Au voleur !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le ven 30 Juin 2006 à 20:25

- D’abord, je l’ai pas volée, la noi­sette. Pas du tout. Je l’ai *trou­vée*.
 — Hé, ho… attends…
 — Elle n’était à per­sonne ! Je le jure ! Je peux te dire où je l’ai trou­vée !
 — Mais attends, j’en ai pas après à ta noi­sette !
 — Ah ! Bon ! (sou­pir) … bon, alors, qu’est-ce que tu veux ? Et c’est quoi, cette boîte que tu as à la main ?
 — C’est un appa­reil pho­to.
 — C’est quoi ?
 — Je prends ton image, avec la boîte, et je la ramène chez moi.
 — Tu *prends* quoi ? Voleur ! Voleur !

Moi je trouve que c’est pas voler. Mais bon, hein, c’est tou­jours une simple ques­tion de cir­cons­tances. Si c’était un gamin, au lieu d’un écu­reuil, ses parents pro­ba­ble­ment pour­raient m’accuser de vol d’image.

Bon, c’est déci­dé : le pro­chain écu­reuil, je lui demande sa per­mis­sion avant de prendre le pho­to.

Das Boot

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 29 Juin 2006 à 22:41

Cette après-midi, j’ai vu ce bâti­ment. Je le connais­sais déjà, mais je ne l’avais jamais vrai­ment vu, ou plu­tôt remar­qué, cet angle. Et quelques heures après, col­li­sion gra­phique : je vois pour la pre­mière fois le film Das Boot.

Je ne sais pas exac­te­ment je les relie, mais le fait est que je les relie. À vous de voir…

Tirer sur le pianiste — mais une seule fois ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le mer 28 Juin 2006 à 12:47

J’avais deux pho­tos de ce même pia­niste. La pre­mière, ins­tinc­tive. Sur cette pho­to, que vous voyez là, il man­quait un petit mor­ceau de la tête, alors j’ai déci­dé d’en prendre une seconde, en fai­sant atten­tion au cadre.

Le cadre était «par­fait», la tête est com­plète, il s’agissait des mêmes condi­tions de prise, et je me suis dit que c’était la bonne.

Et en fait, non. J’ai choi­si la pho­to «incom­plète». Le pire, c’est que je peux pas objec­ti­ve­ment dire pour­quoi j’aime celle là, et pas l’autre. Le «mou­ve­ment» (un mot pas facile à uti­li­ser quand on parle d’une sta­tue) n’est pas le même, ou quel­que­chose de ce genre.

Je ne devrais pro­ba­ble­ment pas en tirer une loi. Sou­vent, reprendre une pho­to donne de meilleurs résul­tats. Mais tout de même, je crois sou­vent que pour atteindre la cible, tirer à l’instinct est la bonne façon.

Ce qu’est j’aimerais, vrai­ment, c’est savoir pour­quoi.

Du tout bon…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mar 27 Juin 2006 à 12:48

Faut jamais oublier l’essentiel. Si on se laisse oublier ça, on ne va plus nulle-part. Et l’essentiel, c’est sous la main.

Attendez qu’on appelle votre nom…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le lun 26 Juin 2006 à 20:29

Par­fois, l’aphasie, ça fait pen­ser à ça : la salle d’attente du «Job Cen­ter» Rei­ni­cken­dorf. Après avoir patien­té dans la queue, on se trouve une salle comme ça. Dans le quar­tier « P — V ». Les gens ont au moins quelque chose en com­mun : un nom com­men­çant entre P et V.

Par­fois, je cherche un mot. Par­fois, je ne sais plus que la pre­mière lettre du mot dont j’ai besoin.

Avec ces gens, on atteint. On ne se parle, on ne se regarde que par en-des­sous. Par­fois, on est seul. On attend que quelqu’un appelle son nom.

Patience, c’est à vous ! Porc-épic, c’est à vous ! Pro­nom, c’est à vous ! Per­ti­nence… per­ti­nence ?

