «S-Bahn», le RER local. Celle là a été démo­lie pour lais­ser la place à la nou­velle.

Elle était à l’écart des axes de cir­cu­la­tion fer­ro­viaire. Mais main­te­nant, elle est la plaque tour­nante du tra­fic (d’énormes tun­nels ont été per­cés), et accueille le siège de la «Deutsche Bahn», la SNCF locale. Enfin cela dit, elle n’est pas (encore) connec­tée au métro. On ne peut (encore) pas tout avoir.

C’est du verre, de l’inox, et du béton. Et puis encore plus de verre, encore plus d’inox, et encore plus de béton. Trois pla­te­formes de 8 voies cha­cunes, super­po­sées. Les ascen­seurs sont des tubes de verre. Là des­sus, natu­rel­le­ment, gale­rie com­mer­ciale (verre, inox, béton plus néons).

C’est énorme, natu­rel­le­ment. C’est clin­quant, grouillant, mais sans âme ni vie. Pots­da­mer­plat­zé, en un mot. Le flux humain est opti­mi­sé. Le terme qui compte dans l’expression «flux humain» est natu­rel­le­ment «flux». L’humain, hein …

C’est un pro­jet vou­lu comme enthou­sias­mant, à la taille de la gloire du pays (à moins que ce soit l’inverse : à la gloire de la taille du pays). Moi, amou­reux du train, je trouve cette gare tota­le­ment dépri­mante.

Bonus : Bienvenue à Berlin !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 30 Juil 2006 à 00:26

Sans rire …

C’est l’histoire d’une gare qui ne veut pas mourir …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 29 Juil 2006 à 18:32

La Bahn­hof Zoo, la gare du zoo. Elle a plus ou moins tou­jours été la gare prin­ci­pale de Ber­lin. Incluant la paren­thèse «Ber­lin-Ouest».

Depuis le mois de Juin, Ber­lin a une nou­velle «Haupt­bah­nof». Encore une créa­tion futu­ris­tique et moderne. Mais j’en par­le­rai le jour où je me serai déci­dé à aller la voir. Depuis juin, donc, la gare du zoo est … à la retraite. Tout le tra­fic inter­na­tio­nal lui passe à tra­vers, au grand dam des voya­geurs habi­tués à prendre leurs trains là, en plain cœur de la ville.

La gare «ban­lieue» marche encore. Mais les Trains, avec la majus­cule, c’est à dire les trains grandes-lignes, sont rares. Du coup, les bou­tiques de la gare, jadis ouvertes nuit et jour, sont désertes, et /​ ou fer­mées. Même à 21 heures.

C’est triste, une gare qui meurt.

Un œil tout neuf … même deux.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 28 Juil 2006 à 17:22

Il nous faut de nou­velles idées. Des idées de nou­velles vies. De vies de nou­veaux créa­teurs. Des créa­teurs de nou­veaux humains …

Hou­la. Bon, on se calme.

Rédui­sons le cadre.

Et si tout sim­ple­ment pour avoir de nou­velles idées il suf­fi­sait de …

Hop la. Il y a un créa­teur qui a déci­dé de don­ner une nou­velle tête à un autre créa­teur. Le gamin, qui lui a déjà don­né, en attente de créa­tion, a l’air de dou­ter. Il semble avoir envie de dire qu’un œil nou­veau serait pro­ba­ble­ment beau­coup plus inté­res­sant qu’une nou­velle tête, pour ce qui est d’avoir de nou­velles idées.

Fau­drait confier les idées nou­velles à quelqu’un d’autre, aujourd’hui.

Je crois.

À vue … de nez.

