Brest-Jerusalem
a la rencontre...
27.9.02 10:43 chronique     chronique 28.9.02 19:20  
-<  pan, dans l'oeil... étincelles...  ->
 28.9.02

11:59   sourions un peu...

Chacun son tour. Hier soir, c’est un APC israélien qui a jeté une grenade sous un transformateur électrique, provoquant un début d’incendie... et une coupure de courant.

Un des cables électriques en bas de chez moi a été sectionné par -visiblement- une balle perdue. Ca n’aide pas...

Tous les matins j’ai deux sourires. Le premier, c’est la petite gamine d’en face. Elle est belle comme un coeur, quand elle sourit. Elle m’appelle “Zeitoun”, olive, et je ne comprends rien à ce qu’elle me dit, mais avec un sourire pareil, ça ne peut pas être désagréable.

Le deuxième, c’est une vieille femme. Elle tient la petite boutique en face. Quand je dis petite, ce n’est pas une vue de l’esprit. Peut-être trois mètres sur un mêtre cinquante. Des étagères tout le tour, un frigo, un congélo qui ne marche plus. Les murs sont fissurés depuis le dernier char qui a éprouvé le besoin de se gratter le dos en se frottant contre la boutique.

On ne se comprend pas beaucoup, mais on s’aime bien. Ca se voit. Je suis toujours content de la voir.

Elle est souvent en train de lire le Coran. Quand elle le ferme, elle l’embrasse. C’est un vieux livre, la tranche est déchiquetée par l’usage, mais les pages sont magnifiques. La calligraphie arabe, c’est vraiment beau.

Elle n’arrête pas de prendre Dieu à témoin. Elle me regarde avec l’air d’avoir envie de me prendre dans ses bras. Elle sait bien que je ne la comprends pas dès qu’on quitte le maigre terrain d’application de mon arabe basique, mais elle me parle tout de même.

Un de ces jours je vais venir avec un traducteur et je vais lui faire raconter sa vie. Avec le regard qu’elle a, c’est probablement bouleversant de richesse.

Ce matin je vais à la mairie. On va parler électricité, un peu. La mairie fait des efforts désespérés pour réparer le réseau plus vite que les Israéliens ne le détruisent. Quand les Palestiniens (voir hier) n’y mettent pas du leur, en plus.

J’ai rencontré l’autre soir un gars qui est candidat à la mairie, si les élections on lieu.

Ca fait drôle, ce genre de phrase. Essayez donc avec un collègue de bureau. Dites-lui : “je vais voter Untel. Si les élections ont lieu”. Il va vous regarder bizarrement. Mais ici c’est parfaitement naturel de dire ça... la vraie vie est-elle de votre côté des élections ou du mien ? Ici ça a l’air bien réel...



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