J’ai reçu il y a un mois, exactement, par la poste, un paquet qui contenait un cadeau : un Pentax K-5. J’utilisais depuis un petit peu plus de dix mois son prédécesseur : le K-7, lequel remplaçait mon K20D, décédé après une chute stupide. La différence entre le K20D et le K-7 était plus importante, au niveau « hardware » (j’entends par là le boitier, et les diverses fonctions, l’ergonomique, etc.) que celle entre le K-7 et le K-5. Par contre, au niveau de qualité d’image, la différence est plus grande entre le K-5 et le K-7 qu’entre le K-7 et le K20D.
Après un mois d’usage du K-5, bilan provisoire.
1. Les sujets sur lesquels je n’ai rien à dire
- le mode vidéo : je ne l’utilise pas, et je n’ai pas l’intention de l’utiliser. Si je voulais faire des films, je m’achèterais une caméra. Je déplore l’introduction du mode vidéo dans les appareils de Pentax. J’imagine que le département Marketing a eu son mot à dire. L’argent utilisé en développement du mode vidéo aurait pu être mieux dépensé.
- les « réglages d’image » (couleurs, saturation, « affûtage », etc.) : je n’ai pas pris une photo directement en JPG depuis au moins deux ans. Je rêve du jour où Pentax aura le courage de sortir un appareil amputé de tous ces réglages superflus. Filtres, effets, etc. Je n’en ai rien à dire, ni à faire. Encore une fois, le département Marketing a outrepassé son rôle. Le K-5 étant pratiquement vendu comme un appareil « professionnel », je ne vois pas l’intérêt des gadgets qui encombrent les menus de l’appareil.
Naturellement, ce n’est que mon avis. 9 « modes » d’image (« naturel », « estompé » « sans blanchîment (?!!) ») qui ne me servent à rien sinon qu’à être fainéant… Quand on parle d’appareil photo digital, ça suggère l’utilisation d’un ordinateur, lequel peut par définition tout faire *mieux* qu’un appareil photo, quel qu’il soit.
2. Les sujets « hardware » sur lesquels j’ai des choses à dire :
Le « corps » du K-5 est identique à celui du K-7, à quelques détails optiques près :
- La molette « modes de prise de vues » est plus haute que celle du K-7. Petit détail d’ergonomie qui témoigne de l’intérêt de Pentax pour le photographe. À la sortie du K-7, des tas de gens ont critisé cette molette qu’il faut « débloquer » avant de l’utiliser. Il faut tout de même admettre aujourd’hui qu’elle plait : Canon propose sur ses modèles professionnels une modification (150€, tout de même) de leur molette, permettant un blocage « à la Pentax ». J’en suis personnellement un partisan farouche. Le fait qu’elle soit plus haute m’est, personnellement, indifférent, mais je suis touché de l’attention.
- Le bouton « RAW » est également marqué « Fx ». C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup, si j’ose dire. Aha. Le bouton « RAW » était, depuis le K10D destiné à ceux qui travaillllent en JPG. En appuyant sur le bouton, on pouvait avoir un RAW sans devoir passer par un menu. Mais pour ceux qui travaillent en RAW ? Intérêt : nul. D’où la mention « Fx ». On peut réassigner au bouton d’autres fonctions plus utiles à ceux qui n’utilisent pas de JPG. Même si j’aurais pu imaginer d’autres réassignations encore plus utiles (pour *moi*) à ce bouton que celles proposées, l’idée est tout simplement excellente. Encore un détail qui me prouve que Pentax pense à ses utilisateurs.
3. Les sujets « fonctions » sur lesquels j’ai des choses à dire :
- Les 5 « users » sont un rêve que j’avais depuis mon premier appareil digital. Depuis le K10D, j’avais à ma disposition un mode « user », qui me permettait de rappeler en une fraction de secondes une série de paramètres de prise de vues. Par exemple, les paramètres pour quand je travaille au flash. Mais sur le K-5, j’ai *cinq* séries de paramètres au bout des doigts. Ce n’est pas nouveau, Sony par exemple avait ça depuis des années, mais c’est nouveau et très bienvenu chez Pentax.
- La rapidité de prise de vues. Que dire : sept images par seconde. Avec des RAW, je peux faire ça pendant plus de trois secondes. C’est confort. Point. Sinon, j’ai accès à un mode moins rapide (trois images par secondes). La rapidité maximale du K-7 était de cinq images par secondes.
- L’autofocus est meilleur. Il est tout simplement plus rapide. L’autofocus est depuis des années un des points faibles chez Pentax. Je n’ai pas les éléments pour le comparer avec celui des concurrents, mais je sais que je suis beaucoup moins déçu de l’autofocus du K-5 que de celui du K-7. Je suis plus tranquille, et c’est bien.
- Les priorités de l’auto-focus. Lorsqu’on photographie par rafales, il peut être intéressant de choisir entre une priorité à l’autofocus (on peut parfois pas prendre autant de photos qu’on le voudrait, l’appareil attend une confirmation d’autofocus), et un mode « vitesse » où l’appareil travaille aussi vite qu’il le peut, sans se poser de questions. Ça peut être utile.
- Les deux autofocus « automatiques ». Je n’utilise que rarement ce mode d’autofocus, mais il peut être intéressant de limiter le champ de l’autofocus à une partie du viseur contrairement au viseur entier. Bien vu. Je déplore seulement que le champ limité soit par définition le centre du viseur.
Mais quand on compare le K-7 et le K-5, le point de comparaison principal n’est pas là.
4. la qualité d’image
- Le capteur : Le K-7 était (on suppose) équipé d’un capteur Samsung, hérité (on suppose) du K20D. Ne nous mécomprenons-nous pas : il n’était pas *mauvais*. Je n’avais pas trop d’états d’âme à laisser mon auto-ISO entre 100 et 2000 ISO. Parfois même jusque 3200 ISO. Ce n’est pas ridicule. Mais en passant au K-5 (équipé —on suppose— d’un capteur Sony, identique à celui qu’utilise le Nikon D7000), on passe à l’étage supérieur. Mon auto-ISO est réglé sur 80 — 5000 ISO. Le cœur léger. Et c’est bien.
- La « dynamique » du K-5 est, à ce qu’il parait, tout simplement hors-pair. La dynamique mesure la « largeur » du champ entre le moment où la lumière disparait dans le blanc pur et celui où la lumière disparait dans le noir. Par exemple, la photo que j’ai postée l’autre jour dans Mille vingt-quatre pixels était, en fait, dans l’écran de mon appareil, *noire*. J’ai pu tout de même en extraire cette photo.
5. Pour résumer :
Mon achat du K-7 m’a été pratiquement imposé. Disons que je n’ai pas su résister à l’offre financière que Pentax m’avait faite. Mais sans cela, j’aurais racheté un autre K20D, et j’aurais été tout à fait heureux avec. Comme « upgrade » d’un K20D, le K-7 ne se justifiait en fait pas. Mais le K-5 est d’un tout autre calibre.
Sincèrement, je m’imagine très facilement avec mon K-5 dans au moins cinq ans. Je ne lui connais pas de point vraiment faible. N’oubliez pas que je n’ai parlé que des fonctions nouvelles que j’utilise. Mais par exemple j’ai dans mon viseur en permanence un indicateur qui me dit si je suis mon appareil droit ou pas. Même les appareils les « pro » de Canon ou Nikon n’ont pas ça. Les tests qui ont déjà faits indiquent que le K-5 est probablement pour le moment le meilleur appareil pour ce format, toutes marques confondues.
Je suis vraiment très heureux de mon K-5.

