Berlin n’EST pas…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Idiocratie,Journal — le jeu 27 Juil 2006 à 15:33

On est sur la fameuse Pots­da­mer Platz. Elle a été conçue et célé­brée comme le nou­veau et futur cœur de Ber­lin. Quand je l’ai vue pour la pre­mière fois, il y a près de 25 ans, de la fenêtre d’un métro sur une ligne exté­rieure, c’était un ter­rain vague, ou un no man’s land. Dans mon cœur, j’ai les images du film de Wen­ders «der Him­mel über Ber­lin», en fran­çais «les ailes du désir».

Et main­te­nant ?

Dans une scène magni­fique du film de Wen­ders, un ange accom­pa­gnait un vieil homme qui tra­ver­sait la Pots­da­mer Platz, per­du dans ses mémoires. Alors qu’il par­lait, tout seul, du no man’s land, avec dans la tête le Ber­lin des ruines de l’après-guerre, il était pour­tant pro­phé­tique. «Das kann doch nicht sein, das ist nicht der Pots­da­mer Platz. Das ist doch nicht möglich.» «C’est pas pos­sible, ce n’est pas la Pots­da­mer Platz. C’est tout de même pas pos­sible.»

Et main­te­nant …

C’est, au niveau humain, un no man’s land. Et pour­tant ça grouille. Tout est fac­tice, «construit». Per­sonne ne vit là, seul le busi­ness a droit de séjour. Les gens qui grouillent au niveau du sol ne sont là qu’en tran­sit s’ils sont ber­li­nois, ou là pour emplettes, des tou­ristes. Un petit mor­ceau du «Mur De Ber­lin», majus­cules inclues, est sup­po­sé sug­gé­rer l’introduction de l’humain. Mais, quand on regarde à quoi il est jux­ta­po­sé, qu’est-ce qu’on est sup­po­sé voir, ou res­sen­tir ?

La Pots­da­mer Platz, grouillante, est d’abord vide. Immense, et vide.

La pre­mière fois que j’ai vu la «Pots­da­mer Trash», la pou­belle du futur, j’ai pleu­ré. Ber­lin n’est pas.

L’adresse de Judas…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 26 Juil 2006 à 15:11

Les adresses ont plu­sieurs vies. Les chats en ont neuf, et on chu­chotte que les adresses en ont treize… mais chut !

Dieu n’est pas qui tu crois.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 25 Juil 2006 à 16:10

Ça avait com­men­cé quand le jeune George, qui grim­pait quatre à quatre l’escalier qui menait au par­vis de la cathé­drale, faillit tom­ber en se pre­nant les pieds dans un couf­fin. Un couf­fin appa­rem­ment aban­don­né là.

George, une fois la tra­jec­toire rec­ti­fiée, s’approcha de la porte, la main sor­tant déjà de la poche, clés à la main.

Du couf­fin, der­rière lui, une voix se fit entendre : «George, il faut qu’on cause.»

George tour­na la tête. Le par­vis était vide. Juste le couf­fin. Mais George savait très bien qu’aucun bébé tenant dans un couf­fin ne pou­vait par­ler. Il intro­dui­sit la clé dans la ser­rure.

«George, il faut qu’on cause !». George se figea. Le regard fixé sur la ser­rure, il répon­dit à la can­ton­nade : «je ne suis pas de ser­vice, repas­sez dans un quart d’heure…». Il res­ta immo­bile, comme atten­dant une implau­sible réponse. Puis il entrou­va la porte, et atten­dit encore quelques secondes.

Alors qu’il pas­sait le seuil de la porte, la voix se fit entendre à nou­veau, insis­tante : «George ? Ça va attendre long­temps ?»

George se retour­na, mar­cha réso­lu­ment droit sur le couf­fin, se pen­cha, et attra­pa le bébé qui se trou­vait dedans. Il le leva à la hau­teur de son regard, l’air méfiant.

Ils se regar­dèrent une petite minute. George prit la parole : «tu as les yeux bleus, je ne suis pas le père. Qu’est-ce que tu veux ?»

Le bébé gar­da le silence. Après une autre minute, George reprit la parole : «Bon, c’est pas tout ça, hein, mais j’ai du tra­vail. Va fal­loir que j’y aille.»

