Brest-Jerusalem
a la rencontre...
15.10.02 15:46 chronique     chronique 16.10.02 10:38  
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 15.10.02

15:55   c'est plus sûr...

nuit de dimanche à lundi...

A force de voir des ambulances se faire rejeter au barrage sur la route de Haïfa, j'ai fini par me mettre à la disposition du Croissant Rouge pour les déplacements qui impliquent des franchissement de checkpoints.

Dans la cour du service des ambulances, les équipages palestiniens sont là avec quelques internationaux. Il fait bon, la nuit est calme. Un mort, peu avant, à récupérer dans le camp : affrontement entre Palestiniens de deux familles en bisbille. Une ambulance est partie à la rencontre d'une ambulance de Qalkiliah pour lui remettre, à mi-chemin, une ampoule de serum anti-venin dont ils manquent pour un gamin là-bas.

Un appel : femme enceinte à récupérer à Zababbdeh. Une équipe part avec une jeune allemande. Ensuite c'est mon tour, direction Yamoun, toujours une femme enceinte. On se met en route en direction du barrage de la route de Haïfa. Deux heures avant, de ma terrasse, j'ai vu une ambulance se faire refouler.

On avance aussi lentement qu'on peut. Dès que le projecteur s'allume, on éteint les phares. C'est pour que les soldats ne soient pas éclairés par les phares et ne servent pas de cible.

Ben tiens : ils avancent, éclairés par leur propre projecteur. De loin, ils nous font mettre torse nu, pour voir si on n'a pas de bombe. Puis ils s'approchent. Ils viennent directement vers moi. Les deux Palestiniens avec moi parlent hébreu, et un anglais convenable, mais ils ne les écoutent pas, et ne veulent parler qu'avec moi.

Je finis par comprendre que ma présence, vue du côté palestinien pour protéger les ambulanciers contre les Israéliens, est vue par ceux-ci comme une garantie qu'il ne va rien leur arriver. Des fois qu'ils se fassent mordre par un ambulancier, j'imagine.

Le sergent me dit même : "c'est bien qu'il y ait des internationaux dans les ambulances, on a moins peur." Hallucinant.

A l'aller comme au retour, c'est moi qui fais l'intermédiaire. Du coup, c'est malheureux mais ça arrange tout le monde, on passe en cinq minutes alors que normalement le passage est très difficile.



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