
J’ai écrit, en octobre 2007, avant de l’avoir acheté, un article dans lequel je racontais le processus de pensée qui m’a amené à la décision d’acheter mon appareil photo du moment : le Pentax K10D.
Maintenant, pratiquement quinze mille photos plus tard, je relis ça et, du coup, je commente.
La première chose qui je voudrais dire, c’est que j’ai eu raison, mais comme souvent, pas toujours pour les bonnes raisons. En fait, je me suis rendu compte que la qualité principale du K10D –pour moi– n’est pas la qualité des photos qu’il fait. En fait, vous pouvez faire des photos de qualité avec n’importe quel appareil photo équivalent. Même avec les appareils «bas de gamme» de toutes les marques (je précise tout de même : je parle d’appareils «reflex» digitaux), on a un potentiel de qualité très largement suffisant.
Je prétends que pour plus de 95% de la population mondiale il est tout simplement impossible de faire la différence entre deux photos, une prise par un appareil à 500€ et une prise par un appareil à 30000€. Et quand je dis 95%… le dernier «blind test» que j’ai vu, soumis à des «spécialistes» (lire : la population d’un forum sur l’Internet composée de fanatiques capables de s’étriper à longueur de journée sur telle ou telle autre fonction d’un appareil photo, et qui vivent apparemment avec des loupes vissées à l’œil) m’a fait mourir de rire. À taille de capteur égale, qualité d’image égale, point. Le jour où on cesse de se concentrer sur des agrandissements de fragments de photos et qu’on prend un pas de recul et qu’on regarde des photos, le problème «qualité d’image» disparaît –sauf pour (peut-être) 5% de la population (des photographes) lesquels ne seront de toute façon jamais contents.
La principale qualité du K10D, c’est peut-être le fait qu’on n’a jamais besoin du menu. Le bouton «menu» de mon K10, j’y passe peut-être une fois par mois. L’interface du K10 est vraiment bonne. On reconnaît une bonne interface au fait qu’on n’y pense jamais. Je vous le rappelle pour prendre une photo, il n’y a que trois paramètres objectifs sur lesquels on peut agir. Et sur mon K10, ces trois paramètres sont toujours accessibles sans passer par le moindre menu. Cela dit, il m’est évident que sur tous les autres appareils, on a accès à ces trois paramètres. Plus ou moins aisément. La différence entre un «bon» appareil et un «mauvais» appareil est la même que celle qui sépare «plus aisément» et «moins aisément». Donc c’est en partie subjectif.
Mais à interface «égale» et à qualité d’image «égale», tous les appareils sont-ils égaux ?
Là, la réponse est sans appel, et la réponse est : non.
Pourquoi ?
Viola a vu, dernièrement, un père de famille près d’éclater en larmes quand sa fille a renversé son verre de coca sur le sac qui contenait l’appareil photo et les objectifs. Il était en mode «épongeage frénétique», jurant et hurlant, et en effet, pour beaucoup d’appareils, ce serait probablement la douche de la mort. Et moi, si ça m’arrivait ? Moi, je prendrais mon appareil photo et je le passerais sous le robinet. Point.
C’est un exemple. Un autre ? Le jour où on est allés à Hambourg, il pleuvait. Il y avait des photographes de presse (on craignait une inondation) et des centaines de photographes amateurs dans la ville et sur les quais. On s’est baladés pendant des heures, sous cette pluie. Mon appareil était sorti. J’ai vu des photographes de presse avec des appareils couverts de sacs plastique. J’en ai vus rentrer dans l’urgence leurs appareils dans les sacs. Le mien était toujours là.
Ce genre de confort (psychologique autant que physique) n’a pas de prix. Façon de parler, hein.
Sinon, la stabilisation, en ce qui concerne Pentax, ne réside pas dans les objectifs, mais dans les boîtiers. Conséquence, tout objectif avec une monture «K» (Pentax) bénéficie de la stabilisation. C’est *très* confort.
Peut-être que mot, «confort» résume tout ce que j’aime à propos du K10D. Bien qu’il commence à yoyotter un petit peu en ce moment. Je vais probablement l’envoyer en réparation, histoire de bénéficier de la garantie (laquelle expire dans quatre mois).
Au fait, tant que je suis là : je parle de MON emploi de MON appareil photo. Je sais qu’il y a des gens qui ne peuvent vivre sans 6400 ISO, sans les millions d’effets qu’on peut utiliser dans l’appareil, sans la possibilité de faire de la vidéo, faire de la vinaigrette, prendre des photos d’une main sur la tête en pleine nuit, etc.
Mais, moi, je me contente de prendre des photos. Des 172 photos qui figurent dans mon livre, seules 7 ont été prises avec mon K10D, et tout le reste avec un Lumix (FZ30), lequel est très officiellement dans une autre catégorie d’appareils «inférieurs». Comme quoi …
Je n’ai jamais regretté d’avoir acheté mon K10D. Et je pense le garder encore quelques années. Donc j’avais raison.