Da Phasi Code

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le sam 24 juin 2006 à 09:59

Les clés du paradis

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 22 juin 2006 à 22:15

Pas de thème par­ti­cu­lier. La porte de l’église, ou celle de la langue, où est la dif­fé­rence, au fond …? Les portes sont, clas­si­que­ment, ouvertes ou fer­mées. Et lourdes, quand elles sont importantes.

Le thème, sur­tout, c’est que c’est une chouette photo.

Je ne peux, et ne veux, pas être qu’aphasique. Ma rela­tion à l’écrit n’est qu’une facette de ce que j’explore ici. Ma rela­tion à l’image est tout aussi impor­tante. Ma langue me lâche, j’en ai d’autres…

Objec­tif : parler.

Le voyeur aquatique…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mer 21 juin 2006 à 22:55

Il n’y a pas que l’aphasie, dans la vie. Il y a la photo, aussi. Et celle là, de photo, c’est pro­ba­ble­ment celle dont je suis le plus fier.

Ne pas prononcer le mot en « S »

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mer 21 juin 2006 à 09:25

C’est pas de l’agacement, mais ça y res­semble. Beau­coup. Hier, je par­lais presque nor­ma­le­ment. Enfin jusqu’à la moi­tié de l’après-midi. Ensuite, au fil des coups de télé­phone (j’en ai eu *trois*), je me suis écouté décliner.

Hier soir, je m’étais intro­nisé «ze king of ze fren­cheu language».

Et ce matin, je suis une bouse orale.

Mais main­te­nant, j’ai enfin vrai­ment com­pris et inté­gré que mon niveau de langue(s) dépend beau­coup de mon état, et notam­ment de mon état de fatigue. Ça paraît évident, mais vu par l’intéressé, ce n’est pas si simple. Apha­sie ou pas, j’ai ten­dance à consi­dé­rer ma langue comme un acquis.

Mais j’ai com­pris. J’ai com­pris qu’une ses­sion de tra­vail, ça me fatigue, et que par­fois, mon lan­gage peut pro­vi­soi­re­ment me faire mal. Mon état de stress influe ma langue. La cha­leur peut influer ma langue.

Du coup, si ça ne res­semble qu’à de l’agacement, c’est un pro­grès. Il y a quelques semaines, face à un déclin de ce type, ça aurait pro­ba­ble­ment sou­vent res­sem­blé à de l’abattement.

Et pour qui me connaît, l’agacement, c’est car­ré­ment une bonne nou­velle. Du coup, musique à fond, The Way Up, en plus.

D’un chien. Je vais me réci­ter du Molière, tiens. Non mais !

Si je ne suis pas sur la voie de la sagesse, hein, c’est quoi ?

Mémoire braguette, bitte…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mar 20 juin 2006 à 12:47

Ein Schus­ter­junge und ein Baguette Bröt­chen, bitte…

C’est ma liste de courses du matin.

Ça fait deux mois que je tra­vaille ça. 5 jours par semaine, lundi — ven­dredi, entre 07:00 et 07:10 (ben oui, il faut qu’on parte tôt pour arri­ver chez l’orthophoniste à temps).

Eh bien c’est rare que j’arrive à dire ça sans me plan­ter. Pour­tant, sur le che­min, entre la mai­son et la bou­lan­ge­rie, je répète, plu­sieurs fois.

Est-​​ce que c’est un pro­blème de mémoire à court terme ?

Voyons. Une fois que je suis chez mon ortho­pho­niste, elle me dicte des listes de mots. En fran­çais. Des mots plus ou moins faciles. Ça va de «maté­riel» à «lexi­ca­li­ser», ou «connexionniste».

Eh bien il y a en gros une chance sur trois que je sois obligé de lui deman­der de répé­ter, parce que j’oublie le mot entre le moment où elle le dit et le moment où je com­mence à écrire. Si le mot a de plus quatre syl­labes, en tout cas.

Les dic­tées de phrases, on oublie.

Mouais. P’têtre un pro­blème de mémoire à court terme.

Le football expliqué à mon orthophoniste allemande…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le lun 19 juin 2006 à 13:23

Un joueur anglais a résumé avec une phrase amusant[e] : le foot­ball est un jeu qui se joue à [12] 22, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne.

C’était à la fin des années 1990, il faut dire.

Les règles, c’est simple. Il faut [mettre] le but [dans l’autre] de l’équipe adverse. Sans les mains. Sans taper l’adversaire. Sans mar­cher des­sus, sans le mordre, etc.

Seule règle un peu casse-​​pieds : le hors-​​jeu. Je pour­rais vous réci­ter la règle, mais ça ne à ser­vi­rait rien : il y a autant d’interprétations que d’arbitres. En gros : [qui] si on reçoit la balle, on ne doit pas être plus près du but adverse que le der­nier joueur adversaire.