Il repo­sa le bébé dans le couf­fin, et, le lais­sant où il l’avait trou­vé, entra dans la cathé­drale, et fer­ma la porte. Ensuite, il mar­cha le long de l’allée, et se pla­ça devant l´autel. Il se signa négli­gem­ment, et tour­na la tête vers la plus grande des sta­tues : «excu­sez-moi pour le retard, Sei­gneur, il y avait un mou­tard à la porte.»

«George : il faut défi­ni­ti­ve­ment qu’on cause».

Les amateurs et les professionnels

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 24 Juil 2006 à 14:12

La règle veut que je ne publie que des pho­tos que j’ai prises moi-même. Cette pho­to ne viole pas la règle.

Deux popu­la­tions en prennent plein la tête, ces jours-ci. Live. Depuis en gros dix jours, liba­nais et israé­liens ont peur, et meurent. Le reste, c’est juste une his­toire de chiffres. Hors du live, en Pales­tine, on meurt aus­si.

Le Hez­bol­lah crache sur le nord d’Israël, et les Israé­liens crachent sur le Liban. Le reste, encore, est juste une his­toire de chiffres.

Pour­quoi, et qui a com­men­cé ? Nous. Le monde occi­den­tal. Une his­toire com­pli­quée de culpa­bi­li­tés et d’intérêts.

«Avant», j’aurais ren­voyé tous les pro­ta­go­nistes dos à dos. Main­te­nant, c’est plus dif­fi­cile.

Main­te­nant, pour moi, je ne sais plus dis­tin­guer les motifs des uns ou des autres, invo­qués pour jus­ti­fier le fait qu’ils tuent «l’autre».

Mais main­te­nant, pour moi, je sais dis­tin­guer les ama­teurs des pro­fes­sion­nels.

J’ai appris. J’ai vu les pro­fes­sion­nels à l’œuvre.

J’ai, nuit après nuit, sui­vi les hur­le­ments ter­ri­fiés des gamins, le long des tra­jets des chars.

J’ai, comme les autres, reclus pour des jours, ou des semaines, au rythme des couvre-feux, atten­du le jour où je pour­rais aller faire des courses, aller quelque part.

J’ai sui­vi des gamins qui ris­quaient chaque jour leur vie pour aller à l’école.

J’ai par­lé à leurs méde­cins : on en est à deux géné­ra­tions de «pipi au lit». La seule écoute d’un moteur la nuit pro­voque tous ceux qui l’entendent à se mettre à pis­ser au lit, à pleu­rer, hur­ler. Avec eux, les parents. Après, un jour ou l’autre, la vio­lence.

J’ai pas­sé un an et demi entre deux check­points. À me faire refou­ler, insul­ter. J’avais un pas­se­port : je n’avais pas droit à la vio­lence. Pour les autres…

Je pour­rais par­ler pen­dant des heures, sans jamais convaincre per­sonne.

Depuis plus de vingt ans, les Pales­ti­niens sont aux mains des pro­fes­sion­nels. Ils ripostent, en ama­teurs.

Les vic­times ne sont ni pro­fes­sion­nelles ni ama­trices.

C’est l’humain en moi, qui meurt un peu avec chaque vic­time. Elles sont toutes inno­centes.

Berlin EST

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 23 Juil 2006 à 19:50

Ber­lin Est est petit à petit effa­cé. C’est visible, et mon­tré. La façade sur la pho­to, c’est celle du «Palast der Repu­blik», le siège du pou­voir de l’ancienne RDA. On est en train de le détruire. Des­sus, le reflet de la «Fern­seh­turm», la tour de télé de la RDA, qui -elle- res­te­ra, mais qui est pour le moment maquillée, défi­gu­rée, aux cou­leurs de la «Tele­kom», spon­sor de la coupe du monde.

