Brest-Jerusalem
a la rencontre...
22.4.02 14:05 chronique     chronique 23.4.02 14:53  
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 23.4.02

14:44   un tas de raisons...


tout ce que je vais vous raconter ici provient d'interviews réalisées par Lady P. à Naplouse, qui seront publiées ultérieurement. Les photos sont aussi de Lady P.

Naplouse était un peu en fête hier: les gens pouvaient pour la première fois depuis trois semaines sortir de chez eux sans limitation de durée. Retour à une vie "normale". Dans la mesure où la vie à Naplouse pourra un jour être à nouveau normale. Voir photo.

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A Naplouse, hier, on célébrait. On célébrait les 78 morts qu'on a pu identifier à ce jour. On fouillait aussi. Parce qu'à ces 78 il va falloir en rajouter pas mal, quand on aura déblayé. L'endroit que vous voyez sur la photo doit être déblayé, parce qu'à un moment, des Apache ont détruit un bâtiment. Et à cet endroit, des témoins rapportent que des enfants étaient en train de jouer. Et il y a des enfants manquants. Ici ou ailleurs. Alors on fouille.

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A Naplouse, hier, toute personne qui se trouvait en ville pouvait trouver un tas de raisons de désespérer. Voici une de ces raisons.

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A Naplouse, hier, Lady P. a trouvé une raison d'espérer. Et depuis qu'elle m'a raconté l'histoire, on est au moins deux à espérer :

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Ces gamins ont entre quinze et vingt ans. Parmi d'autres, ils ont, pendant toute la durée du siège et des combats, fait fonctionner dans la vieille ville cinq hôpitaux de fortune. Avec quelques médecins, et d'autres gamins comme eux. Ils se sont improvisés aides-soignants, infirmiers, brancardiers. Fossoyeurs.

Certains ne sont pas sur la photo parce qu'ils n'étaient pas dans le coin quand la photo a été prise. D'autres ne sont pas sur la photo parce qu'ils sont morts. Aller chercher des blessés sous le feu peut être dangereux quand le croissant rouge fait de vous une cible au lieu d'être un bouclier.

Dans certains cas, l'intensité du feu dirigé sur eux était telle qu'ils n'avaient d'autre ressource que de jeter une corde au blessé pour ensuite le tirer jusqu'à un endroit où ils pouvaient le prendre sans trop de risques.

Bien sûr, ces gamins ne sont pas sortis de là indemnes, même si ils sont entiers. On devrait avoir d'autres soucis dans la vie à dix-sept ans. Mais malgré tout, ils sont probablement - et on l'espère - représentatifs de ce que sont les jeunes de Palestine. Et ça, au moins, c'est un peu de lumière dans ce tunnel qui devient de plus en plus sombre.

Sinon, ça va. On est toujours enfermés. Pour combien de temps... ?



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