Mince ! J’ai bien failli rater mon mot !

Mémoires miroirs : histoire parallèle

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 25 Juin 2006 à 07:33

On regarde la vie par­fois de la fenêtre, mais par­fois aus­si dans la fenêtre. Dans la fenêtre de l’immeuble, pro­bable siège de je ne sais entre­prise à Ber­lin, je regarde la vie d’hier et la vie d’aujourd’hui, qui coexistent sans jamais se ren­con­trer.

La vie d’hier et d’aujourd’hui, c’est la Gedächt­nis­kirche, ou plu­tôt Kai­ser — Wil­helm — Gedächt­nis­kirche, pour lui don­ner son nom com­plet. C’est un mémo­rial. L’église d’hier, détruite pen­dant la guerre, com­plé­tée par l’église d’aujourd’hui. Entre les deux par­ties de l’église, dix mètres.

Et pour­tant, sur aucune facette, elles ne s’accordent, jamais. Entre la ruine de la guerre et le ruti­lant monstre de béton et de verre, je ne sais laquelle de ces deux églises me fait le plus peur.

Da Phasi Code

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le sam 24 Juin 2006 à 09:59

J’ai raté le train…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le ven 23 Juin 2006 à 18:58

Ça me fait tou­jours un peu mal, quand je vois quelque chose comme ça. Des rails de train, ça doit emme­ner les gens quelque part. C’est doit être vivant. C’est même la vie. C’est comme sur l’écorché d’une ville, la carte de cir­cu­la­tion.

Je suis des­cen­dé du S-Bahn à la sta­tion de Yorks­traße, et je suis pas­sé sous ce pont. Il y en 7 ou 8, des ponts, tous dans cet état, paral­lèles. C’était la des­serte de la gare Anhal­ter Bahn­hof. Elle a été anéan­tie pen­dant la guerre.

Je ne sais pas pour­quoi je passe tant de temps à essayer d’avoir des pho­tos de ves­tiges fer­ro­viaires. La plu­part du temps, je n’obtiens pas une pho­to qui me plaise. Je n’arrive pas à voir l’«âme», le fan­tôme, des trains d’hier.

L’homme triste…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le jeu 22 Juin 2006 à 22:58

Je le regarde pas­ser, tous les jours, sur mon che­min. C’est l’inconnu majus­cule, la vir­gule pas­sée à la ligne.

Les clés du paradis

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 22 Juin 2006 à 22:15

Pas de thème par­ti­cu­lier. La porte de l’église, ou celle de la langue, où est la dif­fé­rence, au fond …? Les portes sont, clas­si­que­ment, ouvertes ou fer­mées. Et lourdes, quand elles sont impor­tantes.

Le thème, sur­tout, c’est que c’est une chouette pho­to.

Je ne peux, et ne veux, pas être qu’aphasique. Ma rela­tion à l’écrit n’est qu’une facette de ce que j’explore ici. Ma rela­tion à l’image est tout aus­si impor­tante. Ma langue me lâche, j’en ai d’autres…

Objec­tif : par­ler.

Le voyeur aquatique…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mer 21 Juin 2006 à 22:55

Il n’y a pas que l’aphasie, dans la vie. Il y a la pho­to, aus­si. Et celle là, de pho­to, c’est pro­ba­ble­ment celle dont je suis le plus fier.

Ne pas prononcer le mot en « S »

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mer 21 Juin 2006 à 09:25

C’est pas de l’agacement, mais ça y res­semble. Beau­coup. Hier, je par­lais presque nor­ma­le­ment. Enfin jusqu’à la moi­tié de l’après-midi. Ensuite, au fil des coups de télé­phone (j’en ai eu *trois*), je me suis écou­té décli­ner.

Hier soir, je m’étais intro­ni­sé «ze king of ze fren­cheu lan­guage».

Et ce matin, je suis une bouse orale.