En quinze ans, la RDA a éte effa­cée de la carte, ou cachée, déna­tu­rée. Sauf en péri­phe­rie, où les cités dor­toirs, bien que rava­lées et colo­riées, sont car­rées, et radi­cales. Elles sont main­te­nant les bas­tions de la «gauche socia­liste» «natio­nale», dure, xéno­phobe, et vio­lente.

Plus vicieux : le Ber­lin «d’origine» est aus­si, quar­tier après quar­tier, hap­pé par la même méca­nique. Encore quelques années et Ber­lin sera juste une ville. Avec les mêmes enseignes, les mêmes chaînes, et les mêmes pré­oc­cu­pa­tions de notre belle civi­li­sa­tion. On détruit les villes, pour man­ger les hommes.

Ber­lin… pour com­bien ?

Un cinquantième thé prussien, avec des vrais petits morceaux de revanche dedans.….

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le sam 22 Juil 2006 à 15:08

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Je sais, ça ne sera la pho­to pré­fé­rée de per­sonne.

Mais, elle compte pour tout un tas de rai­sons. Lais­sez-moi vous énu­mé­rer les belles choses qu’il fau­drait avoir en tête quand on la regarde.

D’abord, la cou­ver­ture sur la pho­to est cellle de «The Confu­sion». C’est le tome II du «Barock Cycle» de Neal Ste­phen­son. C’est un livre abso­lu­ment mer­veilleux. Je l’ai déjà lu, mais ça c’est le pro­chain point. C’est le genre de livre dont je ne peux pas me pas­ser. C’est magni­fi­que­ment écrit, fabu­leu­se­ment docu­men­té, ça parle de mon monde. En plus, c’est sou­vent drôle. Pour avoir une idée du style de livre, lisez ceci, cri­tique du pre­mier tome.

Le second point, c’est que jus­te­ment je suis en train de le *re*lire. J’ai com­men­cé à relire le pre­mier tome en février. Le 6 février, j’étais en train de lire «Quick­sil­ver» quand j’ai été pris en traître par une attaque céré­brale, à laquelle je dois mon apha­sie. Mais le match retour a com­men­cé, et je mène au score : j’ai fini ce livre la semaine der­nière, et main­te­nant je suis dans «The Confu­sion». Ça me per­met d’apprécier le che­min par­cou­ru. Que c’est bon de pou­voir à nou­veau lire à ce niveau d’anglais… alors qu’il y a quatre mois je ne par­ve­nais pas à lire «Le Petit Nico­las».

Le troi­sième point, c’est ce qui est écrit sur la tasse. C’est ma tasse. Je l’ai choi­sie moi-même . À cause du texte écrit des­sus. En *alle­mand*. Je peux à nou­veau lire en alle­mand. Pas au même niveau qu’avant. Mais j’y vais. Sans la moindre hési­ta­tion. Pour la petite his­toire, voi­là ce que dit la tasse, ou plus exac­te­ment ce que dit Bis­marck sur la tasse :

avec les pires lois
mais de bons fonc­tion­naires
on est tou­jours pos­sible de gou­ver­ner
mais avec de mau­vais fonc­tion­naires
même les meilleurs lois n’aident pas

Je l’ai choi­sie, la tasse. Oui. Moi. Du Bis­marck.

Le qua­trième point, c’est que j’ai pris cette pho­to sans flash, grâce à mon nou­veau pied. Je sais, ça vous en fait une belle. Mais pour moi, ça m’ouvre de nou­velles pers­pec­tives. De nou­veaux cadrages.

Ce livre, même sans par­ler de sa taille (815 pages), c’est une borne. Et aujourd’hui, vous voyez ma cin­quan­tième pho­to, et lisez mon cin­quan­tième texte.

Une belle, et heu­reuse borne.

Gotan Luxemburger…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 21 Juil 2006 à 17:56

Dans les oreilles La Revan­cha Del Tan­go. Dans l’œil, un dan­seur trou­vé sur une place de Luxem­bourg. Ça parle de soi même.

