16:00 bilan médical...
Bilan de deux jours passés à Ramallah avec les ambulances de l'UPMRC (union of Palestinian Medical Relief Commitee, entre dimanche et mardi.
- l'UMPRC faisait (et fait encore, avis aux amateurs) appel à des volontaires étrangers pour accompagner les ambulances sous le motif que sans présence d'un étranger, les équipages palestiniens étaient molestés par les soldats. j'ai recueilli un témoignage direct dans ce sens
- les ambulances de l'UMPRC font essentiellement de la distribution de nourriture et de médicaments, ou du transport de malades. Les transports de blessés ou morts sont en général assurés par le Croissant Rouge
- la circulation des ambulances est extrêmement difficile. Les soldats arrêtent pratiquement systématiquement toute ambulance passant à leur portée, et la fouillent. Aller dans le quartier voisin peut prendre des heures. Et quand la circulation est permise, elle est parfois impossible (obstacles délibérés ; voitures renversées en travers de la route, poteaux électriques ou lampadaires abattus en travers de la route, etc.)
- la fouille des ambulances se passe parfois très mal, tout le matériel médical est parfois jeté sur la chaussée (pansements, aiguilles, etc...), alors qu'une simple inspection visuelle est possible, toutes les portes des rangements étant en plexiglas transparent
- il est très difficile de communiquer avec les soldats qui se trouvent dans des blindés. Ils refusent de sortir pour discuter. Dans le cas d'un char de combat, le seul intermédiaire est une toute petite fente par laquelle le soldat fait des gestes avec la main. Comme ils ne laissent pas approcher à moins d'une trentaine de mètres, il est extrêmement compliqué d'interpréter correctement la volonté du soldat. A moins qu'on arrive à imaginer qu'un canon de char oscillant de droite à gauche et vice-versa signifie "non", ce qu'il m'a fallu un moment pour comprendre...
- le contact avec les soldats qui effectue les fouilles est mitigé. Ça va de l'hostilité pure et dure (j'ai été un peu malmené une fois) avec fouille "dure" (et longue) à une fouille de pure forme avec un comportement correct. Un soldat m'a glissé à l'oreille qu'il était bien qu'il y ait des étrangers comme moi dans les ambulances. Un autre m'a demandé de le suivre pendant la fouille pour témoigner qu'il faisait "correctement" son travail. Un soldat s'est assez violemment disputé avec certains de ses congénères pour tenter d'obtenir qu'on nous laisse passer. Un autre m'a montré sur une carte le chemin pour éviter les barrages. Mais ce sont des exceptions.
- même après la fouille, il est fréquent qu'on ordonne à l'ambulance de rebrousser chemin. Les soldats n'ont aucun scrupule à faire faire à l'ambulance des navettes inutiles et imbéciles entre deux barrages.
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