Mais main­te­nant, j’ai enfin vrai­ment com­pris et inté­gré que mon niveau de langue(s) dépend beau­coup de mon état, et notam­ment de mon état de fatigue. Ça paraît évident, mais vu par l’intéressé, ce n’est pas si simple. Apha­sie ou pas, j’ai ten­dance à consi­dé­rer ma langue comme un acquis.

Mais j’ai com­pris. J’ai com­pris qu’une ses­sion de tra­vail, ça me fatigue, et que par­fois, mon lan­gage peut pro­vi­soi­re­ment me faire mal. Mon état de stress influe ma langue. La cha­leur peut influer ma langue.

Du coup, si ça ne res­semble qu’à de l’agacement, c’est un pro­grès. Il y a quelques semaines, face à un déclin de ce type, ça aurait pro­ba­ble­ment sou­vent res­sem­blé à de l’abattement.

Et pour qui me connaît, l’agacement, c’est car­ré­ment une bonne nou­velle. Du coup, musique à fond, The Way Up, en plus.

D’un chien. Je vais me réci­ter du Molière, tiens. Non mais !

Si je ne suis pas sur la voie de la sagesse, hein, c’est quoi ?

Mémoire braguette, bitte…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mar 20 Juin 2006 à 12:47

Ein Schus­ter­junge und ein Baguette Bröt­chen, bitte…

C’est ma liste de courses du matin.

Ça fait deux mois que je tra­vaille ça. 5 jours par semaine, lun­di — ven­dre­di, entre 07:00 et 07:10 (ben oui, il faut qu’on parte tôt pour arri­ver chez l’orthophoniste à temps).

Eh bien c’est rare que j’arrive à dire ça sans me plan­ter. Pour­tant, sur le che­min, entre la mai­son et la bou­lan­ge­rie, je répète, plu­sieurs fois.

Est-ce que c’est un pro­blème de mémoire à court terme ?

Voyons. Une fois que je suis chez mon ortho­pho­niste, elle me dicte des listes de mots. En fran­çais. Des mots plus ou moins faciles. Ça va de «maté­riel» à «lexi­ca­li­ser», ou «connexion­niste».

Eh bien il y a en gros une chance sur trois que je sois obli­gé de lui deman­der de répé­ter, parce que j’oublie le mot entre le moment où elle le dit et le moment où je com­mence à écrire. Si le mot a de plus quatre syl­labes, en tout cas.

Les dic­tées de phrases, on oublie.

Mouais. P’têtre un pro­blème de mémoire à court terme.

Le football expliqué à mon orthophoniste allemande…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le lun 19 Juin 2006 à 13:23

Un joueur anglais a résu­mé avec une phrase amusant[e] : le foot­ball est un jeu qui se joue à [12] 22, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne.

C’était à la fin des années 1990, il faut dire.

Les règles, c’est simple. Il faut [mettre] le but [dans l’autre] de l’équipe adverse. Sans les mains. Sans taper l’adversaire. Sans mar­cher des­sus, sans le mordre, etc.

Seule règle un peu casse-pieds : le hors-jeu. Je pour­rais vous réci­ter la règle, mais ça ne à ser­vi­rait rien : il y a autant d’interprétations que d’arbitres. En gros : [qui] si on reçoit la balle, on ne doit pas être plus près du but adverse que le der­nier joueur adver­saire.

C’est vrai­ment simple, les règles, au point qu’on peut regar­der un match en [dan­sait] dan­sant, [man­ger] man­geant, buvant, [hur­ler] hur­lant, voire [en] se [battre] bat­tant. Ca ne prend pas la tête…

Pas sorti de l’azert’ …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le sam 17 Juin 2006 à 06:56

On devient bûche­ron en bûchant, on devient écri­vain en… essayant de taper.