C’est envoû­tant. J’écoute Gotan Pro­ject depuis un an, et j’ai pris cette pho­to il y a tout juste trois mois. C’est éton­nant qu’il m’aie fal­lu aus­si long­temps pour les réunir.

Essayez…

Un peu de vocabulaire…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 20 Juil 2006 à 18:04

Ban­quier, assu­reur, fonc­tion­naire du minis­tère du tra­vail…

C’est chouette de retrou­ver des mots oubliés. Juste une pho­to, et hop, ça défile dans ma tête !

Y’en a d’autres : huis­sier, minis­tère de la san­té, avo­cat, gref­fier, pre­mier ministre, ministre, secré­taire d’état, fesse de maro­quin, gui­che­tier, pédé­gé, agent de change…

Ça, c’est de la thé­ra­pie !

Sans rire, j’ai plus rien contre les vau­tours, depuis que je trouve que celui-là a une tête à me bouf­fer l’aphasie de la tête.

J’le lâcherai pas !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 19 Juil 2006 à 18:31

J’pensais le tenir, le salaud. Et juste avant que l’arbitre ait comp­té jusqu’à trois, il a réus­si à bou­ger.

Et je ne vas pas lais­ser tom­ber. Le salaud, c’est (c’était, de fait) mon employeur. Il m’a viré. Alors que j’étais juste sor­ti de l’hôpital. Ça, ça agace, croyez-moi.

Alors aujourd’hui c’était le pro­cès. Et c’est à recom­men­cer. Et ça aus­si, ça agace. Sérieu­se­ment. J’espère que j’aurai un nou­veau juge — euh… un nou­vel arbitre. Et après, le salaud, je l’écrase.

Ce que je suis bon, en méta­phores, hein ?

Si je veux. Et toc.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 18 Juil 2006 à 18:27

Je sais que j’ai l’air d’un con. Qu’est-ce que vous croyez, hein ? Que j’aime pas­ser ma vie à attendre qu’elle me laisse ren­trer ?

La femme dans la mai­son fait sem­blant de m’ignorer. Mais à l’intérieur, je sais qu’elle pense à moi tout le temps. Mais je ne céde­rai pas le pre­mier. Ça fait plus d’un siècle que j’attends, je ne vais pas aban­don­ner main­te­nant, tout de même ! Je ne la regarde même plus. Enfin bon, de temps en temps, tout de même. Sinon je fini­rais par ne plus me sou­ve­nir de quoi elle a l’air. La der­nière fois que j’ai regar­dé, j’ai eu même un doute. Si seule­ment elle pou­vait rou­vrir la fenêtre, même en fai­sant sem­blant de ne pas le faire exprès, et me lais­ser ren­trer…

Mais je ne céde­rai pas. Je res­te­rai tant que je le vou­drai.

Saute en l’air …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 17 Juil 2006 à 20:24

C’est pas sou­vent que j’emprunte, mais là, il faut…

J’ai tout com­pris. C’est une hor­reur.
La terre est un aspi­ra­teur
Qui veut not’corps, l’aspire, l’espère.
Elle te désire. Te laisse pas faire.
Saute en l’air…

C’est Alain Sou­chon. Ça fait 23 ans que j’ai cette chan­son (saute en l’air) dans la tête, et même par­fois dans la voix.

Et une fois, cette fois, dans le viseur. J’me suis pas lais­sé faire. J’ai sau­té sur l’bouton.

Songerie arrosée

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 16 Juil 2006 à 20:15

J’ai dû avoir trop bu. Qu’est-ce que je fais là, à oil­pé, dans l’eau, avec le plat à san­gria sur la tête ? J’avais bu, c’est sûr. J’avais tout pour moi. On me disait que j’étais un superbe maté­riel. J’aurais pu être une colonne sur un temple, ou un mor­ceau de sol dans un buil­ding de luxe. Et main­te­nant on me fait pas­ser pour une soif­farde, en plus.

