Brest-Jerusalem
a la rencontre...
11.9.02 12:45 humeur     chronique 11.9.02 12:53  
-<  collision... où t'as mis le décapsuleur ?  ->
 11.9.02

12:47   camping...

Dans l’affolement général qui a suivi la bataille du camp de Jénine, en Avril, et dans la foulée de la polémique imbécile qui a suivi (massacre ou pas massacre ?), il y avait tout de même des gens pour penser au principal, à savoir : qu’est-ce qu’on allait faire des vivants ?

Les vivants. Ces gens qui avaient une maison dans le quartier Hawashin, et qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans rien, réfugiés “au carré” d’un camp de réfugiés.

Il fallait les reloger, ces vivants. Et fissa, même.

Alors quelqu’un à l’UNWRA a eu la grande idée : un camp de tentes pour parer à l’urgence. Et puis le parallèle était vite fait, les tentes de 1948, les tentes de 2002, tout semblait s’emboiter dans le symbole et la mythique du réfugié perpétuel.

Evidemment, ce n’était pas quelqu’un de l’UNWRA à Jénine. Mais il était suffisamment haut placé dans la hiérarchie de l’organisme pour que sa suggestion vienne à être appliquée sur le terrain.

Quatre mois plus tard, ça donne ça :

image

Le camp de tentes de Jénine, photo O.

La bazar est désert depuis le premier jour.

Ca me rappelle le commentaire de quelqu’un ici même qui s’étonnait que des réfugiés aient des maisons en dur, depuis le temps. Un réfugié ça doit vivre sous la tente. Non ?

Non. Ceux-là, ils ne veulent pas se retrouver sous la tente. Pour plusieurs raisons...

D’abord, imaginez comme on peut se sentir en sécurité sous des tentes dans un environnement où toutes les nuits des blindés se baladent en tirant au petit bonheur. A priori j’ai du mal à croire que les soldats israéliens tireraient sur des tentes, mais j’ai appris à ne RIEN tenir pour acquis avec des soldats israéliens.

Ensuite, tous ces réfugiés ont des familles, des amis, voire quelques économies, et ont loué des appartements vides, en ville ou dans le camp, ou bien se sont fait héberger.

Alors le camp de tentes est vide. Il n’est habité que par quelques gardiens, et sert de lieu de réunion le soir, on vient y bavarder autour d’une tasse de thé en regardant le soleil se coucher.

Un de ces quatre, l’UNWRA va devoir se décider à faire quelque chose de ces tentes... probablement.



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