Pour deve­nir écri­vain, il [faut] déjà savoir ce qu’on a envie de racon­ter. Ensuite, il faut savoir com­ment le racon­ter. C’est là que l’aphasie met le bou­zin. C’est déjà pra­ti­que­ment un bou­lot à plein temps de se sou­ve­nir de com­ment on doit racon­ter. Comme ce matin, quand je tape le mot «deve­nir», je m’arrête, je le regarde, je le dis à voix haute (pas à la pre­mière ten­ta­tive) pour être cer­tain que c’est un vrai mot, et que c’est bien celui auquel je pen­sais [bien].

Pas [gagner] gagné, donc.

Mais main­te­nant j’ai mon cadeau Bonux : j’ai consta­té depuis que je me (re)mets à écrire (lire : à taper) que les doigts de ma main droite sont en insur­rec­tion per­ma­nente. Et ça, ça le fai­sait pas «avant».

«Avant», c’est avant mon infarc­tus, auquel je dois déjà mon apha­sie. J’ai été hémi­plé­gique (de droite) pen­dant deux jours.

Allez, hop, neu­ro­logue — dans un pre­mier temps.

Ouais, je suis peut-être pas sor­ti d’l’azert…

Tom a les pieds collés…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le ven 16 Juin 2006 à 17:20

Quand on est sur un sol stable, on peut faire tout ce qu’on veut. Mais, dans le pays d’Aphasie, Tom a des pro­blèmes.

Dans la ville d’Azerty, il y a des chausse-trappes, où l’on peut res­ter [en]glué.

Est-ce que Tom va s’en sor­tir ?

Quasilivier

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 15 Juin 2006 à 14:11

Dans cer­tains rêves, il est facile de s’imaginer qu’on a [l’élenquence] l’éloquence des princes, vivant dans le châ­teau. C’est extra­or­di­naire, ce qu’on est capable de faire avec … sa langue. Les cos­tumes, l’étiquette, le bal, la poé­sie, le théâtre…

Mais bon. Regar­dez l’état des habi­tants du châ­teau d’Aphasie…

Écophasix contre Nicolas Royal — parenthèse politique

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le mer 14 Juin 2006 à 12:50

Je ne fais (presque) pas de poli­tique. Si vous me connais­sez depuis plus long­temps que depuis que vous lisez ce site, pas de sur­prise. Pour les autres, eh bien, voi­là.

Mais de toute façon, moi, je suis apha­sique. J’ai beau­coup [de pro­blèmes] avec les noms propres, et avec tous les mots avec beau­coup de sylabes. Alors, pas ques­tion de pro­non­cer «Nico­las Royal», ou «Ségo­lène Sar­ko­zy». Je ne peux que les écor­cher. Et de toute façon, je ne peux pas non plus les sen­tir.

Pour moi, apha­sique, un seul nom : Bové.

Étalage ? … non : élaguage.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mar 13 Juin 2006 à 11:15

C’est amu­sant, les col­li­sions entre les mots. Dans la mesure où on est capable de trou­ver ça amu­sant. Ce n’est pro­ba­ble­ment pas pos­sible à tous les apha­siques.

Dans mon cas, ça se passe le plus sou­vent bien. J’ai un pas­sé char­gé, pour ce qui est de me moquer de moi. Et heu­reu­se­ment, j’en suis encore capable.

Mais par­fois, si je suis dans l’état pour, c’est un drame. Je suis furieux. Je tape du pied, j’insulte la terre entière. C’est ça, [] ou m’asseoir pour pleu­rer.

Dans ces moments là, je me sens ampu­té.

Déboire de mémoire…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le lun 12 Juin 2006 à 17:20

C’est un sen­ti­ment étrange, l’aphasie.

On a d’abord l’impression qu’on a oublié tous ses mots.

