21:22 mauvaise rencontre...
Une amie revient d'un rendez-vous dans Ramallah. L'heure du couvre-feu est arrivée, passée. Je vais à sa rencontre sur la route histoire de lui éviter de mauvaises rencontres. Mauvaise idée, un copain palestinien vient avec moi. Et au moment où nous retrouvons notre amie - d'accord, devant la Muqat'a... - deux jeeps arrivent. De longues et pas trop orageuses palabres s'engagent. A peine un flingue pointé vers le visage. Le type qui mène la danse fait semblant de ne pas parler anglais.
Il nous fait un cinéma pas possible pour trois fois rien, c'est gênant à force d'être ridicule
Je commence à interroger les autres, histoire d'en trouver un qui parle anglais, puisque le chef ne répond à rien de ce qu'on lui dit. Impossible de croiser leurs regards. Ils regardent qui ses pompes, qui le ciel, qui... je passe la main devant les yeux d'un gars qui tourne la tête de l'autre côté. Un peu plus tard, je finis par croiser son regard... il est tout pêteux.
Je demande au chef s'il parle anglais et s'il comprend ce que je lui dis. Il répond "no". On sait bien qu'il comprend. C'est grotesque.
On sort de là soulagés qu'ils n'aient pas arrêtés le copain palestinien. Mais encore une fois, je suis fâché d'avoir affaire à des mômes qui devraient être en train de plancher sur des cahiers, et qui ne comprennent rien à ce qu'ils font. Une partie du poison de l'occupation est là. Non seulement ça ne devrait pas être fait, mais en plus c'est mal fait par des gens qui n'ont ni l'intelligence ni la compétence, ni le moindre sens des rapports humains.
C'est l'exemple type d'une situation carrément simple qui aurait pu dégénérer parce que le type qui a la direction des opérations est un âne. Régulièrement des gens sont blessés ou tués par ce genre de type, lequel est entouré de gamins qui n'osent rien dire même quand visiblement la situation les met mal à l'aise. Ca ne présage pas grand-chose de bon pour les FDI...
Mais le pire pour moi, c'est la peur panique et abjecte qui pendant plusieurs minutes a habité notre copain palestinien qui nous suppliait de ne pas les laisser l'arrêter. J'en veux aux soldats pour cette peur. Pour ce qu'elle représente d'expériences traumatisantes passées.
Il faut mettre fin à l'occupation.
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