Brest-Jerusalem
a la rencontre...
8.7.02 13:51 chronique     chronique 9.7.02 07:01  
-<  veuillez laisser vos flingues au vestiaire... manata jawwal ?  ->
 8.7.02

18:15   aller-retour...


Un peu de marche à pieds pour monter à l'hôpital Augusta Victoria pour une réunion. Un petit raccourci, qui monte très fort pendant une centaine de mètres. Un bâtiment de la municipalité, avec un moignon de drapeau palestinien accroché, faute de mieux, à l'antenne télé. Du drapeau, il ne reste qu'un bout de tissu noir élimé qui bougeotte dans la brise brûlante de l'après-midi. Tout est calme, comme juste avant ou juste après un couvre-feu, ce qui est un état courant par ici, trop courant pour que je n'aie pas perdu le fil.

La poussière, partout, sur le sol, dans l'air... J'écoute "Utility and the coastliner" de Genesis.

Un poteau électrique, en bois, brisé à un quart de sa hauteur, probablement par un blindé. Comment il ne tombe pas, je ne sais pas. Pourquoi on ne le change pas, ça j'ai mon idée...

J'arrive à la station de taxis "intermédiaire", à l'endroit où les Israéliens ont coupé la route avec un monticule de terre et de gros cubes de béton. De chaque côté, on vide et on remplit les taxis avec les gens qui passent d'un côté à l'autre.

[... en redescendant, même route]

Il y a un afflux inhabituel de véhicules sur cette route normalement très peu fréquentée. Lady P. et moi devinons sans peine ce que ça signifie. Couvre-feu chez nous.

Qu'à cela ne tienne, on descend. Quoi faire d'autre... ? Pour rester chez soi il faut d'abord arriver chez soi.

On croise deux jeeps avec des soldats assez énervés qui nous crient dessus. Il y a un picotement dans les narines, il y a eu du gaz dans l'air il n'y a pas longtemps.

On passe devant un boutiquier qui se tient sur le trottoir. On lui explique qu'on n'a pas d'¦ufs et qu'on n'a pas eu le temps de faire des courses. Il nous fait rentrer par derrière, et on ressort avec les ¦ufs. On lui demande pourquoi il y a eu du gaz, il répond : "pour paniquer les gens, c'est tout".

Et voilà, c'est reparti. Enfermés.

Bah, c'est moins grave que dans les villes de zone A. Mais ce n'est pas drôle pour autant. Les rumeurs courent la rue. Ça sera comme ça tous les jours de six heures du soir à six heures du matin. Ou ça sera fini demain matin. Ou c'est pour trois semaines...

On verra bien.



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