C’est vrai­ment simple, les règles, au point qu’on peut regar­der un match en [dan­sait] dan­sant, [man­ger] man­geant, buvant, [hur­ler] hur­lant, voire [en] se [battre] bat­tant. Ca ne prend pas la tête…

Pas sorti de l’azert’ …

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le sam 17 juin 2006 à 06:56

On devient bûche­ron en bûchant, on devient écri­vain en… essayant de taper.

Pour deve­nir écri­vain, il [faut] déjà savoir ce qu’on a envie de racon­ter. Ensuite, il faut savoir com­ment le racon­ter. C’est là que l’aphasie met le bou­zin. C’est déjà pra­ti­que­ment un bou­lot à plein temps de se sou­ve­nir de com­ment on doit racon­ter. Comme ce matin, quand je tape le mot «deve­nir», je m’arrête, je le regarde, je le dis à voix haute (pas à la pre­mière ten­ta­tive) pour être cer­tain que c’est un vrai mot, et que c’est bien celui auquel je pen­sais [bien].

Pas [gagner] gagné, donc.

Mais main­te­nant j’ai mon cadeau Bonux : j’ai constaté depuis que je me (re)mets à écrire (lire : à taper) que les doigts de ma main droite sont en insur­rec­tion per­ma­nente. Et ça, ça le fai­sait pas «avant».

«Avant», c’est avant mon infarc­tus, auquel je dois déjà mon apha­sie. J’ai été hémi­plé­gique (de droite) pen­dant deux jours.

Allez, hop, neu­ro­logue — dans un pre­mier temps.

Ouais, je suis peut-​​être pas sorti d’l’azert…

Tom a les pieds collés…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le ven 16 juin 2006 à 17:20

Quand on est sur un sol stable, on peut faire tout ce qu’on veut. Mais, dans le pays d’Aphasie, Tom a des problèmes.

Dans la ville d’Azerty, il y a des chausse-​​trappes, où l’on peut res­ter [en]glué.

Est-​​ce que Tom va s’en sortir ?

Quasilivier

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 15 juin 2006 à 14:11

Dans cer­tains rêves, il est facile de s’imaginer qu’on a [l’élenquence] l’éloquence des princes, vivant dans le châ­teau. C’est extra­or­di­naire, ce qu’on est capable de faire avec … sa langue. Les cos­tumes, l’étiquette, le bal, la poé­sie, le théâtre…

Mais bon. Regar­dez l’état des habi­tants du châ­teau d’Aphasie…

Étalage ? … non : élaguage.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mar 13 juin 2006 à 11:15

C’est amu­sant, les col­li­sions entre les mots. Dans la mesure où on est capable de trou­ver ça amu­sant. Ce n’est pro­ba­ble­ment pas pos­sible à tous les aphasiques.

Dans mon cas, ça se passe le plus sou­vent bien. J’ai un passé chargé, pour ce qui est de me moquer de moi. Et heu­reu­se­ment, j’en suis encore capable.

Mais par­fois, si je suis dans l’état pour, c’est un drame. Je suis furieux. Je tape du pied, j’insulte la terre entière. C’est ça, [] ou m’asseoir pour pleurer.

Dans ces moments là, je me sens amputé.

Déboire de mémoire…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le lun 12 juin 2006 à 17:20

C’est un sen­ti­ment étrange, l’aphasie.

On a d’abord l’impression qu’on a oublié tous ses mots.

Et puis on découvre petit à petit que le mot est là, en fait. Quand me montre un objet, ou me décrit une sit[u]ation, j’ai immé­dia­te­ment la réponse. Seule­ment, je ne peux pas dire le mot. Le mot, ou plus exac­te­ment le «signi­fié» est là, et c’est lui qui est l’objet de la mémoire. Et j’ai les asso­cia­tions, les mémoires, tout. Seul manque le «signi­fiant», l’enveloppe dans laquelle on veut inclure la lettre. Le mot.

Il me faut retrou­ver mon stock d’enveloppes. En vente chez tout bon orthophoniste.

Fermé pour cause de sommeil…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 11 juin 2006 à 10:16

Pas d’aphasie la nuit. Enfin, je crois. J’ai l’impression que quand je dors, je parle «normalement».

C’est curieux, si c’est vrai.

Mais le pro­blème, c’est que je ne suis pas cer­tain. Et com­ment je vais véri­fier ça, hein ? Parce que même si en pleine nuit je me mets à hur­ler un truc du genre «les coque­lets sont mardi la pluie !!», est ce que ça vient :

- d’un rêve dans le quel [je parle] en apha­sique [parle] «les coque­lets sont mardi la pluie !!» ?
 – d’un apha­sisme© sans rap­port avec le rêve ?
 – d’un rêve nor­mal, dans lequel je disais : «les coque­li­cots sont fer­més la nuit !!» ?

J’m’a mordu la lune !

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le ven 9 juin 2006 à 15:39

On ne peut plus me la promettre.

