16:35 l'information, c'est un métier...
La ligue américaine contre l'antisémitisme (Antidefamation League), dont je vous avais déjà signalé la lumineuse pensée avec son questionnaire sur l'antisémitisme, remet le couvert. Une étude monumentale (enfin à l'échelle) de 38 pages, intitulée "Anatomie de l'incitation à l'anti-israélinanisme, Jénine, l'opinion mondiale, et le massacre qui n'existait pas".
Il s'agit, dans un premier temps, de rapporter les déclarations de chacun, puis de démontrer dans une aveuglante lumière que tout ceci était bien évidemment faux, pour finir par un petit soupçon d'antisémitisme, comme à regret.
"Finally, while this report has remained largely silent on the question of whether some of the anti-Israel zeal reflected anti-Semitic attitudes, prejudice undoubtedly informed some of the remarks reported above. Merely criticism of Israel is not bigotry, but the vehemence and zeal displayed by some of those considered here seems indicative of a larger set of beliefs about Jews."
"Pour finir, même si ce rapport est largement resté silencieux sur la question de savoir si une parti du zèle anti-Israël reflète des attitudes antisémites, il est indiscutable que des préjugés ont nourri certaines des remarques rapportées ci-dessus. Une simple critique d'Israël n'est pas à caractère religieux, mais la véhémence et le zèle affichés par certaines [remarques] étudiées ici semblent faire état d'un ensemble de croyances plus vaste par rapport aux Juifs."
Difficile de se retenir, hein.
Alors, je l'ai lue, cette étude. En entier. Vous pouvez en télécharger le texte intégral ici (en anglais), et vous faire votre idée vous-même.
Ce qui me frappe, en dehors de quelques erreurs grossières que n'auraient commises aucune personne un tant soit peu au fait de la situation de Jénine, c'est la pauvreté de l'argumentaire. On peut tout de même lire que dans les zones où il n'y a pas eu de résistance armée, il n'y a pas eu de victimes, que les Nations Unies ont oublié de mentionner qu'elles étaient complices du fait qu'il y avait des armes dans le camp, et même que les Israéliens auraient pu s'éviter bien du souci en s'en remettant à des bombardements aériens, comme si 600 missiles tirés par des hélicoptères de combat ne pouvaient s'assimiler à du bombardement.
En tout état de cause, l'argument massue face à chaque déclaration "hostile" est "ce n'est pas vrai", sans plus d'explications.
Autre argument massue : même les Palestiniens avouent qu'il y avait des combats ! Comme si quelqu'un en avait douté.
C'est tellement bien documenté, leur affaire, qu'ils réussissent à décrire Abu Jandal comme le commandant du Jihad Islamique dans le camp, ce qui ferait mourir de rire la moitié de la ville si par hasard cette "étude" leur parvenait. Abu Jandal était un membre du Fatah, commandant dans la police palestinienne, et pas trop apprécié par les gens du Jihad. Il était cependant commandant de toute la résistance du camp. Sa trombine est sur tous les murs de Palestine avec le logo du Fatah.
Tout est du même tonneau. Quand Human Rights watch dénonce des violations des conventions de Genève, c'est "orienté anti-Israël", sans autre explication.
Bref, un document à garder pour les nuits d'insomnies ou les soirs de déprime...
Mais je m'en voudrais de ne pas mentionner cet incroyable médecin israélien qui n'a vu pendant la bataille que des soldats distribuant des bonbons aux enfants, et autres foutaises du même acabit, qui constituent certainement des arguments imparables pour expliquer qu'il ne s'est rien passé à Jénine...
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