Et puis on découvre petit à petit que le mot est là, en fait. Quand me montre un objet, ou me décrit une sit[u]ation, j’ai immé­dia­te­ment la réponse. Seule­ment, je ne peux pas dire le mot. Le mot, ou plus exac­te­ment le «signi­fié» est là, et c’est lui qui est l’objet de la mémoire. Et j’ai les asso­cia­tions, les mémoires, tout. Seul manque le «signi­fiant», l’enveloppe dans laquelle on veut inclure la lettre. Le mot.

Il me faut retrou­ver mon stock d’enveloppes. En vente chez tout bon ortho­pho­niste.

Fermé pour cause de sommeil…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 11 Juin 2006 à 10:16

Pas d’aphasie la nuit. Enfin, je crois. J’ai l’impression que quand je dors, je parle «nor­ma­le­ment».

C’est curieux, si c’est vrai.

Mais le pro­blème, c’est que je ne suis pas cer­tain. Et com­ment je vais véri­fier ça, hein ? Parce que même si en pleine nuit je me mets à hur­ler un truc du genre «les coque­lets sont mar­di la pluie !!», est ce que ça vient :

- d’un rêve dans le quel [je parle] en apha­sique [parle] «les coque­lets sont mar­di la pluie !!» ?
 — d’un apha­sisme© sans rap­port avec le rêve ?
 — d’un rêve nor­mal, dans lequel je disais : «les coque­li­cots sont fer­més la nuit !!» ?

J’m’a mordu la lune !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le ven 9 Juin 2006 à 15:39

On ne peut plus me la pro­mettre.

Et c’est le pire.

Je fais le voyage à l’envers. J’avais pas de face cachée. Main­te­nant, il m’a fal­lu 3 dic­tion­naires et 10 minutes juste pour retrou­ver l’expression «face cachée». Parle d’exploration…

Ça fait de moi un [pré­vi­li­gié] pri­vi­lé­gié, peut-être ? J’ai un voyage gra­tuit. Et dans un sens, je peux même inven­ter ce que je veux, der­rière la face cachée de ma langue… puisqu’il n’y a que moi là.

Je sais pas. J’aimais bien ma langue d’avant, sans face cachée. Sans devoir tout [réap­pren­der] réap­prendre. Et ima­gi­nez, moi qui suis tri­lingue, vivant en Alle­magne… j’ai trois faces cachées à rédé­cou­vrir.

Enfin, au moins, c’est une jolie pho­to.

Qui a besoin de l’aphasie ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 8 Juin 2006 à 15:07

Sans rire. Par fois je me fais rire moi-même avec des phrases apha­si­qui­tées ©. Et, par­fois, si on m’entend, on me dit que ces jours-ci, ça ne va pas bien.

Si, j’vous jure !

Fer­mez les yeux, et écou­tez moi vous dire quelque chose d’un genre : «Il y a une brouette qui passe devant ma fenêtre, au 5ème, c’est fou, ça !».

Eh bien ça ne rate­ra pas, il y en aura un qui com­men­ce­ra à énu­mé­rer la liste des mots les plus pro­bables, genre : «mouette ? héro­nette ? buvette ?», pour m’aider à cor­ri­ger ma phrase.

La grenouille de la vie…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mer 7 Juin 2006 à 20:07

L’aphasie, ça mène à tout. Comme à avoir un car­net tou­jours sous la main, pour pou­voir dire les mots qu’on croit qu’on peut au moins écrire. Ça mène aus­si par­fois à de bons fous-rires. C’est comme ça qu’on se retrouve confron­té à la gre­nouille de la vie. À force de ques­tions, quand on a repris son calme , on revient par­fois à la vie, à la gri­saille de la vie. En forme de car­net ?

Avec des bulles dedans.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mar 6 Juin 2006 à 19:22

Est-ce que dans ma tête, quand les mots me manquent, la pen­sée manque aus­si ?

Fabu­leux, l’aphasie. Main­te­nant, je me col­tine [les] des ques­tions dans ce genre. Est-ce qu’un apha­sique plus atteint que moi, inca­pable de par­ler, a dans sa tête les mots pour pen­ser ? Et moi ? Est-ce que c’est vrai­ment moi qui pense, ou bien je pense avec les mots que j’ai sous la main, limi­tant ma pen­sée à mon voca­bu­laire ?

