Brest-Jerusalem
a la rencontre...
13.4.02 10:34 chronique     chronique 13.4.02 11:02  
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 13.4.02

10:41   point de vue...


J'ai reçu ceci par mail, je vous le soumets...

"Palestine, banlieue de Tel-Aviv

Une nouvelle forme de guerre a fait son apparition. Une guerre qui ne dit plus son nom, qui n'a plus besoin de dire son nom,
une guerre qui se constitue comme une opération permanente de police et dont les objectifs ne sont plus la victoire. La guerre n'a plus de fins, que le mot soit compris comme objectif ou comme terme.

La guerre n'a plus besoin de fins puisqu'elle est la justification de l'existence des États, elle n'est plus le moyen de maintenir l'État. Elle est son origine. Israël fait de la guerre la légitimation de son existence et faire la guerre aux palestiniens (car la Palestine n'existe plus et n'a peut-être au cours du XXe siècle jamais existé, il n'y a qu'un peuple qui se maintient dans la multitude), c'est faire en l'occurrence un travail de police : un travail de discrimination et de d'écartement.

Les territoires occupés ne le sont plus et ce n'est pas une bonne nouvelle, car ils sont maintenant des territoires annexés. Ils sont devenus la banlieue chaude de Tel-Aviv et c'est là le seul objectif précis de Sharon de faire croire que finalement, Israël a véritable maîtrise sur les Palestiniens et qu'ils peuvent être gérés comme des délinquants. Du coup, Sharon nourrit l'imaginaire occidental et il n'y a pas à s'étonner de la flagornerie des discours des institutions juives de France ou de certains journalistes et hommes politiques qui confondent encore être juif et être Israélien ou encore, être arabe et être musulman.

Le drame des Palestiniens passe de ce fait au second plan et ne reste plus que le discours sécuritaire comme discours identitaire.

C'est un moment grave que celui où la violence de la guerre se trouve légitimée par une notion de police. C'est une situation inconcevable parce qu'elle détruit la possibilité d'un État palestinien qui, de toute façon, n'a jamais existé : il n'y avait qu'une autorité palestinienne et c'est ce

statut-là aussi qui donne la possibilité à Israël d'opérer.

Il n'y a d'une certaine manière aucune comparaison possible avec l'opération de police américaine en Afghanistan (même si celle-ci pose des problèmes équivalents) sinon ce terrible état de fait : que se passe-t-il lorsque la guerre devient une opération de police banale et s'affiche comme telle ?

Depuis bientôt maintenant un demi-siècle, le quotidien des Palestiniens, c'est l'absence d'eau (et le découpage des territoires est évident : les sources sont gérées par Israël), c'est l'absence d'électricité, c'est l'absence de mouvements libres, tout ce qui dans un État moderne constitue les libertés fondamentales n'a jamais été négocié. Il n'y a eu aucune raison de les négocier pour Israël et les raisons de le faire ne sont pas prêtes d'apparaître.

Il restait aux Palestiniens quelques murs pour former une maison et ces murs sont en train de disparaître.

La banlieue de Tel-Aviv va se constituer en terrain vague. "

Kader Mokaddem



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