Brest-Jerusalem
a la rencontre...
25.5.02 08:20 chronique     chronique 27.5.02 09:16  
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 27.5.02

06:25   conscience...


Alors, voilà les nouvelles...

Hier, je suis rentré à la maison. La première campagne de recherche pour le projet Jénine est terminée. J'ai de très nombreuses pages d'écriture à faire : interviews, traductions, mise en forme des notes, premier bilan, détermination des objectifs de la seconde campagne.

La planning est le suivant : j'ai jusqu'à mercredi pour faire ça. Parce que mercredi, Lady P. et moi partons en vacances pour une semaine. En fait, on est obligés, il nous faut sortir du pays pour renouveler le visa. Une petite semaine ne pourra pas faire de mal. J'en ai marre d'être réveillé par des chars, des tirs, des hélicoptères de combat ou des chasseurs dans le ciel. J'ai besoin d'une semaine de paix, de me changer les idées.

Après les vacances, je vais rester quelques jours sur Jérusalem (histoire de gagner ma croûte.) puis je repars à Jénine, pour deux ou trois semaines.

Hier, il a fallu près de six heures pour rentrer. La route fait presque 80 kilomètres, il faut dire. Mais au premier check-point, on a été refoulés, par un soldat qui nous a longuement expliqué qu'il ne pouvait envisager de nous laisser passer, que si quelque chose nous arrivait, sa conscience ne le laisserait pas en paix. Certains jours on a envie de soulever le connard par le col et de lui expliquer la vie à coups de lattes dans le train.

Au check-point suivant, il a fallu attendre. Longtemps. Parce qu'il faisait trop chaud. Les soldats ne voulaient pas sortir. Bah. Qu'est-ce que c'est qu'une heure et demie dans un minibus sous le soleil par 40°, hein ?

Au suivant, il a fallu que nous descendions tous du véhicule. Juste pour voir, visiblement, puisqu'à peine descendus nous avons pu remonter. Mais ça fait du bien de voir un soldat hilare de temps en temps.

Enfin bref, les joies de la route en Cisjordanie. On a beau le savoir et être prévenu, ça énerve toujours.

Sinon, dans la série "envie d'apprendre la vie à un connard", ça fait maintenant quelques jours que Lady P. consacre son temps à essayer d'obtenir pour un paysan palestinien l'autorisation de moissonner son champ qui se trouve depuis la dernière incursion à Betléhem (euh... non, la dernière, c'est ce matin. C'était la dernière à l'époque. Ne me demandez pas la date, il y a une incursion tous les jours ou presque)entouré de barbelés et confisqué. Deux déplacement au QG des gentils hommes verts, deux journées de palabres, et enfin une éclaircie, le galonné responsable donne un rendez-vous avec le fermier, deux des danois du groupe de lady P. (puisqu'elle était à Jénine) dimanche matin, c'est à dire hier.

Seulement, le galonné n'est pas venu. Sans un mot. Ni un coup de fil. Juste le fermier et deux danois dans les champs à attendre. Renseignement pris, il est "malade".

Dans un monde normal, avec des gens normaux, on prévient quand on ne va pas à un rendez-vous. Mais pour la Race des Seigneurs, on ne s'embarrasse pas de détails. Et si ils veulent un nouveau rendez-vous, il suffit de revenir au QG pour en parler...

... je suppose que d'ici là, il ne sera plus nécessaire de moissonner le champ, ce qui est probablement le but de l'opération pour le connard en vert.

Ben tiens... conscience...

Et on ne peut même pas dire à ces gens ce qu'on pense : l'expulsion est au bout du chemin, si facilement... ça s'appelle "activité hostile à l'état d'Israël", d'expliquer à un môme qui devrait encore téter sa mère ce que c'est que véritablement une conscience...

dernière brève...

Lady P., qui venait de partir travailler à Betléhem, va finalement aller travailler à Ramallah. Parce que Betléhem, c'est fermé. Et comme les Seigneurs apprennent vite, la première chose qu'ils ont faite en envahissant la ville, c'est d'envoyer deux jeeps fermer l'entrée de l'église de la Nativité. Des fois que...



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