20:33 gourmandise...
Aujourd'hui on est allés dans la vieille ville avec Lady P. On y va beaucoup moins qu'avant, question de circonstances. Mais aujourd'hui on s'est offert un petit plaisir, et on est allés manger une part de knaffe chez Jaffer.
Le knaffe, c'est un truc, vous ne pouvez pas imaginer. Ça se prépare sur un plat rond, immense, presque un mètre de diamètre. En fait, disons
que c'est une couche de presque un centimètre de fromage fondu, avec dessus une croûte orangée faite de ... je sais pas quoi. C'est granuleux. Et le tout est arrosé à intervalles réguliers d'un sirop de sucre chaud. Le type vous découpe une part avec une spatule et vous colle ça sur une assiette. Ah oui, ça se mange chaud.
C'est éminemment populaire. C'est toujours plein. Des femmes qui font les courses, un groupe de jeunes. Le knaffe est tout public. La première fois que j'en avais mangé c'était un groupe d'ouvriers qui s'était amené ça pour une pause et qui m'avaient fait goûter.
C'est abominablement sucré. Ça se sert toujours avec une carafe d'eau.
Lady P. et moi on adore ça, et tous les prétextes sont bons.
Le knaffe est le même partout en Palestine, mais plus ou moins bon. Celui chez Jaffer Sweets est le meilleur. On en a mangé un pas mal du tout à Jénine. Le gars à Azzerye ne se débrouille pas mal.
Les Palestiniens ont le culte du gâteau et du sucré. A Jénine, vous avez des vendeurs ambulants avec de petites carrioles faites sur mesure pour porter ces immenses plateaux ronds. Par contre, la variété ne perce pas. Il y a grosso-modo trois gâteaux officiels. J'exagère un peu, mais les Palestiniens en guise de pâtisserie ne déploient pas de trésors d'imagination, sauf dans la vieille ville où on trouve un peu plus de trucs.
Tout est extrêmement sucré. La quantité de sucre ingérée par le Palestinien moyen est impressionnante. Je me plains sans cesse du thé, (10 mois de Lipton yellow, vous m'en direz des nouvelles) mais c'est parce que je suis le seul à le boire sans sucre !! Quand il y a de la menthe ou de la maramye (une sorte de sauge) dedans, c'est fréquentable, ça cache le goût, mais sinon, le thé en Palestine sans sucre, c'est pas l'extase. Mais ce n'est pas pour ça que les Palestiniens le sucrent. Ils le sucrent parce que.
A tel point que notre voisine du dessus, une fois où nous avions réussi à la coincer pour prendre un thé chez nous, quand elle a découvert le earl grey que nous buvons, elle a failli tomber par terre ! Mais bon, tout de même, elle a remis du sucre.
Mais elle a aimé. Une fois que P. était là-haut avec eux et qu'ils avaient de la visite, Nadia lui a suggéré qu'on pourrait faire les honneurs à la dame du "zaakin chaï", le "bon thé". Qu'elle s'est empressée de noyer dans le sucre.
C'est comme ça. Ça doit être sucré.
Mais on les adore quand même...
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