Le comble, c’est les tou­ristes qui défilent pour me prendre la tête. En pho­tos.

Il est frais, mon poisson !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le sam 15 Juil 2006 à 22:08

C’est une des pre­mières pho­tos que j’ai prises avec mon Lumix. Un joli pois­son attra­pé sur la porte d’une église. Aprés de longues recherches, j’ai réus­si à iden­ti­fier la bête : Moz­za­rel­lus Ronal­di­num, fami­lier des rivières à l’époque de la construc­tion de l’église de Sankt Wen­del.

Au flash, la pho­to, tout de même. Une pho­to dont je suis assez fier, même si je concède faci­le­ment que la légende … sent un peu sous les bras.

Le maître de diction

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le ven 14 Juil 2006 à 15:53

Le jeune homme était à la recherche de sa dic­tion pas­sée. Un soir, qu’il pas­sait devant une fon­taine, il se vit héler par un homme : «Jeune homme, quel est ton nom ?», deman­da-t-il.

Le jeune homme à la recherche de sa dic­tion pas­sée répon­dit : «Je m’appelle Morez­zol­la, euh, Moral­le­zo, euh…»

Le jeune homme fixa son regard sur l’homme, avec l’air implo­rant. L’homme s’approcha de lui et lui par­la : «essaye encore, jeune homme»

Le jeune homme à la recherche de sa dic­tion per­due se lan­ça : «Maz­zol­le­ra, non, Mol­la­rezz, non… Mo… Mo…». Comme sai­si [par] d’une illu­mi­na­tion, il fouilla dans sa poche, et don­na à l’homme le seul papier qu’il avait : l’enveloppe d’une lettre que sa mère lui avait envoyée.

L’homme regar­da l’adresse. Le jeune homme s’appelait «Moz­za­rel­la Ronal­din­ho». L’homme prit un crayon, bif­fa la ligne, écri­vit quelque chose, et ten­dit l’enveloppe au jeune homme, en lui disant : «jeune homme, dis-moi ton nom.»

Le jeune homme, appré­hen­dant, regar­da le papier, prit son élan, et se lan­ça : «Mar­cel Roland». Et il se pros­ter­na aux pieds de l’homme qui venait de lui rendre sa dic­tion.

Je rince, ou je dégoutte ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 13 Juil 2006 à 21:21

Quand on crache, à un moment ou l’autre, on se fait mouiller.

Abso­lu­ment *aucun* lien avec ce qui se passe en ce moment au Moyen-Orient. C’est pro­mis. C’est juste que quand on crache beau­coup, on finit tou­jours par se faire rin­cer. Aucun rap­port.

Deman­dez donc au lion…

Déphasés…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 12 Juil 2006 à 12:41

Ber­lin est une ville sur­pre­nante. Sou­vent.

C’est une des rai­sons qui me la fait aimer. À ma pre­mière visite, Ber­lin était dingue. Plus que dingue. Par­ty à plein temps. La ville ne fer­mait jamais. J’ai, à tra­vers un grillage, assis­té, en pleine nuit, à une parade de sol­dats. Russes. Et en repar­tant je me suis ache­té une glace. Je n’ai com­pris le com­por­te­ment des ber­li­nois que le jour où j’ai réa­li­sé que je pou­vais mar­cher à tra­vers la ville tant que je vou­lais, et que je ne pou­vais arri­ver nulle-part. J’arrivais tou­jours au Mur. Ber­lin était une gigan­tesque pri­son (cer­tains auraient dit, à l’époque, que Ber­lin était en vrai la ville libre, et le reste du pays était une pri­son, et ça peut se dis­cu­ter). Mais bon…

À ma seconde visite, la ville était entre deux eaux, 6 mois après la chute du mur. Cette fois, c’était par­ty à plein temps puisque ni un côté ou l’autre n’était plus en pri­son. Notez qu’à l’époque je me disais que le seul à avoir été vrai­ment libé­ré, c’était l’argent. Mais bon…

Main­te­nant, il y en a qui collent des affiches cla­mant «vive la bour­geoi­sie». On a défi­ni­ti­ve­ment été libé­rés. Plus de doute.

