09:42 quand le char n'est pas là...
Samedi
En revenant de poster les dernières chroniques, nous avons fait un peu de sport. C'est bon pour la santé. Il paraît.
Le truc, c'est que théoriquement la ville est sous couvre-feu. Mais bon, vous connaissez l'histoire du chat, des souris, et des absents qui on toujours tort... les souris ne peuvent pas s'empêcher de danser. Dans la ville, donc, activité réduite, mais activité. Étalages ambulants, quelques boutiques, des taxis, des voitures, des gens dehors. Un peu, au début, puis de plus en plus.
Et puis... le chat est revenu. On change une lettre, et on change de registre. Le char est revenu. On l'a vu soudainement débouler à fond de train de la route de Naplouse. Tout le monde se met à courir. Par ici ! Non, par là !
Où se cacher ? Est-ce qu'il y en a un deuxième ?
Maali, la petite Palestinienne (petite, littéralement), reste figée. Ca nous arrive à tous à un moment ou à un autre. On a beau savoir que tout ce qu'on lit ou entend est vrai, elle n'arrivait pas à croire qu'un char d'assaut de 60 tonnes était en train de rouler en plein centre ville, ouvrant le feu à la mitrailleuse.
Pendant quelques minutes, on court d'un endroit à un autre, prenant soin de ne choisir que des endroits avec deux issues. On s'adapte vite, ici, sinon on est vraiment dans la merde.
On devait retrouver des gens, supposés se trouver exactement à l'endroit où tout ça se passe. Coup de fil à droite ou à gauche : les gens que nous cherchons sont en fait au camp. Nous pouvons donc quitter la zone. Direction la maison.
Ca tombe bien, le char est parti dans une autre direction.
On grimpe la côte. On prend conscience de la chaleur écrasante. Et on prend, une nouvelle fois, conscience des conditions de vie ici.
On arrive à la maison, on s'assied. Chacun est un peu dans ses pensées. On mange un morceau, distraitement.
On va attendre que le char rentre à la maison pour reprendre le cours de nos activités normales...
|