Une journée de vacances …
Par les temps qui courent, passer une journée en voyage en bonne compagnie, ça n’a pas de prix.
Par les temps qui courent, passer une journée en voyage en bonne compagnie, ça n’a pas de prix.
La seconde étape de notre grande balade du premier mai avait un but : on voulait montrer à notre visiteur *la* rue qui m’a vu perdre toute espèce de foi en ce qui concerne le «communisme», parfum Stasi. Une rue qui est la plus déprimante que j’ai jamais vue. Même en plein soleil, elle me fait mal au nerf oculaire. Jugez par vous-même. Je l’ai nommée «la rue Tue-l’Amour», histoire de vous donner une idée.
Alors que je montrais cette rue (repeinte depuis le jour où je l’avais photographie, avec les façades en … orange), avec son lampadaire typique à notre visiteur, celui-ci, visiblement pas encore totalement vacciné –ou bien doté d’un solide sens de l’humour «noir», comment ne pas espérer– m’a répondu : «mais eux, ils avaient la lumière dans la tête !».
Et puis je ne peux pas résister à l’idée de vous raconter la dernière «histoire russe» à la mode :
- Poutine est un des plus grands hommes d’état du siècle.
- Pou …kof-kof … Poutine ???
- Oui. Il a rendu à la Russie sa grande voix internationale.
- Et … la voix aux russes ???
- Les russes, on s’en fout.
C’était il y a dix-neuf ans. Le Mur de Berlin –Majuscules– tombait. Hier, le «jounal» (lire : *populaire*) Bild nous titrait : «Ouest-Est, Berlin est encore séparée».
Oui. Et moi aussi, j’en ai, de l’humour «noir» : j’espère bien qu’ils vont nous le remettre, le mur …
Balade colorée au parc botanique. Avec plein de fleurs, d’arbres, de noisettes, de cactus, et de pompons.
Vous n’avez qu’à cliquer …
L’idée était plus ou moins de montrer à un ami un «autre» Berlin, pas forcément celui qu’on trouverait dans les guides touristiques. Et la première étape, c’était le Mur. Il en existe encore quelques sections. Mais celle qu’on voulait montrer, c’était une que la plupart des touristes ne peuvent pas trop voir. Et bientôt personne ne pourra plus cette face du mur. On y était allés voilà quelque temps (deux semaines). On était passés dans l’ancien champ de mines, entre le mut et la Spree.
Maintenant ce n’est plus possible ! En tout cas pas gratuitement. Le terrain *libre* est occupé par des «beach bars». Cette nouvelle folie urbaine. On peut siroter un cocktail allongé sur une plage de sable (garantie 100% importée directement du camion), avec de la musique des caraïbes (garantie 100% authentique made in Berlin, ou au pire Potsdam), dans une paillotte (garantie 100% de chez Clause), donc passer un authentique moment de dépaysement.
Donc on a fait le mur, au long de la Spree, par la face «publique».
C’est insupportable. Cette face du mur avait été donnée à des artistes (lire : des artistes «officiels», et donc sur le mur ce n’était pas des graffiti, mais de l’Art –majuscule– ) et les peintures étaient assez grandes, parfois même ambitieuses. Mais quel choc quand j’ai vu l’état des peintures ! C’était tout recouvert de «j’aime Nicolas», de «Linda mon amour», ou plus généralement d’inscriptions imbéciles, résultats de l’équation dite «du touriste à la con», écrite sous la forme :
[un_prénom + un_prénom (Berlin_une_date)]
Voilà ce que j’ai pu sauver :
Yorckstraße. À Kreuzberg. Elle est traversée par une série de ponts ferroviaires, dont la plupart sont désaffectés. Le quartier est dans le même état. C’est un terrain de chasse très intéressant quand on chasse le graffiti. Mais pour longtemps ? Un des graffiti prévient : «Hier saniert der Senat», et en français ça peut approximativement donner : «Le Sénat [de Berlin] rénove ici» …
Est-ce que se promener avec un appareil photo est … différent ? Est-ce que j’aurais arrêté mon regard de la même façon sur l’entrée du U-Bahn Yorckstrasse ? Est-ce qu’en cadrant différemment j’aurais pu mieux mettre en avant le message sous-jacent de ma photo ? Est-ce que Cartier-Bresson ? Est-ce que Brassaï ?
La vraie question, dans ma tête, et pas pour très longtemps, je peux vous le garantir, c’est : «et alors ?»
Sans rire.
Aaaaaaah, Bach !
Moins d’un Français sur trois (32%) a une opinion positive de Nicolas Sarkozy en avril, soit une baisse de huit points en un mois, selon le baromètre BVA Orange pour L’Express.
Source : L’Express
Tout ça pour ça ! Changer de garde-robe, de vocabulaire, essayer de passer pour un «bon» président, et il se reprend tout de même une mandale. Il n’a vraiment pas de chance, le petit Nicolas …
Ou bien c’est nous qui ne l’aimons pas.
Aaaaaah, Bach …
À chaque fois que je suis confronté, sous à quelque forme que ce soit, à quelqu’un qui essaye qui, pour une raison ou une autre, de m’expliquer l’Art (majuscule incluse) –ou même pire quand je me surprends à y réfléchir– ça me fait penser à une scène de M*A*S*H.
Dans cette scène, Radar prend une leçon de séduction. On lui donne le conseil suivant : à la première occasion, s’exclamer «Aaaaah, Bach …» en prenant un air entendu.
Mais c’est parce que je suis un béotien mal dégrossi, hein. Il existe d’autres thèses sur la question. Par exemple :
Ni tradition ni avant-garde, l’art ne doit se soucier que de la forme juste, que de l’utilisation de tous les moyens dont il dispose pour viser l’expression la plus parfaite de l’émotion, pour maximiser la joie, pour élever les spectateurs contemporains qui actualisent sa raison d’être. Pas pour plaire aux morts.
Mon ami Stéphane, à lire ici
C’est peut-être parce que je considère ma «relation» à l’art (majuscule très volontairement omise) comme *très* personnelle que réagis à ce genre de discours par un «Aaaaah, Bach …» du meilleur effet, d’une façon ou d’une autre. L’art, c’est comme je veux, comme tu veux, comme ils veulent.
Point.
Aaaaah, Bach ,,,