Et c’est le pire.

Je fais le voyage à l’envers. J’avais pas de face cachée. Main­te­nant, il m’a fallu 3 dic­tion­naires et 10 minutes juste pour retrou­ver l’expression «face cachée». Parle d’exploration…

Ça fait de moi un [pré­vi­li­gié] pri­vi­lé­gié, peut-​​être ? J’ai un voyage gra­tuit. Et dans un sens, je peux même inven­ter ce que je veux, der­rière la face cachée de ma langue… puisqu’il n’y a que moi là.

Je sais pas. J’aimais bien ma langue d’avant, sans face cachée. Sans devoir tout [réap­pren­der] réap­prendre. Et ima­gi­nez, moi qui suis tri­lingue, vivant en Alle­magne… j’ai trois faces cachées à rédécouvrir.

Enfin, au moins, c’est une jolie photo.

Qui a besoin de l’aphasie ?

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le jeu 8 juin 2006 à 15:07

Sans rire. Par fois je me fais rire moi-​​même avec des phrases apha­si­qui­tées ©. Et, par­fois, si on m’entend, on me dit que ces jours-​​ci, ça ne va pas bien.

Si, j’vous jure !

Fer­mez les yeux, et écou­tez moi vous dire quelque chose d’un genre : «Il y a une brouette qui passe devant ma fenêtre, au 5ème, c’est fou, ça !».

Eh bien ça ne ratera pas, il y en aura un qui com­men­cera à énumé­rer la liste des mots les plus pro­bables, genre : «mouette ? héro­nette ? buvette ?», pour m’aider à cor­ri­ger ma phrase.

La grenouille de la vie…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mer 7 juin 2006 à 20:07

L’aphasie, ça mène à tout. Comme à avoir un car­net tou­jours sous la main, pour pou­voir dire les mots qu’on croit qu’on peut au moins écrire. Ça mène aussi par­fois à de bons fous-​​rires. C’est comme ça qu’on se retrouve confronté à la gre­nouille de la vie. À force de ques­tions, quand on a repris son calme , on revient par­fois à la vie, à la gri­saille de la vie. En forme de carnet ?

Avec des bulles dedans.

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le mar 6 juin 2006 à 19:22

Est-​​ce que dans ma tête, quand les mots me manquent, la pen­sée manque aussi ?

Fabu­leux, l’aphasie. Main­te­nant, je me col­tine [les] des ques­tions dans ce genre. Est-​​ce qu’un apha­sique plus atteint que moi, inca­pable de par­ler, a dans sa tête les mots pour pen­ser ? Et moi ? Est-​​ce que c’est vrai­ment moi qui pense, ou bien je pense avec les mots que j’ai sous la main, limi­tant ma pen­sée à mon vocabulaire ?

J’ai mon idée, là-​​dessus.

Et je vous le dirais bien, si je trou­vais le mot pour le dire.

Est /​ Ouest — Lumière, ou non…

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 4 juin 2006 à 11:27

Ce sont les lam­pa­daires du pont «Born­hol­mer Brücke». C’était un des postes fron­tières entre l’ouest et l’est. Anec­to­dique [Anecdotique].

Il y avait des lampes éteintes, et des lampes allu­mées. Je vais vous infli­ger le cli­ché avec les lampes allu­mées un peu plus loin alors que je suis moi même dans mon [ma] obs­cu­rité apha­sique. Notez, j’ai fait vite. J’aurais [pu] en faire tout un para­graphe, alors que je viens de [le] tor­cher en quelques lettres.

Là où l’anectodique [anec­do­tique] devient [est] amu­sant, c’est quand on lit la plaque au bout du pont, qui nous dit que le Born­hol­mer Brücke a été le pre­mier poste fon­tière [fron­tière] a [avoir] été ouvrir [ouvert] en novembre 1989.

C’est là, que j’ai l’illumation [illumination]?

En tout cas, c’est là que je décide [à] de gar­der des traces apha­siques quand j’en trouve. Pour mémoire. Aha.

Aphalumix

Écrit par olivier dans la (ou les) catégorie(s) Aphasie,Journal — le dim 4 juin 2006 à 11:24

Il y a deux ques­tions qui se posent. Enfin une, plus une. C’est quoi un Lumix ?

Encore qu’en fait, la pre­mière ques­tion («c’est quoi, un Lumix ?») est déjà réglée. Pas­sons donc à la seconde. Pour­quoi j’écris, et pour­quoi j’écris si mal ?

C’est parce que je suis apha­sique. J’ai besoin d’écrire pour (ré)apprendre à écrire.

Ques­tion sub­si­diaire : pour­quoi je mets des pho­tos ? Parce que j’adore la photo. Et les pho­tos que je publie me donnent même un sujet. Pour le cas où j’aurais des pannes d’inspiration.

Et bien voilà : deux ques­tions de moins. C’est pas chouette, ça ?

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