Touche pas au temps, malheureux !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 11 Juil 2006 à 16:00

Ça veut quoi dire, de toute façon, hein ? 40, ou 42 ans ? Douze heures treize ou seize heures vingt-sept ? Le temps meurt. Même les pigeons ne sont pas à l’abri.

Sur­tout les pigeons.

Tous les pigeons, tou­jours à cou­rir après à une minute (oreillette blue­tooth à la dent, pour ne pas rater un appel pen­dant son jog­ging), à cou­rir après un métro, un feu vert. Tous les pigeons qui espèrent tri­cher le temps en tor­tu­rant leur corps sur une machine à cou­rir en vitrine, ou en se pei­gnant ou se char­cu­tant le corps en trompe l’œil.

Touche pas au temps. Fous-lui la paix. Laisse-le mou­rir. À son rythme.

Mozarella Ronaldinho — le Aphasix Remix

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le sam 8 Juil 2006 à 16:41

Il m’a fal­lu près d’un mois pour réus­sir à dire «aéro­port». Et ça va faire trois semaines que j’ânonne «Rober­to Car­los», «Ronal­din­ho» ( j’avais à la base écrit ça « Rol­da­ni­ho », heu­reu­se­ment que j’ai relu…), ou Moza­rel­la.

Il faut écrire (lire) ce que je dis (écris) avec un peu de recul. Une dose d’humour aide. L’autre jour j’ai com­man­dé un «latte Ronal­din­ho» au lieu de «latte machiat­to», rien que parce que je ne pou­vais en pro­non­cer qu’un des deux.

À vue d’œil, le châ­teau de Pots­dam est plein de sur­prises, cela dit.

Temps d’en finir …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le ven 7 Juil 2006 à 15:52

La coupe du monde, je la trouve un peu longue, à la fin. D’abord, parce que la par­tie de Ber­lin que je pré­fère est inac­ces­sible. Ou plus exac­te­ment, a été trans­for­mée en réserve pour les «fans». Dimanche après-midi on attend au moins deux mil­lions de per­sonnes sur la «Fan­meile», que j’appelle nor­ma­le­ment «ave­nue du 17 juin».

Pire : les arbres au long de l’avenue est en train de cre­ver en masse. Diag­nos­tic : abus d’urine. Ben oui : les fans, ça boit. Un max. Ha-ha-ha.

Et le «momu­ment» devant la Bran­den­bur­ger Tor, comme mon­tré sur la pho­to, hein, je vous épargne mon com­men­taire. Enfin : il part lun­di. Direc­tion Ham­bourg.

Vive­ment le retour de Ber­lin…

Recherche FLAK 88 mm ou analogue — faire offre

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 6 Juil 2006 à 14:33

Une page cultu­relle. En alle­mand, FLAK est une abbré­va­tion pour : Flug­zu­gabw­her­ka­none. En bon fran­çais : un canon de DCA. Le Flak 88 était *le* canon de DCA alle­mand dans le temps. Pour les ama­teurs, voir .

C’est pas que je suis deve­nu un his­to­rien de la guerre, hein. C’est juste que j’en veux un, de flak. Et qui marche. Si pos­sible.

Vous savez, habi­ter en bout de piste d’un aéro­port inter­na­tio­nal, ça ouvre la curio­si­té, au fur et à mesure qu’il fait chaud, et qu’on a le choix entre suer entre les fenêtres fer­mées ou deve­nir sourd entre les fenêtres ouvertes.