J’ai mon idée, là-des­sus.

Et je vous le dirais bien, si je trou­vais le mot pour le dire.

B2-B3 : touché…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le lun 5 Juin 2006 à 19:17

C’est à double image, double à vie, un zoo. C’est très beau, très triste. Tou­jours. Si on se contente de regar­der l’animal, on perd un peu de son huma­ni­té. Si on atteint l’animal, on touche sa propre huma­ni­té, et ça fait mal…

Croq’sous !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal — le dim 4 Juin 2006 à 21:01

Il fait la manche à l’entrée de l’église. C’est une occu­pa­tion comme les autres. La mienne, c’est de le gar­der, dans ma boîte à mémoires.

C’était une pho­to pas évi­dente à prendre. J’avais tou­jours peur qu’il se barre. C’est le regard, qui fai­sait cet effet là. Mais on lui [a] don­né une pièce, au final, parce qu’il s’est lais­sé prendre. 1,3 seconde sans bou­ger.

C’était gen­til. Pas dés­in­té­res­sé, mais gen­til.

Est /​ Ouest — Lumière, ou non…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 4 Juin 2006 à 11:27

Ce sont les lam­pa­daires du pont «Born­hol­mer Brücke». C’était un des postes fron­tières entre l’ouest et l’est. Anec­to­dique [Anec­do­tique].

Il y avait des lampes éteintes, et des lampes allu­mées. Je vais vous infli­ger le cli­ché avec les lampes allu­mées un peu plus loin alors que je suis moi même dans mon [ma] obs­cu­ri­té apha­sique. Notez, j’ai fait vite. J’aurais [pu] en faire tout un para­graphe, alors que je viens de [le] tor­cher en quelques lettres.

Là où l’anectodique [anec­do­tique] devient [est] amu­sant, c’est quand on lit la plaque au bout du pont, qui nous dit que le Born­hol­mer Brücke a été le pre­mier poste fon­tière [fron­tière] a [avoir] été ouvrir [ouvert] en novembre 1989.

C’est là, que j’ai l’illumation [illu­mi­na­tion]?

En tout cas, c’est là que je décide [à] de gar­der des traces apha­siques quand j’en trouve. Pour mémoire. Aha.

Aphalumix

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 4 Juin 2006 à 11:24

Il y a deux ques­tions qui se posent. Enfin une, plus une. C’est quoi un Lumix ?

Encore qu’en fait, la pre­mière ques­tion («c’est quoi, un Lumix ?») est déjà réglée. Pas­sons donc à la seconde. Pour­quoi j’écris, et pour­quoi j’écris si mal ?

C’est parce que je suis apha­sique. J’ai besoin d’écrire pour (ré)apprendre à écrire.

Ques­tion sub­si­diaire : pour­quoi je mets des pho­tos ? Parce que j’adore la pho­to. Et les pho­tos que je publie me donnent même un sujet. Pour le cas où j’aurais des pannes d’inspiration.

Et bien voi­là : deux ques­tions de moins. C’est pas chouette, ça ?

Lumixed !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Journal,Photo — le dim 4 Juin 2006 à 11:14

Clic !

C’est un salaud.

Je le dis comme je le pense. Ces cor­bacques de Ber­lin se baladent par­tout, à un mètre de toi, te suivent… mais dès que tu sors ton appa­reil de pho­to, ils se barrent. Ce sont tous des salauds.

Alors, le but, c’est de réus­sir à un tirer un, et lui crier : « j’t’ai lumixed ».

Et lui, je l’ai eu. Et il tire une sale tête. C’est bien fait.

Moteur du site : wordpress 4.9.3 - Thème : «Back in Black 2» crée par Frederic de Villamil (traduit en français par amnesix)