Brest-Jerusalem
a la rencontre...
18.8.02 09:48 chronique     chronique 19.8.02 10:49  
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 19.8.02

10:42   Retour à Zabbabdeh

dimanche matin

La route de Zabbabdeh a changé. Je veux dire : l'itinéraire emprunté par les taxis pour se rendre de Jénine à Zabbabdeh a changé. C'est plus long, m'a-t-il semblé, et aussi plus cher, un shekel de plus. Il y a plus de passage cahoteux qu'avant, même si on ne prend plus cette cauchemardesque route entre Qabatia et Zabbabdeh. Apparemment, la raison c'est que Qabatia est fermée un jour sur deux, et qu'il y a au moins un contrôle permanent, et des volants, sur l'ancienne route.

Jour après jour, l'occupation transforme le paysage et la vie, ouvrant des routes sauvages dans les champs, faisant perdre du temps aux gens, changeant leurs habitudes de voyage... quand le déplacement est autorisé. Ou possible.

Retour à Zabbabdeh, donc, où je n'étais pas revenu depuis presque deux mois. Retrouvailles agréables avec les copains, dont certains vont travailler avec moi sur le projet Jénine. Rencontre avec les participants d'un camp d'été international organisé par le PARC. Immersion brutale pour certains dans un univers dont ils ne soupçonnaient pas qu'il les emmènerait si loin à l'intérieur d'eux-mêmes, visiblement. Leur vision de la Palestine et des Palestiniens a évidemment été transformée.

J'ai pu poser à plusieurs personnes que je connais bien une question qui me travaillait depuis un moment, à propos de certains commentaires que j'ai pu entendre ici ou là. Il semble qu'un fossé se creuse entre les habitants de la ville de Jénine et ceux du camp. Ces derniers semblent revendiquer une sorte de « monopole de la misère » et ne vivent pas forcément bien de voir certaines actions d'aide se concentrer parfois sur la ville ou la région environnante, et non sur le camp. A confirmer, mais ça y ressemble.

Quelle est la frontière entre le militantisme de solidarité et le tourisme humanitaire, et qui définit cette frontière ? Bien malin qui peut répondre, mais parfois aussi bien malin qui pense à poser la question.

Quoi qu'il en soit, arriver à Zabbabdeh et trouver dans le couloir quelqu'un qui joue du Yann Tiersen à l'accordéon diatonique, ça met en bonheur pour pas cher, je dis.

Ce matin à Jénine, des gamins m'ont jeté des pierres, et, ce qui a failli être plus grave, une boîte de concentré de tomate ouverte. Heureusement pour ma princière garde-robe, c'était un peu court.

Toujours est-il que je suis revenu sur mes pas, provoquant une fuite quasi générale du groupe de gamins. J'ai fait la causette avec ceux qui sont restés, et je pense que mes ennuis dans ce secteur sont terminés. Mais bon, tout de même, c'est vexant, dans un sens. Surtout quand je pense au concentré de tomates.

Qu'il est calme et joli, ce petit coin de Palestine...



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