De la suite dans les idées … ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 5 Juil 2006 à 22:00

La vague de patrio­tisme qui avait défer­lé depuis le début de la coupe du monde avait par moments un drôle de goût. Arrière-goût, plus exac­te­ment. Mais avec l’élimination de l’Allemagne hier, j’ai pu consta­ter que l’arrière-goût était plus une impres­sion que quelque chose à sur­veiller. En fait, les Alle­mands, bien que déçus, ont réagi géné­ra­le­ment avec bonne humeur et humour.

Va fal­loir que je cause à mon char­cu­tier ita­lien.

Au moins, une bonne moi­tié des dra­peaux sont par­ti[e]s des voi­tures.

Allemagne 0 — 2 Italie …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 4 Juil 2006 à 23:55

La lumière est libre !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le lun 3 Juil 2006 à 20:08

La lumiére par­tage sa liber­té à toute per­sonne prête à prendre le temps d’apprendre. Apprendre à se libé­rer de la pri­son qu’est la pho­to­gra­phie.

Ça fait un moment que je constate que je passe plus de temps à réflé­chir sur la façon de prendre une pho­to qu’à regar­der. La pho­to­gra­phie est un outil, et pas un but en soit. Le but, au final, c’est de savoir regar­der. Quand je sau­rai vrai­ment regar­der, ma lumière sera libre.

Le nom de la rose

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le dim 2 Juil 2006 à 23:22

Je ne sais prendre de pho­tos de gens. Enfin; bien sûr, que je sais le faire. Mais je ne le fais pas, parce que je crois que je n’ai pas le droit.

Je ne parle pas de droit au niveau juri­dique, encore qu’il y a pro­ba­ble­ment un pro­blème à ce niveau. Je parle de droit au niveau «moral» (mot que je n’use qu’à défaut du terme adé­quat).

Par­fois, rare­ment, je prends une pho­to avec quelqu’un. Un incon­nu.

En fait, ma pho­to est vide. Où allait-il ? Pour­quoi ou pour qui ?

Le nègre de l’Empereur, et mon charcutier italien…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le sam 1 Juil 2006 à 08:53

Devant le châ­teau de Pots­dam… Non. Devant un des mul­tiples châ­teaux de Pots­dam… c’est mieux, non ? Donc : devant ce châ­teau, qui se trouve être le châ­teau de l’empereur Guillaume X (X comme dans « soit x l’inconnue », hein, pas comme dans « dix en latin ». Il n’y a jamais eu dix Guillaumes en Alle­magne. Faut pas décon­ner.) …

Je suis un petit confus, peut-être ? Bon. Allons droit au bout.

Devant le châ­teau de Pots­dam (voir plus haut), il y a une foul­ti­tude de sta­tues. Une bonne par­tie des sta­tues repré­sente des ange­lots. Nus. Orien­tés de façon à ce que, de sa fenêtre, l’empereur ait une foule de culs de petits gar­çons nus à voir. Mais je digresse encore…

Devant le châ­teau de Pots­dam, DONC, il y a une sta­tue que j’ai appe­lée «le nègre de l’empereur», pour une rai­son évi­dente. Et le nègre de l’empereur m’amène tout natu­rel­le­ment à par­ler de mon char­cu­tier ita­lien.

Mon char­cu­tier ita­lien, l’autre jour, ou plus exac­te­ment le len­de­main du match France — Espagne, m’a inter­pe­lé dans ces termes : «tu as [vu] le match Congo — Espagne hier ?». Alors que je levais un sour­cil inter­ro­ga­tif, il insis­tait : «autant de noirs dans une équipe, c’était l’équipe du Congo, non ?»

Mon gros pro­blème, ces jours-ci, c’est que c’est le seul char­cu­tier ita­lien avec de[s] pro­duits vrai­ment bons, dans le coin, et qu’en plus je l’aime bien. Mais *pour­quoi* mélan­ger le foot et la nour­ri­ture ? Hein ?

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