Brest-Jerusalem
a la rencontre...
6.8.02 12:39 divers     chronique 7.8.02 22:41  
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 7.8.02

22:18   marre...

La Pita, vous savez ce que c'est ?

C'est une espèce de pain plat, rond. Ici, on en consomme des tonnes. Ca coûte un shekel pour trois unités, c'est à dire pas grand-chose. Au début on trouve ça sympa. On s'en sert un peu en lieu et place de couverts, souvent, pour piocher dans les plats, le hummus, le labne, l'huile... C'est vraiment une des bases de l'alimentation palestinienne.

Bon. Eh bien moi j'en ai marre de la pita. Je veux du pain. Alors, avec Lady P., on a commencé à faire notre pain nous-même.

Et aujourd'hui, suite à la visite de quelqu'un qui venait du pays et qui nous a amené un colis avec plein de charcuterie, on a décidé de se faire une orgie de charcuterie avec du pain. Et on a fait du pain, super bon. Pour une fois on a trouvé le bon dosage de sel.

Pain Pâté Vin rouge, c'était un peu des moeurs brestoises à Al Azzerye, et c'était BON !!

Ca s'est un peu gâté par la suite, parce qu'on a décidé de faire un tour à Jérusalem. On est passés au nouveau checkpoint d'Abu Dis, et on est tombés sur un véritable connard. Le mec qui déjà, alors qu'il est à l'ombre, prend son temps au téléphone avec dieu sait qui, et fait sans vergogne attendre les gens en plein soleil. Après ça, il était de bonne humeur, lui, il esquissait des petits pas de danse, faisait des voix, des mimiques...

... on est pas là pour rigoler, Dugenou. On est là pour se faire contrôler, et nous on trouve pas ça drôle.

A un moment, il s'est fâché après un jeune Palestinien de peut-être 16 ans. Il a avancé vers lui, roulant des yeux menaçants, c'était pitoyable. Le jeune s'est marré. Alors le soldat, n'écoutant que son courage, a appelé à l'aide. Est arrivé une montagne de soldat qui a emmené le gamin dans un coin après l'avoir saisi par son t-shirt, pour lui faire la leçon.

Et puis ça a été le tour de Lady P., qui a manifestement exprimé son mécontentement. Je la connais, elle peut être vexante quand elle veut.

Et puis ça a été moi. Dialogue :
- vous aussi vous êtes énervés parce que vous attendez ?
- il y a des choses qui ne méritent pas qu'on s'en éverve.
- quoi ?
- il y a des choses qui ne méritent pas qu'on s'en énerve. Vous êtes une de ces choses.
- Alors là, c'est très différent ! (geste d'éloigner mon passeport de moi)

Sérieusement, le type faisait 1m70, peut-être 60kgs tout mouillé, le genre de mec que je pourrais aplatir contre un mur sans même m'en rendre compte. J'ai voulu savoir de quoi il était fait. J'ai avancé sur lui, jouant de mon physique, cheveux rasés, lunettes noires, et 20 kgs de plus que lui.
- moi, je ne fais que mon travail. Je protège Israël
- si tu veux protéger Israël, rentre en Israël

Et j'ai tendu la main. Et il m'a rendu mon passeport. Il n'a pas appelé son grand copain à la rescousse. Comme quoi c'est tout de même plus facile quand c'est un Palestinien, mais que quand il s'agit de prendre une sorte de risque, ces petits chiens de garde préfèrent regarder de l'autre côté. Ca me dégoûte.

Un peu plus loin, un autre soldat avec lequel nous avons eu des démélés récemment s'exclame : "tiens, mes amis français". P. répond froidement : "tiens, le trou du cul". Et nous continuons notre chemin.

Bref, pas la folle ambiance entre la garnison de ce check-point et nous.

C'est symptomatique. Autant P. que moi mettons d'ordinaire un point d'honneur à être polis et froids avec ces gusses, mais là ça va trop loin. Ils provoquent, provoquent, et provoquent encore. La nénette avant nous est restée plus de cinq minutes au contrôle. Elle venait d'acheter des fringues et le petit roquet a sorti les fringues une à une du sac pour les montrer à tous ses potes.

Ca devient insupportable.



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