Brest-Jerusalem
a la rencontre...
15.10.02 15:44 chronique     chronique 15.10.02 15:55  
-<  brève de comptable... c'est plus sûr...  ->
 15.10.02

15:46   L'humain au panier...

Ces jours-ci, à défaut de nous occuper, enfin directement, ils s'occupent. C'est à dire qu'ils coupent les routes autour de Jénine. En passant, Jénine est en ce moment parait-il "closed military area", comme au bon vieux temps. Difficile à se faire confirmer sinon par les soldats, mais si c'est vrai, ils peuvent en profiter pour me mettre dehors (du pays) et je n'ai pas tenu treize mois pour finir bêtement comme ça.

Ils coupent les routes, donc. Concrètement, les routes de campagnes se voient défoncées, creusées, obstruées, recouvertes... tout ce que vous pourrez imaginer a été fait, à un endroit ou l'autre. Pour passer, il faut sans cesse inventer de nouveaux itinéraires, à travers champs, jachères, oliveraies, ou ce qui se présente.

Comme, par exemple, une route réservée aux colons...

Ce matin, dans le taxi qui m'amène à Jérusalem, un des itinéraires détournés croise une route à colons. Interdite aux Palestiniens, naturellement, même pour la traverser. Des fois qu'on ait un doute, il y a un APC en faction à une cinquantaine de mètres du croisement. On avance tout doucement, tentant de jauger la réaction de l'équipage de l'APC, et plus particulièrement, pour des raisons évidentes, de celui qui sert la mitrailleuse lourde. Un chauffeur de taxi a été tué à ce même endroit il y a trois jours.

Arrive un bus. Jaune. Vide. Israélien.

Le bus ralentit, et se met en travers de notre route. Il se met au croisement de notre chemin et de "sa" route qu'on n'a pas le droit de salir avec nos gros pneus terreux. Il bloque très effectivement le passage. Ensuite, il se met à klaxonner. Visiblement, le but de la manoeuvre c'est d'alerter l'APC pour qu'il vienne nous arrêter. Notre crime : être réduit à l'extrémité qui consiste à traverser une route réservée aux colons. Méchants Palestiniens !

Je ne sais pas ce qu'il y a dans la tête du type qui conduit ce bus. Probablement un mélange pas inintéressant de haine, de bêtise et de peur. Il est prêt à perdre son temps pour qu'on puisse mettre les sept occupants du taxi en face de leur douloureuse responsabilité.

Heureusement, les Israéliens ne sont pas tous comme ça. Le type en haut de l'APC regarde obstinément de l'autre côté. Genre "ne me mêle pas à tes âneries". Le chauffeur de bus finit par se lasser, s'éloigner, et nous passons.



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