Brest-Jerusalem
a la rencontre...
19.8.02 10:49 chronique     chronique 20.8.02 18:03  
-<  fest khobz... couvre-feu et demie  ->
 19.8.02

17:54   inventaire...

Au loin, j'entends le haut-parleur. Monté sur un char ou un APC, comme il se doit. Il vocifère quelque chose, mais je suppose que ce n'est pas assez près pour me concerner directement. Bah, au pire, j'ai des fruits, de l'eau, ils peuvent toujours venir, avec leur couvre-feu.

D'où que j'en suis ? Pardon : où en suis-je ?

D'abord, je vais (encore, ou déjà, suivant l'angle) changer de maison. Plein de choses ne me plaisent pas dans l'environnement de celle où je me trouve maintenant, une des moindres n'étant pas que je n'ai ni table ni chaise, ni en fait rien, pas même une glace au mur pour me raser. Même si c'est pour pas cher, je ne veux pas faire camping à ce point quatre mois. Rien pour cuisiner. Basta. Marre d'écrire assis par terre avec le PC posé sur un vague truc roulant de cuisine.

Une autre des choses qui ne me plaît pas, c'est que même si le monsieur chez qui j'habite jouit en ville d'une grosse réputation qui pourrait m'ouvrir des portes, il n'a pas bonne presse auprès des gens que je connais et en qui j'ai confiance. Moins de portes, peut-être, mais les bonnes, voilà mon choix.

Et dans mon extravagant projet de raconter la vie d'une ville sous occupation et faire la lumière sur l'incursion israélienne d'Avril, où en suis-je ?

Je fais mon bonhomme de chemin. La liste de mes contacts s'allonge. Mes petites excursions autour de Jénine m'offrent une plus grande profondeur de champ pour cette photo que je veux ramener. Parfois, quand je me laisse aller, j'ai peur. Peur de la taille du sujet, peur de mal le traiter, peur de ne pas y reconnaître ce que j'ai vu. D'autres que moi, et des malins, passent à côté. Parfois les Palestiniens eux-mêmes passent à côté. Ce matin, il n'était pas question de me laisser repartir pour Jénine, tout était fermé, les chars dans les rues... j'ai trouvé la ville ouverte, fonctionnant normalement. Nom d'un chien si on est capable de se tromper sur l'état d'ouverture de la ville à douze kilomètres de distance, comment croire toutes les histoires qu'on me raconte ?



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